est un roi d'Égypte de la qui connaît un long règne d'environ 2289 à 2255 av. J.-C.. Cependant, comme pour tous les rois de la , nous sommes loin d'un consensus entre les spécialistes en ce qui concerne cette durée de règne. Les appréciations vont de vingt ans pour certains spécialistes, comme Hans Wolfgang Helck, jusqu'à soixante-six ans pour d'autres, comme Ian Shaw.

Généalogie

est le fils du roi Téti et de la reine . Cette reine semble être une épouse secondaire de Téti : en effet, contrairement aux reines et , qui ont eu chacune une pyramide comme tombeau, a eu sous le régne de Téti un mastaba, et ce dernier a été transformé en pyramide sous le règne de son fils .

Il a eu plusieurs épouses, dont beaucoup ne nous sont connues que par leur tombe près de la pyramide du roi : début du règne : la reine « fille aînée du roi », très probable fille de Téti ; la reine de la pyramide de l'Ouest ; Inenek Inti ; Méhaa, mère d'Horneterikhet ; milieu du règne : la « reine du procès » mentionnée par Ouni, peut-être identique à la reine de la pyramide de l'Ouest ; Noubounet ; fin du règne : (aussi nommée ), mère du roi ; (aussi nommée ), mère du roi ; autres épouses : Séboutet ; peut-être Nedjeftet ; peut-être Béhénou.

Il a eu plusieurs enfants, en plus du prince et du futur roi : Horneterikhet, fils de la reine Méhaa, , fils de la reine , peut-être le roi , fils de la reine ; considéré comme un fils de par Vivienne Gae Callender et comme un fils de par plusieurs chercheurs, dont Audran Labrousse et Yannis Gourdon ; la reine , fille d' ou ; la reine ; peut-être le prince Tétiânkhkem, ou bien fils de Téti ; peut-être la princesse Inti, ou bien fille de Téti ; peut-être la reine , portant le titre de « fille de roi », mais le roi en question n'est pas nommé .

Longueur du règne vignette|gauche|Vase en albâtre au nom de - Walters Art Museum de Baltimore

La date la plus haute trouvée pour ce roi est l'inscription à Hatnoub indiquant Année du , d'Akhet, . Une analyse de la Pierre de Saqqarah Sud atteste également d'un de bétail, le plus élevé, sous le règne de . Les preuves indiquent que sous les règnes de et , le comptage de bétail était effectué tous les deux ans, ce qui suggère une durée de règne de quarante-neuf ou cinquante ans. Cependant, on ne peut pas exclure une cinquantième année de règne en raison d'un fragment manquant de l'inscription suivante. Le canon royal de Turin semble indiquer que a un règne de vingt ans, tandis que son successeur est accrédité pour un règne de quarante-quatre ans. Ceci contredit les preuves contemporaines de la pierre dont la plus haute attestation pour ce roi est le de bétail. L'égyptologue Kim Ryholt suggère que les deux lignes pourraient avoir été échangées.

Il y a eu quelques doutes quant à savoir si la fréquence des recensements du bétail était strictement bisannuelle ou légèrement plus irrégulière. Que cette dernière situation semble être le cas est suggéré par l'inscription Année après le , de Chémou, du Ouadi Hammamat qui mentionne la première fête-Sed cette année-là pour ; ainsi qu'une date Année après le , de Chémou, dans le graffiti du Sinaï, comme l'a noté l'égyptologue français Michel Baud dans un ouvrage de 2006 sur la chronologie égyptienne. Ce serait l'année 36 si le système bisannuel de datation était utilisé. Cette information est importante car la fête-Sed est considérée comme étant célébrée en l'an 30 d'un règne. Si utilisait un système de comptage bisannuel pendant son règne, ces inscriptions parlant de la fête-Sed auraient dû être datées de l'année suivant le à la place. Cela pourrait signifier que le recensement du bétail pendant la n'était pas régulièrement bisannuel. Michel Baud, cependant, souligne que l'année du est conservée dans la Pierre de Saqqarah Sud et indique que la case correspondant à l'année entre les et fait la moitié de la taille moyenne des cases. Il explique donc qu'un espace aussi réduit pour une année célébrant la fête-Sed du roi est difficile à croire. Baud note qu'il y avait une tendance, pendant l'administration de ce souverain, à mentionner le premier jubilé à plusieurs reprises dans les années suivant sa célébration. De plus, Baud et Raffaele notent que la case-année la plus longue correspond à l'année 30 ou 31, ce qui correspondrait bien à la célébration de la fête-Sed, et impliquerait donc également une fréquence de recensement strictement bisannuelle durant son règne.

