Candes-Saint-Martin (prononcé ), parfois abrégé « Candes » dans le langage courant, est une commune française du département d'Indre-et-Loire, en région Centre-Val de Loire.

La commune est labellisée parmi Les Plus Beaux Villages de France.

Dès le début de notre ère, une agglomération antique, probablement importante, existe sur ce site stratégique, situé au carrefour des territoires de trois peuples gaulois et contrôlant le confluent Vienne-Loire. Candes profite d'ailleurs de cette situation privilégiée : sa batellerie et les activités qui y sont liées sont longtemps florissantes, mais la disparition du transport fluvial, détrôné par le chemin de fer au milieu du , marque l'arrêt du développement et la mutation progressive de la commune. À compter de cette date et jusqu'aux , la population baisse de manière très importante. Elle semble se stabiliser depuis, avec en . C'est également vers le milieu du , alors que l'économie locale est fragilisée, que des artistes, peintres ou dessinateurs, viennent à Candes pour en reproduire les paysages.

Fondée par Martin de Tours à la frontière occidentale de son diocèse dans le dernier quart du , Candes est l'une des premières paroisses tourangelles. Saint Martin meurt à Candes le , ce qui assoit la notoriété de cette petite paroisse où s'élève, au Moyen Âge, une collégiale célèbre par la richesse de son décor sculpté. L'étude de sa chronologie, de son architecture et de son décor, particulièrement complexe, est toujours en cours ; l'édifice est protégé au titre des monuments historiques dès 1840. Le village, lieu de pèlerinage, reçoit dès le la visite régulière des rois de France, alors que ses châteaux successifs, également protégés au titre des monuments historiques, sont une résidence d'été pour les archevêques de Tours. Plusieurs demeures médiévales et Renaissance ainsi qu'un ancien moulin à vent complètent l'inventaire des édifices remarquables de la commune.

La richesse et la diversité du patrimoine naturel de Candes-Saint-Martin, dues principalement à la présence de la vallée de la Loire (patrimoine mondial de l'humanité reconnu par l'Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture) et de la confluence du fleuve et de la Vienne, font que le territoire communal est intégré à trois sites du réseau Natura 2000 et trois zones naturelles d'intérêt écologique, faunistique et floristique.

Au , Candes-Saint-Martin cherche à mettre à profit ce patrimoine naturel et les paysages du confluent, mais également l'histoire et le patrimoine bâti religieux du village. Classée parmi « Les Plus Beaux Villages de France », elle concourt à l' de l'émission de télévision française Le Village préféré des Français.

Géographie Localisation et communes limitrophes La commune de Candes-Saint-Martin est située au niveau du confluent de la Loire et de la Vienne, à l'ouest-sud-ouest de Tours en direction de Saumur, le bourg se développant sur la rive gauche, tout comme la plus grande partie du territoire communal qui inclut toutefois le confluent lui-même et une partie de la rive droite de la Vienne. Elle se trouve en limite du département d'Indre-et-Loire, à l'extrémité occidentale de l'arrondissement de Chinon. Ainsi, la situation géographique de la petite cité tourangelle lui confère un statut quasi-frontalier : depuis le bourg de Candes-Saint-Martin, il suffit de parcourir un seul kilomètre pour se rendre dans le département de Maine-et-Loire. Tours, préfecture du département, se trouve à à l'est-nord-est., Chinon, chef-lieu d'arrondissement et bureau centralisateur du canton homonyme à à l'est-sud-est.. Saumur, troisième ville de Maine-et-Loire, n'est distante que de à l'ouest-nord-ouest.. Toutes ces distances sont indiquées « à vol d'oiseau ».

La commune est rattachée au bassin de vie de Beaumont-en-Véron. et à la zone d'emploi de Chinon..

Candes-Saint-Martin est limitrophe de six communes, dont deux dans le département de Maine-et-Loire. Au nord, la commune de Chouzé-sur-Loire est adjacente par un simple quadripoint, au confluent de la Vienne et de la Loire.

Géologie et relief vignette|redresse=1.1|alt=Vue d'une carte répartissant un territoire communal en grandes zones géologiques de couleurs différentes.|Carte géologique simplifiée de Candes-Saint-Martin.. Le Bassin parisien, au sens géologique du terme, s'étend vers le sud jusqu'au Massif central, englobant l'ensemble du département d'Indre-et-Loire. Les plus importantes formations géologiques du département sont des sables ou des calcaires mésozoïques du Cénomanien et du Turonien, déposés par des avancées et des retraits maritimes successifs...

Au niveau de Candes-Saint-Martin, le plateau qui représente les quatre cinquièmes sud-ouest du territoire communal est composé de cette succession de couches calcaires. Les vallées de la Loire et de la Vienne occupent le reste de la superficie communale. Le plateau est coupé par deux vallons creusés par des ruisseaux temporaires, sur le flanc desquels affleure le calcaire du Turonien inférieur (C3a) surmonté du tuffeau blanc du Turonien moyen (C3b), lui-même recouvert du tuffeau jaune du Turonien supérieur (C3c) ; le même dispositif s'observe sur le coteau abrupt de la rive gauche de la Vienne et de la Loire. Sur le plateau, de larges placages de limon éolien (LP) du Quaternaire viennent recouvrir les strates calcaires. Au fond de la vallée, les cours d'eau ont déposé leurs alluvions modernes (Fy-z), aux faciès très différents selon qu'elles sont apportées par la Loire (plus sableuses) ou la Vienne (plus limoneuses)...

