Le psychologisme est la théorie philosophique, apparue au , selon laquelle les lois logiques peuvent être expliquées par des faits mentaux ou réduites à ceux-ci. Dans son sens le plus étroit, c'est la thèse selon laquelle la logique n'est qu'une branche de la psychologie ; dans un sens plus large, il renvoie à toute tentative d'expliquer les contenus conceptuels, les jugements ou les inférences à partir des processus mentaux des sujets pensants. L'antipsychologisme, est la thèse philosophique opposée.

Histoire En France, à partir de la fin des années 1820, a lieu une , qui oppose les psychologistes aux physiologistes : . Auguste Comte félicite Broussais d'avoir mis en lumière et sera élogieux sur ce En 1838, cette querelle initiale s’apaise, mais les critiques du psychologisme continuent, notamment sous la plume de Pierre Leroux qui réfute ce qu'il appelle du fait de l’impossibilité d'une quelconque observation de l'intériorité humaine.

À la fin du , un contre-courant philosophique allemand, qualifié d'antipsychologisme, développe des critiques formulées notamment par Bolzano, Frege, Husserl, Bradley. Dans ce contexte, le terme « psychologisme » est alors encore utilisé dans un sens péjoratif Victor Delbos écrit en 1911 :

Jean-François Braunstein écrit en 2012 :

Définition Carl Stumpf, très critique envers le psychologisme, le définissait en 1891 comme .

On peut distinguer : Psychologisme au sens étroit, selon lequel la logique est fondée sur la psychologie, ou n’est qu’une branche de la psychologie. Psychologisme au sens large, selon lequel on peut fournir une explication de la signification des concepts, jugements et inférences en termes de processus mentaux.

Le psychologisme en philosophie Le terme apparaît dans la philosophie de langue allemande en 1866 chez Johann Eduard Erdmann pour désigner la doctrine de Friedrich Eduard BenekeNicolas Serge, Marchal Anne, Isel Frédéric, « La psychologie au XIXème siècle », Revue d'Histoire des Sciences Humaines, 2000/1 ( 2), p. 57-103. DOI : 10.3917/rhsh.002.0057. . D'après Erdmann, le psychologisme de Beneke présente deux caractéristiques générales :

il établit la primauté de la psychologie sur les autres branches de la philosophie de sorte que la psychologie remplace la métaphysique à titre de fondement philosophique ; il promeut une psychologie empirique qui « suit l'exemple des sciences de la nature. »

Erdmann oppose la position philosophique de Beneke à celle de Herbart et d'autres philosophes qui cherchent au contraire à établir un fondement métaphysique à la psychologie :

La fin du a vu Un contre-courant, l'antipsychologisme, s'oppose aux argumentations empiristes et relativistes de ces philosophes alors qualifiés de psychologistes, mais dans un sens dépréciatif ; il défend l'existence d'une logique pure, et d'une autonomie de principes logiques par rapport à la vie physique et la subjectivité.

Le philosophe Pascal Engel plaide pour un dans son livre Philosophie et psychologie (1996) au cours duquel il conteste certaines conclusions de l'antipsychologisme ;

Pour la phénoménologie, toute conscience est conscience de quelque chose : cette chose que je vois n'est pas dans ma conscience mais à l'endroit même où je la vois :

Le psychologisme peut être considéré comme un dérivé du naturalisme philosophique.

Le psychologisme peut aussi être vu comme une forme de réductionnisme qui dénie aux concepts toute existence en dehors du psychisme humain. Il a été, sous cette forme, particulièrement attaqué par Frege et Carnap, qui préféraient faire des concepts des entités abstraites plutôt que des entités mentales.

Le développement des sciences cognitives déplace la question de l'opposition qui avait été soulevée par les antipsychologistes entre philosophie et psychologie. Le professeur Guy Tiberghien indique : .

Bibliographie Edmund Husserl, Recherches logiques (1901)

Martin Kusch, Psychologism : A case study in the sociology of philosophical knowledge (Londres : Routledge, 1995). Pascal Engel, Philosophie et psychologie, Paris, Gallimard, Folio, 1996. Numéro thématique, Psychologisme ?, Revue philosophique, 122/2 (1997)

Références

Voir aussi Empirisme Naturalisme (philosophie) Relativisme

Catégorie:Théorie épistémologique Catégorie:Philosophie de la logique