Le Renard était un voilier du , de type cotre à hunier. Il fut le dernier navire armé pour la course par le corsaire malouin Robert Surcouf.
Le navire fut lancé le . En septembre de la même année, il livra, sous les ordres du capitaine Emmanuel Leroux-Desrochettes, un combat victorieux contre la goélette anglaise l’Alphea . Pendant cet affrontement particulièrement violent, le capitaine du Renard lui-même y perdra un bras ce dont il mourut peu après.
Le Renard est une réplique de ce bateau historique, construite à Saint-Malo et lancée en 1991. Elle est actuellement en gestion chez la compagnie Étoile Marine Croisières Le Renard - Etoile Marine de Saint-Malo.
Histoire Caractéristiques Le Renard est un cotre de 70 tonneaux qui fut armé par le malouin Robert Surcouf, lui-même corsaire aux exploits légendaires, devenu à sa retraite armateur. La puissance de feu du navire était des plus modestes puisqu'il ne disposait que de quatre canons de 4 et dix caronades de 8. Quant à l'équipage, il était composé de 46 hommes, lesquels étaient de multiples nationalités. En effet aux Français s'étaient adjoints des Portugais mais aussi des Américains et des Suédois.
Un combat mythique Lancé le , il croisa, le de la même année, la goélette britannique l’Alphéa . Le capitaine anglais, conscient de sa supériorité tactique, commença par exiger la reddition des Français. Le Renard, sous l'autorité du capitaine E. Leroux-Desrochettes, refusa après que les officiers eurent donné leur avis sur le sujet. Commença alors par une canonnade nourrie de part et d'autre, un combat qui devint une légende —
Malgré leur infériorité, les Français rendirent dès le début du combat coups de canons pour coups de canons. Quand les navires parvinrent à s'agripper, capitaine et équipage du Renard, poussant l'audace, prirent même l'initiative de l'abordage. Deux seront successivement tentés mais à chaque fois repoussés par les Anglais. Les deux côtés se combattant avec la même rage, mitrailles et canonnades continuant, rapidement morts et hommes gravement blessés ne se comptèrent plus. Le capitaine du Renard fait d'ailleurs partie ces derniers, son bras droit ayant été emporté par un boulet anglais. Mortellement blessé, c'est le lieutenant Jean Herbert qui prend alors le commandement du bâtiment.
La mer, particulièrement agitée ce jour-là, finit par séparer les navires. L'incident, loin d'arrêter le combat, fit redoubler les canonnades. Le combat en était là quand deux boulets français firent exploser la goélette anglaise qui sombra corps et biens en quelques minutes.
C'est seulement avec treize hommes que Jean Herbert, victorieux, réussi à reconduire le navire au port de Diélette, en Normandie.
Fin de carrière Revenu à Saint-Malo, les dommages subis par le Renard nécessiteront sa reconstruction. En , le navire put enfin reprendre du service quand, en avril, Napoléon abdiqua. Les officiers du navire décidèrent alors de mettre fin à l'expédition, estimant que leur lettre de marque signée par l'empereur, n'avait plus de légitimité.
Le navire n'aura jamais à son actif la moindre prise mais son héroïsme laissera un souvenir tel dans la mémoire malouine que, presque deux siècles plus tard, des passionnés n'hésiteront pas à le reconstruire. Pour la mémoire et le panache.
La réplique du Renard Le Renard a fait l'objet d'une réplique exacte et de même nom, lancée le .
Histoire
L'association Cotre corsaire de la ville de Saint-Malo cherchait à faire revivre un « gréement traditionnel », comme la bisquine La Cancalaise réalisée à Cancale en 1987. Le choix de ce cotre fut motivé par son histoire prestigieuse. Il fut, en effet, le dernier navire-corsaire malouin à participer au dernier combat naval le long des côtes françaises, qui plus est victorieusement bien que le rapport de force fut de trois contre un en défaveur du navire malouin. En 1989, la quille est donc posée, la réplique construite dans le chantier naval du quai Vauban à Saint-Malo.
Depuis 1992, le bateau accueille régulièrement des touristes à bord. Il participa à Brest 92 et à diverses autres fêtes marines, dont le centenaire du vieux trois-mâts, la Duchesse Anne célébré à Dunkerque en 2001. Le port d'attache du bateau est Saint-Malo. En 2013, le bicentenaire du combat naval qui l'opposa à l’Alphéa sera fêté le au port de DiéletteAssociation des plaisanciers de Port-Diélette, commune de Flamanville (Manche), lors d'un rassemblement de vieux gréements.
Le , le jour de la Saint Robert, le voilier échoue sur La Roche aux Anglais, cet énorme « caillou » visible au Nord-Ouest du Grand Bé. Il avait à son bord 26 passagers. L'incident ne fait aucun blessé. centré|vignette|Le Renard échoué sur la Roche aux Anglais. Cliché prise depuis Grand Bé.
Caractéristiques La réplique mesure trente mètres de long pour de voiles maximum au portant, avec trinquette et grand-voile (8 voiles). La coque de a nécessité cubes de chêne. Les espars sont en pin massifMais pas de Riga, origine habituelle au , mais d'Oregon.. « Il a été construit à l'identique sur des plans d'origine », rappelle François Viguié, responsable de la communication de l'association. En revanche, la mâture et la voilure sont quelque peu réduites par rapport aux « surfaces extrêmes portées par les cotres corsaires, contrebandiers ou douaniers de l'époqueLe Chasse-marée, page 26. ». Il possède 2 jeux de voiles, l'un en synthétique, l'autre en lin.
Déplacement : (environ) Tirant d'air : Surface totale de voilure : (dont grand-voile : ) Armement : 10 caronades de 8 livres (en fonte d'aluminium sur la réplique) et 4 canons de 4. Les canons sont placés sur les derniers et premiers sabords de chaque côté Gréement : 1 mât + le mât de beaupré. 8 voiles dont : grand-voile, flèche (ou corne), hunier, perroquet volant, foc, fortune, clinfoc (foc en l'air), trinquette
Fêtes maritimes Il participe à l'Armada Rouen 2023.
centré|vignette|Gabier sur les haubans du Renard (Cotre à hunier)
Notes et références
Voir aussi
Bibliographie
Articles connexes Robert Surcouf L’Étoile du Roy Saint-Malo
Liens externes Saint Malo : le cotre corsaire - Le Renard (site officiel) Saint-Malo. Un célèbre voilier s'échoue
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