Georges Henri RivièrePour l'état civil « Georges Henri Léon Benjamin Rivière », cf. La Muséologie de Georges Henri Rivière, Paris, Dunod, 1989, 404 p.L'orthographe usuelle « Georges-Henri » utilisée par la BnF et l'Encyclopédie Universalis n'est pas conforme à celle qu'il utilisait : « Georges Henri »).Voir pdd., né le à et mort le à Louveciennes (Yvelines)Cf. Acte de naissance. À l'époque, Louveciennes faisait partie de la Seine-et-Oise., est un muséologue français, fondateur du Musée national des arts et traditions populaires à Paris.
Surnommé Nina Gorgus, 2003., il a joué un rôle important dans le mouvement de la et dans le développement des musées d'ethnographie à l'échelle mondiale au sein du Conseil international des musées (ICOM).
Biographie
Famille Né dans le , Georges Henri Rivière est le neveu du dessinateur Henri Rivière, auquel il emprunta son second prénom en 1920, pour se faire appeler Georges Henri lorsque son oncle s'occupa de lui après le suicide de son père Jules en 1912.. Son oncle exercera une forte influence sur lui et dira à son propos :
Il est le frère aîné de l'ethnologue de terrain Thérèse Rivière à qui il fit découvrir le monde de l'ethnologie en l'engageant comme assistante dès son arrivée en 1928 au musée d'ethnographie du Trocadéro..
Formation Il fait ses études au prestigieux collège Rollin. Sa grand-mère lui fait étudier le piano et, après son baccalauréat, il s'inscrit en 1915 au conservatoire national de musique et de déclamation dont il suit les cours pendant deux années.
Jusqu'en 1925, il étudie la musique et, de 1923 à 1925, suit les cours de l'École du Louvre qui éveillent son intérêt pour les musées.
Musée d'ethnographie du Trocadéro vignette|gauche|Détail d'un sabre d'apparat du Dahomey donné par Rivière au musée de l'Homme en 1931. En 1926, il devient intendant des collections artistiques de David David-Weill où il est chargé de sa réorganisation..
Il découvre au musée d'ethnographie du Trocadéro des pièces d’art précolombien avec l'idée de faire un article pour la revue Cahiers d'art de Christian Zervos. Il est enthousiasmé par ce qu'il y découvre et décide de monter un projet d'exposition, soutenu par le collectionneur. Il obtient les autorisations nécessaires et peut monter son exposition avec l'aide d’un jeune expert inconnu, Alfred Métraux.
Le nouveau directeur du musée d'ethnographie, Paul Rivet, décide de réorganiser le musée avec l'aide de Rivière qui y présente près de dès 1928. Le musée d'ethnographie ferme définitivement en 1935 et donne naissance à deux institutions : le musée de l'Homme et le musée des arts et des traditions populaires..
Le Musée des arts et des traditions populaires vignette|Du berceau à la tombe, vitrine consacrée aux rites de passages conçue par Rivière, reconstituée lors de l'exposition Dioramas au palais de Tokyo en 2017. Le musée de l'Homme se sépare de sa collection d'ethnographie française, ce qui donne naissance au musée national des arts et traditions populaires grâce à l'impulsion de Rivière. De 1937 à 1967, il dirige ce musée qu'il a conçu et réalisé entièrement.
Bien que la création du musée remonte à 1937, l'ethnologie du domaine français ne prend véritablement son essor qu'avec la mise en place des enquêtes scientifiquesChantiers 1425, 909 et 1810. organisées sous le patronage de l'État français (régime de Vichy) durant l'OccupationVoir Christian Faure : Le Projet culturel de Vichy. Folklore et Révolution nationale 1940-1944, 1989.. Il parvient à l'installer sur le site de l'avenue du Mahatma-Gandhi, en bordure du bois de Boulogne. Il y développe une muséographie révolutionnaire et en assure le couronnement scientifique par la création du Centre d'ethnologie française.
Grand découvreur de talents, meneur d'hommes, il joue un rôle essentiel dans la fondation de l'ICOM (Conseil international des musées), dont il est le premier directeur de 1948 à 1965, puis le conseiller permanent jusqu'à sa mort. Il travaille à la mise sur pied de l'organisation à travers ses comités, ses conférences générales et son centre de documentationSid Ahmed Baghli, Patrick Boylan & Yani Herreman, Histoire de l'ICOM (1946-1996), Paris, ICOM, 1998, 103 p..
La Fondation culturelle bretonne Rivière apparaît dans la liste des membres du Haut-Comité régional de patronage de la Fondation culturelle bretonne en 1957..
Décoration sans_cadre|50px Commandeur de l'ordre du Mérite artisanal (1956)En qualité de « conservateur du musée des arts et traditions populaires, directeur du conseil international des musées à l'UNESCO ». Cf. .
Théorie du musée
Bien qu'il ait laissé très peu d'écrits, Georges Henri Rivière a fortement renouvelé la muséologie en France. Ses idées très innovantes et son goût pour les mondanités l'ont amené à mettre en place de véritables « opérations de communication » : il met Joséphine Baker dans une vitrine présentant des collections africaines au musée d'ethnographie du Trocadéro, ou encore place des gardiens de musée aux quatre coins d'un ring.
