Théodore Hersart, vicomte de La Villemarqué ( à Quimperlé - à Quimperlé), est un philologue français spécialiste de la culture bretonne. Il est notamment connu comme auteur du Barzaz Breiz, recueil de chants populaires bretons.

Formation Né dans une famille légitimisteÉmile Masson, Les Bretons et le socialisme, F. Maspero, 1972, 286 pages, ., La Villemarqué voit le jour dans l'hôtel particulier de ses parents, à Quimperlé. Ceux-ci possèdent également le manoir du Plessis, situé dans la paroisse de Nizon, aux alentours de Pont-Aven, où il passe une grande partie de son enfance. Son père, le comte Pierre-Michel-François-Marie-Toussaint Hersart de La Villemarqué (1775-1843), est député du Finistère de 1815 à 1827 et maire de Nizon. Ultraroyaliste dans la Chambre introuvable, il se rallie ensuite à la politique ministérielleAdolphe Robert, Gaston Cougny, Dictionnaire des parlementaires français de 1789 à 1889, Paris, Edgar Bourloton, 1889-1891, tome 3 (de Hérault de Séchelles à Heudelet), .. Marié à Hennebont le à Marie-Ursule-Claude-Henriette Feydeau de Vaugien (1776-1847), dame du Plessis-Nizon, il a eu avec elle huit enfants : Pauline-Henriette-Marie-Thérèse, née en 1799 ; Sidonie-Aline-Constance, née en 1801 ; Camille-Marie-Charlotte, née en 1803 ; Ermine-Renée-Sainte, née en 1805 ; Hortense-Claire-Armande, née en 1808 ; Justine-Thérèse-Marie, née le ; Cyprien-Pierre-Hipolite, né le ; et enfin Théodore-Claude-Henry né le Nicolas Viton de Saint-Allais, Nobiliaire universel de France : ou Recueil général des généalogies historiques des maisons nobles de ce royaume, vol. 7, Librairie Bachelin-Deflorenne, 1816, .Gonzague Vialet, Bibliothèques et bibliophiles bretons anciens, Paris, Société française des collectionneurs d'ex-libris et de reliures artistiques, 1929, 229 pages, ..

vignette|Portrait de Théodore Hersart, 1884, par Évariste-Vital Luminais. Avec d'autres, qu'il s'agisse d'Aymard de Blois de la Calande (1760-1852), de Barbe-Émilie de Saint-Prix (1789-1869) ou du comte de Kergariou (1779-1849), la mère de La Villemarqué collecte des textes de la littérature orale bretonne..

Étudiant au collège jésuite de Sainte-Anne d'Auray dès l'âge de dix ans puis aux petits séminaires de Guérande (à partir de 1827) et de Nantes (à partir de 1830). Yann Brékilien, Prestiges du Finistère, Cornouaille et León, Éditions France-Empire, 1969, 355 pages, ., il se présente à l'examen du baccalauréat devant la faculté des lettres de Rennes et obtient son diplôme le . En 1834, il se rend à Paris, pour entrer à la faculté de droit. Toutefois, ayant lu The Myrvyrian Archaiology of Wales d'Edward Williams, il se tourne vers les études médiévales et bretonnes, thèmes qui font l'objet d'études à Paris et suscitent un grand intérêt parmi les chercheurs romantiques, comme Jean-François-Marie Le Gonidec. Abandonnant le droit, il suit les cours de l'École des chartes, d'abord en auditeur libre, avant de s'inscrire en 1836Pierre Hersart de La Villemarqué, La Villemarqué, sa vie & ses œuvres, H. Champion, 1926, 215 pages, et 22.John T. Koch, Celtic culture: a historical encyclopedia, ABC-CLIO, 2006, 2128 pages, p. 1076-1077 .. Dès cette année, de même, il commence la préparation du Barzaz Breiz. Dans ce cadre, il prend des cours de breton, langue dont il n'a alors qu'une connaissance imparfaite, auprès de l'abbé Jean-Guillaume Henry (1803-1880), futur relecteur et « correcteur » du recueilRevue celtique, vol. 21, Kraus Reprint, 1900, et 265.Annales de Bretagne, vol. 56, Université de Rennes, facultés des Lettres et Sciences Humaines, 1949, et 84., et à ce titre appelé « l'éminence grise de La Villemarqué »Jean-Louis Le floc'h, « Henry Jean Guillaume », in Jean-Marie Mayeur, Yves-Marie Hilaire, Michel Lagrée (dir.), Dictionnaire du monde religieux dans la France contemporaine, Éditions Beauchesne, 1990, vol. 3, 418 pages, ..

Pendant ses vacances au manoir, il collecte à son tour des chants en breton qu'il transcrit avec leur musique sur des carnets de collecte. Conservés par la famille, trois cahiers ont été remis en 1964 par son arrière-petit-fils, le général de La Villemarqué, au chercheur Donatien Laurent. Le premier de ces carnets contient des chants notés surtout à NizonJoseph Vendryes, Études celtiques, vol. 15, Société d'Éditions Les Belles Lettres, 1976, ..

L'expérience du panceltisme

Invité par Lady Augusta Hall et la Cymdeithas Cymreigyddion y Fenny (société des galloisants d’Abergavenny), La Villemarqué prend la tête d'une délégation bretonne composée de Carné, Mauduit, Francheville, Boisrouvray et Marallac'h, ils partent en pour le Pays de Galles, pour y « étudier à leur source et comparer entre eux l'idiome et les monuments d'origine celtique »Ernest Émile Antoine Desjardins, Comptes rendus des séances, vol. 1-2, Académie des inscriptions & belles-lettres, Auguste Picard, 1858, .. Le , il est reçu à Abergavenny comme barde — sous le nom de « Barz Nizon » (le barde de Nizon) — au sein du collège néodruidique gallois, la « Gorsedd des Druides, Bardes et Ovates de Grande-Bretagne ». Avec les Gallois, il jette les bases du Congrès celtique international. À son retour en France, il fonde (en 1843 ou en 1857) une « Fraternité des Bardes de Bretagne » (Breuriez Breiz) approuvée par l’archidruide de Galles, mais n'aboutit pas à la création d'une Gorsedd, et l’association disparaît après la mort de La Villemarqué, en 1895Cyril Le Tallec, Mouvements et sectes néo-druidiques en France : 1935-1970, L'Harmattan, 2006, 129 pages, , situe la fondation de la Fraternité en 1855. Il fallait « être homme de lettres et bretonnant » pour être membre..

Le Barzaz Breiz En , La Villemarqué avait proposé à Salvandy, ministre de l'Instruction publique, de publier un recueil de Chants populaires de la Bretagne-Armorique, afin de contribuer à l'histoire de France. Transmise au Comité des travaux historiques, sa demande avait été rejetée en Nelly blanchard, Introduction, Barzaz-Breiz : Une fiction pour s'inventer, Presses universitaires de Rennes, 2006, 310 pages ..

page=9|thumb|right|Page de titre du Barzaz Breiz ( éd.).