L'asthme professionnel est défini comme : « Une maladie caractérisée par la limitation du débit d'air expiré et / ou une hyper-réactivité bronchique dues à des causes et affections attribuables à l’environnement de travail et non pas à des stimuli rencontrés en dehors du travailAmerican Journal of Respiratory and Critical Care Medicine. Vol 167. pp. 450-471, (2003). Proceedings of the First Jack Pepys Occupational Asthma Symposium.. »

Introduction L’asthme est défini comme une maladie respiratoire causée par une constriction des bronches (bronchospasme) responsable d’une diminution du débit aérien dans les voies respiratoires. Elle est synonyme de difficulté respiratoire, d’oppression thoracique, avec toux et de sifflements bronchiques. Le premier médecin à utiliser ce terme en référence à une affection médicale est Hippocrate en 450 , qui estimait déjà que certaines professions, les tailleurs, les pêcheurs et les métallurgistes étaient plus susceptibles que d’autres d'être touchés par la maladie. Bien que de nombreuses recherches aient été effectuées depuis, la composante inflammatoire de l'asthme n’a été reconnue que dans les années 1960.

En 2007, l’asthme affecte jusqu'à 15 % de la population canadienne Canada (2007) (et cela est aussi vrai pour d'autres pays développés), et ce taux a été multiplié par quatre au cours des 20 dernières années. Diverses raisons peuvent être avancées pour expliquer cette augmentation - Bien sûr, un meilleur diagnostic et un accès plus facile aux techniques médicales, ainsi qu'une plus grande sensibilisation à l'égard de la maladie ont joué un rôle majeur. Mais on ne peut nier la part de l'augmentation de la pollution de l'environnement. Les chercheurs ont travaillé sur la relation entre l'environnement et la santé humaine et l'air que nous respirons est la première cause des maladies pulmonaires comme l’asthme, la rhinite, les bronchopneumopathies chroniques obstructives (BPCO) etc qui nous affectent aujourd'hui.

Environ 10 à 15 % des adultes touchés par la maladie font état d'une aggravation de leur symptômes sur le lieu de travail et une d’une amélioration pendant les périodes d’interruption du travail, ce qui est fortement évocateur d’un asthme professionnel. Ainsi, quand un asthme est provoqué, et non pas seulement aggravé, par les produits auxquels le salarié est exposé au travail, il est considéré comme un asthme professionnel. Aux États-Unis, l'asthme est considéré comme la plus fréquente des maladies pulmonaires d'origine professionnelleWork-related is the most common occupational lung disease {REF}. À l'heure actuelle, plus de 400 substances utilisées en milieu de travail ont été identifiés comme ayant des propriétés allergènes ou susceptibles de provoquer un asthme(T78) Occupational Asthma : Table of agents, products and substances which can cause asthma. Leur existence et l'ampleur du problème varient d’une région à l’autre et en fonction du type d’activité industrielle et la liste des allergènes est très longue allant de la poussière de bois (cèdre, ébène, etc), aux persulfates (laque pour cheveux), au Zinc ou encore aux fruits de mer comme les crevettes roses. Par exemple, en France, les industries les plus touchées sont, par ordre d'importance, les boulangeries et les pâtisseries, l’industrie automobile et les coiffeurs J Ameille, G Pauli, A Calastreng-Crinquand, D Vervloët, Y Iwatsubo, E Popin, M C Bayeux-Dunglas, M C Kopferschmitt-Kubler et les membres correspondants de l'ONAP «  ONAP programme » Occup Environ Med. 2003;60(2):136-41. . Au Canada, les causes les plus souvent retrouvées sont les poussières de bois d’abord, et ensuite les isocyanates.

