En France, le code minier donne la définition légale d'une mine. La notion repose uniquement sur la nature du matériau, que l'extraction se fasse à ciel ouvert ou en sous-sol. Sont concernés, les combustibles (charbon, hydrocarbures, gaz), les métaux (fer, cuivre) et quelques autres matières minérales (sel, soufre).
L'inventaire des ressources minièresAnonyme (1980), Les ressources minières françaises ; Ann. Mines, FRA, (1980), 186, n° 7-8 ; pp. 1-192, 1 cart, Chronique Recherche Minière 457, Oct/Nov/Dec 1980 est relativement connu pour ce qui concerne les gisements de surface ou subsurface. Il est moins bien connu pour les ressources profondes, et doit être régulièrement mis à jour en tenant compte de découvertes de nouvelles ressources et de l'épuisement de certains gîtes et gisements.
Pour les produits qui ne figurent pas dans la liste des mines, on parle de carrières, il s'agit notamment des matériaux de construction sable, argile, gypse, calcaire, etc. Ils relèvent de la législation sur les ICPE (installations classées pour la protection de l'environnement).
Si, au regard du Code civil français, le sous-sol appartient au propriétaire du sol, la gestion du sous-sol minier appartient, elle, à l'État qui peut en concéder l'exploitation à une compagnie minière.
L'activité minière laisse toujours des séquelles environnementales et sanitaires, notamment l'exploitation des gisements de métaux et métalloïdes, et tout particulièrement dans les régions naturellement acides et exposées au ruissellementSmith K. S. and Huyck H.L.O. (1998) - An Overview of the abundance, Relative Mobility, bioavailability, and Human Toxicity of Metals, in The Environmental geochemistry of Mineral Deposits - Part A: Processes, Techniques and Health Issues, Reviews in Economic Geology, vol. 6A, p. 29-70., et plus encore en cas de drainage minier acideBrunet J. F. (2000) - Drainages Miniers Acides - Contraintes et Remèdes - État des connaissances. BRGM/RP-50504-FR, 299 p.
Des mines et gisements importants existent aussi en outre-mer dont en Guyane et Nouvelle-Calédonie.
L'histoire des mines françaises Comme le Royaume-Uni ou l'Allemagne, la France a tiré de son sous-sol d’importantes ressources énergétiques fossiles (charbon surtout) qui ont permis, au et au , son essor industriel et commercial, notamment grâce au couple charbon-fer qui a permis la révolution industrielle, puis la construction de l'Europe (communauté du charbon et de l'acier), mais s'est conclu par une crise industrielle majeure dans les années 1970-1980, avec la fermeture rapide des puits et mines, à la suite de l'épuisement des ressources exploitables à coûts raisonnables et face à la concurrence d'autres paysAnonyme (1979), La crise dans les mines de fer françaises ; Probl. Écon., Fr., (1979), n° 1610, pp. 28-33, Chronique Recherche Minière 448, Mar/Avr 1979.
Ces produits sont des combustibles (charbon et lignite), des minerais (du fer, du plomb, du zinc, un peu d'antimoine, du manganèse, du cuivre…), des substances industrielles (le sel, la potasse, les schistes bitumineux, la fluorine, l'uranium…).
vignette|gauche|250px|Ressources naturelles de France: Al — Aluminium, Fe — Fer, W — Tungstène, Au — Or, U — Uranium, C — Charbon, L — Lignite, P — Pétrole, G — Gaz naturel, F — Fluorine, K — Potasse, T — Talc.
Le développement de l'industrie minière, d'une façon générale, suit de nombreux aléas : expansion ou récession de l'industrie, variation des cours des matières premières, pressions environnementales, etc. C'est la raison, entre autres, pour laquelle cette industrie demeure très irrégulière. Ainsi, par exemple, il n'est pas rare qu'une mine fasse l'objet d'une fermeture tout juste après son début d'exploitation. Par exemple, à la suite de la chute des cours boursiers. Mais encore, elle peut être rouverte de nombreuses années plus tard, ou, à nouveau fermée (de manière répétitive). Il faut aussi tenir compte des aléas géologiques, pas toujours discernables au moment des recherches. Ainsi, il est souvent arrivé qu'une mine, sur laquelle on fondait des espoirs, se soit rapidement avérée inexploitable à la suite de nombreuses failles (infiltrations d'eau importantes, grisou, etc.). Enfin, un autre élément à prendre en compte résulte des progrès technologiques : les minettes phosphoreuses lorraines, inexploitables avant l'invention des aciers Bessemer, se sont avérées aujourd'hui impropres à la filière fonte hématite.
