Camille de La Croix, né Camille Adolphe Ferdinand Marie de La Croix le à Mont-Saint-Aubert (Tournai), en Belgique, et mort le à Poitiers (France), où il s'était installé en 1864, est un prêtre jésuite belge ayant consacré sa vie à l'enseignement de la musique puis à la pratique de l'archéologie.

Dès ses études de théologie, il s'installe en France. Il est ordonné prêtre en 1864. C'est à partir de 1877 que sa passion pour l'archéologie se manifeste au travers des multiples fouilles ; il marque un intérêt certain pour les périodes antique et paléochrétienne : site antique de Sanxay dont il est l'inventeur, baptistère Saint-Jean de Poitiers ou hypogée des Dunes dans la même ville.

Si ses méthodes de travail parfois empiriques ne font pas l'unanimité, — ses conclusions sont parfois contestées, — ses travaux lui valent d'être nommé chevalier dans l'ordre national de la Légion d'honneur en 1896.

Biographie Jeunesse et études vignette|gauche|Portrait (François-Guillaume Dumas, 1883). Camille Barbu de La Croix naît le dans la propriété familiale du château du Rinval à Mont-Saint-Aubert, un village aujourd'hui intégré à la ville de Tournai (Belgique). Ses ancêtres, les de La Croix d'Ogimont, appartiennent à une famille noble originaire de Valenciennes établie dans le Tournaisis depuis le .. À ce titre, il possède, au début de sa carrière, une fortune personnelle non négligeable.

Décidé à entrer en religion comme ses deux sœurs aînées et son frère cadet, il entame ses études au collège des Jésuites français, en exil à Brugelette à la suite des lois anti-religieuses de leur pays. Il rejoint ensuite le lycée Saint-François-Xavier de Vannes, où il a suivi en 1850 quelques-uns de ses anciens maîtres, rentrés en France..

Il entame sa formation spirituelle et religieuse le au noviciat des Jésuites à Issenheim en Alsace. Il y rencontre le père Magloire Tournesac, musicien et architecte d'origine sarthoise, inspecteur des monuments historiques, auprès de qui il apprend à maîtriser l'art du dessin et de l'architecture. Il est toutefois chargé de diriger les études musicales au collège jésuite de Metz.

Installation à Poitiers vignette|redresse|Buste de Camille de La Croix (musée Sainte-Croix). Ordonné prêtre en 1864, il est nommé au collège Saint-Joseph de Poitiers récemment construit et où il remplit les mêmes fonctions qu'à Metz. Il noue des relations avec plusieurs compositeurs : Auber, Félicien David, Charles Gounod ou Louis Lambillotte, dont il édite les œuvres..

C'est en 1877 qu'il s'oriente définitivement et à plein temps vers la recherche archéologique, et l'évêque de Poitiers Louis-Édouard Pie le libère alors de sa mission d'enseignant pour qu'il puisse se consacrer entièrement à l'archéologie. Bien que résidant de manière permanente en France qu'il considère comme sa seconde patrie, il n'en revendique pas moins, en toute occasion, sa nationalité véritable . C'est d'ailleurs au titre d'étranger qu'après les nombreuses découvertes archéologiques à son crédit le gouvernement français lui confère en 1896 la distinction de chevalier de la Légion d'honneur : le décret émane en effet du ministre des Affaires étrangères..

vignette|gauche|Parc de l'hypogée ; en arrière-plan le monument à Camille de La Croix.

Il décède à son modeste domicile poitevin le . Financièrement il était ruiné: toute sa fortune fut consacrée aux différentes campagnes de fouilles qu'il mena. Il fit don à la Société des antiquaires de l'Ouest de ses archives, de ses collections, de sa bibliothèque et des terrains de l'hypogée des Dunes qu'il avait pu acquérir pour protéger le site. Camille de La Croix est inhumé au cimetière de Chilvert à Poitiers.

Hommage et souvenir Un monument commémoratif (objet d'une souscription), surmonté d'un buste en bronze réalisé par l'artiste Aimé Octobre, s'élève dans le parc qui abrite l'hypogée mérovingien des Dunes. ; une copie en plâtre du buste est conservée au musée Sainte-Croix de Poitiers. Deux voies de circulation publique, à Béruges et à Poitiers - cette dernière longeant l'hypogée des Dunes - sont baptisées « rue du Père de La Croix ».

Camille de La Croix et l'archéologie La passion de Camille de La Croix pour les recherches archéologiques ne se manifeste véritablement qu'à partir de 1877. Bien qu'il lui arrive de venir à Paris pour donner des conférences ou des cours à l'École du Louvre, il n'a qu'un désir, retourner à Poitiers pour y reprendre ses fouilles comme le rapporte Octave Mirbeau., comme lui ancien élève au collège de Vannes..