Le territoire de la commune, dont le premier plan cadastral date de 1837, s'est agrandi en 1869 d'environ six hectares sur la rive droite de la Vienne. Depuis, sa superficie s'établit à ..

Le plateau se développe à une altitude généralement comprise entre 75 et , le point culminant () étant observé au sud du territoire, en limite de Fontevraud-l'Abbaye. L'altitude de la vallée est d'une trentaine de mètres (minimum de au niveau du lit de la Loire en aval de Candes-Saint-Martin) et le dénivelé entre plateau et vallée est important et brutal, avec une pente moyenne de 15 % au niveau du bourg.

Hydrographie et hydrologie vignette|gauche|alt=photographie en couleurs du confluent de deux cours d'eau aux eaux de teinte différente.|Le confluent de la Vienne (en bas, eaux sombres) et de la Loire (en haut, eaux plus claires), depuis les hauteurs de Candes. Candes-Saint-Martin est implantée au confluent de la Loire et de la Vienne., ou « bec de Vienne ». Malgré une tradition vivace qui veut que cette confluence se soit déplacée de plusieurs kilomètres vers l'amont au cours des siècles, il semble acquis que son emplacement est relativement stable au niveau de Candes-Saint-Martin, au moins pendant la période historique et que le cours de la Vienne est fixé depuis le Miocène.. La différence de densité entre les eaux de la Vienne et de la Loire fait que les eaux du fleuve et de la rivière ne se mélangent pas immédiatement ; les eaux de la Vienne dessinent un « canal » le long de la rive gauche de la Loire. Ce phénomène, consigné depuis le est partiellement attribué à une différence de nature des sédiments et des matières organiques en suspension dans les deux cours d'eau. Il est renforcé plus récemment par la présence, à moins de en amont sur la Loire, de la centrale nucléaire de Chinon dont les eaux de refroidissement, partiellement rejetées dans le fleuve, provoquent une élévation de sa température qui n'est dissipée qu'en aval de Candes-Saint-Martin.. Enfin, la pente plus forte de la Loire au niveau de la confluence (0,5 % contre 0,1 % pour la Vienne) contribue à rejeter vers la rive sud les eaux de la Vienne.. À cet endroit, les débits moyens estimés sont de pour la Loire et de pour la Vienne..

Le régime de la Loire est observé à Montsoreau., commune limitrophe en aval de Candes-Saint-Martin, et celui de la Vienne à Chinon, à en amont de Candes-Saint-Martin.. Le régime du fleuve, très irrégulier, est directement lié aux précipitations sur son grand bassin versant qui peuvent occasionner des montées importantes et rapides des eaux ; s'y ajoute, de manière plus saisonnière, la fonte des neiges du Massif central. Le fleuve lui-même évolue dans un lit mineur dont les contours sont très variables.. La Vienne, quant à elle, est soumise à des crues hivernales dues au régime océanique des précipitations sur son bassin versant ; des pluviométries orageuses importantes au printemps ou en été peuvent également donner lieu à des variations brutales et importantes du débit. Ces dernières manifestent alors un caractère plus méditerranéen..

Le plateau est creusé de plusieurs talwegs, mais aucun d'entre eux ne recèle de cours d'eau. Seul le vallon des Rouères, au sud, est temporairement parcouru par un ruisseau alimenté par les eaux de ruissellement du plateau à la faveur de fortes pluies.

Trois zones humidesD’après l’article L. 211-1 du Code de l’environnement, « on entend par zone humide les terrains, exploités ou non, habituellement inondés ou gorgés d’eau douce, salée ou saumâtre de façon permanente ou temporaire ; la végétation, quand elle existe, y est dominée par des plantes hygrophiles pendant au moins une partie de l’année ». ont été répertoriées sur la commune par la direction départementale des territoires (DDT) et le conseil départemental d'Indre-et-Loire : « le bocage du Véron », « Le Pré Clos » et « la vallée de la Loire de Mosnes à Candes-Saint-Martin »...

Paysages naturels vignette|alt=Photographie en couleurs représentant un paysage champêtre.|Vignes et céréales sur le plateau. Les bois et les taillis sont encore assez présents à Candes-Saint-Martin (près de 11 % de la surface communale en 1987) où ils occupent l'extrême sud de la commune avec les premiers massifs de la forêt de Fontevraud, les pentes des vallons secs à l'ouest et au sud, les pentes abruptes qui raccordent le plateau à la vallée de la Vienne et de la Loire ainsi qu'une partie du bec de Vienne où ils se mêlent aux boires de la Loire et de la Vienne ; dans ce secteur, il peut s'agir d'un boisement spontané ou de plantations de peupliers. L'agriculture trouve encore sa place sur le plateau entre les vallons et le rebord du coteau, où alternent céréales et vignes, les vergers ayant disparu dans les dernières décennies du .

Sur la rive droite de la Vienne, à la pointe du Véron, se trouvent les prairies naturelles de la commune ainsi que des pelouses rases d'une grande richesse botanique qui colonisent peu à peu les bancs de sable alluvionnaires progressivement apportés par la Loire et occupent l'espace laissé libre par les bois et les landes..

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique altéré, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est dans une zone de transition entre le climat océanique et le climat océanique altéré. et est dans la région climatique Moyenne vallée de la Loire, caractérisée par une bonne insolation () et un été peu pluvieux.. Elle est en outre dans la zone H2b au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..