Le FAMAS (ou FA-MAS, Fusil d'Assaut de la Manufacture d'Armes de Saint-Étienne)Acronyme de « Fusil d’Assaut de la Manufacture d’Armes de Saint-Étienne ». Source : « FAMAS » , sur le site de l'Armée de terre française, defense.gouv.fr (consulté le 25 janvier 2020)., désigné comme « fusil d'assaut de modèle F1 MAS » dans l’armée française, est un fusil d'assaut français de calibre Otan de type bullpup, initialement fabriqué par la manufacture d'armes de Saint-Étienne.

Commandé et mis en service dans les années 1970 par l'armée française, le FAMAS répond au désir d'une arme tactique puissante, d'encombrement réduit et qui soit également facile à utiliser et à entretenir. Remplaçant à la fois le fusil FSA MAS 1949-56 en calibre et le pistolet-mitrailleur MAT 49 en calibre 9 × 19 mm Parabellum, le FAMAS supprime ainsi la coexistence de deux armes aux calibres différents.

En 2012, une étude préparatoire est lancée visant au remplacement de cette arme dans l'armée française à l'horizon 2017 ; en , le fusil d'assaut allemand HK416 est finalement retenu..

Historique Conception et utilisation vignette|thumbtime=1:30|Vidéo de présentation du FAMAS par l'Armée de terre (2011). Dans les années 1960 et 1970, la présence croissante du célèbre Kalachnikov AK-47 sur les théâtres d'opérations (Liban, Zaïre, etc.) tend à rendre obsolètes les armes françaises en service à l'époque, issues des guerres de décolonisation des années 1950 : le fusil MAS Mle. 49/56, le pistolet-mitrailleur MAT 49 et le fusil-mitrailleur MAC Mle. 29. En 1978 au Liban, pour se tenir à armes égales avec les forces ennemies, la France a recours aux fusils d’assaut SIG 540 suisses. Plus précisément, il s'agit alors d'une série limitée fabriquée sous licence par Manurhin..

En vue de mettre un terme à ce retard technologique qui devenait de plus en plus inquiétant, le gouvernement français réunit une équipe d'experts et d'ingénieurs pour élaborer en laboratoire une arme moderne. Sa fabrication est laissée aux soins de la Manufacture d'armes de Saint-Étienne. Le projet du FAMAS débute en 1967, sous la direction du général Paul Tellié et de l'ingénieur Alain Coubes. Quatre ans plus tard, le premier prototype est prêt..

Conçu afin d'équiper l'armée française, le FAMAS est présenté pour la première fois en 1973 . Il est commandé en 1978, et commence à être perçu par les forces françaises à partir de 1979..

La version initiale du FAMAS, nommée F1, est vendue à plus de en France et dans quelques pays étrangers (Djibouti, Gabon, Sénégal et aux Émirats arabes unis) et est parfois donnée comme cadeau à des pays alliés.. Giat Industries une variante G1 qui sert de transition vers le G2. Cette dernière est conforme à la norme de standardisation STANAG 4719 de l'OTAN. En France, le G2 est en service dans la Marine nationale..

Conçue pour être la plus moderne de son temps, mais d'entretien complexe, cette arme ne fut jamais achetée massivement par aucun autre pays, du fait de son coût élevé (près du double d'un fusil d'assaut américain M16). De plus, l’état-major français avait rejeté au début les demandes d'exportation de cette arme, au profit de la satisfaction rapide des besoins de l'Armée de terre française, les armées occidentales lui préférant à l'époque bien souvent des armes plus courantes d'origine américaine, belge (FN) ou autrichienne (Steyr AUG).

La production du FAMAS cesse en 1992.. Sa maintenance est aujourd'hui assurée par l'usine Nexter Mechanics de Tulle, anciennement Manufacture d'armes de Tulle, où fut produit le pistolet-mitrailleur MAT 49.

