vignette|L'épée Joyeuse utilisée lors du sacre des rois de France, illustre la doctrine des deux glaivesD'après la Grande ordonnance de , c'est l'archevêque de Reims qui ceint au roi l'épée . Cf Martin Aurell, « L'épée, l'autel et le perron : théocratie et légende arthurienne () », in Armes et jeux militaires (), dir. Catalina Girbea, 2016, p. 40. La doctrine des deux glaives, appelée aussi la théorie des deux pouvoirs est une ancienne thèse de l'Église catholique romaine, à l'époque médiévale, selon laquelle le pouvoir spirituel est déclaré supérieur au pouvoir temporel.

Historique La doctrine médiévale des deux glaives se trouve en germe au dans la lettre de 494 où le pape écrit à l'empereur d'Orient , et développe une thèse qui constitue une transcription de la distinction entre deux pouvoirs opposant l' du pape (l'autorité sacrée) et la de l'empereur (le pouvoir séculier)..

Le développement de ce thème de l'idéologie théocratique renvoie à une riche tradition exégétique qui essaime dans les années 1050 de la réforme grégorienne et de la querelle des investitures au sujet de la domination universelle ().

La doctrine est mise en avant par saint Bernard de Clairvaux, au , à l'époque des croisades et : , peut-on lire dans les Évangiles de saint Matthieu (XXVI, 52) puis de saint Jean (XVIII, 11), dans un sens à l'origine tout différent : dans la doctrine des deux glaives, il y a l'idée de délégation du pouvoir temporel au pouvoir spirituel, avec la double finalité de donner, avant tout, la prééminence à l'Église (qui souhaite contrôler ou tempérer le pouvoir royal) et aussi de la protéger puis mise en place par le pape , au début du (), dans sa bulle Unam sanctam, publiée à l'occasion du très important désaccord qu'il a avec le roi de France .

Aussi, selon cette théorie, le pouvoir spirituel possède un ascendant moral et politique sur le pouvoir temporel exercé par le prince en vertu duquel celui-ci préside aux destinées des hommes dans le respect strict des préceptes religieux. L'ascèse intramondaine de l'âme dans le Royaume des cieux dépend, dans cette lecture, exclusivement du pouvoir spirituel, condition même de l'exercice d'un pouvoir politique temporel terrestre. La révolution luthérienne initiée au début du , en révisant la doctrine théologique en vigueur dans les monarchies occidentales, aura pour conséquence un renversement paradigmatique du rapport de force entre le religieux et le politique. Dès lors, au rapport de subordination entre les deux pouvoirs se substitue une dichotomie dialectique empruntant à la doctrine des « Deux royaumes », dont l'un, le royaume terrestre, relève de la prérogatives exclusive du prince, et l'autre, le Royaume du ciel, relève de la compétence de l'église, dans un rapport d'exclusivité réciproque empêchant l’empiétement d'un pouvoir sur l'autre. ..

Notes et références

Voir aussi Articles connexes Ultramontanisme Doctrine des deux royaumes

Catégorie:Doctrine et théologie catholiques Catégorie:Histoire du catholicisme