La maison capétienne de Bourbon est une branche de la dynastie capétienne issue de Robert de France (né en 1256, mort le ), comte de Clermont et sire de Creil, par son mariage avec Béatrice de Bourgogne : seigneur de Bourbon, comte de Charolais et seigneur de Saint-Just, chambrier de France, dernier fils du roi de France Saint Louis et de Marguerite de Provence. Robert puis son fils Louis étaient comtes de Clermont-en-Beauvaisis, et furent donc les fondateurs de la maison capétienne de Bourbon, Louis devenant le premier duc de Bourbon en 1327. Elle se scinde en de nombreuses sous-branches ; les branches issues de Henri IV ont donné la dynastie des Bourbons et ont régné sur plusieurs pays d’Europe. En France, son règne correspond à l'apogée de la monarchie absolue et à la prépondérance française en Europe.
Depuis la mort sans enfants d'Henri d'Artois « comte de Chambord » en 1883, la branche aînée est la branche espagnole. Louis de Bourbon, duc d'Anjou, est le chef actuel de la maison capétienne de Bourbon et l’aîné de toutes les branches légitimes subsistantes : (1975), 2, (1983), 2, (1986), 3, (1991), 3..
Différentes branches
Généalogie
Histoire Fondation et développement Robert de France, né vers , sixième et dernier fils du roi , est fait en 1268 comte de Clermont-en-Beauvaisis, d'où il tire son nom (Robert de Clermont). En , il épouse Béatrice, fille unique d'Agnès, dame de Bourbon, et de Jean de Bourgogne, seigneur de Charolais ; par ce mariage, il épouse l'héritière de la seigneurie de Bourbon dont il devient sire consort à la mort d'Agnès en et le reste jusqu'à la mort de sa femme en . La seigneurie passe alors en mains propres à son fils aîné, .
Déjà seigneur de Bourbon, Louis hérite du comté de Clermont-en-Beauvaisis à la mort de Robert en . En , pour répondre à la demande du roi qui souhaite intégrer le comté de Clermont au domaine royal, il échange ce titre avec celui de comte de la Marche : à cette occasion, la seigneurie de Bourbon est érigée en duché, dont Louis devient le premier duc. (1337-1410) épouse Anne d'Auvergne en 1371 ce qui lui permet d'agrandir le domaine du comté de Clermont, de Forez et de la seigneurie de Mercœur.
Pendant la guerre de Cent Ans, la maison se divise en plusieurs branches, dont trois principales : la branche ducale, celle des aînés, à la tête des duchés de Bourbon et d'Auvergne, les comtes de Clermont, à la tête de la seigneurie du même nom mais aussi du dauphiné d'Auvergne et du comté de Sancerre, la branche de la Marche puis de Vendôme (le comté de la Marche fut perdu en 1438) qui rassemble le comté de Vendôme et la principauté de La Roche-sur-Yon.
Parmi les descendants de la branche de Vendôme, Antoine de Bourbon (1518-1562) épouse en 1548 Jeanne d'Albret, reine de Navarre. À la mort d', assassiné par le moine fanatique Jacques Clément, la maison de Valois n'a plus aucun héritier. Les règles de succession en vigueur, dites loi salique ou règle de primogéniture mâle, font donc de leur fils Henri, cousin au vingt-deuxième degré du roi défunt, le nouveau souverain du royaume.
Mais le nouveau roi est protestant alors que les coutumes exigent un roi catholique et que la majorité catholique des Français ne veut pas d'un huguenot comme souverain. , frère d'Antoine et archevêque de Rouen, est un moment proclamé roi par la Ligue. Il faut donc au nouveau roi reconquérir son royaume. Les difficultés à conquérir Paris, aux mains des ligueurs, conduisent le roi à se convertir au catholicisme à Saint-Denis le .
Les premiers rois Bourbons et l'affermissement de la monarchie absolue en France thumb|400px|Arbre généalogique des Bourbons de Henri IV à Louis XV (avec l'apparition des branches d'Orléans et d'Anjou (Espagne)) thumb|Henri IV. Une fois son pouvoir consolidé, met un terme aux guerres de religion en promulguant l'édit de Nantes de 1598.
