vignette|Bovidés qui s'abreuvent à l'oued Edjeriou. Site de Terarart ou Tegharghart (Djanet). Tassili n'Ajjer, Algérie. Gravures polies, v. 5000 AEC (avant l'ère commune). vignette|Statues possiblement d'« hommes barbus ». Culture de Nagada, 3800-3100 AEC. Égypte antique. Schiste et brèche, H. 50 et . Musée des Confluences. vignette|Personnage reposant son menton sur son genou. Terre cuite, H. . Art Nok (500 AEC - 500 EC). Nigeria. Pavillon des Sessions, Louvre. vignette|Statuette de femme. Culture archéologique de Djenné, Mali, entre le . Terre cuite, H. . Musée du quai Branly. vignette|Portrait. Art yoruba, . Ife, Nigéria. Bronze, H. . British Museum.. vignette|Figure d'ancêtre dogon. Maître des Yeux Obliques. Bois, H. . Mali . Pavillon des Sessions, Louvre. vignette|Chaise de chef tshokwé. . Bois dur patiné, cuir, clous de laiton. H . Musée de Brooklyn. vignette|Sommet de sceptre, ivoire. Peuple yombé, . Kongo central, RDC. Pavillon des Sessions, Louvre. vignette|Tapis kuba, velours de raphia. Peuple bushong de Mushenge, Kasaï-Occidental, RDC. Linden-Museum, Stuttgart. vignette|Poulie à tête de bovin. Peuple baoulé. Bois. Fin . Musée de Brooklyn. vignette|Figure de pouvoir Nkisi. Peuple songye, début . Bois, peau, corne, métal, fibre, verre, perles. H. . Lubao, RDC.Musée de Birmingham. vignette|Masque kwele, début . Gabon. Pigments sur bois, H. . . Muséum de La Rochelle. vignette|Masque-costume egungun. . Nigeria, État d'Oyo. Population yoruba. Textile, bois, métal, plastique. H. env. Musée des Confluences. vignette|Collier. Peuple songhaï. Paille, cire d'abeille, fil de coton. Tombouctou, Mali, avant 1951. Musée des cultures de Bâle« Depuis des décennies les femmes, à Tombouctou fabriquent des bijoux en paille et en cire d'abeille. Ces objets ressemblent à des bijoux précieux en or. La forme ressemble à celle d'un bracelet à fermeture répandu au Moyen-Orient entre le et le . On la retrouve dans la gamme de bijoux des Peuls - une société de bergers d'Afrique occidentale - sous la forme de rubans en or portés très près du cou. Ceux-ci devinrent si populaires dans la région de Tombouctou que les femmes songhaï s'approprièrent ce type de bijou et le réalisèrent en paille. » : Citation du petit guide de l'exposition Strohgold : kulturelle Transformationen sichtbach gemacht (« Paille d'or : Transformations culturelles rendues visibles ») Museum der Kulturen Basel, 2014.. vignette|En haut : Collier mporro. . Fibres végétales, perles, boutons. Kenya, population rendille ou samburuCollier mporro. population Rendille ou Samburu. Ce collier est offert à la femme lors de son mariage. Au premier enfant, elle le complète par une coiffure imposante faite de boue, de graisse et d'ocre. : notice du musée des Confluences. Les Rendille qui vivent dans la partie sud et moins aride de leur région entretiennent depuis toujours de bonnes relations avec leurs voisins les Samburu. En fait, leurs relations ont été si étroites qu’ils ont adopté de nombreuses coutumes et pratiques des Samburu. Les mariages mixtes avec les Samburu ont conduit à l’émergence d’une culture hybride.. En bas : Collier entente, . Cuir, métal, perles. Kenya ou Tanzanie, population MaasaïCollier entente, population Maasaï. La jeune femme Maasaï porte ce collier lors de son mariage. Il est important qu'il soit neuf et très brillant. : notice du musée. Musée des Confluences, Lyon. Musée des Confluences.

