(au civil : Gui Foucois ou Foulques ou Foucault), né un à la fin du à Saint-Gilles, près de Nîmes, et mort le à Viterbe en Italie, est élu en 1265 le pape de l'Église catholique. Son pontificat s’étend du au .
Gui Foulques, lettré, avocat, grand juriste, fut marié et eut des enfants (et une descendance attestée jusqu'à nos jours) avant d'entrer, veuf, dans les ordres, et d'entamer une carrière au service de l'Église. Il fut évêque du Puy, honoré d’une prébende de chanoine au Chapitre noble de Brioude (1259), puis archevêque de Narbonne. Conseiller de Saint Louis, il est élu pape sous le nom de . Durant ses trois ans et demi de pontificat, il mena une politique ambitieuse et fut l'ami de saint Thomas d'Aquin.
La famille de Naissance et mort Louis Foulques ou Foucault, dit Fulcodi, bourgeois de Saint-Gilles dans le Gard, juriste, eut de son épouse Marie Laure Salvanhiac, plusieurs enfants : Gui, qui suit ; Nicolas, curé de Saint-Gilles ; Marie, épouse de Laurent Forton ; Jeanne, épouse de Pierre Sauvaire ; Anne, épouse de Louis Gros qui eurent des enfants dont Pierre Gros, curé de Saint-Gilles, auquel son oncle Gui, alors pape, écrivait le : … et il réduisit de plus les prébendes de ce neveu ecclésiastique à une seule afin de ne pas être taxé de népotisme.
Gui Foulques, dit Fulcodi, dit le Gros, est né à Saint-Gilles (Gard), près de Nîmes, Languedoc un à la fin du . Il est mort le , dans le palais des papes de Viterbe en Italie.
Sa maison natale dite « Maison romane » a été restaurée au . Elle est classée monument historique depuis 1862... est le premier de tous les papes qui ait eu des armoiries sur son tombeau, à Viterbe.
Sa descendance Gui Foulques avait épousé par contrat du Margueritte Ruffi, fille de Jacques et de Cécile du Sault. Plusieurs enfants sont nés de cette union. En 1265, il ne restait que : Mabilie qui devint religieuse à Nîmes après 1267 et qui mourut en 1307 d'après Pierre Cabizolles, prêtre du diocèse du Puy-en-VelayPierre Cubizolles, Le diocèse du Puy-en-Velay des origines à nos jours, 2005, P. 210 ; Cécile, religieuse au monastère de Saint Sauveur de la Fontaine de Nîmes d'après Pierre Cabizolles ou mariée par contrat du à son cousin Pierre Ruffi d'après Pierre Burlats-Brun, historien généalogiste, spécialiste des familles du Languedoc, , réponses aux questions , . qui développe sa descendance. Les travaux de Pierre Burlats-Brun reposent sur les pièces du procès qui a été instruit pour l'héritage de Gui Foulques, commencé vers 1272 et terminé seulement en 1339. Une grande partie de ces pièces sont reproduites dans le cartulaire de l'évêché de Maguelone. Ces pièces citent plus de soixante personnes apparentées (« neveux ou cousins ») au pape .
L'œuvre de Avant son pontificat Docteur en droit civil, il devient un professeur et avocat renommé. Il enquête en Venaissin pour le compte d'Alphonse de Poitiers (fin 1253-début 1254) Veuf, il est ordonné prêtre en 1255 et nommé archidiacre du Puy, curé de Saint-Gilles puis évêque du Puy en 1257, archevêque de Narbonne en 1259, à cette date il est aussi nommé chanoine au chapitre de Saint-Julien de Brioude. Conseiller de Saint Louis, en un temps garde du sceau, conseiller du pape , il est créé cardinal évêque de Sabine le .. Légat apostolique en Angleterre pour une médiation entre et ses prélats et barons en 1264, il est en voyage lorsqu'il est élu pape (le ) après la mort d'. Il rentre alors à Pérouse en Italie, déguisé en moine, avant de coiffer la tiare, le , sous le nom de . Il habite pendant presque tout son pontificat dans le palais des papes de Viterbe, la capitale de la Tuscie romaine ayant été choisie comme siège pontifical par en 1257.
Pendant son pontificat Clément IV a créé un cardinal en 1265 ou 1268 : Bernard Ayglier, O.S.B., abbé de l'abbaye territoriale du Mont-Cassin.
