La Chute () est un film allemand réalisé par Oliver Hirschbiegel et sorti en 2004. Le film évoque les événements et circonstances liés à la mort d'Adolf Hitler et à ses derniers jours, durant la bataille de Berlin en avril 1945.

Le film est sélectionné pour l'Oscar du meilleur film en langue étrangère en 2005, mais n'est pas lauréat ; il remporte en 2004 trois Bayerischer Filmpreis, meilleur producteur pour Bernd Eichinger, meilleur acteur pour Bruno Ganz qui incarne Hitler, et le prix du public, ainsi que le Prix Bambi du meilleur film allemand.

Synopsis Le film est consacré aux derniers jours d'Adolf Hitler et à l'effondrement du Troisième Reich pendant la bataille de Berlin en .

En , Traudl Humps, Munichoise de 22 ans (qui deviendra Traudl Junge après son mariage en 1943) se fait engager comme secrétaire d'Hitler, dans son quartier-général, la « Wolfsschanze » (« la Tanière du Loup »), en Prusse-Orientale. À cette époque, même si l'Allemagne a commencé à subir des revers, ses troupes occupent encore la majeure partie de l'Europe.

En , deux ans et demi plus tard, à Berlin, le Troisième Reich est à l'agonie, sur le front de l'Ouest comme sur le front de l'Est, les Alliés envahissent le territoire allemand, Berlin est assiégée par les Soviétiques et Hitler s'est réfugié dans le Führerbunker.

Le , jour du anniversaire d'Hitler, les tirs de l'artillerie soviétique atteignent pour la première fois le centre-ville de Berlin. Hitler ne veut pas quitter la ville, bien que tout le monde l'ait poussé à le faire. Apparemment, il croit encore en une « victoire finale » et en sa vision d'un « empire mondial germanique ». Ses généraux essaient de lui faire prendre conscience du caractère désespéré de la situation, mais Hitler réagit par des accès de rage hystérique. Il ne croit pas non plus à la nouvelle que le « Groupe Steiner » n'a pas pu mener à bien une attaque destinée à le dégager. Il insulte ses généraux et les traite de , déclare pour la première fois la guerre perdue et préfère se tuer plutôt que de quitter Berlin ou de se rendre.

Ses généraux ne savent quoi faire. D’un côté, ils se sentent tenus d’obéir à la volonté d'Hitler en vertu du serment hitlérien, d'autre part, ils ne peuvent plus exécuter les ordres insensés de leur chef. Dans ses décisions, Hitler ne tient aucun compte non plus de la population civile et, comme Goebbels, pense que le peuple allemand approche de sa « chute méritée » et la doit à lui-même. La plupart des dirigeants politiques ont maintenant quitté Berlin. Hitler les soupçonne d'être des traîtres, notamment Hermann Göring, Heinrich Himmler et Albert Speer. Göring tente de s'emparer du pouvoir au motif que Berlin est coupée du monde extérieur. Himmler contacte les Alliés occidentaux pour leur faire une offre de reddition. Seul à pouvoir parler à Hitler en personne, Speer lui révèle qu'il suspend depuis des mois ses ordres de destruction, dont le but était que .

En dehors de son entourage personnel et des généraux en chef Wilhelm Keitel, Hans Krebs et Wilhelm Burgdorf, seuls restent aux côtés d’Hitler Joseph Goebbels, ministre de la Propagande du Reich, Walther Hewel, secrétaire d’État et Martin Bormann, chef de la chancellerie du NSDAP. Alors qu’Hitler a envoyé Keitel à l’amiral Dönitz à Flensburg dans le nord de l'Allemagne encore non occupée et l’a autorisé à quitter le Führerbunker, Goebbels y a fait venir sa femme Magda et leurs six enfants. La maîtresse d’Hitler, Eva Braun, est elle aussi déterminée à rester avec lui. En revanche, son beau-frère Hermann Fegelein, agent de liaison d’Hitler avec Himmler, cherche à quitter Berlin et aimerait les emmener avec lui. Les secrétaires d’Hitler, Traudl Junge et Gerda Christian, veulent elles aussi rester dans le bunker du Führer, malgré les conseils d’Hitler. Eva Braun ne peut dissuader Hitler de faire tuer son beau-frère pour désertion afin de se venger de la trahison de Himmler, et elle finit par accepter sa volonté sans condition.