L'art africain traditionnel, ou plus exactement l'art de l'Afrique est l'étiquette donnée par l'Occident aux arts visuels et plastiques des peuples africains vivant au sud du Sahara, antérieurement à un art moderne et contemporain de l'AfriquePour l'usage de « tradition », entendue comme « continuité » certainement pas « immuable », mais au contraire, en même temps « changement » : .. Cependant, un tel découpage a tendance à simplifier arbitrairement la continuité historique entre les différentes idées et styles. Ainsi, ce qu'on appelle l'art africain traditionnel regroupe une multitude de productions matérielles, associées ensemble sur les seuls critères géographique et chronologique. La musique et la danse, la réalisation d'objets suivant différentres techniques artistiques telle que la sculpture, la céramique, le textile, la maroquinerie, etc. ainsi que les arts du corps (coiffures, parures et peintures corporelles, scarifications, tatouagesJacqueline Delange évoque « la cosmétique et la parure (ornementiques du corps), ainsi que l'étiquette et le bien-dire (ornementiques des relations humaines) » ().) . Mais .Autrement dit, l'"art africain" est une notion eurocentrée qui ne prend pas ou peu en concidération les connaissances et le système de pensée des individus créateurs (artistes) et des spécialistes de l'art locaux (comme les Djanfole). thumb|Objets d'art vendus lors du festival de dialaw au Sénégal 01. thumb|Objets d'art vendus lors du festival de dialaw au Sénégal 25.

Le vaste espace de l'Afrique a donné lieu, au cours de son histoireVoir aussi l'article détaillé : Histoire de l'Afrique. La grotte de Blombos, Afrique du Sud, a livré des pierres taillées de , selon la technique de «retouche par pression», à partir de laquelle on date la naissance de l'art, suivant la conception d'objets raffinés non indispensables à la survie du groupe. Catherine Coquery-Vidrovitch, Petite histoire de l'Afrique : L'Afrique au sud du Sahara, de la Préhistoire à nos jours, 2011-2016, ., à des pratiques sociales et créations artistiques extrêmement variées. Certaines de ces créations artistiques ont pu aussi être partagées par plusieurs populations mettant en avant la limite du concept de "un art, une ethnie"' qui aborde les arts d'Afrique comme propre à une seule population et comme si il n'y avait pas eu d'échanges entre les peuples d'Afrique.. En réalité, de nombreux traits de culture ne sont pas nécessairement spécifiques à une "ethnie" et ne sont évidement pas immuables. Cette question concerne aussi le terme « Bambara », qui provient de la transcription française d'un nom donné « de l'extérieur », par les populations de la boucle du Niger (...) : citation tirée de . L'auteur développe précisément les implications de ce court extrait dans les pages suivantes.. La répartition de ces populations est cependant variable, certaines pouvant être homogènes localement, d'autres séparées par un ou plusieurs autres peuples, ou parfois dispersées sur un très vaste territoire. Le concept d'ethnie a fait l'objet d'études critiques. Le terme d'« art tribal », proposé par l'anthropologue . dans les années 1950, est cependant encore retenu par Babacar Mbaye Diop en 2018., ce qui lui permet d'étudier chaque style tribal constitué par les traits communs à toutes les productions artistiques dans la tribu en question.

Des arts de l'Afrique ancienne, il ne reste que des objets pour en témoigner. La plus ancienne céramique d'Afrique subsaharienne apparait vers 10000 AECLes plus anciennes céramiques en Afrique subsaharienne sont, en 2009, datées de 9400 AEC : , voire plus encore : quelques tessons fragmentaires, datés en 2012 de avant le présent, ayant été découverts en Afrique de l'Ouest (Mali), , dans l'actuel Mali, sur un site d'Ounjougou recevant les premières moussons après la période dite du Grand Aride, au début de l'Holocène. Ces céramiques portent un décor imprimé.. En 2012, les plus anciennes formes de peintures et gravures africaines actuellement datées, l'art rupestre du tassili n'Ajjer, sont datées d'environ 9 à avant le présent.. Les céramiques et les palettes à fard de la culture de Nagada (vers 4000 avant l'ère commune) sont parmi les premiers témoins, au cours du Néolithique en Égypte, de l'art de l'Égypte antique.. La recherche archéologique, souvent difficile, continue d'apporter de nouvelles formes d'art ancien, dans leur contexte, ce qui permet de les dater et de les situer au sein de leur culture d'origine pour une meilleure compréhension de l'histoire des habitants d'Afrique.

