(en portugais ), né le à Lisbonne et mort dans la même ville le , est le dixième roi de Portugal du jusqu'à sa mort. Il devient le premier souverain portugais issu de la maison d'Aviz, après la crise de 1383-1385. L'excellente image laissée par son règne dans l'esprit des Portugais lui vaut le surnom de ou et parfois ceux de ou .

Biographie

Jeunesse vignette|Représentation de Jean Ier dans lá Généalogie de D. Manuel Pereira, 3e Conte da Feira (1534) vignette|Représentation de Jean Ier dans lá Généalogie de D. Manuel Pereira, 3e Conte da Feira (1534) Il est le fils illégitime du roi et de Thérèse Lourenço, une dame galicienne ou une fille de Vasco Lourenço da Praça, un marchand de Lisbonne . Il a grandi avec son grand-père maternel. En 1364, il est investi grand-maître de l'ordre d'Aviz puis est placé sous la garde du commandant en chef Fernão Rodrigues de Sequeira. Il visite la cour de temps en temps, développant une amitié avec son demi-frère, Jean de Portugal, duc de Valência de Campos et fils d'Inés de Castro .

Sous le règne du roi Ferdinand de Portugal, son demi-frère, Jean est arrêté en 1382 à Évora et condamné à être exécuté, en raison des intrigues de la reine Éléonore Teles de Menezes. Il demande l'aide d'Edmond de Langley, oncle de Philippa de Lancastre, et est libéré. Cet épisode rend Jean prudent .

La crise de 1383-1385 et la guerre contre la Castille vignette|Le royaume du Portugal de 1369 à 1410. À la mort du roi , sans héritier mâle direct, le Portugal risque de perdre son indépendance parce que l’héritière légitime, la princesse Béatrice, est mariée au roi , avec un contrat de mariageFernão Lopes, Chronique du Roi Ferdinand, qui prévoit qu'au cas où Béatrice mourrait sans héritier, l'annexion du royaume par la Castille, avec la condition qu'Fernão Lopes, Chronique du Roi Ferdinand, , . Cette même condition est d'ailleurs nécessaire pour que Béatrice devienne reine (l'expression a une signification semblable à celui de l'expression ).

La régence est donc confiée à la reine veuve Éléonore Teles de Menezes, qui reconnaît sa fille Béatrice comme reine de Portugal, mais qui n'organise son acclamation que le , trente jours après la mort du roi FerdinandChroniques des Rois de Castille, Pero López de Ayala, , et 182ici Ayala se trompe, il parle de 60 ou après la mort du roi Ferdinand, mais c'étaient seulement , et ce uniquement dans certaines villesFernão Lopes, Chronique du roi Ferdinand, . À Lisbonne, à Santarém et dans d'autres villes, le peuple empêche l'acclamation. De plus, la classe moyenne et une partie de la noblesse rejoint le peuple dans son opposition à la reine Béatrice et son mari, le roi de Castille, par peur de la transformation du Portugal en une province de Castille. À ce rejet s'ajoute un profond dégoût pour la reine veuve dont le prétendu amant, João Fernandes Andeiro, comte d'Ourém, est assassiné par le grand-maître d'Aviz le (un crime politique qui, commis par d’autres, aurait soulevé l'indignation générale mais qui est ici considéré, par les âmes plus poétiques, comme un , et, par les âmes plus prosaïques, comme une réaction aux tentatives d'acclamation de Béatrice).

Deux prétendants s'opposent à Béatrice : Jean, duc de Valencia de Campos, fils illégitime de de Portugal et d'Inés de Castro (qui se prévaut d'une légitimité issue d'un prétendu mariage secret de ses parents), puis, en second rang, Jean, le grand-maître d'Aviz.

Cette situation débouche sur ce qu'il est convenu d'appeler la crise de 1383-1385, une période d’anarchie et d’instabilité politique pendant laquelle le Portugal n’est gouverné par personne.

