L'Aile ou la Cuisse est un film comique français réalisé par Claude Zidi, sorti en 1976.
Le film raconte les aventures de Charles Duchemin, directeur d'un guide gastronomique à son nom, défenseur de la cuisine française traditionnelle et de qualité, et de son fils Gérard, plus tenté par la vie d'artiste, dans leur croisade contre la nourriture industrielle dont le fer de lance est Jacques Tricatel et ses restoroutes. Tournant en dérision le guide Michelin et l'entrepreneur Jacques Borel, l'histoire aborde un problème naissant dans la France des années 1970 : la malbouffe conséquente à l'essor de l'industrie agroalimentaire.
Né de la volonté du jeune producteur Christian Fechner de faire tourner son idole Louis de Funès, ce film marque le retour sur les écrans de l'acteur après trois ans d'absence, dus à de graves problèmes de santé. Dans une confrontation entre les générations, le film associe, comme père et fils, le vénérable comique avec l'humoriste Coluche, alors en pleine ascension. Ils sont notamment entourés de Julien Guiomar dans le rôle de Tricatel, Claude Gensac, Ann Zacharias et Raymond Bussières.
Le tournage a lieu de mai à , en pleine canicule, essentiellement près de Paris, dans des studios improvisés. La santé encore fragile de Louis de Funès est l'objet de toutes les attentions. Fechner s'est battu face aux sociétés d'assurances pour permettre à l'acteur de pouvoir revenir au cinéma. Afin de se préserver, Louis de Funès modère son jeu et le tend vers davantage de candeur. Coluche fait ses premiers pas hors de son personnage de scène.
L'Aile ou la Cuisse, sorti en , remporte un grand succès avec , terminant deuxième du box-office français de l'année 1976, derrière Les Dents de la mer. La critique, mitigée, salue le sujet de société évoqué et le retour réussi de Louis de Funès. Ce dernier, relancé, retrouve Claude Zidi sur La Zizanie (1978) et s'allie à Christian Fechner pour le reste de sa carrière. Coluche collabore à nouveau avec le réalisateur pour deux films en tant que tête d'affiche, Inspecteur la Bavure (1980) et Banzaï (1983).
Synopsis vignette|L'édition 1975 du « Guide Duchemin ». vignette|redresse|Julien Guiomar, le méchant industriel Tricatel. Charles Duchemin est un redoutable critique gastronomique français. Il dirige d'une main ferme et efficace la vaste maison d'édition d'un prestigieux guide gastronomique qui porte son nom. Il travaille avec son équipe dans une magnifique maison de maître à Paris, un grand hôtel particulier. De nombreux travailleurs sont au service de son guide (chimistes, spécialistes culinaires, secrétaires, etc). Charles Duchemin est un bourreau de travail et il est coutumier de visites impromptues, incognito, dans de nombreux restaurants. Sa technique pour en vérifier la qualité consiste à se travestir pour prendre l'apparence de client(e)s aux antipodes de son allure classique de PDG. Cette habitude lui permet d'avoir une idée précise et directe de la façon dont les restaurateurs haut-de-gamme (qui craignent nettement ses avis) se comportent véritablement avec des clients lambda.
Venant tout juste d'être élu à l'Académie française, le critique gastronomique se prépare à prendre sa retraite. Il compte confier les rênes du guide à son fils Gérard, qui travaille avec lui comme client occasionnel de restaurant. Gérard est un jeune homme approchant la trentaine. Il est toutefois bien davantage intéressé par les arts du cirque que les arts culinaires. Il a créé à l'insu de son père une troupe itinérante qui se produit régulièrement et dont il est l'un des membres actifs. Gérard se grime en clown et il est responsable d'un numéro, le clou du spectacle, où un spectateur au premier rang se retrouve trempé après avoir été badigeonné de crème par un faux éléphant.
