Geispolsheim (prononcé ; Gäispìtze en alsacien) est une commune française de plus de située dans la circonscription administrative du Bas-Rhin et, depuis le , dans le territoire de la Collectivité européenne d'Alsace, en région .

Elle est située à cheval entre la petite et la grande couronne de Strasbourg.

Cette commune se trouve dans la région historique et culturelle d'Alsace.

Jusqu'en 2015, la commune est le chef-lieu du canton de Geispolsheim ; celui-ci étant dissous en raison du redécoupage cantonal de 2014, ladite commune intègre le canton de Lingolsheim à l'issue des élections départementales de 2015.

La ville est divisée en deux agglomérations : Geispolsheim-village et Geispolsheim-gare, qui sont séparées de .

Geispolsheim a été récompensée de trois fleurs au concours des villes et villages fleuris.

Géographie vignette|Panneau d'entrée de Geispolsheim.|alt= Geispolsheim est située à au sud de Strasbourg et fait partie de sa métropole.

La construction de la voie ferrée Strasbourg-Mulhouse, au , entraîna l'ouverture d'une gare à environ à l'est du bourg traditionnel et le développement d'une agglomération distincte mais dépendant toujours de la commune, appelée Geispolsheim-Gare. Le bourg traditionnel, contenant la plupart des services (mairie, collège, associations...) est souvent appelé par commodité mais de manière non officielle Geispolsheim-Village. Les deux parties de la commune sont reliées par la route départementale 84 sur .

Geispolsheim a intégré la communauté urbaine de Strasbourg (CUS) en 1967, ce qui a permis de rapprocher la commune de l'agglomération strasbourgeoise. Ainsi, le ramassage des déchets, les aménagements de voirie, les transports en commun, les transports scolaires et le nettoyage des rues, entre autres, sont gérés en partie par la CUS.

La ville possède une grande zone industrielle et commerciale : l'hypermarché de Geispolsheim ainsi que la zone commerciale de la Vigie drainent beaucoup de monde, la plupart venant de Strasbourg et environs pour y faire leurs achats. L'activité de cette zone génère un grand nombre d'emplois et contribue à la bonne santé économique de la commune.

Topographie Le ban de Geispolsheim se situe entièrement dans la plaine d’Alsace. Malgré de faibles différences altimétriques, on distingue plusieurs ensembles topographiques :

le secteur de relief mollement ondulé, situé au nord de l’autoroute A35 et dont les parties hautes sont d’altitude supérieure à (point culminant du ban au lieu-dit Kingersten : ), qui se termine par un coteau rectiligne, d’orientation SSW/NNE le mettant en contact avec le sous-ensemble topographique suivant ; une zone très plane, adossée à la colline du Gloekersberg (commune de Blaesheim) et s’inclinant doucement d’ouest en est, passant de la cote (Oberfels) à une altitude de au sud de Geispolsheim-Gare ; la partie est, correspondant au fond de vallée de l’Ill, qui est le secteur le plus bas de la commune avec des altitudes comprises entre vers l’hospice Élisa et vers l’étang Wiesel ; un vaste secteur sud, limité par les cours de l’Ehn et de l’Ergenselbach et appartenant à la zone déprimée du Ried de l’Andlau, dont les altitudes décroissent lentement du sud-ouest vers le nord-est, entre au Schulmastermatt, au sud-ouest de la commune, et au Moulin des Pierres.

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat des marges montagnardes, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat semi-continental. et est dans la région climatique Alsace, caractérisée par une pluviométrie faible, particulièrement en automne et en hiver, un été chaud et bien ensoleillé, une humidité de l’air basse au printemps et en été, des vents faibles et des brouillards fréquents en automne (25 à ).. Elle est en outre dans la zone H1b au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune d'Entzheim à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... .

Géologie Les formations superficielles constituant le substrat du territoire communal se répartissent entre dépôts éoliens et fluviatiles et correspondent sensiblement aux ensembles topographiques décrits ci-dessus.

Formations lœssiques Lœss reposant sur la terrasse rissienne de la Bruche Le long de la limite nord-ouest du ban de Geispolsheim affleurent des lœss, recouvrant les alluvions caillouteuses de la terrasse de la Bruche (datée du Riss), probablement mis en évidence par une faille supposée, qui se manifeste dans le paysage par un coteau (Kingersten). Cette faille représente sans doute le prolongement vers l’est de la structure tectonique du horst de Griesheim-Blaesheim (compartiment soulevé entre deux secteurs affaissés) matérialisé par la colline du Gloekelsberg.

