Le poney français de selle (PFS) est un registre généalogique (stud-book) pour les poneys du territoire français destinés aux sports équestres. Il est officialisé en 1969, afin de répondre aux besoins de jeunes cavaliers désirant des montures adaptées à leur taille, dans un contexte où les seuls animaux disponibles étaient importés. La sélection est gérée par l'Association nationale du poney français de selle (ANPFS) qui s'occupe de ce registre et agrée les reproducteurs autorisés.

Le poney français de selle doit ressembler à un petit cheval, mais il n'a pas de caractéristiques spécifiques en raison de l'hétérogénéité des races qui le composent. C'est un poney taillé pour le saut d'obstacles, le concours complet d'équitation et le dressage, qui est aussi très utilisé en loisir et dans l'enseignement de l'équitation.

Son élevage s'étend à toute la France, avec une implantation particulièrement importante en Normandie et en Mayenne. Ces poneys sont exportés dans toute l'Europe.

Dénomination Ce poney porte le nom de son pays de sélection et de l'objectif de ses éleveurs, la selle ; son nom fait également référence aux différentes sources de poneys du territoire français utilisées pour le créer. Il est aussi nommé , mais ne doit pas être confondu avec le Selle français. Il ne s'agit pas véritablement d'une race, dans la mesure où la sélection est uniquement axée sur les performances et accepte des croisements très ouverts. Ainsi, l'auteur anglais Elwyn Hartley Edwards réfute qu'il soit possible de le qualifier de .

L'abréviation officielle, couramment utilisée, est « PFS ».

Histoire Le poney français de selle est d'origine récente, il s'agit d'une création artificielle de la seconde moitié du .

Origines Il est difficile de retracer ses origines précises, car il provient de différents petits chevaux souvent sans appellation spécifique, s'agissant d'un poney de croisement. Cependant, Lætitia Bataille estime que ses origines sont principalement normandes, le poney français de selle ayant absorbé le poney du Cotentin. Au contraire, pour l'autrice tchèque Helena Kholová, c'est le Landais qui a eu l'influence la plus importante, à l'époque où les poney clubs tentaient de sauver cette race de l'extinction. Edwards cite le Landais et le Pottok à égalité.

Originellement, d'après Serge Farissier, les poneys français de croisement étaient sélectionnés pour les courses de vitesse, avant que cette sélection ne s'oriente vers la polyvalence sportive. En effet, jusque dans les années 1960, il était presque impossible pour un jeune cavalier de trouver un poney capable de briller en sports équestres en France, ce qui obligeait à les importer. En 1969, l’Association française du poney de croisement est créée ; elle souhaite faire naître, sélectionner et valoriser des poneys aptes aux sports équestres, et démarre avec une base de 25 poulinières. L'élevage décolle durant les années 1970, à l'époque où les poney clubs connaissent une forte croissance. Le registre généalogique (stud-book) du poney de croisement est créé officiellement en 1972 par Jean Lassoux, et reste très ouvert jusqu'en 1991, donnant les premiers agréments d’étalons poneys. En 1976, les poneys autochtones du territoire français sont recensées., en particulier les Pottokak, mais aussi les Mérens et les Landais, tous plutôt rustiques, et originaires du sud-ouest de la France.

Les premiers croisements sont réalisés entre ces ponettes autochtones et des étalons importés de races anglaises et irlandaises, notamment Connemara, New Forest, Welsh et Arabe. Ces croisements font émerger un poney demi-sang capable de porter les jeunes cavaliers. Le croisement entre Arabe et poney autochtone avait déjà été pratiqué avec succès au Royaume-Uni dès la fin du en finissant par donner le poney de selle britannique, ainsi qu'aux Pays-Bas et en Allemagne (poney de selle allemand). C'est après la Seconde guerre mondiale que l'élevage du poney de croisement a essaimé hors d'Angleterre, notamment en France et en Allemagne. Edwards estime que les éleveurs français se sont inspirés de l'exemple britannique. Cependant, à la différence de ces derniers, les éleveurs français utilisent peu le Pur-sang en croisement, probablement pour mieux cibler les activités des poney clubs. En 1977, 95 ponettes sont saillies pour donner naissance à des poulains enregistrés comme poneys de croisement.

Depuis 1991 vignette|Étalon poney français de selle au haras national du Pin en 2013. C'est en 1991 que le poney de croisement est officiellement reconnu comme une race française, et baptisé (PFS). Il connaît une à partir de la fin des années 1980 et durant les années 1990, portée par la demande très forte des poney clubs. Ainsi, les officielles comme PFS en 1999 représentent une croissance de en dix ans. Cinq haras nationaux français ont en 2001 des reproducteurs PFS : Saint-Lô est de loin le premier pôle de reproducteurs.

Jusque dans les années 2000, l'élevage français de poneys de sport est porté par les croisements avec le Connemara, et reste moins performant que celui de pays voisins comme l'Allemagne, la Belgique et l'Irlande. Cela évolue sous l'impulsion du syndicat Linaro, créé en 1998, qui distribue en France la semence des meilleurs étalons poney de sport des pays voisins. L'association française du poney de sport, créée en 1997, contribue à faire évoluer les pratiques d'élevage françaises en présentant celles de ces pays voisins. En quelques années, le PFS devient le principal poney de sport en France, surpassant le Connemara.

Description vignette|Ponette française de selle au modèle. Le poney français de selle est recherché aussi proche que possible du cheval de sport en modèle réduit, aussi malgré son nom, son modèle élégant et distingué s'éloigne de plus en plus de celui du poney typique. Il porte l'influence du cheval oriental et ressemble aux autres poneys de sport européens, sélectionnés dans des objectifs semblables.

