Raila Amolo Odinga, né le à Maseno et mort le à Koothattukulam (Kerala, Inde), est un homme d'État kényan, Luo d'origine et fils d'Oginga Odinga, le premier vice-président de la République. Il est Premier ministre de 2008 à 2013. Il s'est présenté aux élections présidentielles kényanes de 1997, 2007, 2013, d'août 2017, d'octobre 2017 et 2022 sans jamais avoir été victorieux.

Biographie Naissance Raila Odinga naît le au Maseno Mission Hospital de Maseno, de l'union de Oginga Odinga et de Mary Odhiambo Juma Ng'ong'a.

Il est le d'une fratrie de dix-huit enfants (dont neuf avec Mary)Jaluo dot Kom ; « La lignée de la famille Odinga » ; article du 25 juillet 2007 par Leo Omolo Odera : un frère aîné Oburu (député à l'Assemblée nationale du Kenya), quatre sœurs cadettes Agola, Wenwa Akinyi (consul général au consulat du Kenya à Los AngelesSite Web du consulat général du Kenya à Los Angeles Elle fut auparavant maître de conférences principal en chimie à l'université de Nairobi), Beryl Achieng' et Odima, suivies de deux garçons Omondi et Osewe et enfin de la benjamine Ruth Adhiambo.

Éducation et carrière non politique Après sa scolarité primaire à la Kisumu Union Primary School, il poursuit et termine ses études secondaires à la Maranda Primary and High School en 1962. Pendant deux ans, il suit les cours de philologie de l'institut Heider de l'université de Leipzig. Il reçoit, en 1965 une bourse d'études qui lui permet de poursuivre à l'école supérieure de machinerie lourde de Magdebourg d'où il sort, en 1970, avec un baccalauréat en sciences appliquées (BASc) et un titre d'ingénieur en génie mécanique.

Dès son retour au Kenya, il obtient un poste de chargé de cours (lecturer) à l'université de Nairobi et, en 1971, fonde avec son père la Standard Processing Equipment Construction & Erection Limited, une société qui produit des réservoirs pour le gaz de pétrole liquéfié, qui sera renommée, plus tard East African Spectre. En 1973, il abandonne son poste à l'université pour se consacrer à sa société commerciale. En 1974, il devient directeur de département à l'agence publique Kenya Bureau of Standards (KEBS) responsable des normes de la métrologie et se lance dans la politique avec comme but un siège de parlementaire (MP) pour la circonscription électorale de Lang'ata située dans la zone de Nairobi et qui inclut Kibera.

Carrière politique Dissidence et exil En 1982, alors qu'il est devenu le directeur général de la KEBS depuis 1978, Raila Odinga est accusé d'être l'un des instigateurs de la tentative du coup d'État raté du perpétré par la force aérienne kényane contre le président Daniel arap Moi. Il est détenu préventivement pendant 7 mois avant d'être incarcéré, sans avoir jamais été jugé, à la prison de haute sécurité de Kamiti à Nairobi jusqu'au .

En , Raila Odinga est de nouveau arrêté. Cette fois, pour son appartenance au Kenya Revolutionary Movement (KRM), une organisation luttant en faveur du multipartisme au Kenya, et emprisonné jusqu'au . C'est pendant cette période que les Luo lui donnent un autre surnom, celui d'Agwambo ce qui signifie « mystérieux ».

Le , il est encore écroué, jusqu'au , à la prison de Kamiti toujours à cause de ses appels publics en faveur du multipartisme.

Le , apprenant qu'il serait encore arrêté deux jours plus tard lors d'un rassemblement à Kamukunji (Nairobi) en faveur de la restauration de la démocratie, il demande à l'ambassade des États-Unis de pouvoir bénéficier du droit d'asile politique ce qui lui est refusé. Raila Odinga fuit alors Nairobi, d'abord déguisé en prêtre et sous le nom d'emprunt de « Père Augustine » et, le lendemain matin, traverse le lac Victoria jusqu'en Ouganda pour s'exiler en Norvège, qui accepte de l'accueillir, non sans avoir encore changé deux fois d'identité pendant sa fuiteSunday Standard ; « Day Raila fled disguised as priest » ; article du 16 juillet 2006 .

