Mansourah (en , signifiant « victorieuse »), est une commune de la wilaya de Tlemcen en Algérie.
La commune abrite les vestiges datant du , de la ville-siège construite par la dynastie berbère des mérinides durant le siège de Tlemcen.
Toponymie
Mansourah provient de l’arabe al-Manṣūra (المنصورة), littéralement « la victorieuse » (féminin). À l’époque mérinide, le nom est attaché au camp fortifié puis à la ville édifiée à l’ouest de Tlemcen durant le siège de 1299–1307 : les sources décrivent la formation d’un complexe militaire et urbain rapidement surnommé al-Maḥalla al-Manṣūra (« le camp victorieux »), dont les vestiges (enceintes, mosquée/minaret) sont encore visibles aujourd’hui.
Géographie Situation Le territoire de la commune de Mansourah est situé au centre de la wilaya de Tlemcen. La ville est le faubourg ouest de Tlemcen.
Localités de la commune En 1984, la commune de Mansourah est constituée à partir des localités suivantes Décret -365 fixant la composition, la consistance et les limites territoriales des communes (wilaya de Tlemcen), Journal officiel de la République algérienne, 19 décembre 1984, : Mansourah, Imama, Béni Boublène, Zone Ouest, ZHUN Champ de tir, Kifan Sud-Ouest, Attar et Ouali Mustapha (Riat El Kébir). Histoire
Située à environ cinq kilomètres à l'ouest de Tlemcen, Mansourah fut créée par le Mérinide Abu Yaqub Yusuf an-Nasr quand il assiégeait le roi 'Uthman d'où le nom de « Victorieuse ».
Le siège de la ville de Tlemcen par Abu Yaqub Yusuf an-Nasr débute en 1299. Au début, le roi n'avait installé qu'un simple camp ordinaire dans la plaine. Mais, étant donné que le blocus perdurait, il avait fait construire des demeures pour lui et les chefs de son armée ainsi qu'une mosquée. Pendant le siège, le sultan de Fès éleva autour de Tlemcen un mur tel que, selon Ibn Khaldoun : . En 1303, il éleva même un rempart autour de cet ensemble. Le camp s'était transformé, peu à peu, en une grande ville avec ses murailles et ses tours, ses bains et ses caravansérails, une grande mosquée et des palais.
Le , l'assassinat du sultan mérinide par l'un de ses esclaves met fin au siège, avec pour conséquence le retour des mérinides à Fès et l'abandon de Mansourah, érigée à leur gloire. La Mansourah est détruite par les Zianides dont seules les ruines du minaret de la mosquée demeurent jusqu'à nos jours.
C'est vraisemblablement au cours de ce siège que disparaîtra à jamais un des quatre exemplaires du Coran envoyé par le calife Uthman ibn Affan. Cet exemplaire était conservé à Tlemcen depuis Algérie-dz.com.
Pendant la guerre d’Algérie, l’armée française déporte plus de deux millions d'Algériens dans des camps de regroupement. Mansourah est un de ceux-ci. La réalisatrice franco-algérienne Dorothée Myriam Kellou présente cette histoire dans son film documentaire À Mansourah, tu nous as séparés.
Démographie Mansourah est la troisième commune la plus peuplée de la wilaya de Tlemcen après Tlemcen et Maghnia the People's Democratic Republic of Algeria - Tlemcen(Geohive), selon le recensement général de la population et de l'habitat de 2008, la population de la commune de Mansourah est évaluée à contre en 1977, c'est la commune de la wilaya de Tlemcen qui enregistre le plus fort taux de croissance annuel (3,3 % contre 1,2 % pour l’ensemble de la wilaya), sur la période 2008-1998.
Patrimoine
vignette|Entrée de la nouvelle Mosquée de Mansourah. De Mansourah, il ne subsiste que les parties nord et ouest des remparts et la mosquée. Les murailles, d'un développement de quatre mètres environ, délimitaient une superficie de . En pisé, épaisses de et hautes de , flanquées de , elles ont à peu-près disparu à l'est et au sud.
Selon Ibn Khaldoun, la mosquée de Mansourah aurait été construite vers 1303 par le sultan Abou Yacoub, mort avant l'achèvement de son œuvre. La mort du souverain ayant été suivie immédiatement de l'évacuation de Mansourah par les mérinides, les travaux n'auraient repris qu'en 1336 à l'époque de leur retour lorsque Abou Hassan (Abu al-Hasan ben Uthman) rebâtit la villeGeorges Marçais, L'architecture musulmane d'Occident, Pub. du Gouvernorat Général de l'Algérie, Arts et Métiers graphiques, Paris, 1954. Selon le Musnad d'Ibn Marzouq, la mosquée, telle celle de Hassan à Rabat, ne fut jamais complètement achevée. Ne demeurent debout que le périmètre de ses murs et la moitié antérieure de son minaret.
Certes, ce monument impérial et militaire s'inscrit dans l'héritage de la mosquée almohade de Rabat, comme en témoignent ses proportions et le triplement de la nef face à la qibla. Cependant, sa conception et de nombreux aspects de sa construction s'inspirent de courants bien différents. Sa cour carrée évoque ainsi celle de la grande mosquée de Tlemcen, aménagée par Yaghmurasan, ainsi que celle prévue pour la grande mosquée de Grenade. De plus, la structure décorative des niveaux supérieurs de son minaret, notamment le bandeau d'arcatures sommital et la division en trois sections du troisième étage, où des entrelacs en losanges nés d'arcs polylobés encadrent une zone centrale épurée, rappelle le style de l'Andalousie et le minaret de la Giralda de Séville, plutôt que les modèles du Maghreb occidental. Néanmoins, la présence de motifs polychromes bleu foncé (ou noirs) et turquoise au cœur des entrelacs atteste d'une empreinte maghrébine. Ainsi, les édifices de commandes mérinides de la région de Tlemcen s'inscrivent dans la parfaite continuité de l'école locale.
La mosquée occupe un rectangle de de large sur de long. La porte principale s'ouvre à la base du minaret qui fait saillie au milieu de la face nord-ouest. La cour, carrée, élément propre aux mosquées maghrébines des Georges Marçais, opus cité, de de côté, était encadrée de galeries prolongeant les nefs de la salle de prière.
Le minaret, bien que découronné de son lanternon, se dresse à . Une petite porte s'ouvrant dans la mosquée, sous la galerie antérieure de la cour, donnait accès à la rampe qui, par sept révolutions autour du noyau central, montait jusqu'au niveau de la galerie supérieure. Cette rampe était éclairée par de larges ouvertures percées au milieu des quatre faces et par des jours plus petits dans l'axe des rampes. Les murs de d'épaisseur sont faits de pierre siliceuse rose.
Références
Voir aussi
Bibliographie Charles-André Julien, Histoire de l'Afrique du Nord : de la conquête arabe à 1830, Payot, Paris, 1952.| Sid-Ahmed Bouali, Les deux grands sièges de Tlemcen, éd. ENAL, Alger, 1984. Georges Marçais, L'architecture musulmane d'Occident, Pub. du Gouvernorat Général de l'Algérie, Arts et Métiers graphiques, ¨Paris, 1954
Catégorie:Site archéologique en Algérie Catégorie:Commune dans la wilaya de Tlemcen