La principale affaire de son pontificat est la réalisation de la dévolution, désirée par , du royaume de Sicile à Charles d'Anjou, frère du roi de France , chargé de tenir tête aux ambitions impérialistes de Manfred de Hohenstaufen, fils naturel de l'empereur de Hohenstaufen, et du parti gibelin. Après la mort de Manfred en 1266 à la bataille de Bénévent, le pape intervient dans l'élection de Conradin, neveu de Manfred et dernier descendant de . Mais après que Charles d'Anjou exécute Conradin, se voit contraint de s'opposer aux ambitions de Charles. Dans le même temps, il favorise le double mariage qui lie les familles de Hongrie et de Sicile.
Cette politique ambitieuse, mais onéreuse, qu'accompagne une ferme reprise en main de l'Église par la Curie, fait de l'un des créateurs de la fiscalité pontificale et de ce qui en est déjà la condition nécessaire, la réserve au Saint-Siège de la collation des bénéfices ecclésiastiques.
est sur le trône de saint Pierre le plus intransigeant des rigoristes et le plus théocratique des papes du , agissant quasi simultanément sur tous les plans, continuant l'œuvre de ses prédécesseurs et , mais en la poussant jusqu'à son extrême logique : il autorise la torture pour contraindre les hérésiarques à se rétracter (), privilégie les Dominicains et leur confie la direction de la lutte contre l'hérésie. À l'égard des juifs relaps, il ordonne des châtiments allant jusqu'à la mort, et exhorte saint Louis à établir contre les blasphémateurs des peines temporelles capables de leur inspirer la terreur. centré|vignette|Bulle demandant à saint Louis de modérer sa sévérité à l’encontre des blasphémateurs (1268)
et l'islam À la fin du , de nombreux musulmans étaient installés en Espagne.
Dans cette Espagne dirigée par des souverains catholiques, les mudéjars vivent dans leurs aljamas. Les plus nombreux demeurent dans la vallée de l’Èbre et la région de Valence. Mais le roi d’Aragon se vit admonester par le pape qui exprima le fond de la pensée catholique sur la question : et l'historien Rochdy Alili conclut ..
et Roger Bacon Roger Bacon, frère franciscain et scientifique de renom, est le premier à s’apercevoir de l’erreur du calendrier julien par rapport à l’année solaire. Il propose en 1264 à de le rectifier. Il avait en effet une grande estime pour , son protecteur. Par ailleurs, ses observations astronomiques lui valant d’être accusé de magie et suscitant la haine de ses contemporains, lui demande un exposé détaillé de ses inventions. Roger Bacon lui envoie quelques instruments de mathématiques qu’il avait inventés, ainsi que son œuvre maîtresse, l'Opus majus, ouvrage dans lequel il défend une réforme nécessaire des sciences, et qui apparaît comme une encyclopédie regroupant la grammaire et la logique ainsi que les mathématiques et la physique.
Investiture de La tour Ferrande à Pernes-les-Fontaines, édifice du , est célèbre pour ses fresques du qui ornent son troisième étage. Considérées comme les premières fresques militaires en France, elles illustrent l'investiture en 1266 par le pape de , comte de Provence, en tant que roi de Sicile.
Charles d'Anjou, comte de Provence, est représenté devant le pape . Celui-ci, coiffé de sa tiare et tenant, posée sur l'épaule gauche, une énorme clef de saint Pierre, présente au nouveau roi de Sicile (Trinacrie, Sicile insulaire, et royaume de Naples, Sicile continentale) la bulle de son investiture. Charles la reçoit, à genoux, revêtu d'une robe blanche à fleurs de lys, et coiffé de la couronne royale. Cette scène est légendée par cette inscription : CLEMENS PP. IIII - KAROLVS PRIM(V)S REX (SIC)ILIEDenise Cartoux, Pierre Fayot et Pierre Gabert, Pernes-les-Fontaines, Éditions OT Pernes, , 1996, 75..
et le népotisme Peut-être par réticence envers le népotisme déjà fort présent à la Curie romaine, n'a créé qu'un seul cardinal : Bernard Ayglier OSB, abbé du Mont-Cassin.
passe les deux dernières années de sa vie à Viterbe, en compagnie de saint Thomas d'Aquin, dont la Somme théologique s'imposera durant tout le Moyen Âge.
Ses contemporains ont loué son ascétisme, sa lutte contre la corruption en général et le népotisme en particulier. Il était réputé doux et désintéressé.