Peu avant la parution de la nouvelle édition du « Guide Duchemin 1976 », Charles Duchemin va apprendre un élément d'importance par l'un de ses employés qui rentre d'une tournée de travail en province. Jacques Tricatel, le PDG d'une entreprise de nourriture industrielle servie notamment sur les restoroutes, a dans l'idée de racheter plusieurs restaurants, potentiellement bientôt étoilés par le guide, juste avant la publication officielle du nouvel ouvrage de l'année. Cela inquiète Charles Duchemin d'être dans le flou, .
Afin de déterminer qui il doit acheter en priorité, Jacques Tricatel envoie un faux plombier au siège des éditions Duchemin afin que la maquette du guide à paraître soit dérobée. L'imposteur est toutefois démasqué très vite. Il sera capturé au prix d'une course-poursuite burlesque au cours de laquelle la secrétaire du directeur, Marguerite, se blesse à la jambe après avoir chuté d'un lustre. Puisque le filou, saucissonné à une chaise, refuse de répondre sur son contrat ou ses commanditaires, Charles Duchemin va le laisser s'échapper en le laissant emporter son butin avec lui (interverti avec la maquette de l'année précédente). En voiture, les deux Duchemin suivent discrètement le voleur qui s'enfuit en deux-roues. Le fils assiste sur le parvis de la Défense à la rencontre du filou avec Lambert, l'adjoint de Jacques Tricatel. L'homme de confiance se précipite dans la grande tour de bureau auprès de son patron pour lui fournir les documents. L'industriel se rend immédiatement compte de la supercherie. Il blâmera son adjoint avec une certaine violence.
Charles Duchemin décide de se mesurer publiquement à l'industriel. Il accepte de participer à l'émission Tous les coups sont permis !, animée par Philippe Bouvard et qui consiste à faire débattre de manière virulente deux personnalités. Charles Duchemin émet la condition de sa présence à ce que Philippe Bouvard puisse inviter également Jacques Tricatel. Par roublardise, jouant sur le côté grandiloquent et orgueilleux de celui-ci, le journaliste parvient à obtenir sa présence à son émission.
Avant cette rencontre télévisuelle, Charles Duchemin décide de partir effectuer une tournée en province afin d'évaluer lui-même des établissements dont la note finale n'est pas encore décidée. Il est accompagné de son chauffeur personnel, de Gérard et de la nouvelle secrétaire intérimaire (également nommée Marguerite mais bien plus jeune et attirante que la première et à laquelle Gérard n'est pas insensible). Tout à son habitude du travestissement et de pseudonymes, Charles Duchemin fait en sorte que les arrivées dans les hôtels-restaurants soient réalisés incognito, ce qui crée des imbroglios entre les quatre participants.
Lambert suit le quatuor sur ordre de son patron qui veut garder un œil sur les agissements du critique gastronomique et tient à recevoir une description précise de toutes les actions intéressantes. La troupe de cirque suit le fils Duchemin en cachette et ce dernier va trouver un prétexte le premier soir pour les rejoindre incognito pour y faire son numéro. Ayant suivi Gérard Duchemin jusqu'au cirque, Lambert va apprendre sa double-vie et informer de suite son patron.
Le soir de la deuxième étape, Charles Duchemin reçoit pendant le dîner un appel téléphonique de l'industriel qui ne peut pas s'empêcher de lui déballer ces infos croustillantes rien que pour le plaisir de le narguer et faire voler en éclats sa vie bien rangée. Il lui décrit la double-vie de son enfant et l'excuse qu'il fournira pour rejoindre le cirque. Circonspect, Charles Duchemin n'indique rien à ses convives concernant l'appel reçu lorsqu'il revient à dîner. Lorsque le fils sort de table, son père va le suivre discrètement. La secrétaire Marguerite ayant compris une manigance les suit à son tour, ce qui laisse le chauffeur esseulé à table ne comprenant rien à ce qu'il se passe. Tandis que Gérard est dans sa loge pour se maquiller et se vêtir pour son numéro, Charles Duchemin prend place parmi le public du cirque au premier rang et la secrétaire reste près de l'entrée du chapiteau.
