thumb|Cheval de Przewalski dans la zone d'exclusion de Tchernobyl. Le cheval de Przewalski (Equus caballus przewalskii ou Equus ferus przewalskii), encore appelé cheval de Prevalski ou takh en mongol, est une espèce ou une sous-espèce du cheval (Equus caballus). Il est caractérisé par un aspect massif, une grosse tête, une forte encolure et une couleur de robe bai dun, qui rappellent les représentations de l'art préhistorique. Il mesure en moyenne au garrot. Ils vivent en petits groupes comportant un étalon.
Le cheval de Przewalski est un cheval vivant à l'état sauvage mais il s'agit en fait d'une population férale dont les ancêtres ont été domestiqués il y a près de par la culture Botaï, au Kazakhstan, avant de retourner à l'état sauvage. Ils constituent la plus ancienne population de chevaux vivant à l'état sauvage et représentent à cet égard un groupe dont la protection est fondamentale. Ils sont découverts en Dzoungarie, en 1879, par l'explorateur Nikolaï Mikhaïlovitch Prjevalski, qui leur lègue son nom.
Perpétués dans les zoos à partir d'un petit groupe de reproducteurs, les chevaux de Przewalski souffrent de consanguinité. Depuis les années 1990, différents programmes visant à leur réintroduction ont permis de rendre de petits groupes à l'état sauvage dans différentes régions, et notamment en Mongolie, en République populaire de Chine, en France, en Espagne mais aussi en Ukraine, sur le site de la catastrophe de Tchernobyl.
Noms scientifiques La position respective des chevaux domestiques, sauvages et de Przewalski dans le genre Equus a été longtemps discutée, faisant du cheval de Przewalski soit une espèce distincte soit une sous-espèce du cheval sauvage ou du cheval en général. De ce fait, plusieurs taxons proches (en fait différentes combinaisons avec le même épithète) lui ont été attribués : Equus przewalskii : faisant du cheval de Przewalski une espèce à part entière ; Equus ferus przewalskii : dans ce cas, il serait une sous-espèce d'Equus ferus, le cheval sauvage ; Equus caballus przewalskii : dans ce cas, il serait une sous-espèce du cheval en général.
Cette dernière approche est privilégiée par Mammal Species of the World car si ce cheval se distingue par ses 2n = 66 chromosomes contre 2n = 64 pour le cheval domestique, il reste interfécond avec ce dernierRyder 1978Trommerhausen-Smith 1979Le processus de spéciation n'est donc pas abouti. Le débat sur le genre Equus est résumé .
Histoire Origine Contrairement à ce qui a longtemps été pensé, le cheval de Przewalski n'est pas l'ancêtre du cheval domestique. En 2018, une étude sur les génomes anciens suggérait que ce cheval a été domestiqué voilà par la culture de Botaï, au Kazakhstan, avant de retourner à l'état sauvage, perdant ainsi à cette occasion sa diversité de robes.. Toutefois, les études archéogénétiques récentes ne valident pas cette conclusion : il s'agirait d'un élevage pour la boucherie mais la domestication du cheval pour le trait ou la monte n'est intervenue qu'en 2200 à 2000 avant notre ère à partir d'une lignée distincte plus occidentale.
Pour les instances internationales de conservation de la nature (UICN), le cheval de Przewalski reste un animal sauvage...
Les chevaux de Przewalski ressemblent beaucoup aux chevaux figurés dans l'art paléolithique des grottes du Périgord, des Pyrénées et des monts Cantabriques, selon des études préliminaires basées sur des mesures morphologiques, mais n'ont qu’un rapport phylogénétique lointain avec ces chevaux paléolithiques. Ces ressemblances ont été attribuées à la similarité du milieu dans lequel ces animaux vivent, incluant un climat froid et une alimentation exclusivement herbeuse. La crinière hérissée et la raie cruciale du Przewalski sont des caractéristiques partagées par de très nombreux équidés sauvages. Ce sont donc vraisemblablement des caractères plésiomorphes.
