Charles Cheynet (Montélimar, – Lyon, ) est un médecinM. Prévost, Roman d'Amat et H. Thibout de Morembert, Dictionnaire de biographie française, Paris, Letouzey et Ané, tome 8, 1959, Cheynet (Charles)., magistratJ. Brun-Durand, Dictionnaire biographique et biblio-iconographique de la Drôme, Grenoble, Librairie Dauphinoise, 1900, deux volumes in 4°, tome I, p. 185., éruditIbid., mathématicien et musicologue français, l'un des fondateurs, en 1700, de l'Académie des sciences, belles-lettres et arts de LyonArchives de l'Académie de Lyon, procès-verbal de la séance du mardi 11 janvier 1763 et notices biographiques de Charles Cheynet in Brun-Durand, op. cit., Dictionnaire de biographie française, op. cit., etc..
Famille Né à Montélimar le et baptisé le même jour en la collégiale Sainte-Croix, Charles Cheynet est le fils d'un autre Charles Cheynet (1619-1685), receveur des tailles en l'élection de Montélimar et de Florence Lafoy. Sa famille est établie depuis la première moitié du dans la région de MontélimarMax et Paulette Boisson, Les Cheynet in Cercle généalogique de la Drôme Provençale, La mémoire d'une ville, Montélimar et le nom de ses rues, tome 2, : "Jean-Louis Cheynet fait partie d'une importante famille établie depuis la première moitié du dans la région de Montélimar..."..
Carrière civile et littéraire Charles Cheynet devient médecin et précepteur de M. de Micha de Bursin, futur conseiller au parlement de Grenoble. Installé de bonne heure à Lyon, il y est tout d'abord inspecteur à la Grande DouaneArchives Municipales de Lyon, registres paroissiaux de la collégiale Saint-Paul. puis successivement conseiller (1704) et président en la Cour des MonnaiesJean-Baptiste Dumas, Histoire de l'Académie royale des Sciences, Belles-Lettres et Arts de Lyon, Lyon, Giberton et Brun, "Libraires de l'Académie de Lyon", 1839, 2 volumes in 8°, tome I, p. 231 ; J. Brun-Durand, Dictionnaire biographique et biblio-iconographique de la Drôme, Grenoble, Librairie Dauphinoise, 1900, deux volumes in 4°, tome I, p. 185, etc.. Dès 1700Vid. not. Joseph de Laporte, Dictionnaire des auteurs françois vivans ; corrigé et augmenté par M. Formey, "à Berlin, chez Haude et Spener, libraires de la Cour et de l'Académie", 1757, 1 volume in 8°, p. 40., il est à l'origine – aux côtés, notamment, de ses amis Camille Falconet et Laurent Dugas, ainsi que de Claude Brossette – de l'Académie des sciences, belles-lettres et arts de LyonArchives Municipales de la ville de Lyon, Almanach astronomique et historique de la ville de Lyon et des provinces de Lyonnois, Forez et Beaujolois, Lyon, Aymé Delaroche, Seul Imprimeur Libraire de Monseigneur le Duc de Villeroy, du Gouvernement et de l'Hôtel de Ville, 1752, p. 132[Académie des Sciences & Belle-Lettres : M. Cheinet, rue de la Peirollerie. 1700], 1735, p. 131, 1736, p. 134, etc. Dans l'Almanach de Lyon pour 1753, les pages 133 et suivantes, concernant l'Académie, énumérant les académiciens par ordre de réception et précisant le millésime de leur admission, débutent par ces mots : "Plusieurs personnes Sçavantes ayant commencé en 1700 à s'assembler, pour conférer sur des matières de Littérature, & leurs assemblées ayant fait beaucoup de progrès, feu Monseigneur le Maréchal de Villeroy, Gouverneur de la Ville & de la Province, obtint des Lettres Patentes du Roi, du mois d'août 1724, qui confirmèrent cet établissement sous le nom d'Académie des Sciences & Belles-Lettres, & qui en homologuèrent les Statuts et Réglements, etc."., dont il sera doyen en 1757, puis, en 1759, le doyen des académiciens vétéransJean-Baptiste Dumas, Histoire de l'Académie des Sciences, Belles-Lettres et Arts de Lyon, op. cit., tome I, p. 231. et à qui il lèguera ses manuscrits. Certains se trouvent encore, de nos jours, dans les archives de l'Académie de Lyon.