Mort de : origine de l'isolement du conclave thumb|Monument funéraire du pape , dans la basilique de San Francesco alla Rocca, Viterbe. L'élection d'un pape se déroule depuis 1271 à l'écart de toute pression extérieure, le conclave (cum clave : sous clef) étant coupé du monde.
Cet isolement existe depuis qu'en 1271 à Viterbe, les cardinaux ne parvenant pas à se mettre d'accord pour trouver un successeur à au bout de trois ans de délibérations, ont été enfermés et mis au pain sec et à l'eau pour les inciter à élire rapidement un nouveau pape.
L'élu, , a érigé cette pratique en règle, à l'exception du pain et de l'eauConstitution apostolique Ubi periculum, 1274..
Selon certains auteurs, les armes de Guy Foulques représentaient un aigle tenant dans ses serres un dragon. L'historien médiéviste Robert-Henri Bautier estime cette lecture fautive car deux exemplaires de son sceau, conservés aux Archives nationales ( et ) représentent un bras gauche au poing fermé, placé horizontalement et sur lequel sont superposés trois épis disposés en gerbeRobert-Henri Bautier, « Un grand pape méconnu du : », Bulletin du Club Français de la médaille , 1983. On y trouve en particulier les photographies de deux exemplaires de son sceau..
Œuvres vignette|Édition des lettres de Clément IV par Edouard Jordan, Paris, 1893-1945.
Le recueil des bulles du pape (, datés entre le et le ) a fait l'objet de plusieurs études : E. Jordan, Les registres de , Paris, 1893 ; Epistole et dictamina Clementis pape quarti, Herausgegeben von Matthias Thumser ; Ex registro., .
n'a instruit qu'un procès en canonisation, celui d'Edwige de Silésie qu'il a canonisée en 1267.
Bulles Du : au profit de Pons II, abbé de l'abbaye Saint-Pons de Thomières confirmant toutes les donations faites au monastère de Saint-Pons, et ses privilèges, conformément aux bulles des papes Luce III et Innocent IVF. B. T. L. G. Prêtre et chanoine de l'église de Saint-Pons de Thomières, Chronologie des abbez du monastère et des evesques de l'église de S. Pons de Thomières, Béziers 1703, réédition en 1873, p. 28-29. Parvus Fons de 1265, dite « Clémentine », devenue depuis partie intégrante des constitutions (avec la Carta Caritatis) de Cîteaux, organisant les relations entre l'abbaye de Cîteaux (abbaye-mère) et ses abbayes filles principales (La Ferté, Pontigny, Clairvaux et Morimond), à la suite de l'élection de Jacques II de Cîteaux comme abbé Carta caritatis ou Charte de la charité cistercienne : https://www.arccis.org/publications/colloque-la-charte-de-charite/charte-de-charite-textes.
Pour approfondir Bibliographie Édouard Jordan, Les Registres de Clément IV, 1265-1268. Recueil des bulles de ce Pape publiées par E. Jordan (1945) . Patrick Arabeyre, Jean-Louis Halperin, Jacques Krynen, Dictionnaire historique des juristes français (-), Paris 2007. Stéphane Arthur et Michel Bonnet, Encyclopédie des papes. Robert-Henri Bautier, « Un grand pape méconnu du : (Gui Foucois) », Bulletin du Club Français de la médaille , 1983, 34-42. Jean-François Bonnefoy, « et les Sept Joies de la Vierge », La France Franciscaine 19, 1936, 158-164 Damien Carraz et Daniel Le Blévec (dir.), Gui Foucois, pape Clément IV, et le Midi, Centre d’études historique de Fanjeaux, 2023 (Cahiers de Fanjeaux, 57). Yves Dossat, « Gui Foucois, enquêteur-réformateur, archevêque et pape () », dans « Les évêques, les clercs et le roi (1250-1300) », Cahiers de Fanjeaux 7, Toulouse 1972, 23-57. César Fabre, « Les sept joies de la Vierge, poème provençal par Gui Folqueis (pape ) », dans Société agricole et scientifique de la Haute-Loire (Le Puy), Mémoires et procès-verbaux de la Société, 1909-1910, XVI (1920), 257-455. Jean Favier, Dictionnaire de la France médiévale, Éditions Fayard, Paris, 1993. E. Horn, Le rôle politique de , comptes rendus des séances et travaux de l'Académie des sciences morales et politiques, Paris, 1925, 273-300.