Le premier théoricien de l'art africain de l'Afrique centrale et occidentale, Carl Einstein, écrit en 1915. Sur le fait que Negerplastik soit considéré comme le premier ouvrage théorique sur l'esthétique des arts de l'Afrique : . : « Certains problèmes qui se posent à l'art moderneLes premiers artistes modernes concernés ont été certains peintre fauves, André Derain, Maurice de Vlaminck, Henri Matisse puis les jeunes cubistes d'alors, Pablo Picasso et Georges Braque. ont provoqué une approche plus scrupuleuse de l'art des peuples africains […]. [On y a rarement] posé avec autant de clarté des problèmes précis d'espace et formulé une manière propre de création artistique« Une manière propre de création artistique » : dans le vocabulaire de l'époque, Carl Einstein voulait évoquer une manière personnelle de création artistique, qui était propre à l'art africain et à lui seul.. »

De nombreuses études se penchent sur la réception occidentale des arts africains. Celle-ci repose largement sur le travail initial des ethnologues, puis sur les questions d'esthétique débattues entre artistes et théoriciens, ainsi que sur le travail des marchands d'art et collectionneurs occidentaux et la diffusion de ces formes. L'ethno-esthétique et la philosophie de l'art se sont emparées de ces questions, en France depuis les travaux de Jacqueline Delange (1967) et Jean-Louis Paudrat (1988)..

La conservation d'œuvres d'art africain en musée était autrefois inconnue sur ce continent, les œuvres ayant des vocations religieuses ou politiques, ou une fonction utilitaire dans la vie quotidienne. Paradoxalement, le fait que nombre de ces œuvres aient été conservées sur d'autres continents, notamment en Europe, a permis leur préservation. Le travail préalable à la restitution à l'Afrique de son patrimoine est en cours.

Notion d'art africain traditionnel L'« art », un concept Sachant que le concept d'art est apparu en Occident, qu'il a donné lieu à la création, problématique, de mots nouveaux au Japon en 1873Voir au Japon : Art japonais : L' « Art » ou l' « art » au Japon et l'introduction du terme bijutsu en 1873. et en Chine au début du Voir Art chinois : La notion d'art et les mutations de la culture chinoise, associés à des concepts nouveaux, car étrangers à la pensée extrême-orientale, le mot, appliqué au en Afrique, avec l'appréciation qu'il nécessite, est controversé.. Lucien Stéphan indique le caractère le plus souvent religieux de l'art africain. Il existe, en effet, au moins, un art de cour, comme au Bénin, dont l'aspect religieux nous est inconnu.. Dès lors, comme le dit Jean-Louis Paudrat., dès que ces objets sont arrachés à leur lieu d'origine, à leurs rites, aux configurations sociales, intellectuelles et spirituelles qui justifiaient leur élaboration, « fragment résiduel d'une totalité absente, l'objet africain peut-il encore nourrir une appréciation juste de ce qu'il fut ? » Cette appréciation nécessiterait de savoir son lieu d'origine et tout ce qui a déterminé sa réalisation, telle qu'elle nous apparait aujourd'hui, et de ses fonctions initiales. Cependant, s'appuyer sur les données foisonnantes de l'anthropologie pourrait risquer de perdre sa nature « artistique ». La solution, en suivant le projet de Jean-Louis Paudrat, consisterait à voir chaque objet dans son contexte artistique, au sein des objets et des pratiques auxquelles il est apparenté.

L'espace de l'art africain