Aidé de son ministre Sully, Henri IV tâche de remettre sur pied le royaume durement éprouvé par les guerres de religion.
En 1607, il accepte que les possessions des Bourbon soient rattachées au domaine royal: le dernier grand domaine féodal disparaît. Lorsque Henri IV est assassiné par François Ravaillac, un catholique fanatique en 1610, il lègue à son fils un royaume considérablement renforcé.
(1601-1643) a neuf ans quand son père est assassiné en 1610. Sa mère Marie de Médicis assure la régence avec ses favoris et néglige l'éducation du jeune roi. l'écarte du pouvoir en 1617 en faisant assassiner son favori Concini.
À partir de 1624, il règne en étroite collaboration avec son principal ministre, le cardinal de Richelieu qu'il soutient contre les intrigues des nobles, furieux d'être écartés du pouvoir.
Sous son règne, l'Auvergne et quelques places lorraines rejoignent le domaine royal. Il mène une politique de domestication des grands seigneurs du royaume (Affaire du comte de Chalais en 1626), de durcissement envers les protestants à qui il parvient à retirer les places-fortes que l'édit de Nantes leur octroyait.
Il installe des intendants de justice, police et finance dans les provinces. Contrairement aux officiers, ceux-ci sont des commissaires révocables. Ils sont indispensables dans les régions frontières ou occupées par les Français. Ils y assurent l'ordre en luttant contre les pillages des soldats français et en s'assurant de la fidélité des sujets, particulièrement des nobles et des villes. Le roi accentue la centralisation en favorisant l'atelier de frappe monétaire de Paris aux dépens de ceux de province.
L'augmentation considérable de la pression fiscale, nécessitée par la guerre, provoque de nombreux soulèvements populaires: en 1636-1637 celui des Croquants de Saintonge-Périgord, en 1639 celui des Nu-Pieds de Normandie, sévèrement réprimés. En effet, dès 1635, et le cardinal de Richelieu s'engagent dans la guerre de Trente Ans auprès des princes allemands protestants pour réduire la puissance de la dynastie des Habsbourg d'Espagne, la première puissance européenne à cette époque et de ceux d'Autriche qui sont à la tête du Saint-Empire romain germanique. Pour affaiblir les Habsbourg, les Français occupent des places fortes et s'assurent des passages qui les relient à leurs alliés, en Alsace, en Lorraine et dans le Piémont.
L'apogée de la monarchie absolue sous a quatre ans et demi quand son père meurt en 1643. Sa mère Anne d'Autriche assure la régence avec le cardinal Mazarin que Richelieu avait recommandé sur son lit de mort à comme étant le meilleur ministre possible. Jusqu'en 1661, date de sa mort, c'est Mazarin qui gouverne effectivement, même après la majorité de .
Il poursuit l'effort de guerre entamée par Richelieu. Les troupes françaises remportent des victoires décisives qui permettent de mettre fin à la guerre de Trente Ans (1618-1648). Le traité de Münster d' accorde à la France presque toute l'Alsace, confirme la possession des Trois-Évêchés et donne trois forteresses à la France sur la rive droite du Rhin, Landau, Philippsbourg et Brisach. Le conflit se poursuit cependant avec l'Espagne jusqu'en 1659. Avec la Paix des Pyrénées, le domaine royal s'agrandit du Roussillon, de l'Artois et de certaines places du Hainaut ou du Luxembourg comme Thionville et Montmédy.
épouse l'infante d'Espagne, Marie-Thérèse d'Autriche.
