vignette|redresse=1.4|Roue des émotions de Robert Plutchik.|alt=

L'émotion est une expérience psychophysiologique complexe et intense (avec un début brutal et une durée relativement brève) de l'état d'esprit d'un individu animal] liée à un objet repérable lorsqu'il réagit aux influences biochimiques (internes) et environnementales (externes). Chez les humains, l'émotion inclut fondamentalement « un comportement physiologique, des comportements expressifs et une conscience » Myers, David G. (2004) « Theories of Emotion. » Psychology: Seventh Edition, New York, NY: Worth Publishers, .. L'émotion est associée à l'humeur, au tempérament, à la personnalité et à la disposition, ainsi qu'à la motivation.

L'histoire des émotions se base sur les recherches de plusieurs chercheurs en commençant par Charles Darwin qui va rédiger en 1872 l'un des premiers postulats qui va influencer les recherches sur les émotions. Il sera suivi depuis les années 1960 de plusieurs chercheurs comme Paul Ekman, Carroll Izard, Alan Fridlund et Sylvan Tompkins qui vont essayer de démontrer l'universalité de certaines émotions fondamentales pour l'être humain. À la suite de la perspective Darwinienne, il s'est ensuivi la perspective Jamesienne dans les années 1920, la perspective cognitive dans les années 1960 puis la perspective socio-constructiviste qui quant à elle est radicalement opposée à la perspective Darwinienne et Jamesienne... Au l'histoire des émotions a connu un tournant décisif et n'a fait que croître grâce aux études de Lucien Febvre qui sera l'un de ses précurseurs en France.

Les émotions ont été classées selon deux catégories : simple ou complexe. Une émotion est dite simple lorsqu'elle entraîne un changement facial ou une gestuelle universelle. Selon Paul Ekman (1984) les émotions simples seraient la peur, la joie, la tristesse, la colère, la surprise et le dégoûtMichelle N. Shiota, Ekman's theory of basic emotions, 2016, éd. Harold L. Miller, The Sage encyclopedia of theory in psychology, Thousand Oaks, CA, SAGE Publications ; « Certains aspects de l'approche d'Ekman concernant les émotions de base sont souvent mal compris. Trois interprétations erronées sont particulièrement courantes. La première, la plus répandue, est qu'Ekman propose exactement six émotions de base. Bien que sa recherche initiale sur les expressions faciales ait porté sur six émotions, Ekman a souvent écrit que des preuves pourraient éventuellement être trouvées pour plusieurs autres et a suggéré jusqu'à 15 candidats probables. ». Les émotions complexes sont une combinaison d'émotions simples.

En neuroanatomie chaque structure différente de l'encéphale s'occuperait de l'expression et de la conscience émotionnelle. En effet, selon la zone qui va être utilisée, différentes émotions vont être suscitées. On peut citer par exemple l'amygdale qui est la région de la peur. Il y a plusieurs cas qui montrent que les émotions sont en lien avec l'encéphale comme le cas de Phineas Gage..

Plusieurs taxonomies. des émotions ont été proposées. Certaines de ces catégorisations incluent : émotions « cognitives » par opposition aux émotions « non cognitives » ; émotions « instinctives » (de l'amygdale), par opposition aux émotions « cognitives » (du cortex préfrontal) ; émotions « simples » (existant dans plusieurs espèces animales : rage, vigilance, extase, adoration, terreur, stupéfaction, chagrin et dégoût) par opposition aux émotions « complexe » (états construits à partir des émotions simples et d'une multiplicité de représentations additionnelles : représentations de situation, de soi, d'objet, d'autrui, de cause).

Les émotions influent sur notre quotidien et possèdent un impact sur notre environnement social ainsi que nous-mêmes. Effectivement, les émotions modifient et régulent notre comportement avec autrui. Elles ont donné lieu à deux conceptions théoriques importantes: les théories « cognitivo-motivationnelles-relationnelles », les théories « expressivo-motrices »..

Définition générale thumb|310px|Huit types d'émotions tirées d'un manga, incluant (de gauche à droite) : neutralité, euphorie, satisfaction, tristesse, colère, déception, bouder et perplexité. Les œuvres picturales comme les mangas participent à homogénéiser l'interprétation des expressions faciales, bien qu'elles relèvent de la convention culturelle.

Le mot « émotion » provient du mot français « émouvoir ». Il est basé sur le latin emovere, le préfixe e- (variante de ex-) signifiant « hors de » et movere « mouvement ».

Le dictionnaire Larousse définit une émotion comme « un trouble subit, une agitation passagère causée par un sentiment vif de peur, de surprise, de joie, etc. »

Il existe un lien étroit entre émotions et sentiments. Les premières sont des réactions intenses et spontanées à des stimuli externes ou internes, tandis que les seconds correspondent à des expériences émotionnelles plus durables et complexes qui peuvent être influencées par nos pensées, nos croyances et notre expérience personnelle.

De la même manière, émotions et sensations entretiennent des rapports étroits : les émotions peuvent engendrer des sensations physiques dans le corps (battements de cœur accélérés, respiration rapide, tensions musculaires,...), inversement, les sensations peuvent influencer nos émotions (des stimuli agréables peuvent déclencher des émotions positives telles que la joie ou le contentement).

