Sous la domination romaine tardive (après 355 EC), l'Occitanie était connue comme le diocèse des Sept Provinces. L'Occitanie a été souvent politiquement unie pendant le haut Moyen Âge, lors du royaume wisigoth et sous plusieurs souverains mérovingiens ou carolingiens. À la division de l'Empire franc (), l'Occitanie fut divisée en différents comtés, duchés, royaumes, évêchés et diocèses, ainsi qu'en communes fortifiées autonomes. Depuis lors, le pays n'a jamais été politiquement uni à nouveau. Du , l'Occitanie a subi un enchevêtrement de différentes allégeances envers des souverains nominaux. Plusieurs tentatives d'unification politique ont eu lieu, surtout entre le . L'Occitanie est restée unie par une culture commune qui se jouait des frontières politiques, en perpétuels mouvements. Depuis le Moyen Âge, l'Occitanie a une certaine conscience de son unité comme le montre l'important développement de la littérature de langue occitane aux . La littérature occitane était glorieuse et prospère, les troubadours ont inventé l'amour courtois (fin'amor). La langue d'Oc était utilisée dans tous les milieux cultivés européens. Mais principalement entre les , les rois de France ont conquis progressivement l'Occitanie, parfois par la guerre et l'extermination de la population James Minahan, Encyclopedia of the Stateless Nations: L-R, Occitans , Greenwood Publishing Group, 2002, Mark Gregory Pegg, trad. Patrick Hutchinson, A Most Holy War: The Albigensian Crusade and the Battle for Christendom (Pivotal Moments in World History) (Trad.: Une Guerre Très Sainte), Oxford, Oxford University Press, 2008, chap. XVIII, extrait en ligne: ‘Le Monde était changé à tout jamais’ - La ‘Croisade des Albigeois’ et l’invention du génocide , parfois en usant d'intrigues politiques subtiles. En 1789, les comités révolutionnaires ont essayé de rétablir l'autonomie des régions du "Midi" et ils ont utilisé la langue occitane pour propager les idées de la Révolution. Mais ils seront neutralisés lors de la prise du pouvoir par les montagnards en 1793, partisans de la Terreur et de la centralisation. Depuis le , plusieurs mouvements régionalistes ont essayé d'améliorer l'utilisation sociale de l'occitan et d'obtenir la reconnaissance publique de la culture occitane; mais aussi différentes approches pour obtenir plus de pouvoirs au niveau local ont été tentées. Le a connu une forte reprise de la littérature occitane et l'écrivain Frédéric Mistral a reçu le prix Nobel de littérature en 1904. Le a vu la naissance tardive du nationalisme occitan.

Préambule Cette page porte sur l'histoire de l’Occitanie, telle que définie par l'aire culturelle et linguistique où l’occitan est parlé encore aujourd'huiRobert Lafont (1971, 1977, 1987), Clefs pour l'Occitanie, Paris : Seghers, 1987 : .Histoire d'Occitanie sous la direction d'André Armengaud et Robert Lafont. Paris : Hachette, 1979 Robèrt Lafont (2003). Petita istòria europèa d'Occitània, Canet : El Trabucaire . Toutefois, la mention de régions qui ne sont plus considérées comme occitanes peuvent apparaître pour traiter de certains aspects historiques et anthropologiques liés à l'Occitanie. La langue occitane tire essentiellement son origine du latin apporté par les Romains et modifié par la persistance des substrats de populations autochtones pour devenir le bas-latin. Ce dernier connut ultérieurement une influence plus ou moins marquée des apports germaniques, en particulier wisigothiques« a number of terms of Germanic origin can be observed to occupy only the Peninsula and southern France… These borrowings were taken from the Gothic language of the tribe (the Visigoths)… the earliest loans from Gothic are to be found not only in Occitan… » Ralph John Penny, A history of the Spanish language, § 4.5 Germanic borrowings, Cambridge University Press, 2002. édition, illustrée, révisée. , , en ligne, puis à nouveau une romanisation due à l'influence latiniste de clercs érudits. L'occitan est une langue romane autonome depuis le . La délimitation géographique de l'occitan la plus couramment acceptée, a été précisée entre 1876 – début des recherches sur les frontières linguistiquesNotamment Charles de Tourtoulon, & Octavien Bringuier, Étude sur la limite géographique de la langue d’oc et de la langue d’oïl (avec une carte), 1876, Paris : Imprimerie nationale [rééd. 2004, Masseret-Meuzac : Institut d’Estudis Occitans de Lemosin/Lo Chamin de Sent Jaume]. – et le Ouvrages de Bec, Ronjat, Tuaillon en bibliographie dans l'article occitan.. L'Occitanie couvre en gros un tiers sud de la France (appelé couramment Midi, incluant Monaco), les Vallées occitanes et Guardia Piemontese, en Italie, ainsi que le Val d'Aran, en Espagne. Les pays catalans en faisaient partie jusqu'à 1934, date où des intellectuels catalans ont proclamé solennellement que le catalan contemporain était une langue distincte de l’occitandans le manifeste Desviacions en els conceptes de llengua i de pàtria Manifest, maig del 1934.. Introduction