Sur la base d'une idée lancée au début des années 1950, il participe au développement du concept d'écomusée qui se répand dans le monde au début des années 1970 avec son successeur au poste de directeur du Conseil international des musées (ICOM), Hugues de Varine Charte des écomusées, page 1/7, publié le sur le site de la Fédération des écomusées et des musées de société (consulté le 24 janvier 2019).. Environnement et pluridisciplinarité sont ses idées maîtresses sur lesquelles sont fondées, entre autres, les « Recherches coopératives sur programme d'Aubrac et du Châtillonnais » dans les années 1960.
Même à la fin de sa vie, il continue de conseiller ceux qui poursuivent son œuvre et de les pousser à l'innovation.
Publications Ouvrages, plaquettes Les Arts anciens de l'Amérique (catalogue de l'exposition organisée au Musée des Arts décoratifs, Palais du Louvre, Pavillon de Marsan mai-), introduction de Raoul d'Harcourt, textes d'Alfred Métraux et Georges Henri Rivière, Paris, G. Van Oest, XXIV-120 p., 1928 Crèches et santons de Provence du à nos jours (catalogue de l'expositionDu 4 décembre 1943 au 4 janvier 1944.), textes de Georges Henri Rivière, Pierre-Louis Duchartre, Marius Dubois et Raimu ; catalogue par Gilbert Mouret, Paris, Orfèvrerie Christofle, 50 p., 1943 Un musée-laboratoire : le Musée des arts et traditions populaires, Paris, s.l. n.d., paginé 146-155 ; extrait des Archives suisses des traditions populaires, 1947 Les Livres de raison, 1328-1870 (catalogue de l'expositionDu 16 novembre au 10 décembre 1954. à la Maison des chambres d'agriculture, Paris) ; contient : Les Livres de raison, par Charles Braibant, Lettre de Robert Buty. L'intérêt des livres de raison, par Georges Henri Rivière, Quelques événements de la vie d'un paysan briard, par Paul Bailly, L'Histoire rurale et les livres de raison, par Jean Monlaü ; Paris, Maison des chambres d'agriculture, 36 p., 1954 Le Nouveau Cabinet des Estampes du Musée des arts et traditions populaires, Georges Henri Rivière et Suzanne Tardieu, Paris, paginé 75-90, 1958 ; extrait de Musées et collections publiques de France, nouvelle série, n° 15, 1958 Palais de Chaillot, Paris, "Mireille", le chef-d'œuvre de Mistral dans l'histoire littéraire et dans son cadre provençal (exposition organisée par la Bibliothèque nationale et par le Musée des arts et traditions populairesDécembre 1959 - avril 1960.), préface d'André Chamson, avant-propos de Georges Henri Rivière, Paris, Éditions des Musées nationaux, 145 p., 1959 Art naïf, textes de Georges Henri Rivière, Michel-François Braive, Maximilien Gauthier, Anatole Jakovsky et Gaston Diehl, Tanger, Éditions marocaines internationales, 94 p., 1964 Organisation des musées : Iran, Paris, UNESCO, 34 p., 1972
Discours « Le Musée des arts et traditions populaires », discours prononcé à l'assemblée générale annuelle de la Société des amis du Louvre, le , Compiègne, s. d., In-8°, 8 p.
Articles Dans la revue Cahiers d'art Archéologismes, 1926 - 7 - Jean Lurçat, 1926 - 8 - Une sculpture chinoise entre au Louvre, 1926 - 10 - La céramique peinte susienne au musée du Louvre, 1927 - 2 - Un sondage dans l’art égéen, 1927 - 3 - Les disques, 1927 - 6 - Peintures égyptiennes d’époque impériales, 1927 - 9 -
Notes et références
Voir aussi
Archives personnelles Les papiers personnels de G.H. Rivière sont conservés aux Archives nationales, site de Pierrefitte-sur-Seine, sous la cote 690AP : inventaire du fonds.
Bibliographie Isac Chiva, « Georges Henri Rivière : un demi-siècle d'ethnologie de la France », dans Terrain, , Association des amis de Georges Henri Rivière, La Muséologie selon Georges Henri Rivière : cours de muséologie, textes et témoignages, Dunod, Paris, 1989, 402 p. Christian Faure, Le Projet culturel de Vichy : folklore et Révolution nationale, 1940-1944, Presses universitaires de Lyon/Éditions du CNRS, 1989, 335 p. Nina Gorgus, Le Magicien des vitrines : le muséologue Georges Henri Rivière, éditions de la Maison des Sciences de l'Homme, Paris, 2003, 416 p.
Collectif, Georges Henri Rivière, une muséologie humaniste, éditions Complicités, Paris, 2020, 362 p.
Radio Série « Patrimoine, histoire d'un défi municipal », « Des gestes et des outils, exposer le monde paysan », France Culture, Le Cours de l'Histoire de Xavier Mauduit, avec Bertrand Tillier, le .
Liens externes
Notice biographique du Mucem
Catégorie:Anthropologue français Catégorie:Muséologue français Catégorie:Commissaire d'exposition français Catégorie:Élève de l'École du Louvre Catégorie:Membre de la Société des africanistes Catégorie:Naissance en juin 1897 Catégorie:Naissance dans le 18e arrondissement de Paris Catégorie:Décès en mars 1985 Catégorie:Décès à Louveciennes Catégorie:Décès à 87 ans