Le triple saut [consulté le ]. est une épreuve d'athlétisme consistant à couvrir la plus longue distance possible en sautant à partir d'une marque fixe, après une course d'élan, et en exécutant une séquence de trois sauts. L'IAAF définit la discipline comme tel : , , : « Triple saut » [consulté le ]..

Technique

vignette|International University Sports Federation - Gwangju 2015 - Men's Triple Jump Final, Dmitrii SOROKIN (RUS 17.29) wins Gold. Tout comme le saut en longueur, les athlètes ont une course d'élan pour gagner de la vitesse et prennent leur impulsion avant une planche (située à 13, 11, 9 ou du sable, selon le niveau, la catégorie et le sexe). Au terme du dernier saut, ils atterrissent dans du sable pour amortir leur chute. Les trois bonds successifs exécutés sont : un cloche pied, une foulée bondissante et un saut en longueur (ramené).

Un sauteur de type force optera pour un cloche pied très long (38 % du saut), une foulée bondissante plus petite (30 %) et un ramené (32 %), intermédiaire entre les deux premiers sauts. Un sauteur de type vitesse optera pour un cloche pied court et rasant (34 %), qui permet de conserver la vitesse initiale, une foulée bondissante (30 %) et un ramené plus grand que les sauts précédents.

Histoire

Dans l'antiquité Le triple saut n'est pas attesté dans les jeux sportifs antiques ou les Jeux olympiques antiques (mais les sources sont limitées). Le saut en longueur faisait partie du pentathlon. Certains commentateurs ont crû voir une trace d'un triple saut par les performances de Phaÿllus de Crotone et Chionis de Sparte, ayant réalisé des sauts de 15-, ce qui est considéré comme très improbable pour un saut, même avec les mais correspondent à des performances de triple saut. On justifie l'existence de la discipline en interprétant un passage relevé par Immanuel Bekker (Anecdota Graeca, 224) même s'il semble qu'il y eut des confusions grammaticales avec les termes utilisés. Il y eut une supposition comme étant les résultats additionnés de trois sauts en longueurMémoire INSEPS / STAPS Le Triple Saut, 1999, . Mais il semble que les résultats retranscrits pour Chionis, souffrent d'une transmission manuscrite corrompue et pour Phaÿllus, son exploit provient d'une épigramme humoristique tardive.

Hommes Le triple saut était déjà pratiqué avant les Jeux olympiques avec des performances homologuées en 1884.

Débuts olympiques Le triple saut est représenté aux Jeux olympiques modernes depuis leur première célébration en 1896.

À l'origine le triple saut se compose de deux cloches-pied puis d'un saut. Les Irlandais, qui ont développé cette discipline, remarquent que l'on va plus loin avec un bond sur la jambe d'appel plutôt que sur l'autre, et qu'ainsi le « » qui existe aujourd'hui est plus efficace que le triple bond simpleLa fabuleuse histoire de l'athlétisme. Robert Parienté. Éditions de La Martinière, 1996. . Le triple saut est toutefois longtemps resté une discipline délaissée. La NCAA qui régit les compétitions universitaires américaines ne l'officialisera qu'en 1962. Ces jugements permettent à un autre pays, le Japon, de dominer jusqu'à la fin des années 1930 les podiums et records internationaux. Sur le plan technique, le découpage des sauts explique à lui seul l'évolution de la discipline. Lors du record du monde établi par Mikio Oda en 1931 avec une performance de , le saut se détaille ainsi : au premier bond, au deuxième et au dernier. Cela montre que le premier saut est maximisé, au détriment des sauts suivants. Son successeur, Chuhei Nambu, également japonais, sera le seul à détenir à la fois le record du monde du saut en longueur et du triple saut.