Située sur un isthme entre la mer Méditerranée et l'océan Atlantique, s'étalant des Alpes aux Pyrénées et au Massif central; l'Occitanie est à la fois un pays ouvert et de passage mais aussi un pays montagnard, véritable conservatoire de groupes humains et de traditions remontant parfois à des temps préhistoriques et protohistoriques pré-indo-européens Jacques Madaule (1898-1993), Le Drame albigeois et l'Unité française, Paris, éd. Gallimard, Volume 300 de Collection Idées, 1973, , . L'espace occitan a souvent été en opposition avec l'espace français (France du nord)D’ordinaire ce qui se passe au Nord ne se passera pas de la même manière au Sud et vice versa : la civilisation, (façon de naître, de vivre, d’aimer, de se marier, de penser, de croire, de rire, de se nourrir, de se vêtir, de bâtir ses maisons et de grouper ses champs, de se comporter les uns vis-à-vis des autres) n’est presque jamais la même du oui nordique au oui méridional, de l’oil à l’oc. Il y a eu, il y a encore, il y aura toujours, vers le Sud, une « autre » France.., du fait d'un peuplement différent ou de conditions politiques contraires. Sans avoir jamais bénéficié d'aucune structure d'État souverain, ce pays présente des caractéristiques sociales propres donnant une orientation particulière aux mouvements historiques qui le traversentL’originalité du processus de féodalisation de la partie méridionale du regnum francorum, de la Provence et de la Catalogne est présentée dans l'ouvrage collectif de médiévistes dirigé par Voir aussi Maurice Agulhon parlant de la sociabilité méridionale (dans le sens d'une multiplicité caractéristique des associations religieuses, maçonniques ou profanes).Michel Vovelle identifiant dans le « Midi » des traits différentiels communs de comportement politique sous la RévolutionEmmanuel Todd et Hervé Le Bras, qui par des approches anthropologiques, historiques et politiques font ressortir la principale polarité française opposant le Nord et le Sud de la France.. Son histoire est celle d’une frange septentrionale de l’Europe du Sud qui au fur et à mesure du renforcement de l'État français s'est trouvée liée à un centre d’Europe du Nord. L'histoire occitane est jalonnée de révoltes et de rébellions contre les pouvoirs dominants..; parmi lesquels on peut citer la révolution bourgeoise de Toulouse en 1189, les révoltes de Bernard Délicieux contre l'Inquisition, celles des Tuchins et des Croquants, la République de l'Ormée à Bordeaux, les guerres des camisards et des Demoiselles, les insurrections fédéralistes, la résistance républicaine au coup d'État de Louis Napoléon Bonaparte"Le 2 décembre 1851, le président de la IIe République, Louis Napoléon Bonaparte, dont le mandat arrive à échéance, décide de se maintenir à la tête du gouvernement par un coup d'État. C'est, dans tout le Sud de la France, l'occasion d'un vaste soulèvement républicain." Le coup d'état de Louis Napoléon Bonaparte Philippe Vigier, L'Histoire, mensuel 193, novembre 1995, les Communes insurrectionnelles de Limoges, Marseille, Narbonne, Toulouse; la révolte des vignerons de 1907, le soulèvement du Larzac.