Retour au pays et carrière Élections générales de 1992 En , Raila Odinga rentre au pays et rejoint le parti politique Forum for the Restoration of Democracy (FORD) présidé par son père. Au mois d'août suivant, soit avant les premières réelles élections nationales multipartites de décembreLe 30 octobre 1969, soit un mois avant les deuxièmes élections nationales (les premières ont eu lieu en mai 1963), le président Jomo Kenyatta bannit le Kenya African People's Union (KAPU) qui est le seul parti politique face au KANU., le FORD se scinde, en Forum for the Restoration of Democracy – Asili (FORD-Asili) mené par et en Ford-Kenya (FK) mené par Oginga Odinga qui confie à son fils le soin de diriger la campagne électorale du FK.Il est élu député de la circonscription électorale de Lang'ata (une des huit circonscriptions de la zone de Nairobi)Raila Odinga fut député de la circonscription de Lang'ata entre 1992 et 2013..Après la mort de son père, le , devient président du FK et, en 1997, Raila perd les élections organisées pour la présidence du parti qui voient la victoire controversée du président sortant. Il quitte la formation politique et rejoint le petit parti d'opposition National Development Party (NDP) entrainant avec lui tous les députés FK de la province de Nyanza.

Élections générales de 1997 Cette fois, Raila Odinga participe aussi à l'élection présidentielle et termine troisième, avec 10,92 % des suffrages, derrière le président sortant et candidat du Kenya African National Union (KANU) Daniel arap Moi (40,12 %) et le candidat du Democratic Party (DP) Mwai Kibaki (31,09 %). Cependant, le NDP obtient 21 députés élus directement et un député coopté par le président de la République sur les 222 sièges que compte le Parlement nationalTripod.com Résultat des élections nationales kényanes de 1997 ce qui, d'un parti d'opposition sans élus, en fait la troisième formation du pays. En , le NDP s'allie au KANU dans un cartel politique et obtient trois portefeuilles ministériels dont celui de l'Énergie pour Raila Odinga jusqu'en Les élections eurent lieu le 27 décembre 2002 et le gouvernement sortant dissous en janvier 2003.. Il devient aussi le secrétaire général du cartel.En août 2002, le président Moi surprend tout le monde en annonçant qu'il soutiendra personnellement la candidature du jeune et inexpérimenté Uhuru Kenyatta (un des fils du premier président kényan Jomo Kenyatta) dans la course à la présidence lors des élections de décembreBBC ; « Anti-Moi alliance emerging » ; article du 16 septembre 2002 . En opposition totale avec les vues de Moi, Raila, accompagné par d'autres membres importants du cartel KANU-NDP tels Kalonzo Musyoka, George Saitoti et Joseph Kamotho rejoignent le Liberal Democratic Party (LDP). Pour contrer le dessein de Moi, le LDP, dont Raila Odinga a pris la tête, fait alliance avec le National Alliance Party of Kenya (NAK), le Democratic Party (DP), le Forum for the Restoration of Democracy-Kenya (FORD-K) et le National Party of Kenya (NPK). Cette alliance appelée National Rainbow Coalition (NARC) pousse la candidature de Mwai Kibaki le prétendant du DP au poste de président de la République.

