Boudjemâa El Ankis (), de son vrai nom Boudjemâa Mohamed Arezki., né le à Alger., au sein d'une famille originaire d'Azeffoun dans la wilaya de Tizi Ouzou et mort le à Alger, est un auteur-compositeur-interprète algérien de musique chaâbi. Il est l'interprète, entre autres, de Rah El Ghali Rah.

Biographie

Enfance Mohamed Boudjemâa Arezki est né le au 1 impasse du Palmier, Bir-Djebbah à la Casbah d'Alger. Sa famille est originaire du village Ait Arhouna, dans la commune d'Azeffoun. Enfant, vivant dans le quartier Bir Djebbah, de la Casbah, où beaucoup de chanteurs chaabi ont habité, le premier chanteur qu'il a voulu imiter est Tino Rossi. Vers 10 à 12 ans, lui et sa famille déménagent dans le quartier de Notre-Dame d'Afrique. C'est alors qui se met à jouer de la guitare à Bologhine.

Il obtient son certificat d’études primaires en 1939 et commence à travailler chez son oncle, propriétaire d’une crèmerie, avant de rejoindre Sid Ahmed Serri, au greffe de la cour d’Alger.

Premiers pas dans la musique De 1939 à 1945, Mohamed Boudjemaâ qui rêve déjà de devenir El Ankis (petit El Anka) qui était d’ailleurs originaire d’un village voisin de celui du jeune chanteur. Il s’essaie à la mandoline puis à la guitare, tout en écoutant et en enregistrant les grands maîtres.

Mais, il a fallu attendre 1957 pour qu'il s'initie à l'arabe, aidé par un oncle paternel. Grâce aux leçons de Chouiter et de Mohamed Kébaili, dont la troupe travaillait sous l'égide du PPA à la fin des années 1930, il fera la connaissance d'artistes tels que Cheikh Saïd El Meddah, En 1942, l'apprenti qu'il était exécutera, pour la première fois en public, à l'occasion d'un mariage, Ala Rssoul El Hadi Sali Ya Achiq, un poème classique du genre.

Le melhoun l'a également probablement inspiré.

Dans une troupe créée en 1945, Boudjemâa évolue entre El Anka et Mrizek, les deux monstres sacrés de l'époque. Il débute avec un répertoire de medh comprenant essentiellement les quacidate, Chouf li Ouyoubek ya Rassi, Ya Ighafel, Ya Khalek lachia, Zaoubnafi H'inak et El Bar, de différents poètes du genre.

Militantisme En 1945, il fait clandestinement de la propagande messaliste lors des mariages et autres fêtes. De 1956 à 1962, il arrête de chanter comme acte nationaliste sous l'ordre du FLN. Il est torturé, à deux reprises par les services spécialisés de l'armée coloniale, en 1957 et en 1960. Sa sortie de prison coïncide avec une reprise avec l'art. Djana El Intissar dont il est parolier et compositeur, évoquant les manifestations du , est un hymne à l'indépendance.

Le succès Pour cibler la jeunesse algérienne, Boudjemaâ El Ankis fait appel à Mahboub Bati et, dès 1963, la « guerre » éclate : au lieu et place du chaâbi de quartier, Mahboub Bati mettra au devant de la scène Boudjemaâ El Ankis par de nouvelles chansons écrites dans la langue algérienne. Le marché et les ondes sont bombardés d'une soixantaine de tubes dans la veine des Tchaourou 'Alia, Rah El Ghali Rah, Ah ya intiyya. Le secret de la réussite: l'utilisation de la langue populaire algérienne, de nouvelles compositions musicales et du rythme.

Le créneau sera exploité par des chanteurs plus jeunes tels qu'Amar Ezzahi, El Hachemi Guerouabi, Hassen Saïd et Amar El Achab. Boudjemâa fut l'un des plus grands interprètes du chaâbi du siècle passé grâce à sa façon de chanter très émotive et touchante. Boudjemâa est un grand ami de Amar Ezzahi dont il est le Cheikh (Amimer ayant été lancé par le Boudj au début des années 1960), ils restèrent en bons termes durant toutes leurs carrières, avec des collaborations qui restent ancrées dans les mémoires des Chaabistes.

Boudjemâa El Ankis meurt le à l'âge de 88 ans à l'hôpital de Aïn Naâdja à Djasr Kasentina (Gué de Constantine), dans la banlieue d'Alger.

Hommages posthumes Il est enterré au cimetière El Kettar d'Alger, lors de son enterrement une large foule s'est déplacé ainsi que différents joueurs de chaabi, parmi lesquels, Kamel Ferdjellah, et Djilali Kebaili, le fils de Mohamed Brahimi (alias Sheikh Kebaili).

Les journées du chaâbi à Médéa, en 2015, lui ont été dédiées.

Discographie Anaya Bejfak El Kaoui El Meknin Ezin Meknasia Nousik Ya Hbibi Ya El Ghafel Ya Woulfi Rah el ghali Albums 2000 : Ya el ouahdani (Believe / Royal Music) 2015 : En Kabyle, avec Amar Ezzahi, édition Atlas.

Références

Interview

Filmographie Transes de Ahmed El Maanouni, 1981, Maroc, 87 minutes

Liens externes

Cheikh Boudjemaa El-Ankis - Un hommage à la hauteur du maître, sur infosoir

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