Histoire En 1700, Bernardino Ramazzini, docteur en philosophie et en médecine à Parme, en Italie, a publié son ouvrage (« Un Traité sur le maladies des travailleurs »). Bien que des chercheurs comme Olaus Magus aient publié des travaux sur les maladies dues à des causes professionnelles dès 1555, ce livre fut le premier travail exhaustif sur les maladies liées au travail. Ce volume décrit en détail les maladies des travailleurs dans 52 professions différentesMajor R H: «  » , , 4, APRIL 1970. C.C. Thomas Springfield 1954. Ainsi, il a servi de base à l'émergence de la médecine du travail et, , il demeure une référence importante. En raison de son importante contribution dans ce domaine, le est considéré comme le père de la médecine du travail.

De même, pour sa contribution à la recherche sur l'asthme en milieu de travail, le est considéré comme le père de l'asthme professionnel Chan-Yeung M, «  » Pulsus. Son travail sur le rôle de l’aspergillus dans les maladies pulmonaires ainsi que sur la cause de la maladie dite du « poumon de fermier » a fortement influé sur l'émergence de l'asthme comme maladie professionnelle. Et grâce à son travail sur les épreuves d'inhalation spécifiques, l’aspect indemnisable de la maladie a été reconnu.

Signes et symptômes Une exposition de moins de cinq ans à un allergène professionnel peut être suffisante pour qu’apparaissent les premiers symptômes d’asthme. Cela dépend si la survenue de l’asthme est due à une exposition prolongée à l'agent causal (avec une période de latence) ou à une exposition unique, mais à une concentration très élevée à un produit irritant (sans période de latence). Les deux éventualités finissent par aboutir à l'asthme. Toux, respiration sifflante, irritation nasale, difficulté à respirer, sensation d’étouffement sont les symptômes les plus courants et leur origine peut être facilement reconnues en posant les questions suivantes :

Est-ce que des symptômes ci-dessus sont récurrents/chroniques ? Sont-ils présents sur le lieu de travail ? Est-ce qu'ils s'aggravent à la fin de la journée de travail et/ou à la fin de la semaine ? Est-ce que le travailleur ressent une amélioration de son état lorsqu'il s'absente du travail, pendant les vacances ou le weekend ?

Si ces symptômes persistent, la personne souffre très probablement d'asthme professionnel. Toutefois, il faut être conscient qu’il peut aussi s’agir d’une personne qui souffrait déjà d’asthme et dont l’état de santé est simplement aggravé par une exposition à des irritants en milieu de travail (asthme aggravé par le travail). Dans ce cas, bien que la maladie entraînera pour celui qui en est atteint des conséquences similaires à celles qui affectent le salarié qui souffre d'asthme professionnel (perte de travail, les frais médicaux, etc), sa maladie ne pourra pas être considérée comme ayant une origine professionnelle.

Diagnostic Comme pour toute autre maladie il est important de poser le bon diagnostic. Selon le :

Toutefois, le principal défi se situe à la première étape - Les médecins de famille et les patients n'ont pas suffisamment de connaissances sur l'asthme professionnel - 15 % seulement des patients asthmatiques sont interrogés par leur médecin sur l’éventuelle relation entre leurs symptômes et leur travailDiagnosis and Management of Work-Related Asthma. Évidence Report/Technology Assessment number 129. Beach J, Rowe B, Blitz S, Crumley E, Hooton N, Russell K, Spooner C. Et souvent, les patients ne mentionnent pas cette possibilité de crainte de perdre leur emploi ou tout simplement parce qu'ils ne sont pas conscients du lien entre leur travail et l'asthme. Ils ignorent que, s’ils continuent à travailler dans ces conditions ils sont certains non seulement de perdre leur emploi à long terme, mais encore de voir leur l'asthme atteindre un stade irréversible à cause de la prolongation de l’exposition à l’allergène responsable. À l'évidence, un mauvais diagnostic aura des conséquences médicales, sociales et financières considérables.