Prises de positions lors de la querelle des Anciens et des Modernes Il adoptera, durant les controverses issues de la querelle des Anciens et des Modernes – lesquelles agitent encore les milieux académiques au début du –, une position nuancée, soutenant par exemple la supériorité des anciens dans l'art de la sculpture mais la leur déniant en musique. Sur ce dernier objet, membre de l'Académie du Concert de Lyon et correspondant de Jean-Philippe Rameau, il consacre nombre de ses travaux à l'harmonieSur l'harmonie en général, 5 juin 1743, Mémoire sur le système d'introduire un dans la musique, 2 août 1754, etc. (vid. not. Jean-Baptiste Dumas, Histoire de l'Académie des Sciences, Belles-Lettres et Arts de Lyon, op. cit., tome I, p. 231).. Ainsi est-ce lui qui, le premier – lors de son discours du , prononcé devant les académiciens lyonnais –, établit la théorie de l'authentique génération de la tierce mineure, prouvant mathématiquement – contre ce que venait d'avancer Rameau dans sa Démonstration du principe de l'harmonie, publiée en 1750 – Léon Vallas, Un siècle de musique et de théâtre à Lyon [1688-1789], Lyon, 1932 ; Archives de l'Académie de Lyon, manuscrit n° 965, Sur la musique considérée comme science..
Membre de l'Académie de Villefranche en janvier 1728 – à l'instigation de son ami François Bottu de Saint-FondsCorrespondance littéraire et anecdotique entre Monsieur de Saint-Fonds et le Président Dugas, membres de l’Académie de Lyon, op. cit., tome I [3 février 1728], p. 284. –, membre de la "Société du Concert" et de la "Société Royale" ou "Académie des Beaux-Arts de Lyon" en 1736, académie dont il est, en 1752, déclaré vétéranArchives Municipales de la ville de Lyon, Almanach astronomique et historique de la ville de Lyon et des provinces de Lyonnois, Forez et Beaujolois, op. cit. , p. 136., il voue la totalité de son existence à des travaux scientifiques ou d'érudition.
Décès Il meurt à Lyon, en la paroisse Saint-Paul, le , âgé de près de quatre-vingt-quinze ans. Il est inhumé le lendemain dans un caveau de l'ancienne église Saint-Laurent – aujourd'hui détruite.
– rapporte le procès-verbal de la séance de l'Académie de Lyon du mardi Archives de l'Académie de Lyon, procès-verbal de la séance du mardi 11 janvier 1763..
Lors de la séance du mardi , l'éloge de Charles Cheynet est prononcé par Jacques-Annibal Claret de La Tourrette de Fleurieu (1692-1776) – comme lui président de la Cour des Monnaies de Lyon –, lieutenant criminel, prévôt des marchands et commandant pour le roi en la ville de Lyon de 1740 à 1745, secrétaire perpétuel de l'Académie depuis 1736Archives de l'Académie de Lyon, procès-verbal de la séance du mardi 19 avril 1763 : "...M. de Fleurieu, Secrétaire perpétuel, a ensuite prononcé l'éloge historique de M. Cheynet, Doyen vétéran de l'Académie, membre de celle de Villefranche, mort âgé de quatre-vingt dix-sept ans, etc.".. Le président de Fleurieu est le père du futur ministre de la Marine de Louis XVI, ainsi, notamment, que de Marc Antoine Louis Claret de La Tourrette de Fleurieu, savant auteur des Démonstrations Élémentaires de BotaniqueLyon, Chez Jean-Marie Bruyset, 1766, 2 volumes in 8°..