La réduction à l'obéissance des corps autonomes thumb| et Colbert par Charles Le Brun.|alt= Durant son enfance, a été très marqué par la Fronde (1648-1652). Cette succession de révoltes parlementaire, nobiliaire et populaire l'avait obligé à quitter Paris précipitamment en pour Saint-Germain en Laye. Il y avait vu le peuple parisien envahir sa chambre. Cet épisode explique en grande partie sa volonté de museler la noblesse et les parlements, sa méfiance de la capitale. À la mort de Mazarin, en 1661, il déclare qu'il gouvernera désormais seul, c'est-à-dire sans premier ministre. Il réclame de ses secrétaires d'État une stricte obéissance et leur interdit de décider seuls.
Dès lors, la grande affaire du règne du Roi-Soleil est de contraindre à l'obéissance tous les corps autonomes du royaume. Pour être sûr d'être obéi de ses ministres, il les choisit parmi la bourgeoisie comme Colbert ou Le Tellier. Il les comble d'honneurs, s'assurant ainsi de leur reconnaissance et de leur fidélité. Le règne de marque une centralisation extrême du pouvoir royal. Les grandes décisions sont prises par le Conseil d'En-Haut qui se réunit deux ou trois fois par semaine et où ne siègent que trois à cinq ministres. Le Conseil de Parties ou Conseil Privé, présidé par le chancelier, sert de cour d'Appel en dernier ressort et prépare les édits. Le Conseil des Dépêches qui se réunit tous les quinze jours s'occupe de la correspondance avec les intendants, devenus plus que jamais la voix du roi dans les provinces.
Dès le début de son règne personnel (1661-1715), amorce le redressement de l'autorité royale. Les gouverneurs des provinces issus de la haute noblesse n'ont plus d'armée à leur disposition et doivent résider à la cour, ce qui rend plus difficile le clientélisme. En 1665, interdit aux parlements de délibérer sur les édits et leur ordonne de les enregistrer sans vote.
Avec Colbert il entreprend de réformer la justice : ils créent le Conseil de justice qui rédige des codes qui s'appliquent à tout le royaume: l'ordonnance civile ou Code Louis, l'ordonnance des eaux et forêts, l'ordonnance criminelle, l'ordonnance de la marine et enfin l'ordonnance coloniale publiée en 1686 et plus connue sous le nom de Code noir.
N'étant par sûr de la fidélité des officiers propriétaires de charges héréditaires, il confie leurs fonctions à des commissaires révocables, procédé qui finit par contraindre les officiers à l'obéissance. La noblesse qui avait durement contesté Mazarin pendant sa minorité, perd tout pouvoir politique. Elle est domestiquée à Versailles où son plus grand souci est de se faire remarquer du roi. Pour cela, elle doit faire des dépenses excessives et en est réduite à quémander des pensions au roi pour assurer son train de vie fastueux et ruineux.
Louis XIV pense que la guerre est la vocation naturelle d'un roi. Mais au début de son règne, l'armée est encore une entreprise « privée » monopolisée par la noblesse. Les régiments et les compagnies sont la propriété d'officiers qui achètent leur grade.
Sous l'égide de Le Tellier puis de son fils Louvois, tous les deux ministres d'État et par là-même participant au Conseil d'en haut, les officiers sont contrôlés par des administrateurs civils qui appliquent des règlementations strictes, les dépouillant d'une grande partie de leur pouvoir.
Les réformes militaires permettent à de disposer d'une armée plus nombreuse et plus disciplinée. Le port de l'uniforme est peu à peu généralisé. Louvois fait construire les premières casernes. Les efforts militaires permettent à de remporter d'éclatantes victoires dans la première partie de son règne personnel. Des échanges de places fortes permettent de régulariser la frontière au nord.
En 1680-1681, , fort de sa domination sans partage sur l'Europe procède à la « politique des réunions ». Le but est de relier le chapelet de places fortes élaborées par Vauban. En pleine paix, il annexe entre autres Nancy, Sarreguemines, Lunéville, le comté de Montbéliard, Pont-à-Mousson, Strasbourg, Luxembourg. Cette violation du droit international indigne les États d'Europe qui cependant s'inclinent en signant la trêve de Ratisbonne qui lui accorde l'occupation des « réunions » pour 20 ans.