Préhistoire Paléolithique supérieur

La région franco-cantabrique a connu successivement le Châtelperronien, l'Aurignacien, le Gravettien, le Solutréen, le Magdalénien, et l'Azilien et les cultures géométriques du post-Azilien.

Châtelperronien

(-36 000 -28 000 ) Carte d'extension du Châtelperronien

Aurignacien

vignette|200px|Chevaux peints dans la grotte Chauvet. (-36 000 -27 000 ) Carte d'extension de l'Aurignacien

Gravettien

vignette|200px|La Dame de Brassempouy constitue l’une des plus anciennes représentations de visage humain. (-27 000 -20 000 ) Carte d'extension du Gravettien

Solutréen

(-20 000 -15 000 ) Carte d'extension du Solutréen

(-17 000 -15 000 )

Magdalénien

vignette|200px|Cheval représenté dans la grotte de Lascaux. vignette|200px|Aurochs représentés dans la grotte de Lascaux. (-15 000 -8 000 ) Carte d'extension du Magdalénien

Protohistoire Populations asianiques

Les Cardiaux Les Cardiaux ont peuplé les côtes méditerranéennes et atlantiques.

Les Cardiaux franco-ibériques

Naissance de peuples autochtones ibères La fixité des populations d'origines préhistoriques et néolithiques constituent toujours aujourd'hui la base du peuplement de la région ibéro-occitaneWalther von Wartburg, La fragmentation linguistique de la Romania (trad. de l'allemand par Jacques Allières et George Straka), 1967.. De ces populations d'origines naitront des peuples indigènes. On trouve en Europe, un premier groupe de peuples préceltiques généralement appelés Ibères regroupant les Cynésiens, les Turdétans, les Mastianis, les peuples de la civilisation ibérique (Ibères, au sens strict), les Vascons, les Aquitains, les Ibéroligures et les Ligures. Les Ibères étaient les premiers peuples de la péninsule Ibérique et de la région de l'isthme occitan. Après les migrations des peuples celtes, on trouvera dans la région des populations métissées tels que les Celtibères et des Celto-ligures..

Les Ibères, au sens strict vignette|200px|Aire de la civilisation ibérique. La civilisation ibérique est originaire du sud de la péninsule. Elle s’étendit vers la Catalogne et la côte méditerranéenne occitane (la future Septimanie), en une expansion rapide comme l’avait été son apparition. Les Ibères sont un groupe de peuples qui selon les sources classiques (Hécatée de Milet, Hérodote, Strabon, Avienus, etc.) sont identifiés sur la côte orientale de la péninsule Ibérique : Elisyces, Sordons, Cerretains, Airénosis, Andosins, Bergistans, Ausétans, Indigets, Castellans, Lacétans, Laiétans, Cossétans, Lergets, Jacétans, Suessétans, Sedétans, Lercavons, Edétans, Contestans, Orétans, Bastétans et Turdétans. Bien que les sources classiques ne soient pas toujours d'accord sur les limites géographiques précises ni sur l'énumération de peuples spécifiques, il semble que la langue soit le critère fondamental qui les identifient comme Ibères. Tandis que les inscriptions de langue ibérique apparaissent largement sur le territoire que les sources classiques ont assigné aux Ibères : la zone côtière qui s'étend du sud du Languedoc-Roussillon à Alicante, qui pénètre dans l'intérieur par la vallée de l'Èbre, dans la vallée de Segura et la haute vallée du Guadalquivir.

Les Aquitains vignette|200px|Répartition des peuples aquitains (en noir) au nord des Pyrénées. Les Aquitains appelés aussi Ibéroaquitains ou Proto-Basques occupaient la zone comprise entre les Pyrénées occidentales, la rive gauche de la Garonne et l'Atlantique. C'était donc l'espace triangulaire formé par l'actuel Pays basque français et la Gascogne. Ils étaient liés linguistiquement et ethniquement aux Vascons de langue proto-basque, originaires du sud des Pyrénées.