Si une mine, comme une carrière, est par définition éphémère, certaines séquelles environnementales peuvent perdurer des siècles ou millénaires après sa fermeture (drainage minier acide ou drainage minier neutre par exemple, parfois conjoints à des affaissements miniers puis à des remontées de nappe dans un sous-sol déstructuré par l'exploitation, notamment dans les mines de fer et mine de charbon de l'Est (Lorraine)ollon, P., Fabriol, R., & Buès, M. (2004). Ennoyage des mines de fer lorraines : impact sur la qualité de l'eau. Comptes Rendus Géoscience, 336(10), 889-899. et du bassin minier du Nord-Pas-de-Calais...).
L'outre-mer
Du nickel est exploité en Nouvelle-Calédonie. La Guyane exploite des gisements d'or.
Le charbon et le lignite
vignette|La fosse n° 10 du Groupe d'Oignies.
L'extraction du charbon de terre (par opposition au charbon de bois) est très ancienne et remonte au moins au Moyen Âge mais connaîtra un développement important à la fin du et surtout pendant la Révolution industrielle dans la seconde moitié du . Notons que la France, malgré ses richesses n'a jamais été auto-suffisante en charbon et que même au summum de la production dans les années 1960, elle a toujours importé du charbon étranger (venant de la Belgique, du Royaume-Uni, d'Allemagne, de l'Union soviétique, de Pologne, etc.).
Les houillères ont été nationalisées par la loi 46-1072 du 17 mai 1946 qui crée l'Établissement public Charbonnages de France et ses décrets d'application qui créent les différentes Houillères de bassin (Houillères Nord-Pas-de-Calais, Houillères de Lorraine, Houillères d'Auvergne, Houillères de la Loire, Houillères de Blanzy, Houillères du Dauphiné, Houillères de Provence, Houillères d'Aquitaine et Houillères des Cévennes). Mais plus de 200 petites exploitations échappèrent à la nationalisation, dont les principales étaient les exploitations de Faymoreau (Vendée), mines de Lavaveix, (Creuse), Manosque-Bois d'Asson (Basses-Alpes), le bassin du Briançonnais (Hautes-Alpes), etc. La dernière mine privée en France (qui se situait à Cruéjouls en Aveyron) ferma ses portes en 1988. Les houillères de Ronchamp (Haute-Saône), furent une exception car elles ont été confiées à EDF en 1946.
Le décret du 16 avril 1968 transfère les biens des différents houillères du centre et du sud de la France : Auvergne, Loire, Provence, Dauphiné, Blanzy, Cévennes et Aquitaine aux Houillères du Bassin du Centre et du Midi (HBCM), les Houillères de Bassin Nord-Pas-de-Calais (HBNPC) et de Lorraine (HBL) sont toutefois maintenues. Tous les bassins houillers en France ont été collectés dans l'article Mines de charbon de France.
Mines de charbon lorraine
Minerai de fer
La France a exploité de nombreuses mines de fer de la préhistoire à la fin du Anonyme (1977), Les mines de fer françaises en 1976. Paris ; Chambre synd. Mines Fer, (1977) ; pp. 1-33, 5 fig. ; Chronique Recherche Minière 440, Nov/Dec 1977Varoquaux J.A., Gerard E. (1980) Les gisements de fer français ; Ann. Mines, FRA, (1980), 186, n° 7-8 : pp. 135-154, 20 réf., 15 fig ; Chronique Recherche Minière 457, Oct/Nov/Dec 1980.
Berry L'une des deux zones d'extraction du minerai de fer en Berry, au nord de Bourges, s'étend d'ouest en est, en allant de Massay à Neuvy-Deux-Clochers, et hébergeait les forges d'Ivoy-le-Pré et de Vierzon"L'histoire du fer" en Berry . À l'époque gallo-romaine, le peuple gaulois des Biturges utilisait déjà le bois de la Forêt domaniale de Vierzon en quantité, pour la métallurgie du fer, comme en témoignent des restes de minerai (« laitiers ») encore visibles. Ces restes encore riches en fer ont été plus récemment envoyés par trains entiers dans les Hauts fourneaux de Lorraine pour les fondre et y récupérer le fer y restant.