Le FAMAS au combat

Entre 1980 et 2015, le FAMAS a été utilisé par les militaires français engagés dans divers théâtres d'opération. 1984 : Force multinationale de sécurité à Beyrouth (FMSB) au Liban puis Force intérimaire des Nations unies au Liban (FINUL). 1983-1984 : opération Manta au Tchad. 1986-2014 : opération Épervier (remplacée en 2014 par l'opération Barkhane) au Tchad. 1992-1999 : opération Iskoutir à Djibouti. 1990 et 1992 : opération Noroît au Rwanda. 1992 : Force ONU Sarajevo en Bosnie. 1995-1996 : Force de stabilisation (SFOR) et Implementation Force (IFOR) en Bosnie-Herzégovine. 1996 : opération Almandin en République centrafricaine. 1997 : opération Pélican en République du Congo. 2000 : Kosovo Force (KFOR) au Kosovo. de 2003 à 2014 : guerre d'Afghanistan. 2002, 2004, 2006 et 2010 : opération Licorne en République de Côte d'Ivoire. depuis 2013 : opération Serval (puis Barkhane) au Mali. depuis 2014 : opération Chammal (en Irak et en Syrie) : participation à la coalition contre l'État islamique.

Fin d'utilisation dans l'Armée de terre

Aléas techniques Selon un journaliste,

Inconvénients pratiques des munitions en acier Selon les généraux,

Prix de revient excessif Le général Bosser souligne que

Exploitation au Suriname En , la France cède gratuitement son stock restant de fusils FAMAS, au Suriname, dans le cadre d'une coopération entre les forces armées de Guyane et du Suriname.. Ce stock de vise à moderniser les moyens des militaires de ce pays, étant en grande majorité équipés de fusils d'assaut type Kalachnikov AK-47 et de FN-FAL des années 1950, le FAMAS étant une arme fabriquée à partir des années 1970.

Transition du FAMAS vers le HK En 2012, le général Bertrand Ract-Madoux, Chef d'état-major de l'armée de terre (CEMAT), annonce que l'armée française lance un appel d'offres pour 2013 pour son « Arme individuelle du futur » (AIF), visant à remplacer le FAMAS au sein des unités de l'armée de terre française« FN Herstal : la direction a présenté aux syndicats son plan à moyen terme », M. Gretry, RTBF.be, 18 octobre 2012.. Le FAMAS a dû être remplacé car il arrivait en fin de vie et n'était plus produit depuis 1992.. De plus, il coûtait assez cher (entre 1 500 et en fonction des versions), chacun de ses chargeurs coûtait et le percuteur devait également être changé tous les pour environ .

L'avis d'appel d'offres prévoit à l'origine à acquérir au profit de l'armée de terre, la Marine nationale et l'armée de l'air ; la moitié avec un canon long pour les unités standard et l'autre moitié avec un canon court pour les Forces spéciales (le HK 416 calibre 5,56 × 45 mm Otan étant choisi déjà par le GIGN pour devenir la nouvelle arme longue standard).. Trois à cinq candidats seront sélectionnés pour la compétition.

vignette|redresse=1.1|Le HK416 allemand, successeur du FAMAS.

Les fusils candidats sont le HK416A5 de Heckler & Koch ; le SCAR-L de FN Herstal ; le VHS et VHS K-2 de HS Produkt ; le de Sig Sauer et le ARX 160A1 de Beretta..

Le fabricant d'armes français Verney-Carron souhaite participer à l’appel d’offres. Il n'est pas retenu car, pour garantir la pérennité de ce nouvel équipement, le ministère de la Défense demande notamment aux candidats d’avoir un chiffre d’affaires d’au moins d’euros, alors que Verney-Carron réalise autour de d’euros. Thales, qui avait développé le fusil F90, ne souhaita pas participer à cet appel d'offres, en raison des contraintes techniques exigées par la Direction générale de l'Armement (DGA).

Le successeur du FAMAS est dévoilé en : il s'agit du HK416 qui équipe déjà plusieurs corps de Police, Gendarmerie (GIGN) et certaines unités d’élites de l'Armée française (Commandos marine et Forces spéciales terrestres notamment)....

La DGA indique par la suite que . Le coût du programme de remplacement est estimé à quelque d'euros, pour une livraison de plus de , accessoires et munitions« L'armée française abandonne le Famas et se dote de fusils d'assaut allemands », L'Express.fr avec AFP, 23 septembre 2016..