Entre-temps a éclaté la bataille de Berlin. Les troupes soviétiques conquièrent la ville dans de féroces combats, maison par maison. C’est un combat sans espoir que mènent les troupes allemandes, composées, outre la Wehrmacht et les SS, de la Hitlerjugend, la jeunesse hitlérienne fanatisée, et du Volkssturm bien obligé de se battre. Le médecin SS Ernst-Günther Schenck parcourt la ville à la recherche de médicaments et rencontre des commandos SS qui abattent pour Wehrkraftzersetzung (atteinte au moral de l'armée) des civils et des membres du Volkssturm qui se disposaient à se rendre ainsi que des déserteurs. Dans son bunker, Hitler distribue des capsules de cyanure à ses plus proches collaborateurs. Tout en buvant beaucoup d’alcool, on discute de la meilleure façon de se suicider.

Le général de la Luftwaffe Robert von Greim et l’aviatrice Hanna Reitsch se rendent auprès d'Hitler dans l’intention de mourir avec lui alors qu’il leur parle encore de fantastiques plans de guerre secrets. Pendant ce temps, le médecin du Reich SS Ernst-Robert Grawitz demande au Führer l’autorisation de s’enfuir de Berlin et, sur la réponse négative d’Hitler, se suicide en tuant sa famille avec lui, avec des grenades à main.

Le , Hitler dicte à Traudl Junge ses dernières volontés privées et politiques. Il épouse ensuite Eva Braun. Le général SS Wilhelm Mohnke, chargé de protéger le quartier gouvernemental, rend compte à Hitler de l'encerclement de la chancellerie du Reich par les troupes soviétiques. Les positions ne pourront être tenues que pendant une journée au plus. Pour Hitler, cela signifie désormais que seul le suicide peut l’empêcher d’être capturé par les Soviétiques. Ne voulant absolument pas tomber entre les mains de l’ennemi, il fait donc promettre à son aide de camp Otto Günsche de faire disparaître complètement son corps. Dans l’après-midi du , Hitler et Eva Braun s’empoisonnent avec des capsules de cyanure (après un essai réussi sur Blondi, la chienne du Führer) ; en même temps, Hitler se tire une balle dans la tête. Les cadavres sont ensuite brûlés dans la cour arrière de la chancellerie du Reich.

Hitler mort, une dispute éclate dans son bunker : doit-on continuer à se battre ou capituler ? Successeur d'Hitler, Goebbels charge le général Krebs de mener des négociations avec Vassili Tchouïkov, général soviétique. Krebs informe les commandants soviétiques du suicide d'Hitler, mais Tchouïkov rejette toute négociation : comme la situation de l’adversaire est désespérée, il n'accepte qu'une capitulation sans conditions dont Goebbels ne veut pas entendre parler. Sa femme Magda, fidèle à Hitler, est incapable d’imaginer pour ses enfants une vie sans national-socialisme : elle leur donne un somnifère (que Helga, 12 ans, n'avale que de force), puis elle les tue dans leur sommeil avec des capsules de cyanure. Les époux Goebbels se suicident ensuite par balle, tandis que les autres occupants du bunker essaient de s'échapper de Berlin en plusieurs groupes. L’électromécanicien Johannes Hentschel est le seul à rester dans le bunker du Führer.

Fiche technique Titre original : Titre français : La Chute Réalisation : Oliver Hirschbiegel Scénario : Bernd Eichinger d'après le livre Der Untergang: Hitler und das Ende des Dritten Reiches de Joachim Fest, basé sur les mémoires de Traudl Junge et Melissa Müller Musique : On entend à plusieurs reprises un arrangement pour orchestre à cordes de l’aria When I am laid in Earth chantée au moment de mourir par Didon dans l'opéra Dido and Æneas de Henry Purcell (1689). Production : Bernd Eichinger, Wolf-Dietrich Brücker, , , Christine Rothe Sociétés de production : Constantin Film, Norddeutscher Rundfunk (NDR), Westdeutscher Rundfunk (WDR), , Österreichischer Rundfunk (ORF), EOS Entertainment, Rai Cinema Sociétés de distribution : Constantin Film (Allemagne) ; TFM Distribution (France) Budget : Pays de production : , , Langue originale : allemand Genre : drame, biopic, historique et guerre Format : Technicolor - - 1,85:1 - son Dolby Digital Durée : 148 minutes Dates de sortie en salles : Allemagne : France : Belgique : Film tous publics avec avertissement lors de sa sortie en salles en FranceVoir sur cnc.fr..

