Claude Goasguen, né le à Toulon (Var) et mort le à Issy-les-Moulineaux (Hauts-de-Seine), est un homme politique français.

Secrétaire général de l'UDF puis porte-parole de Démocratie libérale, il est ministre de la Réforme de l'État, de la Décentralisation et de la Citoyenneté dans le premier gouvernement Juppé, en 1995.

Sur le plan électif, il siège au Conseil de Paris de 1983 à 2020 et exerce le mandat de maire du de Paris de 2008 à 2017, année où il doit démissionner en raison de la réglementation sur le non-cumul des mandats. En effet, il est en parallèle député, une fonction qu'il exerce de 1993 à sa mort.

Biographie

Origines et études

Claude Goasguen est issu de l'importante communauté bretonne de Toulon. Il déménage à Paris durant son adolescence.

Élève au lycée Henri-IV, il entre ensuite à la faculté de droit de l'université de Paris, qui deviendra après les événements de mai 68 l'université Paris-II Panthéon-Assas.

Il est notamment président en 1968 de la Corpo d'Assas, partisan de l'Algérie française, soutien de Jean-Louis Tixier-Vignancour (candidat d'extrême droite à l'élection présidentielle de 1965) et proche d'Alain Madelin, Hervé Novelli, Patrick Devedjian et Gérard Longuet.

Membre du mouvement d'extrême droite néofasciste et antisémite Occident« Claude Goasguen », Les Échos 20959, 23 juin 2011, .Jacques Leclercq, Dictionnaire de la mouvance droitiste et nationale, de 1945 à nos jours, éditions L'Harmattan, 2008, (lire en ligne). comme ces derniers, ..

Bien qu'il ait joué un rôle en 1966-1967 dans l'infiltration par Occident de l'Institut d'études politiques de Paris, il a toujours nié en avoir été membre, même s'il entretenait des liens manifestes avec cette organisation« Manuel Valls reproche à Claude Goasguen son passé à l'extrême droite : dit-il vrai ? », francetvinfo.fr, 26 février 2014.Selon Frédéric Charpier, auteur de Génération Occident, de l'extrême droite à la droite, il n'y a pas de certitude absolue sur son statut précis dans Occident avec lequel il entretenait cependant des liens manifestes.... Selon Nicolas Lebourg et Joseph Beauregard, Claude Goasguen a fait partie en 1971 du mouvement Ordre nouveau, à la rédaction du programme duquel il participaCité in Le Roman vrai d'un fasciste français, vie et mort de l'homme qui tua Pierre Goldman et Henri Curiel, de Christian Rol, , La Manufacture du Livre, 2015., sous la responsabilité d'Alain Robert et avec Hervé NovelliDavid Doucet, « Claude Goasguen a appartenu à Ordre nouveau », lesinrocks.com, 26 février 2014..

Carrière universitaire Diplômé d'études supérieures de droit en 1969Mémoire intitulé Les mesures prises en 1809-1810 à l'égard des Français ayant porté les armes contre la France. et docteur en droit en 1976Thèse intitulée Les Français au service de l'étranger sous le premier Empire. de l'université Panthéon-Assas Paris II, son domaine d'études était l'histoire du droit et notamment le droit romain.

De 1971 à 1976, Claude Goasguen est assistant à l'université Paris XIII, puis maître-assistant de 1976 à 1982. Maître de conférences de 1982Bien que cette date soit mentionnée dans la plupart de ses biographies, elle semble inexacte étant donné qu'il n'existait plus de corps de maîtres de conférences en 1982. à 1986, il est doyen de la faculté de droit de 1982 à 1984.

En 1986, il rejoint le cabinet du ministre de l’Éducation nationale René Monory en tant que conseiller technique chargé des relations avec le monde de l’entreprise et de la formation professionnelle. Il milite en faveur de la reconnaissance des besoins éducatifs particuliers des enfants précoces. Une classe pilote est menée à l'école publique Las Planas, à Nice, sous la direction de Jean-Charles Terrassier, psychologue, spécialiste reconnu des enfants à haut potentiel.