Le , lors de son audition par la commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées du Sénat, le général Jean-Pierre Bosser, chef d'état-major de l'armée de terre, estime que et qu'« Projet de loi de finances pour 2017 : Défense : équipement des forces », senat.fr (consulté le 12 juillet 2018)..

Description vignette|centre|upright=2.0|FAMAS modèle F1.centré|upright=2.0|vignette|FAMAS modèle G2.

1 : Partie plate = talon de crosse / Partie anguleuse = bec de crosse 2 : Crosse amovible 3 : Appuie-joue mobile (permet de passer d'une arme pour droitier à une arme pour gaucher) 4 : Ensemble mobile. Fenêtre d'éjection des étuis selon le montage de l'extracteur (ici à droite) 5 : Goupilles à démontage rapide 6 : Branche de bipied 7 : Poignée garde-main (PGM) 8 : Levier d'armement 9 : Alidade de visée pour les tirs de grenade (on lui attribue plusieurs noms : alidade de tir courbe, alidade de tir vertical).10 : Bague d'enfoncement de grenade 11 : Manchon cache-flamme 12 : Canon 13 : sélecteur de tir à 3 positions : tir au coup par coup / rafale / sûreté(voir 18 pour la sélection du type de rafale) 14 : Queue de détente 15 : Crochet du chargeur 16 : Chargeur (ici, un chargeur PCL, « pour cartouches de lancements », appelé aussi « chargeur feuillette »). 17 : Numéro de série de l'arme 18 : Boîtier de mécanisme limiteur de rafale (2 positions : rafale 3 coups / automatique (illimité))

Le FAMAS coûte environ en version F1 et en version G2.

Son architecture bullpup explique sa compacité malgré une longueur de canon () lui assurant puissance et précision. La position très reculée de la culasse d'un fusil bullpup place l'éjection des étuis à la hauteur de la joue du tireur, ce qui impose de l'épauler toujours du même côté. Le FAMAS peut être utilisé aussi bien par les gauchers que par les droitiers en changeant le sens d'éjection des étuis vides ; cela implique un démontage de l'arme afin d'inverser l'obturateur et l’extracteur se situant de part et d'autre de la tête amovible dans la culasse, puis une inversion de l'appui-joue pour ouvrir la fenêtre d'éjection se trouvant du côté de l'extracteur..

vignette|redresse=1.2|Schéma du système de tir par retour de gaz du FAMAS.

Dans le jargon militaire, l'ensemble « tête amovible + éjecteur + extracteur + obturateur » est surnommé la « tête de Mickey » car, vu de face, il évoque les trois cercles (tête et oreilles) permettant de dessiner la tête de Mickey Mouse. Le sélecteur de tir rafale/coup par coup est situé dans l'arcade de pontet, devant la queue de détente, donc accessible par les droitiers comme par les gauchers et le limiteur de rafale se situe sous la crosse sur le boîtier de mécanisme. La sécurité de l'arme est assurée par le boîtier de mécanisme sur le F1.

Le FAMAS fonctionne avec une culasse à amplificateur d'inertie à levier qui retarde son ouverture (du même type que l'AA 52 ou AA F1). Le recul de la munition au moment du tir entraîne la culasse, qui entraîne elle-même le levier amplificateur, qui par réaction des deux bras inférieurs sur l'appui porté par la boîte de culasse, refoule la pièce de manœuvre avec une vitesse accrue dans le rapport d'amplification. Le levier effectue une rotation de 45° , pendant cette rotation le percuteur se retire, l'extracteur extrait l'étui vide. Et après la rotation complète du levier, l'ensemble mobile recule à la même vitesse et comprime l'amortisseur en fin de course. En revenant vers l'avant la culasse chambre une nouvelle cartouche dans le canon et la griffe de l'extracteur s'engage dans la gorge de l'étui. Et la pièce de manœuvre se remet en batterie en ramenant le levier amplificateur en position verticale. L'arme est alors prête pour un nouveau cycle.

En raison de son aspect (faible longueur et poignée garde-main) et surtout des photos de profil du dossier de presse, il fut surnommé « le clairon » par les premiers journalistes à qui il avait été présenté et certains militaires français, bien que cette appellation non réglementaire soit tombée en désuétude puisque cette comparaison ne vient à l'esprit de personne le prenant correctement en mains.

Modes de tir