Il était une fois… l'Homme est une série d'animation française avec la participation de plusieurs pays, présentée en de créée par le réalisateur, auteur, scénariste et producteur Albert Barillé pour les studios français Procidis, et diffusée du au sur FR3, et au Canada à partir du à la Télévision de Radio-Canada et rediffusée à partir du sur Canal Famille. En 2014 la série arrive immédiatement sur France 4 ensuite sur Gulli et parfois sur la chaîne Mangas.

La série a été vendue dans le monde entier avec un grand succès (mais pas aux États-Unis, en Australie ni en Nouvelle-Zélande.). Après sa diffusion à l'antenne, elle a été distribuée au format de l'époque, la cassette VHS..

Synopsis Il était une fois… l'Homme raconte l'histoire de l'humanité, des origines de la vie jusqu'à la fin du .. Les principales étapes historiques sont abordées en mettant en scène une cellule familiale et en mélangeant les grands points de l'histoire avec ce que cela signifiait dans la vie quotidienne. Outre les commentaires hors-champ, une horloge anthropomorphe (elle a des yeux et des bras), animée d'une manière similaire à celle des , est affichée à l'écran, qui permet de se repérer dans la chronologie de l'histoire humaine en indiquant la date correspondant aux événements évoqués..

La plupart des personnages historiques héritent de l'apparence et d'une partie du caractère des différents personnages principaux de la série.

Il est à noter la présence remarquable dans plusieurs épisodes d'extraits filmés d'éléments naturels, de lieux ou d’œuvres d'art en lien avec l'époque présentée et incorporés dans la narration (de la lave en fusion dans le premier épisode, le Parthénon, Versailles, etc)

Personnages Le design des personnages est réalisé par le dessinateur Jean Barbaud. : Maestro : le Sage de la série. Personnage le plus âgé de la cellule familiale. Il y est l'incarnation typique d'un grand érudit, curieux de la vie, intelligent et instruit. Il se prend souvent les pieds par distraction dans sa barbe abondante. Maestro réalise toutes sortes d'inventions ou d'innovations avec des succès variables. Il a pour habitude de distiller ses conseils et ses remarques à Pierre (l'adulte), concernant les actions à entreprendre pour le bien de la communauté. Maestro est l’antithèse du Nabot (qui est en ce qui le concerne un personnage fourbe et malsain). Maestro se confond quelquefois avec un personnage historique, tel que Phidias ( : Le Siècle de Périclès), Kubilai Khan ( : Les Voyages de Marco Polo) ou Léonard de Vinci âgé ( : Le Quattrocento) alors que le Sage utilise son reflet dans un miroir pour réaliser « l'autoportrait à la craie rouge ». Cela explique d'ailleurs l'emploi d'un terme italien pour le nommer. Il est cependant étonnant qu'il ne soit pas fait de même, par exemple, dans la série traduite en anglais ; Pierre : un père de famille courageux et très travailleur. Il ne ménage pas sa peine ni ses efforts, quoi qu'il puisse lui arriver. Il est protecteur et très conservateur des traditions qu'il n'aime pas changer. Il a quelquefois des difficultés relationnelles avec son fils, dont il ne comprend pas toujours le caractère ni la vivacité. Il a cependant conscience de la valeur des connaissances de Maestro, qu'il respecte profondément. Toujours accompagné par le Gros, son ami de toujours. Il peut lui être supérieur en grade (épisodes de la Préhistoire ou : Les Vikings) mais ils sont toujours ensemble ; Pierrette : une mère de famille, gardienne du cadre familial. Attentive, intelligente et mesurée, elle permet de ne pas se centrer uniquement sur des personnages masculins ; le Gros : l'ami de la famille de Pierre, c'est un grand gaillard roux à la force colossale, quasi indestructible. Particulièrement intègre et fidèle en amitié, il est très adroit de ses poings pour frapper le Teigneux, le personnage antagoniste principal, surtout lors du temps jadis ; Pierrot : le fils de Pierre et Pierrette. Téméraire, brave, intègre, il veut se surpasser pour que son père soit fier de lui et ne le traite plus avec mansuétude. Le jeune garçon est vif, profondément curieux et très heureux des dires ou des inventions de Maestro qu'il aime beaucoup seconder ; Petite Pierrette : la petite ou grande sœur de Pierrot selon les époques ; parfois naïve, parfois caractérielle ou intrépide. Elle peut être absente de la famille ; Petit Gros : le fils du Gros, il veut être aussi fort que son père. Quasi inséparable de Pierrot qu'il respecte beaucoup et dont il écoute les conseils ; le Teigneux : l'archétype de la brute épaisse, souvent idiot par nature. Il tente continuellement d'imposer ses idées par la force à défaut d'intelligence honnête. Il se confronte souvent au Gros qui le mate avec ses poings au début de l'Histoire. Pourtant, le personnage parvient presque toujours à devenir supérieur en grade pour les épisodes postérieurs à la Préhistoire et il aime tout particulièrement rendre la vie impossible à Pierre et au Gros, qu'il traite avec beaucoup de mépris et de fourberie ; le Nabot : un individu mesquin, méchant, fourbe, craintif et de taille réduite. Il est toujours dans les pattes du Teigneux comme bras droit. Il lui souffle la plupart de ses idées les plus abjectes, mais reste en arrière quand il faut se battre. Il est l'âme damnée de son acolyte.