Claude Goasguen est nommé inspecteur général de l'Éducation nationale en 1987 par René Monory. Il occupe le poste de recteur d'académie et de directeur du Centre national d'enseignement à distance du Décret du 2 décembre 1987, JORF 282 du 5 décembre 1987, 14192, NOR MENB8700723D.. au , puis est placé en service détaché afin d'exercer ses mandats électifs.

Admis à la retraite et radié des cadres en Arrêté du 25 mars 2003 portant réintégration et admission à la retraite (inspection générale de l'éducation nationale)., il est maître de conférences à HEC à partir de .

Parcours politique Débuts vignette|Claude Goasguen et Bernard Debré au soir du premier tour des élections législatives de 2007.

Claude Goasguen rejoint, avec son ami Alain Madelin, la Fédération nationale des républicains indépendants (FNRI) de Valéry Giscard d'Estaing, puis le Centre des démocrates sociaux (CDS) et l'Union pour la démocratie française (UDF)..

Il tente en 1985-1986 deux parachutages, successivement en Eure-et-Loir en vue des élections législatives et dans les Ardennes en vue des élections régionales, mais renonce en raison de l’opposition de parlementaires...

Il est secrétaire général de l'UDF et de Force démocrate de 1996 à 1998. Il rejoint ensuite Démocratie libérale, lors de sa scission de la « Nouvelle UDF » présidée par François Bayrou, et en est vice-président et porte-parole entre 1998 et 2002.

Après la défaite de la droite aux élections législatives anticipées de 1997, il appelle son camp à abandonner « l'anathème » et à « sortir de l'impasse de la diabolisation du FNRenaud Dély, Histoire secrète du Front national, 1999, Grasset, 136. ».

En 2002, il rejoint l'UMP lors de la fusion de DL avec celle-ci12 octobre 2002, Claude Goasguen élu président du groupe UMP à Paris, INA, 28 mai 2020. Il y est notamment délégué général chargé des universités et de la recherche à partir de 2005. Il est également le président des Réformateurs de Paris, aile libérale de l'UMP.

Au niveau national Claude Goasguen devient député UDF du de Paris en 1993 en remplacement de Jacques Toubon, dont il est le suppléant, à la suite de sa nomination dans le gouvernement d’Édouard Balladur. À l'Assemblée nationale, il est notamment membre de la Commission d’enquête parlementaire sur l’utilisation des fonds affectés à la formation professionnelle.

De mai à , il est ministre de la Réforme de l'État, de la Décentralisation et de la Citoyenneté dans le premier gouvernement d'Alain Juppé. Il réussit son parachutage dans la de Paris (quartiers d'Auteuil et de La Muette, dans le ), en étant élu député pour la période 1997-2002 dès le premier tour avec plus de 70 % des suffrages. Lors des élections législatives des 10 et 17 juin 2007, il est élu dès le premier tour avec 65,83 % des voix contre notamment 11,38 % à Wladimir d'Ormesson (MoDem), 10,93 % à Jean-Yves Mano (PS), par ailleurs adjoint au maire de Paris, et 2,57 % à Farid Smahi (Front national). Il fait partie du groupe UMP. Aux élections législatives de 2012, il est également réélu dès le premier tour, avec 58 % des voix., ce qui fait de lui le député de droite le mieux élu 2012 ( au niveau national).

À l'occasion du congrès de l'Union pour un mouvement populaire de 2012, il soutient la candidature de Jean-François Copé face à François Fillon« Présidence de l'UMP : le XVI très convoité », « Figaro-ci Figaro-là », in Le Figaro, lundi 10 septembre 2012, page 44..

Il soutient Nicolas Sarkozy pour la primaire présidentielle des Républicains de 2016, remportée finalement par François FillonMarie-Anne Gairaud, « À Paris, les soutiens de Sarkozy s’organisent », leparisien.fr, 2 juin 2016. et Maël de Calan pour le congrès des Républicains de 2017, scrutin lors duquel Laurent Wauquiez est élu le président du parti« Claude Goasguen soutient Maël de Calan », lopinion.fr, 6 décembre 2017.. Pour le congrès des Républicains de 2019, il soutient Julien Aubert..

Il devient membre de l'Observatoire de la laïcité en .