Une émotion est une réaction psychologique et physique à une situation. Elle a d'abord une manifestation interne et génère une réaction extérieure. Elle est provoquée par la confrontation à une situation et à l'interprétation de la réalité. En cela, une émotion est différente d'une sensation, laquelle est la conséquence physique directe (relation à la température, à la texture...). La sensation est directement associée à la perception sensorielle. La sensation est par conséquent physique. Quant à la différence entre émotion et sentiment, celle-ci réside dans le fait que le sentiment possède une durée plus longue qu'une émotion qui quant à elle est un changement d'état d'âme et, selon le site Maxicours, "l'émotion arriverait avant le sentiment".

L'émotion peut se définir comme une séquence de changements intervenant dans cinq systèmes organiques (cognitif, psychophysiologique, moteur, dénotationnel, moniteur), de manière interdépendante et synchronisée en réponse à l'évaluation de la pertinence d'un stimulus externe ou interne par rapport à un intérêt central pour l'organisme. L'émotion fait agir plusieurs parties de l'encéphale selon quelle émotion est suscitée, si une partie de l'encéphale suscitant une émotion est touchée lors d'un accident il est possible de voir des changements de la personnalité liée à cet accident.

Afin d'apporter un aspect anthropologique à la question de l'émotion, on pourrait se pencher du côté des émotions dans les cultures traditionnelles à travers des rituels, des expressions linguistiques ou encore de pratiques artistiques. Nous pouvons prendre l'exemple des aborigènes australiens issus d'une étude faite par Marcel Mauss en 1921 dans L'expression obligatoire des sentiments où il souligne que les pleurs et les cris de ces derniers ne traduisent pas uniquement des émotions individuelles, mais représentent également une obligation sociale. Ainsi, les émotions, bien qu'innées, sont canalisées par des normes sociales qui définissent comment et dans quelle mesure elles doivent être exprimées.

Il existe une certaine universalité dans les réactions émotionnelles exprimées sur le visage. De nombreuses études ont démontré que certaines expressions faciales liées à des émotions de base (joie, tristesse, colère, peur, dégoût et surprise) sont reconnues et interprétées de manière similaire dans différentes cultures à travers le monde. Par exemple, un sourire est généralement associé à la joie et une expression de froncement de sourcils est souvent perçue comme une expression de colère ou de désapprobation.

En philosophie, l'émotion est une manifestation de la vie affective. L'un des premiers traités sur les émotions est dû au philosophe René Descartes. Dans son traité Les Passions de l'âme, Descartes identifie six émotions simples : « l'admiration, l'amour, la haine, le désir, la joie et la tristesse » et toutes les autres en sont composées de quelques-unes de ces six ou bien en sont des espèces. Cependant, René Descartes appelle les émotions “les passions” qui sont bien différentes des émotions, en effet, les passions se rapprocheraient plus des sentiments que des émotions alors qu'une émotion est brève le sentiment ou la passion ne l'est pas. Il y aurait deux types d'émotions : l'émotion choc qui est plus diffuse et l'émotion-sentiment qui quant à elle dure plus longtemps. Descartes finit par dire que ce qu'il appelait “passion” n'était finalement que les “émotions” (L'étude des émotions a été réalisée par Charles Darwin, à partir de 1838https://shs.cairn.info/le-partage-social-des-emotions--9782130578543-page-13?lang=fr). Le terme passion possède deux sens, un sens ou une passion est une émotion ainsi qu'un sens ou une passion est un sentiment. Avant que Sartre ne fasse de l'émotion une conduite de l'homme, l'émotion était considérée comme une réaction pure ce qu'elle n'est pas. Selon la philosophie de Sartre : l'existentialisme, nous sommes responsables de nos émotions tout comme nous sommes responsables de nos actes. Selon Sartre “ Une émotion est une transformation du monde” et selon Kant “ L'émotion est le sentiment d'un plaisir ou d'un déplaisir actuel qui ne laisse pas le sujet parvenir à la réflexion. Dans l'émotion, l'esprit surpris par l'impression perd l'empire sur lui-même”. Selon la philosophie les sentiments désignent une disposition émotionnelle durable, un attachement qui nous causerait des émotions. Certains auteurs ont considéré que les éléments constitutifs des émotions seraient des jugements évaluatifs (Sartre, 1938-1995 ou Solomon, 1976), à des mélanges de désir ou de croyances (Searle, 1985) ou à des perceptions de valeur (De Sousa, 1987).

Difficulté de définition vignette|De l'affection, peut-être ?... Dans le parc national de Tarangire en Tanzanie. La définition de toute entité psychologique représente habituellement des difficultés de taille, et le concept d'émotion est loin de faire exception à la règle. Un problème particulier dans la quête de la définition de l'émotion vient du fait que, souvent, les énoncés ne se rapportent qu'à un aspect de l'émotion. En effet, le concept d'émotion est utilisé de manière différente selon qu'il est envisagé en référence à l'aspect stimulus, à l'expérience subjective, à une phase d'un processus, à une variable intermédiaire ou à une réponse. Les rapports interpersonnels et l'implication émotionnelle changeront en fonction de la proximité avec la personne qui est la cause de nos émotions. En effet, une émotion n'est pas la même d'une personne à l'autre, car l'intensité des émotions est ressentie différemment en fonction de l'implication émotionnelle et de notre relation avec la personne concernée ou l'objet concerné. C'est toute la complexité d'une émotion: elle est subjective.

Une autre barrière existe à la définition de l'émotion: la barrière culturelle. Effectivement, la différence culturelle montre une différence dans le fait de montrer ses émotions selon la culture, la religion, le système éducatif, l'histoire. Le body language ou la communication non verbale peut refléter les émotions mais selon la culture il sera différent. Cette différence cause des malentendus et des incompréhensions.