Pour compléter la liste, apparaissent dans quelques épisodes le fils du Teigneux et plus rarement le fils du Nabot, reprenant chacun les traits de caractère de leurs pères.

Chaque personnage est un symbole humain qui se veut universel. Pierre représente l’homme bon de son temps, conscient des valeurs conservatrices et modernes ; le Gros est le symbole de la justice qui réprimande les Teigneux et les Nabots ; ces deux derniers représentent les Hommes cruels et pervertis qui, soit comme le Teigneux veulent imposer la loi du plus fort, soit comme le Nabot s’y allient pour pouvoir abuser les faibles, faute de force ; Pierrette est la figure de la mère aimante et raisonnable qui maintient le consensus ; les enfants, Petite-Pierrette, Petit-Gros mais surtout Pierrot représente la jeunesse curieuse de savoir qui vit au tournant du progrès ; enfin, Maestro est l’archétype de l’ancien, sage du fait de son expérience, philosophe hautement humaniste et réaliste.

Production vignette|Albert Barillé (1920-2009), le réalisateur, auteur, scénariste et producteur de la série Il était une fois… l'Homme.

Il était une fois… l'Homme est une série de vulgarisation scientifique et historique retraçant l'histoire de l'humanité (du jusqu'au ) et à la futurologie, avec un accent sur l'histoire de l'Europe. La série ciblait un public enfant, mais également adulte..

Les décors sont de Bernard Fiévé et François Fiévé, et la direction artistique de René Borg et Philippe Landrot. L'animation a été réalisée par les studios japonais Tatsunoko Production (connu pour les séries d'animation La Bataille des planètes, Robotech, Super Durand).

Bien que la société de production Procidis soit française, de nombreux pays ont participé à la réalisation de cette série. Dans l'ordre des crédits (dans le générique original non remastérisé) : (FR3) (France), Société Radio-Canada et ACCESS Alberta (Canada), RAI (Italie), SSR (Suisse), RTBF, BRT (Belgique), KRO (Pays-Bas), (Norvège), (Suède), (Espagne) et Tatsunoko Production (Japon).

La musique de la série est composée par le Japonais Yasuo Sugiyama tandis que les génériques de début et de fin sont adaptés de la Toccata et fugue en ré mineur de Jean-Sébastien Bach.. La fin du générique où la Terre explose a été coupée lors de la diffusion sur la chaîne Gulli.. En Espagne, le générique est une chanson interprétée par un groupe d'enfants (), dont le titre est justement (« Il était une fois l'Homme »), une adaptation du Septuor pour cordes et vents de Beethoven.. En allemand, le générique commence avec les questions d'un enfant : , avec une réponse qui s'oppose totalement à l'esprit du dessin animé : Puis, la réponse… :

Cette série connut un grand succès, ce qui incita Albert Barillé à produire d'autres séries du même genre pour Procidis, avec les mêmes personnages à travers le temps. La série sera restaurée dans les années 2000.

