Arras ( ou Prononciation en français de France standard retranscrite phonémiquement selon la norme API.Jean-Marie Pierret, Phonétique historique du français et notions de phonétique générale, Peeters, Louvain-la-Neuve, 1994, . ; en picard : Aro) est une commune française, préfecture du département du Pas-de-Calais en région Hauts-de-France. Ses habitants sont appelés les Arrageois et les Arrageoises.

Capitale historique et administrative du département du Pas-de-Calais, au cœur de la zone économique agroalimentaire la plus étendue au nord de Paris, Arras est, avec ses , la deuxième ville la plus peuplée du département après CalaisDepuis 2017 uniquement. Auparavant, elle était également derrière Boulogne-sur-Mer..

Elle est le siège de la communauté urbaine d'Arras, qui regroupe en sur communes. Avec les villes de l'ancien bassin minier situées un peu plus au nord, elle est directement sous l'influence de l'« aire métropolitaine de Lille », ensemble métropolitain de près de d'habitants dont le centre, la ville de Lille, ne se trouve qu'à .

Historiquement, Arras était, sous l'Ancien Régime, la capitale de la province de l'Artois, un grand centre religieux et une cité prospère connue pour ses fabrications drapières. Ville universitaire, Arras se caractérise aujourd'hui par sa grande jeunesse : en effet, 33 % des habitants de l'agglomération ont moins de 25 ans. Elle accueille également le Main Square Festival, événement musical qui se tient chaque année en juillet.

Arras est réputée pour ses deux places baroques qui forment un ensemble architectural unique en Europe, son beffroi et sa citadelle, tous deux inscrits au patrimoine mondial de l'UNESCO. Avec 225 édifices protégés au titre des monuments historiques, Arras est la ville avec la densité de monuments historiques classés la plus importante de France.

La ville est également connue pour être le berceau de la culture littéraire picarde, avec ses trouvères comme Jean Bodel ou Adam de la Halle, ce qui en fait pour certains la capitale littéraire de la Picardie, ou encore la clé de voute de l'identité picarde..

Géographie Localisation Arras se situe dans l'Artois, à environ de Lens, de Lille, d'Amiens, de Calais et de Paris à vol d'oiseau. La ville est à proximité de la vaste eurométropole Lille-Kortrijk-Tournai. Chef-lieu du Pas-de-Calais, elle en est pourtant excentrée dans le sud-est.

Le territoire de la commune est limitrophe de ceux de neuf communes.

Géologie et relief Géologie Le sol d'Arras est composé de craie, roche vieille de 90 millions d'années. Cette craie fut exploitée depuis les premiers siècles de notre ère ; elle servit à l'édification des bâtiments de pouvoir et de prestige, et donna son nom de « ville blanche » à Arras. L'argile est également présente. Elle a été utilisée pour la fabrication des briques, utilisées pour des bâtiments moins nobles ou en décoration des façades au . On la retrouve dans le nom du lieu-dit « la Terre Potier ». à l'ouest au-delà du territoire communal.

Au , Demangeon démontre l'existence d'une Picardie géographique à travers ce qu'il intitule la plaine picarde, qui est la vaste plaine de craie s'étendant de Beauvais à Arras, de Cambrai et Laon, jusque Abbeville et le Boulonnais.

Relief L'altitude varie de 52 mètres au nord, où coule la Scarpe, à 99 mètres au sud. Les collines (de Baudimont, de La Madeleine) alternent en pentes douces avec les bas quartiers (de Méaulens, de la basse ville du ). La citadelle, la basse-ville et la gare (à l'ouest) se situent à environ 75 mètres d'altitude. En limite nord-ouest, l'altitude remonte au niveau du Mont Saint-Vaast (supérieur à 85 mètres)..

Hydrographie

vignette|redresse=1.4|alt=Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune|Réseau hydrographique d'ArrasLes ruisseaux intermittents sont représentés en traits pointillés.. Le territoire de la commune est situé dans le bassin Artois-Picardie..

Le territoire communal est au confluent du Crinchon et de la Scarpe, affluent de l'Escaut. La Scarpe passe juste au nord de la limite communale ; elle est canalisée à partir de l'écluse Saint-Nicolas. Trois autres petits cours d'eau drainent la commune : la fontaine de Baudimont qui borde la commune au nord, le ruisseau le Crinchon, d'une longueur de et le Faubourg d'Amiens, d'une longueur de .

Le Crinchon, qui entre dans le territoire communal par le sud-ouest, est enterré dans sa traversée de la ville. On le retrouve au nord, à l'ouest du bassin Méaulens (appendice en amont du canal), avant qu'il ne se jette dans la rivière. Autrefois, il inondait les fossés de la citadelle et séparait la ville en deux.

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique dégradé des plaines du Centre et du Nord, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique. et est dans la région climatique Nord-est du bassin Parisien, caractérisée par un ensoleillement médiocre, une pluviométrie moyenne régulièrement répartie au cours de l’année et un hiver froid ().. Elle est en outre dans la zone H1a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..

Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Wancourt à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... .

Urbanisme Typologie Au , Arras est catégorisée grand centre urbain, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022..

Elle appartient à l'unité urbaine d'ArrasUne unité urbaine est, en France, une commune ou un ensemble de communes présentant une zone de bâti continu (pas de coupure de plus de entre deux constructions) et comptant au moins . Une commune doit avoir plus de la moitié de sa population dans cette zone bâtie., une agglomération intra-départementale regroupant , dont elle est ville-centreDans une agglomération multicommunale, une commune est dite ville-centre lorsque sa population représente plus de 50 % de la population de l'agglomération ou de la population de la commune la plus peuplée. L'unité urbaine d'Arras comprend une ville-centre et quatorze communes de banlieue... Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction d'Arras, dont elle est la commune-centreLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de à moins de ...

Occupation des sols vignette|redresse=1.4|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC). L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d'occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires artificialisés (95,9 % en 2018), en augmentation par rapport à 1990 (88 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : zones urbanisées (60,9 %), zones industrielles ou commerciales et réseaux de communication (24,7 %), espaces verts artificialisés, non agricoles (10,4 %), terres arables (4 %), zones agricoles hétérogènes (0,1 %).. L'évolution de l'occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui)..

Morphologie urbaine Tissu urbain et quartiers

vignette||alt=Photographie montrant la citadelle d'Arras vignette|

La cité historique était implantée dans les remparts. Les plus vieilles constructions encore debout se situent à proximité du beffroi, au niveau de la Grand'Place et du tribunal de grande instance. À l'issue du Moyen Âge, l'obligation de bâtir dans des matériaux résistants au feu (à la place du bois et du torchis) a marqué le tissu urbain : en 1583, l'édit de Philippe II d'Espagne dispose que toute nouvelle construction doit se faire en pierres ou en briques, sans aucune saillie sur l'espace public.. Malgré un renouvellement urbain récurrent (la ville est reconstruite à environ 90 % au et à 95 % au ), le centre a conservé son organisation historique, faite de larges places, aménagées pour le commerce, mais également de ruelles étroites, et ses façades de qualité. La richesse de la ville à l'époque moderne est également encore lisible dans l'espace urbain. De nombreux hôtels particuliers subsistent encore autour du tribunal, avec leurs cours privées, leurs murs d'enceinte parfois.

Dans le centre, on compte plusieurs quartiers :

Le quartier des Basses-Rues, enserré entre les rues du Rivage, du Crinchon, Sainte-Croix et Méaulens. Issu de l'ancienne paroisse Sainte-Croix, il se structure autour de l'actuelle place Guy-Mollet, qui constitue l'ancien emplacement de l'église Sainte-Croix. Ce quartier est avant tout résidentiel, le parcellaire y est étroit. La Haute-Ville, structurant l'hypercentre d'Arras. Elle est caractérisée par le beffroi et ses rues nobles aux façades de pierres. Elle est formée par les paroisses Saint-Géry, La Madeleine et Saint-Jean-de-Ronville. Le quartier Saint-Maurice. Il regroupe les anciennes paroisses Saint-Maurice et Saint-Aubert, qui constituent le quartier populaire d'Arras. Tout comme le quartier des Basses-Rues, il se caractérise par de petites parcelles sur lesquelles s'élèvent des habitations ouvrières. La Basse-Ville a été dessinée au sur les plans de l'architecte Beffara. Contrairement au centre-ville, les artères y sont larges et convergent vers une place octogonale : la place Victor-Hugo. Il constitue le quartier des grandes demeures bourgeoises.

La citadelle se situe au sud-ouest ; son emplacement fut choisi au car il permettait d'inonder les fossés avec l'eau du Crinchon.

Les remparts ont été ensuite enlevés à la fin du Abbé E. Foulon, Arras sous les obus, 17 février 1916, . et ont laissé la place à des boulevards périphériques.

En dehors du centre, la Cité d'Arras ainsi que ses faubourgs (Faubourg d'Amiens, Baudimont, Maître-Adam) forment un ensemble de quartiers séparés de la ville d'Arras durant l'Ancien régime. Il faut attendre 1749 pour que ces deux ensembles soient réunis sous le nom d'Arras.

Faubourgs La ville possède différents faubourgs, situés à l'extérieur du centre. Certains d'entre eux existent encore de nos jours en tant que quartiers :

Le faubourg Ronville, dans le sud de la ville, structuré autour de l'Avenue Lobbedez entre la route de Bucquoy et la rue de Saint-Quentin, qui a été anciennement nommé Faubourg du Temple, en raison de sa proximité avec la maison des Templiers ; puis Faubourg des Alouettes, à cause d'une de ses maisons nommée ainsi sur la route de Bapaume. La faubourg de la Basècle, structuré autour de la rue d'Achicourt, où se dressait une église appelée Saint-Vedastus Basilice, en français Saint-Vaast de la Basècle.