Découverte et capture pour les zoos Il est « découvert » tardivement, en 1879, par le colonel Nikolaï Mikhaïlovitch Prjevalski. Cet explorateur russe d'origine polonaise, le trouva en Dzoungarie, dans les montagnes qui bordent le désert de Gobi. Avant cet événement, l'espèce était considérée comme éteinte, exterminée pour sa viande par les chasseurs mongols. Le nom scientifique de l'espèce a été donné, en 1881, par I.S. Poliakov, conservateur du musée zoologique de l'Académie des sciences de Saint-Pétersbourg.
Après sa découverte, pour répondre aux demandes de différents zoos, et en raison de son caractère sauvage, les chasseurs en ont abattu des groupes entiers pour s'emparer de quelques poulains (51 dont 28 arrivèrent vivants dans les zoos). Cette chasse entraîne sa raréfaction à l'état sauvage, et les derniers individus sauvages ont été aperçus en Mongolie en 1969. À compter de cette date, l'espèce a été considérée comme disparue dans la nature4 min 30 - 6 min.
L'espèce est perpétuée par les spécimens des zoos. Tous les animaux actuels descendent d'un groupe de (selon les sources) 9D'après Boyd, Lee. (1994). Przewalski's Horse, . ou 12 W. Zimmermann, « », 1997, in : , eds. A. Schreiber and J. Lehmann, cité dans , IUCN, 2002,, page 85. reproducteurs (parmi les captifs vivants à la fin de la Seconde Guerre mondiale), eux-mêmes descendants de capturés vers 1900 The Foundation for the Preservation and Protection of the Przevalski Horse : « The history of the Przevalski horse ».. Il est probable que l'un de ces fondateurs était un hybride de cheval domestique Equids : zebras, asses and horses : status survey and conservation action plan, IUCN, 2002 , page 85.. Vers 1977, il y avait seulement vivant en captivité à travers le monde. Des programmes d'échanges de reproducteurs et d'expansion de la population sont alors mis en œuvre par des zoos ou des fondations, et au début du , cette espèce ou sous-espèce compte environ .
La paléontologue Laure Danilo a découvert que 92 % des Przevalski actuels souffrent d'une anomalie faciale, due à une malformation des os du crâne causant une dissymétrie. Les dents ne sont plus alignées et cette asymétrie réduit l'espérance de vie des chevaux de moitié2 min 40 - 4 min 30. La forte consanguinité des individus restants a été mise en cause6 min 45. Pour régler le problème, il est suggéré de créer de petits groupes de chevaux isolés les uns des autres7 min 30 - 8 min. L'opération doit être menée rapidement, pour réduire cette consanguinité9 minutes 45.
Semi-liberté et réintroduction Des projets ayant pour but de ramener l'espèce en Mongolie et de la relâcher dans la nature ont vu le jour depuis les années 1990. Il existe enfin certains troupeaux vivant en semi-liberté, dans des espaces clos.
En Mongolie
La « Fondation pour la préservation et la protection du cheval de Przewalski », créée aux Pays-Bas en 1977, amena les premiers animaux en Mongolie en 1992, dans le . Il y en a eu 84 relâchés jusqu'en 2004article Equus ferus sur la red list de l'UICN - consulté le 21/02/2010.. Les animaux amenés en Mongolie ont d'abord suivi une assez longue acclimatation, dans de grands enclos, avant d'être définitivement relâchésThe Foundation for the Preservation and Protection of the Przewalski Horse - « Back to the wild ».. En 2008, cette population comptait « 192 individus dans 24 troupeaux ».
Une seconde introduction a été menée dans le site de Takhin Tal (Gobi B) par l'International Takhi Group (ITG). « Entre 1992 et 2004, 90 chevaux nés en captivité ont été transportés [...] en Mongolie. [...] Trois autres mâles ont été transférés du vers Takhin Tal en 2007 [...]. Il y a actuellement [en 2008] 111 chevaux en liberté dans neuf groupes au sein de cette population ».
Une troisième introduction a eu lieu à Khomyn Tal, à partir de chevaux élevés en France en semi-liberté par l'association Takh. (voir ci-dessous).