Lœss de la terrasse d’Erstein Des lœss typiques recouvrent la plus grande partie de la commune. Il s’agit de limons calcaires, épais de 3 à , de couleur souvent claire, beige, jaune ou brune. Leur dépôt s’explique par les conditions climatiques froides du Quaternaire qui ont permis le prélèvement de particules fines par des vents violents, soufflant principalement d’est en ouest sur les grands épandages de sables et cailloutis du Rhin. Cette couverture lœssique repose sur les alluvions rhénanes formant le substrat du Bruch de l’Andlau. Au nord de l’Ehn, elle forme un vaste secteur d’un seul tenant (« terrasse de Geispolsheim »). Au sud de ce cours d’eau, la couche de lœss a été fragmentée par l’Ehn et l’Ergelsenbach qui, sortant du Ried de l’Andlau, entaillent la terrasse würmienne pour rejoindre la plaine de l’Ill et du Rhin. Ce secteur dominant légèrement (1 à ) le ried de l’Ill a été qualifié de « basse terrasse supérieure » ou « terrasse d’Erstein ». Étant donné que les cailloutis rhénans sous-jacents se trouvent à la même altitude que dans le reste de la plaine ello-rhénane, il vaut mieux parler de « l’Ackerland d’Erstein » que de terrasse. Cette mince couche lœssique, dont la surface sub-horizontale est uniforme et peu retouchée, date du Würm récent. Néanmoins, on y rencontre quelques vallons en berceau, peu encaissés dans la terrasse et sans écoulement. Ces vallons sont tapissés par les dépôts de lœss remaniés par ruissellement. Le ruissellement a entraîné le lœss sur le rebord de la terrasse ou au fond des vallons. Ces dépôts sont d’une épaisseur très variable. Le processus existe toujours à l’heure actuelle, en raison des activités agricoles (labours). Un tel vallon remblayé peut s’observer au nord de l’A35, de la « colline » de Kirstenfeld et s’ouvrant vers la zone d’activités de Geispolsheim-Nord.

Formations fluviatiles Un ancien cours de la Bruche qui s’étend entre Entzheim et la ferme Forlen occupe l’extrême nord du ban communal. Il a entaillé les terrasses lœssiques, séparant celle de Lingolsheim (au nord) de celle d’Erstein (au sud) et déposé une faible épaisseur de limons de débordement, plus ou moins continus, sur les cailloutis rhénans würmiens (Schwobenfeld, Sondseck).

Alluvions de l’Ill Le fond de vallée de l’Ill, représentant la bordure est du ban communal, est constitué de limons de débordement ou de cailloutis recouverts par ces mêmes limons, alluvions d’époque historique, mises en place par inondation des zones les plus déprimées avant l’édification de digues. Les sables et galets observés proviennent de matériaux remaniés des terrasses rhénanes et mélangés à 20-30 % de matériel d’origine vosgienne. Alluvions rhénanes caillouteuses et sableuses Un lambeau d’alluvions rhénanes, allongé dans le sens est-ouest, représente le substrat de Geispolsheim-Gare, le long de la RD 84. Un autre îlot résiduel d’une terrasse fragmentée par d’anciens bras de l’Ill s’observe à proximité du lac Achard. Mis en place à la fin du Würm, ces cailloutis se composent à 60 % de galets d’une taille moyenne de 4 à et sont recouverts d’une couche limoneuse plus ou moins épaisse.

Cailloutis de l’Ehn Le substrat de la dépression du Bruch de l’Andlau est représenté par les cailloutis würmiens, faiblement remaniés en surface. Une mince couche de limons de débordement (10- d’épaisseur) très fins en surface, déposés jusqu’à une date récente par les rivières (Ehn, Ergelsenbach), les recouvre.

Limons des anciens bras morts du Rhin À l’ouest du poste électrique de Graffenstaden existe un ancien chenal du Rhin, profond de 3 à et comblé par des matériaux limono-argileux peu épais, d’âge historique à sub-actuel. Il peut être inondé périodiquement par remontées de la nappe phréatique.

Hydrographie Le cours d’eau le plus important dans la commune de Geispolsheim est l’Ill, celle-ci se situant en bordure est du ban. En fait, l’Ehn représente le principal cours d’eau traversant le territoire communal. Il est accompagné de plusieurs affluents ainsi que de fossés de drainage, issus de la dépression humide du Bruch de l’Andlau.

L’Ill Cette rivière, la plus importante de la plaine d’Alsace dont elle constitue l’axe jusqu’au niveau de Strasbourg, prend sa source à environ d’altitude sur le versant nord du Glaserberg (Jura alsacien), près de Winkel. Drainant un bassin-versant total d’environ , l’Ill conflue avec le Rhin à l’amont immédiat du barrage de Gambsheim, après un parcours de , dont la pente moyenne est de . Elle possède un régime de type pluvial-océanique (hautes eaux en hiver, maximum fréquent en février, basses eaux en été ou fin d’été) notamment à cause de ses affluents descendant des Vosges. Un peu en amont de Strasbourg, le débit moyen annuel de la rivière, d’environ /s, se trouve totalement influencé par les aménagements hydrauliques à partir d’Erstein. En effet, la construction en 1891 du canal de décharge de l’Ill, récemment recalibré pour évacuer des débits de /s dans le bassin de compensation de Plobsheim, a mis l’agglomération strasbourgeoise à l’abri des crues de l’Ill les plus dévastatrices.

Cette rivière a atteint Strasbourg seulement à l’époque historique. En effet, à en juger d’après leur ampleur, les grands méandres de l’Ill formant la limite commune des bans d’Illkirch-Graffenstaden et d’Ostwald représentent en réalité les traces d’un ancien cours du Rhin. L’Ill a été classée en 1835 « voie navigable et flottable » entre Colmar et Strasbourg, puis « cours d’eau domanial », accessible aux pêcheurs et aux plaisanciers. Un décret de 1962 maintient dans les attributions du ministère de l’Agriculture la gestion et la police des eaux pour la section de l’Ill comprise entre Colmar et le pont de la voie ferrée Strasbourg-Kehl à l’arrivée de l’Ill dans Strasbourg. Toutefois, dans le cadre des lois de décentralisation Acte II, l'Ill est désormais gérée par la région Alsace jusqu'à son entrée dans la CUS, qui assure la gestion des eaux de surface sur l'intégralité de son territoire, à l'exception du Rhin.

L’Ehn