Une deuxième zone comprend des gisements situés sur les rebords des vallées de l'Arnon, du Cher et de l'Aubois . Rosières, aujourd'hui spécialisé dans l'appareillage électro-ménager, a pour origine des gisements ferreux et était au une entreprise d'extraction du minerai de fer. Dun-sur-Auron était également un lieu d'extraction de fer. Enfin, la vallée de l'Aubois comportait plusieurs fonderies et hauts fourneaux actifs au à Torteron, Grossouvre, Le Chautay, La Chapelle-Hugon et La Guerche-sur-l'Aubois. Au sud et à l'ouest de Bourges le minerai a été exploité de manière intensive aux . Il était qualifié de "mine chaude" pour sa réputation d'être plus facile à fondre et affleure dans le département du Cher, suivant une bande est-ouest qui passe au nord de Bourges, dans la forêt d'Allogny"Exploitation minière et forestière : artisanat du fer et nature dans l'Antiquité chez les Bituriges", par Nadine Dieudonné-Glad .
Dans la région de Bourges, les ateliers de transformation du minerai de fer sont concentrés à une dizaine de kilomètres au nord de la ville à l'intérieur et autour de cette forêt d'Allogny, y compris à proximité des bâtiments du prieuré de Bléron, situé dans une enclave en pleine forêt, ou sur les communes d’Allouis, de Saint-Éloy-de-Gy et de Saint-Martin-d'Auxigny, sous forme de nodules ou de concrétions réticulées exploitables à ciel ouvert ou au moyen de simples puits.
Jusqu'à la fin du Moyen Âge, la fabrication du fer avait lieu exclusivement autour d'Allogny, où la métallurgie du fer avait connu déjà un essor considérable dans les régions boisées à la fin de l'époque gallo-romaines. La réduction du minerai de fer nécessitant une grande quantité de charbon de bois, les ateliers métallurgiques se sont implantés de préférence dans, ou à proximité immédiate de ces espaces boisés, délaissant quelquefois le voisinage du minerai de fer qui était alors acheminé sur une distance pouvant atteindre plusieurs dizaines de kilomètres. Au , la région vit l'essor de la réduction "indirecte", ce qui fait que la géographie des ateliers métallurgiques se transforme, à la recherche de la force motrice de l'eau pour animer les soufflets des hauts fourneaux.
Lorraine thumb|Mine de fer de Tucquegnieux : Le chevalement tel qu'on pouvait encore le voir à la fin des années 1980.
Depuis l'âge du fer, le minerai du même nom est extrait de la terre de Lorraine. De nombreuses traces archéologiques l'attestentLes scories puyaudines, notamment celles du grand ferrier antique de Tannerre-en-Puisaye, étaient cependant plus riches en fer que le minerai lorrain (dont la teneur en fer n'était que d'environ 30%) même après l'exploitation de leur minerai dans l'Antiquité ; de plus elles contenaient de la silice, qui sert de "fondant" et aide au bon fonctionnement des hauts fourneaux. Ces scories puyaudines étaient donc expédiées aux hauts-fourneaux de Lorraine pendant le , jusqu'en 1982 pour le ferrier de Tannerre qui fut classé monument historique cette année-là.. L'essentiel du bassin ferreux Lorrain est très lié à la famille de Wendel qui exploitait la plupart des mines du Nord de la région (mines de Neufchef et Aumetz et d'Auboué…) qu'elle utilisait pour ses aciéries. D'ailleurs la présence de fer dans les roches locales (Pierre de Jaumont) lui donne une teinte ocre.
La Lorraine possède trois écomusées des mines de fer qui présentent de façon complémentaire l’histoire de l’extraction du fer en Lorraine. Ils proposent par le biais de visites guidées de découvrir l’aventure humaine des gueules jaunes et de l’extraction de la minette en Lorraine.
Mine du Val de Fer de Neuves-Maisons Musée des mines de fer d'Aumetz Musée des mines de fer de Neufchef
Mines de fer lorraine exploitées après 1945
Normandie