Élu à Paris vignette|Permanence parlementaire de Claude Goasguen, 38 rue Molitor. Claude Goasguen est élu conseiller de Paris en 1983 et exerce la fonction d’adjoint aux affaires étrangères du maire Jacques Chirac entre 1989 et 1995. Lors de la mandature suivante, de 1995 à 2001, il est adjoint de Jean Tiberi, chargé des affaires scolaires et universitaires.

Le , il participe. aux côtés de Jacques Toubon à la création d'un groupe dissident au Conseil de Paris, baptisé P.A.R.I.S. (Paris-Audace-Renouveau-Initiative-Solidarité), regroupant un tiers des élus RPR-UDF, et visant à renverser le maire de Paris, Jean Tiberi.. La tentative de putsch au sein de la majorité municipale échoue.

Il décide de ne pas se présenter pour être le candidat du RPR à la mairie de Paris aux municipales de 2001, qui voient s'opposer deux listes de droite menées par Philippe Séguin et Jean Tiberi. Après la défaite de la droite consécutive à ces dissensions, il est élu à l'unanimité président du groupe UMP au Conseil de Paris.

En tant que chef de l'opposition, il critique souvent et durement la politique du nouveau maire socialiste Bertrand Delanoë, s'en prenant par exemple à l'absence de projets de construction immobilière à Paris, parlant d'une « politique de la truelle à l'envers » ou en critiquant la politique des transports menée par Denis Baupin, l'adjoint vert aux transports. Il considère comme dangereuses pour la circulation les nouvelles « banquettes » du mobilier parisien, estimant les couloirs de bus ainsi protégés néfastes pour la circulation et l'économie.

Claude Goasguen publie Allô Paris bobo chez Ramsay en 2006 afin de présenter son projet pour Paris dans le cadre des primaires UMP en vue des élections municipales de 2008 à Paris auxquelles il se présente face à Jean Tiberi, Françoise de Panafieu et Pierre Lellouche. Après avoir passé le premier tour de ces primaires en seconde position, il se retrouve en situation difficile face à la favorite des suffrages militants, Françoise de Panafieu. Préférant finalement se retirer, il déclare mettre l'union au-dessus de son objectif personnel. En réalité, il ne s'est retiré qu'après avoir appris que ses deux ex-rivaux, Pierre Lellouche et Jean Tiberi, soutenaient Françoise de Panafieu pour le second tour. Il fait donc contre mauvaise fortune, bon cœur en apparence, mais lorsque, en , Françoise de Panafieu, nouvelle cheffe de file de l'UMP parisienne et candidate au fauteuil de maire en 2008, lui succède en tant que présidente du groupe UMP au Conseil de Paris, il en devient le premier vice-président grâce à ce retrait préalable.

Lors des élections municipales de 2008, la liste qu'il mène dans de Paris recueille 51,71 % des suffrages au premier tour, très loin devant ses concurrents Jean-Yves Mano (PS, 17,08 %), David Alphand (divers droite, 13,22 %) et Jean Peyrelevade (MoDem, 8,64 %)Élections municipales de 2008 - résultats dans le de Paris sur le site du Figaro.. Le , Claude Goasguen est élu maire du de Paris par le conseil d'arrondissement, après avoir écarté Pierre-Christian Taittinger, qui pensait conserver son siège« Paix armée dans le », Le Parisien, 25 février 2008..

Il est la tête de liste UMP-UDI-MoDem dans le pour les élections municipales de 2014 à Paris. Il est réélu maire.

Le , Nicolas Sarkozy, élu président de l'UMP, le nomme secrétaire national de l'UMP au Grand Paris, u-m-p.org, 12 décembre 2014..

En 2016, il s'oppose à la création d'un centre pour SDF dans le bois de Boulogne par la mairie de Paris« Centre pour SDF du bois de Boulogne : Goasguen exige des explications », leparisien.fr, 18 février 2016..

Dans l'entre-deux-tours de l'élection présidentielle de 2017 qui oppose Marine Le Pen à Emmanuel Macron, il annonce qu'il votera pour le candidat En marche !. Pour respecter la loi sur le cumul des mandats, il déclare également qu'il est candidat à sa succession aux élections législatives, quittant de fait son mandat de maire du arrondissementJudith Waintraub, « Goasguen votera "contre Le Pen" », Le Figaro, samedi 29 / dimanche 30 avril 2017, page 6..