Une discipline souvent négligée

Il faut attendre la fin des années 1940 pour qu'un premier champion de légende émerge dans le triple saut. Adhemar da Silva, Brésilien, devient le premier sauteur à plus de . Le découpage de ses sauts montre qu'il privilégiait l'équilibre entre le « hop », le « step » et le « jump ». En témoigne son record à : au premier bond, 4,75 au deuxième et 5,27 au dernier, soit 38 %, 30 % et 32 % de la distance finale. Da Silva saute ensuite à en 1955, certes à Mexico avec une altitude de mais ce saut améliore tout de même de le record du monde précédent. Cependant Da Silva comme la plupart des grands sauteurs de l'époque, majoritairement des Soviétiques, effectuent le « hop » très en hauteur et avec une grande puissance. Pour franchir les , une nouvelle technique s'imposait. Joseph Schmidt, double champion olympique en 1960 et en 1964, tente, lui, de conserver au maximum sa vitesse horizontale. Très rapide ( au ) il ne force pas son hop pour conserver de la vitesse pour le step et le jump. S'ensuit un saut fabuleux à , record battu encore une fois de , avec le découpage - - .

L'arrivée des pistes synthétiques à la fin des années 1960 va grandement permettre de faire évoluer les performances. Dans une discipline de bondissements, la qualité d'amortissement et de renvoi des pistes est primordiale. Les nouvelles pistes et l'altitude des jeux de 1968 à Mexico permettent à six concurrents de dépasser et au vainqueur d'établir une nouvelle marque de référence à . Ce saut est l'œuvre de Viktor Saneïev, qui en plus du titre olympique en 1968 obtiendra celui de Munich en 1972 puis de Montréal en 1976. Proche de réaliser une passe de quatre inédite, il terminera en 1980 à seulement du vainqueur. Saneïev va donc dominer la discipline pendant une décennie. Dans la ville de Mexico qui a connu du monde dans cette discipline en , l'altitude aidant, le Brésilien João Carlos de Oliveira signe en 1975 un saut de , soit de mieux que le précédent record.

1986-1988 : Khristo Markov au sommet Après un premier titre de champion d'Europe en 1986, il remporte la médaille d'or du triple saut lors des Championnats du monde d'athlétisme 1987 à Rome avec la marque de . L'année suivante, Markov remporte un nouveau titre international en s'imposant en finale des Jeux olympiques d'été de 1988 à Séoul. Il signe à cette occasion un nouveau record olympique de la discipline en . En 1990, il décroche la médaille d'argent des Championnats d'Europe d'athlétisme de Split.

1990-1995 : domination américaine

Kenny Harrison et Mike Conley sont en tête des bilans mondiaux et glanent les médailles d'or aux championnats du monde 1991 et 1993 et Jeux olympiques de 1992 et 1996.

Jonathan Edwards : au tournant du siècle et au carrefour de l'histoire Alors que le triple saut féminin fait seulement son apparition dans les années 1980, ces années sont marquées par l'attente du premier sauteur à . Longtemps attendue et parfois dépassée mais avec un vent trop favorable, c'est finalement Jonathan Edwards qui pulvérisera cette marque. Avec dans le concours magique des mondiaux de Göteborg 1995, Edwards montre par sa fluidité dans le mouvement et son équilibre combien le triple saut a été délaissé à tort. Cette même année et sur le même sautoir, l'Ukrainienne Inessa Kravets « s'envole » à .

Christian Olsson puis le grand flou

Christian Olsson est l'un des rares athlètes à avoir remporté au moins une fois tous les titres internationaux existant à son époque : le titre olympique, à Athènes, un titre mondial, à Paris, deux titres européens, les titres mondiaux et européens en salle. Il a remporté la Golden League 2002. Blessé à plusieurs reprises, il décide d'arrêter sa carrière malgré plusieurs tentatives de retour. Depuis, les candidats aux places d'honneur et les médaillés sont multiples mais aucun athlète ne domine la discipline dans une compétition qui s'avère toujours très relevée.

Femmes De Li Huirong à Inessa Kravets

Le , en finale des Championnats du monde à Göteborg, Inessa Kravets réalise un triple saut à , améliorant de le précédent record du monde, détenu par la Russe Anna Biryukova.

Tatyana Lebedeva Championne du monde à trois reprises (2001, 2003 et 2007) et championne d'Europe en 2006, elle a également remporté la Golden League 2005, signant à l'occasion six victoires en six meetings. Elle est l'actuelle détentrice du record du monde en salle du triple saut avec , performance établie en 2004 à Budapest.