Taille et poids

Sa taille va de . L'auteur italien Maurizio Bongianni citait en 1987 une fourchette de , et Kholová cite . Le poids moyen est de , Brengard citant une moyenne de . Les individus qui dépassent la taille maximale des épreuves pour poney sont obligés de participer aux épreuves réservées aux chevaux.

Morphologie

Il n’est pas possible d'évoquer un standard de race pour le PFS, car l'apparence diffère en fonction de l'origine des souches qui le composent. Aussi, il reste morphologiquement peu homogène, bien que son type général soit identifiable. Le profil est recherché élancé, ce poney étant le plus souvent de type longiligne. Il reste cependant plus épais que le poney de selle britannique.

Tête La tête est jolie et distinguée, considérée comme élégante ; elle n'évoque pas l'apparence typique des poneys selon Bataille et Tsaag Valren, alors que Martin Haller la décrit au contraire comme typique d'un poney. Elle diffère en fonction de l'origine dominante de chaque PFS. Elle est longue et petite, de profil rectiligne ou légèrement convexe.

Le front est relativement étroit selon Babo, alors que Hubrecht décrit au contraire un front large. Les yeux sont grands et vifs. Les oreilles sont petites selon l'ANPFS et Ravazzi, de longueur moyenne selon Bongianni et Hendricks, selon Kholová.

Corps et membres vignette|Arrière-main d'un PFS de course. L'encolure est longue et arquée. Le corps est recherché proportionné. Le garrot est bien sorti. La poitrine est large et profonde, annonçant ses dispositions pour le saut et permettant une bonne profondeur de sangle. L'épaule est solidement attachée, longue et inclinée. Le dos est long et solide, avec une ligne dorso-lombaire droite. Le ventre est rentré. La croupe est arrondie horizontale ou oblique, d'une bonne longueur, et puissante. La queue est bien attachée, relativement haute.

Les membres sont solides et dotés d'articulations sèches et larges, avec des tendons bien détachés et définis. Ils sont plutôt longs. Les fanons sont rares voire absents. Le pied est proportionné et doté d'une corne dure. La crinière est fournie.

Robe

Toutes les robes sont admises et possibles. Cette diversité de robes est l'un des atouts du PFS. Selon Farissier et Hubrecht, les robes crème aux yeux bleus et blanche aux yeux roses ou rouges seraient interdites.

Tempérament, allures, entretien et santé La jeunesse de la sélection n'a pas permis de fixer un tempérament bien précis. Destiné avant tout aux enfants, ce poney est préféré avec un bon caractère, et se révèle le plus souvent docile et tranquille, tout en restant énergique en raison de son fort afflux de sang. Farissier et Hubrecht estiment ainsi que les cavaliers doivent être avertis de cet afflux potentiel. Des qualités de vitesse, de vivacité et d'endurance sont recherchées. Les allures sont recherchées étendues et se révèlent souvent légères et amples. Les aplombs doivent être réguliers.

Il est assez rustique et robuste. D'après le guide Delachaux, il est peut-être plus rustique que les autres poneys de sport européens. Emmanuelle Hubrecht cite plus spécifiquement une rusticité toujours présente chez les lignées de PFS orientées loisirs.

Il est soumis au suivi sanitaire des chevaux de sport, avec un dépistage de l'anémie infectieuse, de l'artérite virale et de la métrite, ainsi qu'une vaccination obligatoire contre la grippe équine et la rhinopneumonie. Doté d'une bonne diversité génétique, il n'est pas menacé par la consanguinité.

Sélection vignette|Meije du Garon, ponette français de selle, lors d'une compétition de saut d'obstacles. L’Association nationale du poney français de selle et du poney de sport (ANPFS), basée à Lamotte-Beuvron, continue à gérer le registre généalogique et à agréer les reproducteurs.. Depuis les années 2000, les croisements ont évolué et les éleveurs font aussi appel à des étalons reproducteurs allemands, néerlandais et belges.. Tous les étalons doivent être agréés sur performances par une commission, leurs origines et leur modèle entrant également en compte. L'association organise aussi chaque année, vers le , une importante manifestation sur quatre jours de compétition : le Sologn'Pony, rebaptisé « So'Pony » depuis son déplacement à Fontainebleau en 2023..

Les éleveurs de poneys français de selle n'ont pas de chef de race, et en recherchent toujours un. L'orientation de l'élevage est essentiellement sportive, ou bien dirigée vers la demande des poney clubs. Les évolutions techniques des parcours de saut d'obstacles ont rendu les croisements poney/cheval très courant, ce qui fait que les chefs de race PFS sont les mêmes que ceux du saut d'obstacles en catégorie chevaux, avec des noms comme Heartbreaker et Quick Star.. Cette tendance est accentuée par les performances supérieures des individus aux origines 100 % cheval restés de petite taille..

Utilisations Le PFS a été sélectionné en premier lieu pour être une monture de sports équestres à destination de cavaliers légers. Polyvalent, il est en principe destiné aux enfants cavaliers de 8 à 15 ans, mais sa taille et ses capacités de portage permettent généralement aux adultes de monter les plus grands sujets également. Ce poney peut accompagner un même cavalier du niveau débutant jusqu'au niveau de la compétition.

En 2004, le prix de vente d'un PFS va de 600 € au sevrage à plus de , en fonction des origines et des performances sur le cycle classique. La majorité des acheteurs sont intéressés par l’utilisation, et recherchent un poney de 5 ou 6 ans prêt à sortir en compétition. Les acquéreurs type sont des femmes, essentiellement des adolescentes d'environ 14 ans qui souhaitent garder un poney sur le long terme.

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