Finalement, le , les Cortes de Portugal, réunies à Coimbra, proclament le grand-maître d'Aviz, , roi de Portugal. Il s'agit, en pratique, d'une véritable déclaration de guerre à la Castille. Peu après, le souverain castillan envahit le Portugal avec la participation d’un détachement de cavalerie française. En face, les Anglais sont alliés à Jean d’Aviz. nomme Nuno Álvares Pereira, connétable de Portugal et l’invasion est repoussée durant l’été après la victoire portugaise d'Aljubarrota le . La Castille se retire et la couronne de lui est définitivement acquise.

Le règne de vignette|gauche|Jean de Portugal (au centre de la table) dîne avec Jean de Gand (à gauche de la table) pendant des négociations menant au Traité de Windsor et au mariage du roi portugais avec Philippa de Lancastre, qui confirment l'Alliance anglo-portugaise.

vignette|Armes de Jean Ier de Portugal comme Chevalier de l'Ordre de la Jarretière. Le à Porto, se marie avec Philippa, la fille du duc de Lancastre Jean de Gand, renforçant par des liens familiaux les accords du traité anglo-portugais de 1373.

Après la mort de de Castille, sans descendance avec Béatrice de Portugal, la menace d'avoir un roi castillan sur le trône portugais est définitivement éteinte. de Portugal peut désormais se consacrer au développement économique et social du pays sans conflit avec l'étranger. En 1394, il rachète les biens de la couronne engagés par ses prédécesseurs, limitant ainsi la puissance de l'aristocratieL'Art de Vérifier les Dates des Faits Historiques, Tome Septième, .

vignette|Sceau de Jean Ier vignette|Sceau de Jean Ier Durant la guerre contre la Castille, une partie de la vieille noblesse est restée neutre ; en punition, lui retire sa confiance et une partie de ses fonctions pour les confier à la bourgeoisie au sein de laquelle naît une nouvelle noblesse avec des institutions calquées sur celles de la noblesse anglaise. Le roi réunit de moins en moins souvent les Cortes et tend vers la centralisation du pouvoir.

En 1415, la conquête de Ceuta, une place d’importance stratégique pour le contrôle de la navigation sur la côte africaine, est considérée comme l’achèvement de la Reconquista mais également comme la volonté de marquer un coup d'arrêt aux ambitions de la Castille au Maghreb al-Aqsa. Il défend victorieusement Ceuta en 1419, face à une contre-attaque musulmane. La couronne portugaise étend à l'Afrique du Nord la pratique du rachat ou de la vente comme esclaves des prisonniers capturés lors de raids ou affrontements. Après l'attaque de Ceuta, le roi sollicite la reconnaissance papale de cette action militaire comme une croisade afin que les personnes capturées puissent être légitimement vendues comme esclaves . En réponse à la demande de Jean , le pape Martin V publie la bulle pontificale « Sane charissimus » du 4 avril 1418 qui confirme la possession au roi portugais de toutes les terres qu'il pourrait prendre aux Maures .

La Castille et le Portugal signent le traité d'Ayllón, qui reconnaît l'indépendance portugaise, le Las relaciones entre España y Portugal, desde la época de los descubrimientos hasta las guerras napoleónicas. Il est ratifié le Tratado Luso-Castelhano Medina del Campo.

L'utilisation de l'Ère d'Espagne comme méthode de datation calendaire est abolie au Portugal par décret royal du roi Jean , le 22 août 1422, et l'Ère chrétienne est adoptée, son usage se répandant dans tout le pays .

vignette|Tombeau du roi Jean au Monastère de Batalha. vignette|Les effigies du roi Jean Ier et de la reine Philippe - James Newton (graveur), d'après James Cavanagh Murphy Les chroniqueurs contemporains décrivent comme un homme subtil tenant à conserver le pouvoir mais également bienveillant et d'un commerce agréable. L’éducation reçue dans sa jeunesse comme grand-maître d'Aviz en fait un roi très cultivé pour l’époque. Le roi écrit le «Livro da montaria», un ouvrage sur la chasse au gros gibier, une activité paramilitaire à l'époque . Son goût pour le savoir est partagé par ses fils: le roi est un poète et un écrivain, Pierre, duc de Coimbra, est un des princes les plus éclairés de son temps et Henri, duc de Viseu, investit toute sa fortune en recherches liées à la navigation, la marine et la cartographie. Sa fille Isabelle épouse le duc et entretient une cour raffinée et érudite.