Le diagnostic de l'asthme professionnel est un processus qui doit être réalisé selon une méthodologie bien définie. Tout d'abord, le patient est interrogé sur son passé médical et professionnel et ses symptômes sont analysés (le bilan est fait habituellement à la fin d'une semaine de travail représentative de l’exposition au produit et dans les 24 heures suivant l'apparition des symptômes afin d'obtenir des informations objectives). Pour ce faire, les méthodes diagnostiques suivantes sont utilisés :

Hyper-réactivité bronchique non spécifique Le test d’hyperréactivité bronchique non spécifique à la méthacoline comporte la mesure du volume expiratoire forcé en 1 seconde (FEV1) du patient. Ce test est souvent utilisé pour évaluer l’importance de l'asthme d'un patient et pour confirmer la nécessité d’un traitement. D'autres tests non spécifiques pourraient même nécessiter de faire courir le patient en plein air ou sur un tapis roulant pendant quelques minutes à un rythme soutenu. Dans ce cas, on mesure le débit expiratoire de pointe (PEFR ou Peak Flow). (Le débit expiratoire de pointe mesure à quelle vitesse la personne peut expirer)Risk and incidence of asthma attributable to occupational exposure among HMO members. Milton DK, Solomon GM, Rosiello RA, Herrick RF. Am J Ind Med 1998; 33 : 1–10..

Prick tests cutanés Bien qu’il soit appelé prick test cutané, il n'implique pas de faire saigner, en fait, la peau n'est même pas égratignée. Il est habituellement pratiqué sur la peau de la face antérieure de l'avant-bras où une grille est dessinée (à l'aide d'un simple marqueur) et une goutte de l'allergène, qui doit être testé est déposé sur la peau à la fin de chaque ligne. Tous les allergènes qui doivent être testés peuvent être déposés sur la grille. Une fois que cela réalisé, la peau est piquée à travers la goutte déposée sur la peau avec une lancette. Les réactions, le cas échéant, se produisent dans les 10 à 15 minutes, et ces résultats peuvent ensuite être analyséshttps://www.ncbi.nlm.nih.gov/sites/entrez?cmd=Retrieve&db=pubmed&dopt=Abstract&list_uids=9333767 Kroczyńska-Bednarek J, Grzelewska-Rzymowska I, Tymińska K..

Dosage des IgE-spécifiques Les Immunoglobulines E sont des anticorps circulant dans le sang et efficaces contre les toxines. Comme ils peuvent également déclencher des réactions allergiques à certains allergènes comme les pollens, un dosage d’IgE est effectué pour déterminer si le sujet est allergique à ces substancesAllergy Society of South Africa. The Skin Prick Test. Toerien A, Potter P C, Buys C.

Spirométrie Par convention, un spiromètre peut être défini comme un dispositif utilisé pour mesurer les volumes expirés et inspirés. Ces volumes nous permettent ensuite de mesurer à quelle vitesse les poumons peuvent être vidés et remplis et si la ventilation est efficace. Ces mesures doivent être réalisées à la température du corps, et l’air respiré devra être saturé en vapeur d'eau pour obtenir des valeurs correctes. La raison en est que, si le spiromètre fonctionne avec de l’air sec le volume d'air enregistré est inférieur au volume effectivement mobilisé dans les poumonsSpecific Test Key To Determine Whether Or Not Allergy Symptoms Are Really Allergy-Related.

Peak Flow au travail

Ce test utilise la méthode PEFR. La seule différence est qu'il mesure le fonctionnement des voies aériennes du patient sur son lieu de travail et pas nécessairement dans un environnement contrôlé. Le patient respire dans un moniteur de débit expiratoire de pointe (un dispositif qui a un embout buccal à une extrémité et une échelle avec un indicateur sur l'autre)Measurement of Ventilatory Function.

Épreuves d’inhalation spécifique méthode réaliste « La méthode réaliste » utilise chambre scellée où le patient est exposé à des substances qui sont présentes dans son milieu de travail. Cette méthode a l'avantage de pouvoir évaluer, bien que très subjectivement, les symptômes nasaux et oculaires ainsi que d'une réduction de la FEV.

Méthode en circuit fermé