Épisodes

La série a été diffusée pour la première fois en France en , mais d'autres sources indiquent généralement le sur FR3...

Le dernier épisode Il était une fois… la Terre sort du contexte purement historique en présentant une vision prospective sur le futur de l'humanité. Cet épisode met l'accent sur les conséquences de la pollution, de l'amoncellement des déchets toxiques, de l'épuisement des ressources naturelles et de l'augmentation de la population humaine. La façon dont ces sujets sont traités est très représentative des préoccupations accentuées par les , durant lesquelles les pionniers de l'écologie politique s'inquiétaient de l'explosion démographique et de l'explosion de la consommation, s'appuyant sur le rapport du Club de Rome ou les écrits de René Dumont, de Paul R. Ehrlich et d'autres. La croissance de la société industrielle, qui tend à s'étendre dans le monde entier pour conquérir de nouveaux marchés, y est résumée de façon cinglante :

Le narrateur s'inquiète des conséquences environnementales de la croissance industrielle et souligne la dangerosité des conflits sociaux qui pourraient rendre cette situation explosive. Il se prononce donc pour un arrêt de la croissance industrielle, évoquant le rapport du Club de Rome de 1972, et pour un arrêt de la croissance démographique : les personnages plaident pour une limitation des naissances à la hauteur du nombre de décès de manière à stabiliser la population humaine. Cependant, les estimations démographiques faites ( en 2010, en 2040, en 2070) ne correspondent plus aux projections actuelles (soit une baisse de la population à partir de 2050, soit une lente augmentation pour atteindre en 2100).

Mais la série est peu optimiste quant à la sagesse humaine : tandis que les mises en garde des experts se multiplient (« Mais qui les écoute ? »), les conseillers des dirigeants répètent inlassablement : Finalement, l'humanité est détruite dans une guerre totale, et seuls survivent quelques astronautes, cosmonautes ou taikonautes, hommes et femmes. Dans leurs vaisseaux spatiaux, ils attendront désormais que la Terre redevienne habitable, ce qui préfigure la série suivante d'Albert Barillé, Il était une fois… l'Espace.

Cet épisode anticipe également certains aspects de la situation actuelle (urbanisation, surconsommation des ressources, pollution de l'air et de l'eau). Sa présentation des enjeux est très marquée par les interrogations nées après les : l'explosion démographique et la prolifération nucléaire étaient alors au cœur des discussions. Mais l'essentiel de la réflexion actuelle sur le développement durable, voire sur la décroissance, est déjà là : l'épuisement des ressources, en particulier du pétrole, et les émissions massives de gaz à effet de serre liées à la croissance industrielle mettent concrètement l'humanité en danger autant que les armes de destruction massive présentes dans le monde entier.

Distribution (voix)

Annie Balestra : Pierrette Yves Barsacq : le Gros Claude Bertrand : le Teigneux Roger Carel : Maestro / Pierre / le narrateur (voix ) Patrick Préjean : le Nabot Vincent Ropion : Pierrot Francine Lainé : Pierrette, petite Pierrette (épisodes 2 à 4 et 7) Pierre Trabaud : le Nabot (épisodes 2 à 4 et 7) Henry Djanik : le Teigneux (8ers épisodes), Legros (épisodes 2 à 4 et 7) Gérard Hernandez : Maestro (voix de remplacement) Jean Roche : Le Gros (voix de remplacement) Albert Augier : voix additionnelles Jean Berger : voix additionnelles William Coryn : voix additionnelles Thierry Bourdon : voix additionnelle .

Distinctions La série a été récompensée d'un Soleil d'or, dans la catégorie de la meilleure émission pour la jeunesse 1979..

Éditions en vidéo DVD