Le critique gastronomique devient lui-même le clou du spectacle. Il est la proie de la farce qui le laisse trempé et raide de fureur, à la grande stupéfaction de son fils lorsqu'il découvre que c'est son propre père qu'il vient de ridiculiser.
Près de sa chaise au centre du chapiteau, Charles Duchemin irradie de colère et d'aigreur. Il formule son dépit sans ménagement puisqu'il traite son fils, devant tout le public, de raté, d'incapable et il le renvoie de son travail. L'aîné Duchemin retourne furieux à l'hôtel-restaurant où séjourne le quatuor. Il est alors piégé par les propriétaires : en effet, ces derniers ont reconnu l'aîné Duchemin pour ce qu'il est (probablement avertis par Lambert). Ils possédaient autrefois un restaurant auquel le critique gastronomique retira ses étoiles. Le couple ruiné se retrouva forcé à travailler pour Tricatel.
Les propriétaires conduisent alors le critique à la cuisine. Fusil de chasse à la main, l'hôte le force à ingérer d'importantes quantités de nourriture de très mauvaise qualité. Le critique gastronomique est tout de suite excessivement malade par ce que ses geôliers lui font ingérer.
Le même soir, bien plus tard, Gérard et Marguerite qui se sont rapprochés grâce au spectacle de cirque sont de retour à l'hôtel. Le père Duchemin est découvert en très mauvais état à la suite de son repas forcé. Il est affalé piteusement dans un couloir de l'hôtel, près des chambres. Le malade en pleine crise de foie est conduit de suite en voiture à la clinique. Vaseux, Charles Duchemin se retrouve piteusement à devoir demander de l'aide à son fils pourtant renvoyé avec fracas un peu plus tôt. Le jeune homme, ne cherchant pas le conflit, accepte de l'aider autant que nécessaire.
Charles Duchemin est horrifié d'apprendre à la clinique qu'il est devenu agueusique : il ne perçoit plus le goût des aliments et des boissons qu'il ingère, ce qui met gravement en péril sa réputation et celle de son guide. Échappant de justesse à une horde de journalistes prévenus par Tricatel (lui-même informé de sa condition par Lambert qui a pisté le père et le fils jusqu'à la clinique), Charles Duchemin ne voit qu'une solution pour être en mesure d'affronter Tricatel lors de l'émission Tous les coups sont permis ! : s'infiltrer dans l'usine de l'industriel et trouver les preuves de la mauvaise qualité des aliments commercialisés.
Gérard fait venir son père dans sa caravane de cirque et lui permet de piocher dans ses vêtements. Placé devant le fait accompli qu'il ne parvient plus à se mettre en colère, Charles Duchemin se fait sermonner par son fils qui le force à veiller véritablement sur son bien-être et à suivre les recommandations médicales. Père et fils sont d'accord pour faire un casse le soir dans l'usine ultra protégée et high-tech de Jacques Tricatel.
Avec l'aide de la jeune Marguerite qui va prendre la place d'un grutier, les deux Duchemin parviennent à pénétrer dans l'usine. Jacques Tricatel est alors déjà présent sur le plateau de télévision. Lorsque son adjoint l'avertit de l'intrusion dans son usine, le PDG ordonne que les gardes aillent guider les intrus vers l'une des unités de conserverie afin de les y transformer en boîtes. Sur place, père et fils utilisent un subterfuge qui incite les gardes à croire qu'ils se soient bien transformés en conserves. Ainsi les gardes s'en vont et les deux intrus ont tout le loisir de vadrouiller dans l'usine. Ils sont choqués de découvrir à quel point la malhonnêteté de l'industriel lui fait vendre des produits alimentaires douteux : légumes aussi élastiques que du caoutchouc, pâte liquide jaunâtre durcie dans des moules chauffants en forme de poisson ou de poulet, viande artificielle à base de pétrole, œufs cubiques, poulets sans plumes Ils récupèrent plusieurs produits puis s'échappent de l'usine en parvenant à voler une camionnette.