Records Records du monde

+Records du monde du triple saut Type Genre Performance Athlète Date LieuEn plein airM Jonathan EdwardsGöteborg F Yulimar RojasTokyoEn salleM Hugues Fabrice Zango16 janvier 2021 Aubière F Yulimar RojasBelgrade

Records et championnats Compétition Genre Athlète Nationalité Marque Date LieuJeux olympiques d'été Homme Kenny Harrison 18,09 m AtlantaChampionnats du monde Jonathan Edwards 18,29 m (RM) GöteborgChampionnats du monde en salle Teddy Tamgho 17,90 m DohaJeux olympiquesFemme Yulimar Rojas 15,67 m TokyoChampionnats du monde Inessa Kravets 15,50 m GöteborgChampionnats du monde en salle Yulimar Rojas 15,74 m (RM) Belgrade

Records continentaux +Hommes (au ) Continent Athlète Marque Date Lieu Afrique Fabrice Hugues Zango 18,07 m Aubière Asie Wu Ruiting 17,68 m Quzhou Europe Jonathan Edwards 18,29 m (RM) Göteborg Amérique du Nord et centrale Christian Taylor 18,21 m Pékin Océanie Ken Lorraway 17,46 m Londres Amérique du Sud Jadel Gregório 17,90 m Belém +Femmes (au ) Continent Athlète Performance Date Lieu Afrique Françoise Mbango Etone 15,39 m Pékin Asie Olga Rypakova 15,25 m Split Europe Inessa Kravets 15,50 m Göteborg Amérique du Nord et centrale Yargelis Savigne 15,29 m Osaka Océanie Nicole Mladenis 14,04 m HobartPerth Amérique du Sud Yulimar Rojas 15,74 m (RM) Belgrade

Meilleures performances Dix meilleurs performeurs de l'histoire en plein air +Hommes (au ). # Marque Vent Athlète Lieu Date118,29 m1,3 Jonathan EdwardsGöteborg218,21 m0,2 Christian TaylorPékin318,18 m−0,3 Jordan DíazRome418,15 m1,7 Andy DíazBirmingham15 août 2026518,14 m0,6 Will ClayeLong Beach618,09 m−0,4 Kenny HarrisonAtlanta718,08 m0,0 Pedro Pablo PichardoLa Havane818,04 m0,3 Teddy TamghoMoscou917,97 m1,5 Willie BanksIndianapolis1017,92 m1,6 Khristo MarkovRome"17,92 m1,9 James BeckfordOdessa+Femmes (au ). # Marque Vent Athlète Lieu Date115,67 m0,7 Yulimar RojasTokyo215,50 m0,9 Inessa KravetsGöteborg315,39 m0,5 Françoise Mbango EtonePékin415,34 m−0,5 Tatyana LebedevaHéraklion515,32 m0,9 Chrysopiyí DevetzíAthènes615,31 m0,0 Caterine IbargüenMonaco715,29 m0,3 Yamilé AldamaRome815,28 m0,9 Yargeris SavigneOsaka915,25 m1,7 Olga RypakovaSplit"15,25 m1,8 Thea LaFondZagreb

Meilleures performances de l'histoire en salle +10 meilleurs performeurs en salle # Marque Athlète Lieu Date118,07 m Hugues Fabrice ZangoAubière16 janvier 2021217,92 m Teddy TamghoParis317,83 m Aliecer UrrutiaSindelfingen"17,83 m Christian OlssonBudapest517,80 m Andy DíazNankin617,77 m Leonid VoloshinGrenoble717,76 m Mike ConleyNew York817,75 m Phillips IdowuValence917,74 m Marian OpreaBucarest1017,73 m Walter DavisMoscou"17,73 m Fabrizio DonatoParis+10 meilleures performeuses en salle # Marque Athlète Lieu Date115,74 m Yulimar RojasBelgrade215,36 m Tatyana LebedevaBudapest315,16 m Ashia HansenValence415,14 m Olga RypakovaDoha515,08 m Marija ŠestakPéania615,05 m Yargelis SavigneValence715,03 m Iolanda ChenBarcelone815,01 m Inna LasovskayaParis914,94 m Iva Prandzheva Cristina Nicolau Oksana UdmurtovaMaebashiBucarestTartu

Autres performances