Fruits de ces diverses opérations, il y avait fin 2007 environ vivant en liberté en Mongolie : 200 dans le , 110 dans le Gobi, et plus de 20 à Khomyn Tal (Mongolie occidentaleLettre annuelle de janvier 2008 de The Foundation for the Preservation and Protection of the Przewalski Horse.). En 2010, trois opérations ont déjà été menées en Mongolie.
En France thumb|Le troupeau du Causse Méjean. L'association française Takh a organisé la troisième opération de réintroduction en Mongolie, une quinzaine d'années après sa création en 1990. Des animaux provenant de divers zoos ont été placés en semi-liberté en Lozère (commune d'Hures-la-Parade), sur le causse Méjean, plateau calcaire traditionnellement tourné vers l'élevage du mouton, formant le « troupeau du Villaret » toujours actif (36 chevaux fin 2023)..
Après dix ans de préparation à la vie sauvage, ont été transportés avec succès en 2004 et 2005 dans le Khomyn Tal, près du parc national de Khar Us Nuur. Quatre chevaux du zoo de Prague ont été ajoutés en 2011. Fin 2017, cette population comptait .
Les chevaux de l'association Takh sur le causse Méjean et la réserve biologique des monts d'Azur à Andon. dans les Alpes-Maritimes ont permis de réintroduire une douzaine d'animaux dans une réserve de .
Autres groupes Un des plus importants groupes en semi-liberté se trouve en Chine. Le Wild Horse Breeding Centre (WHBC) du Département forestier de la réserve naturelle de Kalameili (KNR), dans la région autonome ouïghoure du Xinjiang, a établi une population captive importante de près de 123 chevaux de Przewalski (janvier 2008 [...]). Depuis 2007, un harem se déplace librement sur la partie chinoise du Gobi dzoungar (Xinjiang). Si cette expérience réussit, ce sera le quatrième groupe totalement rendu à la vie sauvage. D'autres groupes existent en Espagne.
À l'automne 1998, ont été relâchés dans la zone d'exclusion de Tchernobyl, qui couvre un rayon de trente kilomètres autour de la centrale, soit environ . Ce sont des animaux en surnombre, généralement âgés ou en mauvaise santé, venus de la réserve Ascania-Nova, au sud de l'Ukraine, qui ont été ainsi relâchés. Bien que le pronostic sur leur survie ait été à l'origine assez négatif, les chevaux se sont bien adaptés à leur environnement, et ce sont une cinquantaine de bêtes qui vivent en totale liberté dans la zone en 2009. La zone interdite est officiellement enclose, mais la barrière s'avère en fait en ruine, et les animaux peuvent donc en théorie en sortirTchernobyl, une histoire naturelle ? Une énigme radiologique, un film de Luc RIOLON. Production : Arte France - Camera Lucida - CRNRS Images, 2010.. En 2026, les chevaux vivent en petits groupes sociaux : un étalon avec plusieurs juments et leurs petits, ainsi que des bandes de jeunes mâles. Certains sont morts après leur introduction, mais d’autres se sont adaptés..
Difficultés rencontrées Toutes ces opérations rencontrent souvent au départ des difficultés importantes, les animaux rendus à la vie sauvage ne maîtrisant pas celle-ci. Les difficultés à trouver l'eau, la nourriture, à s'adapter au climat ou à se défendre contre les prédateurs entraînent un assez fort taux de perte chez les animaux nés en captivité. La seconde génération, née en liberté, a des taux de survie beaucoup plus favorables. Elle conserve toutefois des problèmes d'organisation sociale et des poulains peuvent mourir d'accidents18 min - 22 min.. Certains étalons blessés survivent avec une jambe fracturée et ressoudée, ou une boîte crânienne enfoncée22 min - 23 min.. Une solution proposée pour leur faire retrouver leurs instincts est de les confronter aux espèces qui partageaient autrefois leur écosystème27 - 28 min 20.. Il en résulte un renforcement de la cohésion du groupe29 min..
Une autre difficulté en Mongolie est le risque d'hybridation entre les chevaux mongols élevés en semi-liberté et les przewalskis38 - 40 min. : en effet, les deux sont interféconds41 min..
Description