Il engage très souvent des chantiers archéologiques de sa propre initiative et en les finançant sur ses fonds propres (location voire acquisition des terrains, achat du matériel, rétribution des fouilleurs).. Il est parfois reproché à cet archéologue un manque de méthode et de rigueur dans l'exécution de ses travaux , aboutissant à la perte irrémédiable d'informations : il oriente sa fouille en fonction d'idées préconçues, ne tient pas de journal de fouilles et ne réalise pas d'inventaire d'un mobilier archéologique qui, en outre, est parfois dispersé sous forme de dons à ses amis. Il n'en reste pas moins qu'il est servi par une intuition rarement mise en défaut et qu'il réalise des plans précis des sites qu'il a fouillés. Le personnage suscite des avis très partagés et souvent excessifs, dans la critique comme dans l'éloge, qui s'inscrivent dans le contexte politique souvent anti-religieux de l'époque.

Fondateur de l'archéologie poitevine mais avant tout religieux, le père de La Croix recherche souvent, au travers des fouilles qu'ils entreprend, à retracer l'histoire des martyrs et des saints locaux chrétiens.

Fouilles et études Les premières fouilles qu'entreprend le père de La Croix, en 1877, se font dans l'église du monastère Saint-Hilaire de la Celle à Poitiers : il y recherche des traces de la sépulture de saint Hilaire. En 1877-1878, il identifie les thermes romains de Poitiers dont il lève le plan. La découverte et les fouilles approfondies de l'hypogée des Dunes, en 1878-1880, assoient sa réputation d'archéologue.

Une autre découverte majeure à mettre à son actif est celle du site antique de Sanxay, fouillé de 1880 à 1883 et dont il met au jour l'essentiel des composantes, même si certaines structures sont malencontreusement détruites lors de l'opération et que beaucoup d'autres doivent être ré-enfouies à la fin des travaux ; cette découverte est alors considérée comme la plus importante faite en Gaule depuis celle du temple de Mercure au Puy-de-Dôme.. En 1884, le conseil général de la Vienne lui demande de réaliser une carte archéologique de ce département, de l'âge du fer à l'époque mérovingienne ; à ce titre, il fouille de nombreux sites jusqu'en 1896 mais cette carte ne fut pas achevée (ni publiée).

À Poitiers, le père de La Croix réalise des recherches de grande ampleur sur le baptistère Saint-Jean dès 1890 puis entre 1898 et 1902 et il en reconnaît la véritable destination, confirmant les données obtenues au début du siècle par Étienne-Marie Siauve.. À partir du milieu des années 1890, il dirige plusieurs chantiers dans d'autres départements. En 1895, il travaille sur le pilier d'Yzeures-sur-Creuse (Indre-et-Loire), où il prend de vitesse la Société archéologique de Touraine qui s'intéresse aussi à ces vestiges. L'année suivante, il effectue des recherches sur le site de l'abbatiale Saint-Philibert à Saint-Philbert-de-Grand-Lieu (Loire-Atlantique) ; il voit dans cet édifice un monument antique plusieurs fois remanié, théorie par la suite invalidée. En 1896-1897, il identifie le théâtre et les temples du site antique de Villeret () à Berthouville (Eure), là où un trésor a déjà été découvert.. En 1898-1899, il fouille l'abbaye Saint-Maur de Glanfeuil (Maine-et-Loire)..

Au cours de la première décennie du , Camille de La Croix est moins présent physiquement sur le terrain. Cependant, de 1901 à 1908, il suit de près les fouilles que Maurice Laporte-Bisquit, le nouveau propriétaire, fit entreprendre sur le site du théâtre gallo-romain des Bouchauds à Saint-Cybardeaux en Charente..

Camille de La Croix et les sociétés savantes Le , le père de La Croix devient membre de la Société des antiquaires de l'Ouest (SAO). En 1881, il en est nommé questeur et conservateur des collections, fonctions qu'il conserve jusqu'à son décès. Le photographe Jules Robuchon, lui aussi membre de cette société, prend de nombreux clichés des chantiers de fouilles qui illustrent les publications de Camille de La Croix..

Il devient correspondant du ministère de l'Instruction publique et des Beaux-arts à partir de 1886. En 1897, il est nommé « membre non résident » du Comité des travaux historiques et scientifiques. Toutefois, à l'issue d'une campagne où lui sont reprochées sa personnalité, sa qualité de jésuite et sa nationalité belge bien plus que la pertinence de ses travaux, il est radié de cet organisme en .

Les relations entre Camille de La Croix et les sociétés savantes furent parfois difficiles, voire conflictuelles. En témoignent les échanges avec la Société archéologique de Touraine, par mémoires interposés, au sujet du pilier d'Yzeures-sur-Creuse. ou la violente polémique qui l'oppose à Léon Maître, président de la Société archéologique de Nantes et du département de la Loire-Inférieure, à propos des fouilles à l'abbaye de Saint-Philbert-de-Grand-Lieu. D'autres archéologues, pour leur part, conservent d'excellents rapports avec de La Croix, comme Émile Espérandieu. ou Jules Quicherat avec qui de La Croix entretient une correspondance suivie.

Publications Cette section ne recense que quelques-unes des nombreuses publications de Camille de La Croix, relatives à ses fouilles les plus notables. Une liste plus complète est publiée sur le site de la Bibliothèque nationale de France.. . . .

Notes et références Notes

Références

Voir aussi Bibliographie

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