Durant son règne, son fils Henri encourage et finance les expéditions à travers les océans, s’établit à Sagres non loin du cap Saint-Vincent et y fonde une ville. Il initie la reconnaissance des côtes africaines et dépasse les îles Canaries. En 1419, João Gonçalves Zarco, Tristão Vaz Teixeira puis Bartolomeu Perestrelo débarquent à Madère, alors une île déserte . En 1427, Diogo de Silves découvre les Açores Peres, Damião (1943) História dos Descobrimentos Portugueses..

Son règne de 48 ans est le plus long de la monarchie portugaise et marque le début de l'expansion outre-mer du Portugal .

meurt le et est inhumé dans le Monastère de Batalha, dont il a ordonné la construction en commémoration de sa victoire à Aljubarrota .

Descendance de Portugal est le fondateur de la dynastie d'Aviz qui règne sur le pays jusqu'en 1580, succédant à la maison de Bourgogne.

Les historiens portugais désignent les enfants de et de Philippa de Lancastre comme l' (Ínclita Geração en portugais) pour souligner la valeur individuelle de chacun de ces princes qui, d’une manière ou d’une autre, ont marqué l’histoire du Portugal et de l’Europe.

droite|vignette|Mariage de Jean et de Philippa de Lancastre (Chronique de France et d'Angleterre, Jean Wavrin, XVe siècle) Avec Philippa de Lancastre (1360-1415), le roi a plusieurs enfants dont : Blanche (née le - † 1389) ; Alphonse (né le - † ) inhumé dans la cathédrale de Braga ; , roi de Portugal (1391-1438) ; Pierre, duc de Coimbra (1392-1449), mort à la bataille d'Alfarrobeira, est régent d’, son neveu ; considéré comme le prince le plus cultivé de son époque ; Henri, duc de Viseu, dit le Navigateur (1394-1460), fonde l’École de navigation de Sagres et est le grand animateur des découvertes portugaises ; Isabelle (1397-1471), mariée avec , duc de Bourgogne, agit au nom de son mari durant diverses rencontres diplomatiques et est considérée comme la réelle gouvernante de la Bourgogne ; Blanche (1398) ; Jean de Portugal, duc de Beja (1400-1442), grand-père d’Isabelle la Catholique et de Manuel ; Ferdinand, le Saint Infant (1402-1443), meurt comme martyr en captivité à Fès après le refus de la Couronne portugaise de rendre Ceuta en échange de sa liberté.

Avec Agnès Peres, il a deux enfants illégitimes : Alphonse (1377-1461), premier duc de Bragance, titré en 1443 (à l'origine de la maison royale de Bragance qui règne sur le Portugal de 1640 à 1910) ; Blanche (1378-1379) ; Béatrice (v. 1386-1447), mariée en Angleterre avec Thomas FitzAlan, comte d'Arundel.

Titulature complète de 1385 jusqu'à 1415 : Par la grâce de Dieu, Roi de Portugal et de l'Algarvele titre de Roi des Algarves (pluriel) sera seulement utilisé après 1471, avec la conquête de Tanger ; de 1415 jusqu'à 1433 : Par la grâce de Dieu, Roi de Portugal et de l'Algarve, et seigneur de Ceuta.

Ascendance

Armoiries Selon l'Armorial de Gelre (Folio 67r, d'Aviz, Roi de Portugal), son blason prenait la forme suivante : Figure Blasonnement 100pxD'argent, à cinq écussons d'azur posées en croix, à cinq besants d'argent posés en sautoir ; à la bordure de gueules, chargée de huit (sept visibles) tours (devrait être des châteaux) d'or et des quatre extrémités de la croix d'Avis de sinople. Cimier : Une tour d'or, ouverte d'azur, une couronne de gueules, sur une capeline d'argent.

Notes et références

Voir aussi Sources La Chronique de (Crónica de D. ) fut écrite en trois parties. La première et la deuxième partie par Fernão Lopes, la troisième partie par Gomes Eanes de Zurara, qui reprend entre autres, des documents et sans doute aussi quelques premières rédactions de Fernão Lopes, jugé trop vieux pour la terminer. Joaquim Ferreira, História de Portugal''.

Articles connexes

Philippa de Lancastre

Liens externes

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