Œuvres manuscrites Au cours des soixante-deux années durant lesquelles il appartient à l'Académie des Sciences et Belles-Lettres de Lyon, il sera l'auteur de nombreux travaux. La liste de ceux encore conservés au a été dressée par Antoine-François Delandine, bibliothécaire de la ville de Lyon :
Discours sur la superstition par rapport à la magie, 1712 et 1715. Sur l'ami des bêtes, 1714. Sur les poëtes latins et sur la tragédie latine contre l'avis de Despréaux, 1716. Sur la philosophie et la religion, 1718. Sur la résurrection des morts, 1719. Sur la médiation des saints, 1720. Sur l'ancienne discipline de l'Église, 1721. Sur Cicéron considéré comme poëte, 1727. Sur l'union de l'âme et du corps, 1728. Essai philosophique sur la nature de l'homme et sur ses diverses opérations, 1730. Dissertation où il est montré qu'il n'y a eu qu'un Horace, contre l'opinion du P. Hardouin, 1731. Justification de l'auteur de l'Eneïde contre les censeurs, 1731. Dissertation sur Abeillart et Héloïse avec une traduction d'une lettre de Pierre le Vénérable, 1733. Observations sur les écrits de Sextus Empiricus, 1734. Sur l'usage des harangues par les historiens, 1735. Histoire de la géométrie de Descartes, 1736. Dissertation sur les principes et sur l'utilité de l'algèbre, 1737. Traduction en prose d'une épitre en vers latins de la célèbre Hippolyte à son mari le comte de Castiglione, 1738. Remarques sur les variations de la langue françoise, 1739. Sur la divisibilité de la matière à l'infini, 1740. Sur les erreurs de l'esprit humain, 1741. Sur le courage de Cicéron, 1742. Sur l'harmonie en général, 1743. Sur les avantages des traductions, 1744. Sur le repos des corps, 1745. Sur les trois Marie dont l’Évangile fait mention, 1746. Sur l'utilité de la métaphysique, 1747. Observations sur Suétone, 1748. Sur la préférence de la surdité à l'aveuglement, 1750. Sur la vie du marquis de Courbon, 1751. Sur la musique considérée comme science, 1752. Sur l'empire que la mode exerce dans le monde, 1752. Sur le mot goût et sur ses significations métaphysiques, 1756.
Une autre liste, également établie par Delandine, transcrit les titres de ses interventions devant la Société Royale des Beaux-Arts de Lyon, à laquelle Charles Cheynet appartient à compter de 1736 :
Dissertation sur les Progrès de la géométrie depuis Descartes, 1736. Application de l'algèbre aux lignes, 1728, 1730. Solution des Problèmes de géométrie sur l'algèbre, 1741. Problème singulier de géométrie, 1742. Questions diverses sur l'harmonie, 1743. Remarques sur les propriétés de l'Arithmétique, 1744. Sur la musique ancienne et moderne, 1748. Explication de l'helicon de Ptolémée contenant la division des tons et semi-tons de la musique, 1751. Mémoire sur le système d'introduire un dans la musique, 1754.
Le discours précité, intitulé : Sur Cicéron considéré comme poëte, prononcé en 1727 devant l'Académie des Sciences et Belles-Lettres, se trouve notamment commenté par le président Dugas et M. de Saint-Fonds dans leurs échanges épistolairesCorrespondance littéraire et anecdotique entre Monsieur de Saint-Fonds et le Président Dugas, membres de l’Académie de Lyon, op. cit., tome I [14 mai 1727 et mai 1727], pp. 282-283..
Les œuvres de Charles Cheynet sont aujourd'hui conservées au département des manuscrits de la Bibliothèque Nationale, au sein d'un document du , comportant 484 pp., intitulé : Discours et dissertations académiques lus à l'Académie de Lyon par Charles Cheynet. (Mss. n° 11065). En tête de l'ouvrage figure une notice biographique de Charles Cheynet.
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Notes et références Notes
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