Élections générales de 2002 thumb|redresse|Raila Odinga et Gordon Brown en 2005. Tandis que Raila est, pour la troisième fois consécutive, élu député de la circonscription électorale de Lang'ata, Mwai Kibaki gagne largement l'élection présidentielle avec 62,2 % des suffrages devant Uhuru Kenyatta (31,3 %). Le LDP devient le deuxième parti politique du pays avec 59 sièges de députés dont celui de Raila Odinga qui est reconduit pour la deuxième fois dans la circonscription électorale de Lang'ata. Raila est nommé ministre des Infrastructures et du Logement mais n'obtient pas le poste de Premier ministre que Kibaki avait promis de créer et de lui offrir s'il gagnait les élections arguant qu'il est impossible de changer la Constitution. De même, la promesse faite au LDP d'obtenir la moitié des postes ministériels n'est pas tenueBBC ; « Uproar over Kenya leader's decree » ; article du 30 décembre 2003 . Les désaccords entre le président et Raila Odinga sont de plus en plus nombreux. Le point culminant survient lorsque Mwai Kibaki veut présenter une réforme de la Constitution donnant plus de pouvoirs politiques au chef de l'État. Cette réforme soumise au référendum du est rejetée par 58,12 % des votants. En réaction, le président Kibaki congédie l'entièreté du gouvernement deux jours plus tard et, deux semaines plus tard, forme un nouveau gouvernement qui ne comporte plus aucun membre du LDP. Raila Odinga décide alors d'être candidat à l'élection présidentielle de et crée son propre parti politique : l’Orange Democratic Movement (ODM). Son symbole est une orange en référence au symbole visuel qui représentait le « non » lors du référendum (le « oui » était imagé par une banane)BBC ; « 'Fruity' campaigning in Kenya » ; article du 18 novembre 2005 . En , Raila demande une protection policière à la suite de menaces de mort reçues. Le ministre de la Sécurité nationale Mirugi Kariuki la lui refuse et l'accuse de rechercher seulement un BBC ; « Kenyan opponent 'fears for life' » ; article du 10 janvier 2006 . En , il reçoit le soutien du sénateur américain Barack Obama qu'il déclare être son à la BBC. Cette déclaration suscite la polémique dans les médiasBBC ; « Odinga says Obama is his cousin » ; article du 8 janvier 2008 .. En fait, cette déclaration est mal interprétée par le journaliste ; le père de Barack Obama et la mère de Raila Odinga sont du district kényan de Siaya et, selon la tradition des Luo, ils sont cousins. En septembre, le ministre de la Justice Martha Karua interpelle Raila Odinga au Parlement à propos de suspicions de corruption à charge de sa société East African Spectre dans la cession de 55 % des terrains où est bâti l'établissement public de transformation de mélasse en biocarburant de Kisumu (Kisumu Molasses Plant) à la société canadienne EnergemAll Africa via le Daily Nation ; « How Moi Helped Odinga Firm Get Molasses Land » ; article du 29 juillet 2004 Avec l'aide politique du président Daniel arap Moi, East African Spectre acquiert, pour le prix de de KES, les terrains où est bâtie la société publique Kisumu Molasses Plant le 3 février 2002 avec un bail de 99 ans antidaté au septembre 2001. Quelques mois plus tard, East African Spectre cède à Energem 55 % des terrains pour le prix de de KES.. En , sous l'impulsion de Kalonzo Musyoka, certains membres de l'ODM forment un nouveau parti : l’Orange Democratic Movement–Kenya (ODM-Kenya)VOA News ; « Kenya’s Opposition Split Brightens Kibaki’s Second Term Bid » ; article du 16 août 2007 . Le , ses adversaires politiques l'accusent d'avoir signé un protocole d'accord avec les leaders politiques de la communauté musulmane, ce que Raila dément Simon Siele et George Omondi, « », , 4 novembre 2007..

Le , lors d'une conférence nationale du parti à Nairobi où les délégués doivent voter pour un candidat à l'élection présidentielle de décembre 2007, il est largement plébiscité par de préférenceAll Africa via The Standard ; « It's Raila for President » ; article du septembre 2007 Le deuxième, Musalia Mudavadi, obtient 391 voix et le troisième, William Ruto, en obtient 368. Son programme politique est centré sur l'économie, la lutte contre la corruption, la dévolution du pouvoir aux régions (Majimbo en swahili soit littéralement « Groupe des régions »), l'éducation libre dans les universités, les soins de santé, la place des musulmans au Kenya et, surtout, la promesse de l'instauration d'une nouvelle Constitution plus moderne et démocratiqueBBC ; « Kenyans ready for December poll » ; article du 14 novembre 2007 .