Distribution

Alexandra Maria Lara (VF : Élisabeth Ventura) : Traudl Junge Bruno Ganz (VF : Georges Claisse) : Adolf Hitler Ulrich Matthes (VF : François Chaix) : Joseph Goebbels Corinna Harfouch (VF : Sylvia Bergé) : Magda Goebbels Juliane Köhler (VF : Muriel Mayette) : Eva Braun Heino Ferch (VF : Guy Pierre Couleau) : Albert Speer Christian Berkel (VF : lui-même) : professeur-docteur Ernst-Günther Schenck Matthias Habich (VF : Christian Ruche): professeur Werner Haase Thomas Kretschmann (VF : Axel Kiener) : Hermann Fegelein Michael Mendl : général Helmuth Weidling André Hennicke (VF : Christian Gonon) : général Wilhelm Mohnke Ulrich Noethen (VF : Philippe Faure) : Heinrich Himmler Birgit Minichmayr (VF : Claudie Guillot) : Gerda Christian Rolf Kanies (VF : Bernard Gabay) : général Hans Krebs Justus von Dohnányi (VF : Philippe Vincent) : général Wilhelm Burgdorf (VF : Michel Violetti) : Wilhelm Keitel Christian Redl (VF : Jean-Yves Chatelais) : général Alfred Jodl Götz Otto (VF : Dimitri Rataud) : Otto Günsche Thomas Limpinsel (VF : Damien Ferrette) : Heinz Linge (VF : Laurent Claret) : Martin Bormann Alexander Held : Walther Hewel Donevan Gunia : Peter Kranz (personnage en partie inspiré d'Alfred Czech) Bettina Redlich (VF : Pascale Caemerbeke) : Constanze Manziarly, la cuisinière d'Hitler (VF : François Feroleto) : Rochus Misch Anna Thalbach : Hanna Reitsch Dietrich Hollinderbäumer : Robert Ritter von Greim (VF : Agnès Château) : Dorothee Kranz (VF : Gabriel Le Doze) : Wilhelm Kranz Thorsten Krohn (VF : Jean-Christophe Dollé) : docteur Ludwig Stumpfegger : Erich Kempka Devid Striesow : sergent Tornow : lieutenant-colonel Stehr : Ernst-Robert Grawitz (VF : Alexandre Medvedev) : général Vassili Ivanovitch Tchouïkov : Helga Goebbels Amelie Menges : Heide Goebbels Charlotte Stoiber : Hilde Goebbels Gregory Borlein : Helmut Goebbels Julia Bauer : Hedda Goebbels Laura Borlein : Holde Goebbels Elizaveta Boïarskaïa : Sœur Erna : Hermann Göring

Sources et légende : Version française (VF) sur Voxofilm« Fiche du doublage français du film » sur Voxofilm, consulté le 29 novembre 2014

Distinctions Récompenses 2006 Prix Bambi 2004

Sélections Oscars 2005 : Meilleur film en langue étrangère

Autres meilleur film non-anglophone selon le magazine Empire, en 2010.

Production

Incarner le personnage d'Hitler a été une très grande performance d'acteur pour Bruno Ganz. Il s'est fondé sur des archives et des enregistrements sonores pour travailler sa voix afin de reproduire celle du Führer, trembler comme lui La Chute de Oliver Hirschbiegel - fiche pédagogique.

Réception L'historien du nazisme Ian Kershaw a publié dans The Guardian une analyse détaillée du film où il salue particulièrement l'interprétation de Bruno GanzIan Kershaw, Human Hitler, The Guardian, 17 septembre 2004..

Rochus Misch, un SS qui a été garde du corps d'Adolf Hitler de 1940 jusqu'au dernier jour, a déclaré au sujet de ce film dans J'étais garde du corps d'Hitler (, Livre de Poche 30777, 2006) que « […] ce film est un drame d'opérette. Tout y est exagéré. Il n'y avait pas de fêtes, de beuveries au champagne… » et qu'aucun membre de l'équipe du film n'est venu le voir pour recueillir son témoignage.