Le père jésuite Pierre Varignon (1654-1722D'après .) est un mathématicien français. Il est l'auteur d'importantes contributions à la statique, notamment par la formalisation du triangle des forces et des conditions d'équilibre en trois dimensions.
Biographie Fils d'un architecte, Pierre Varignon fut un des géomètres français les plus célèbres de son temps. Se destinant à la prêtrise, il étudie la théologie et la philosophie au collège jésuite de Caen. La lecture d’un Euclide qui lui tomba sous la main éveilla son goût pour les mathématiques, et celle des ouvrages de Descartes détermina son choix. Ordonné prêtre, il vint à Paris en 1686 avec l’abbé de Saint-Pierre qui lui fit une pension de D'après .. Son Projet d’une nouvelle mécanique lui vaut une chaire de mathématiques au collège Mazarin. En , il devient membre de la section de géométrie de l'Académie royale des sciences. Il est nommé premier titulaire par Louis XIV, le . En 1706, il succède à Jean-Baptiste Du Hamel dans sa chaire de philosophie grecque et latine au Collège de France. De 1710 à 1712, il est vice directeur, puis directeur jusqu'en 1719 de cette Académie. Il est élu à l'Académie de Berlin en 1713 et à la Royal Society en 1714List of Fellows of the Royal Society 1660–2006. Londres 2006..
La correspondance qu'il a entretenue avec LeibnizCarl Immanuel Gerhardt, Mathematische Schriften, vol. 4, p. 87 : Correspondance entre Leibniz et Varignon, novembre 1701 – février 1716., Newton et surtout les frères Bernoulli lui a permis de devenir, avec le marquis de l’Hôpital, l’un des promoteurs les plus actifs en France du calcul différentiel et intégral créé par Leibniz. En particulier, il fait insérer dans le Journal des savants la lettre de Leibniz du sur la nature des infiniment petits, qu'on doit prendre « comme s’il y avait des infiniment petits métaphysiques, quoiqu’on n'en ait point besoin, et que la division de la matière ne parvienne jamais à des parcelles infiniment petitesJournal des Sçavants, 1702, p. 183. Également dans Gerhardt, Mathematische Schriften, vol. 4, p. 91. Paolo Mancosu, The Metaphysics of the Calculus: A Foundational Debate in the Paris Academy of Sciences, 1700-1706, Historia Mathematica 16 (1989), 224-248 (lire en ligne). ».
Travaux en mathématiques Il a énoncé le théorème de Varignon : la figure obtenue en joignant les milieux des côtés d'un quadrilatère quelconque est un parallélogramme. En joignant les milieux des côtés d'un carré, on obtient un second carré. En faisant de même avec un rectangle, on obtient un losange (de même avec un losange, on obtient un rectangle).
Travaux en sciences physiques Maximilien Marie porte sur les travaux de Varignon en physique le jugement suivant :
Mécanique En mécanique statique, il a en 1688 démontré la règle de composition des forces concourantes énoncée plus tôt par Simon Stevin dans sa Clootcransbewijs, mais déjà démontrée selon Marshall Clagett et A. Moody par Jordanus Nemorarius (1225 - 1260) dans son De ponderibusBeaujouan Guy. A. Moody et M. Clagett, The Medieval Science of Weights (Scientia de ponderibus): treatises ascribed to Euclid, Archimedes, Thabit ibn Qurra, Jordanus de Nomore and Blasius of Parma.... In: Revue d'histoire des sciences et de leurs applications, tome 10, n°3, 1957. pp. 274-276. Lire en ligne.
En cinématique, il a formalisé les définitions de la vitesse instantanée et de l'accélération. Dans deux communications à l'Académie royale des sciences, le puis le il définit tout d'abord la notion de vitesse instantanée (qu'il nomme vitesse en chaque instant) puis celle d'accélération en appliquant le calcul différentiel de Leibniz à la trajectoire d'un corps. Il montre enfin, à l'aide de ce même calcul différentiel, qu'il est possible de déduire l'accélération d'un corps à partir de sa vitesse instantanée par une simple opération de dérivation.
Étonnamment, ces résultats ont été si rapidement adoptés par la communauté scientifique de son temps que leur auteur a été un peu oublié. Pourtant, en dépassant les méthodes géométriques de résolution des problèmes de mécanique du solide, il a ouvert la voie à d'Alembert et à Lagrange, qui formuleront les énoncés de physique encore en usage aujourd'hui. À ce titre, Varignon peut donc être considéré comme l'un des fondateurs de la mécanique analytique.
Instrumentation Le il introduit le manomètre, en adoptant le baromètre statique de Robert Boylearticle Manomètre de l'Encyclopédie. pour les expériences liées au développement des pompes à videsPierre Varignon invente un nouvel instrument appelé manomètre..
Publications thumb|page de titre du Traité de l’abbé Pujol (1725). Très occupé par ses travaux et son enseignement, Varignon publia peu d'ouvrages de son vivant. Ses disciples éditèrent celui-ci d'après ses papiers.
Thèses Mathématiques De Viribus Machinarum. Paris, Claude Thiboust avant 1687. Projet d'une nouvelle Mécanique avec Un Examen de l'opinion de M. Borelli, sur les propriétés des Poids suspendus par des Cordes. Paris, Veuve d'Edme Martin, Jean Boudot, & Estienne Martin 1687. Nouvelles conjectures sur la pesanteur 1690 (lire en ligne). Nouvelle Mécanique ou Statique, dont le projet fut donné en 1687. Paris, Jombert, 1725, tome 1, tome 2 Éclaircissements sur l'analyse des infiniment petits et sur le calcul exponentiel des Bernoulli 1725 Traité du mouvement et de la mesure des eaux coulantes et jaillissantes. Avec un traité préliminaire du Mouvement en général, Paris, Pissot 1725. Elemens de mathematique, Paris, Brunet, 1731.
Histoire de l'Académie royale des sciences VARIGNON, dans Table générale des matières contenues dans l'"Histoire" et dans les "Mémoires" de l'Académie royale des sciences, par La Compagnie des libraires, Paris, 1734, tome 1, Années 1666-1698, (lire en ligne) VARIGNON, dans Table générale des matières contenues dans l'"Histoire" et dans les "Mémoires" de l'Académie royale des sciences, par La Compagnie des libraires, Paris, 1729, tome 2, Années 1699-1710, (lire en ligne) VARIGNON, dans Table générale des matières contenues dans l'"Histoire" et dans les "Mémoires" de l'Académie royale des sciences, par La Compagnie des libraires, Paris, 1731, tome 3, Années 1711-1720, (lire en ligne) VARIGNON, dans Table générale des matières contenues dans l'"Histoire" et dans les "Mémoires" de l'Académie royale des sciences, par La Compagnie des libraires, Paris, 1734, tome 4, Années 1721-1730, (lire en ligne)
Notes et références
Annexes Bibliographie Bernard Le Bouyer de Fontenelle, Éloge de M. Varignon, dans Histoire de l'Académie royale des sciences. Année 1722, Imprimerie royale, Paris, 1724, (lire en ligne) Michel Blay, Critique de l’histoire des sciences, CNRS, 2017, ; La Naissance de la mécanique analytique, P.U.F., Coll. Petite bibliothèque d'histoire des Sciences, 1992, 416 p. . Maximilien Marie, Histoire des sciences mathématiques et physiques, Paris, Gautier-Villars, 1883.
Articles connexes Liste des membres de l'Académie royale des sciences
Liens externes
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