Règne

vignette|gauche|Statuette de conservée au Brooklyn Museum de New York

Accession au trône

L'accession de au trône pourrait avoir eu lieu en période de troubles, puisque son père Téti aurait été assassiné par ses propres gardes du corps, selon Manéthon. Naguib Kanawati a soutenu la thèse de Manéthon, en faisant remarquer par exemple que le règne de Téti a vu une augmentation importante du nombre de gardes à la cour égyptienne, ceux-ci devenant responsables des soins quotidiens du roi. La tentative de damnatio memoriae visait en particulier trois hommes, le vizir Héri, le responsable des armes Méréri et le médecin en chef Seânkhuuiptah, qui pourraient donc être derrière le meurtre.

Le successeur de Téti fut le roi Ouserkarê. L'identité de ce roi et sa relation avec la famille royale restent incertaines. L'hypothèse d'une régence, formulée par certains, dans l'hypothèse que Pépi était trop jeune à la mort de Téti, est à exclure du fait qu'un régent ne prendrait pas une titulature royale complète, qu'il ne serait pas considéré comme un roi légitime par ses successeurs (présence dans les listes royales postérieures) et que le règne d'Ouserkarê est trop court pour une régence.

Peu importe l'identité du roi Ouserkarê, lui succède. Il prend comme nom d'Horus Méritaouy, signifiant « L'aimé des deux Terres », ce que Nicolas Grimal considère comme une indication qu'il souhaitait un apaisement politique. De même, a choisi le nom de Nesout-bity Néfersahor, qui signifie « La protection d'Horus est parfaite », qu'il n'a changé que plus tard en Méryrê, signifiant « L'aimé de Rê ». Bien qu'il ne semble pas y avoir de relation directe entre, la conspiration ayant mis fin au règne de Téti, le bref règne d'Ouserkarê et la conspiration ultérieure dans le harem de , ces événements suggèrent une certaine forme d'instabilité politique à l'époque.

Politique intérieure

Dans une longue tendance qui a commencé au début de la , l'État égyptien de l'Ancien Empire a fait l'objet d'une décentralisation et d'une régionalisation croissantes. Ce processus, bien entamé sous le règne de , affaiblit progressivement la primauté et l'ascendant du roi sur sa propre administration et aboutira finalement aux principautés de la Première Période intermédiaire. semble avoir développé plusieurs politiques pour contrecarrer cette tendance, notamment avec la construction de chapelles du Ka royal dans toute l'Égypte, pour renforcer la présence royale dans les provinces.

Plus tard au cours de ce règne, peut-être vers sa sur le trône, a été confronté à une conspiration mise au point par l'une de ses reines du harem, Ouéret-Yamtès. Bien que la nature précise de son crime ne soit pas rapportée par Ouni, qui a servi de juge lors du procès qui a suivi, cela montre au moins que la personne du roi n'était plus intouchable. Selon Hans Goedicke, Ouéret-Yamtès était peut-être la mère de , alors que Nicolas Grimal considère que cela est très improbable, car le fils de Ouéret-Yamtès aurait été puni avec elle. Vers la fin de son règne, épousa deux filles de Khoui, nomarque d'Abydos, peut-être pour contrer l'affaiblissement de l'autorité du roi sur la Moyenne et la Haute-Égypte en s'assurant l'allégeance d'une famille puissante. L'importance politique de ce mariage est démontrée par le fait que, pour la première et dernière fois jusqu'à la , quelque 1800 ans plus tard, la femme de Khoui, Nebet, a été rendue vizir de la Haute Égypte. Plus tard, le fils de Khoui et Nebet, Djaou, a également été rendu vizir. Cette tendance a commencé et s'est poursuivie au cours des et s suivantes, où le temple de Min à Coptos a fait l'objet d'un important patronage royal, comme en témoignent les décrets de Coptos, qui enregistrent les décrets de plusieurs rois successifs de la accordant des exonérations fiscales au temple ainsi que des honneurs officiels à la famille dirigeante locale alors que la société de l'Ancien Empire s'effondrait.

Cette partie du règne de n'a peut-être pas été moins troublée qu'au début de son règne, car Kanawati conjecture que a fait face à une autre conspiration contre lui, dans laquelle son vizir Raouer pourrait avoir été impliqué. Pour étayer sa théorie, Kanawati observe que l'image de Raouer dans sa tombe a été profanée, son nom, ses mains et ses pieds ayant été ciselés, alors que cette même tombe est datée de la seconde moitié du règne de pour des raisons stylistiques. Kanawati avance en outre que le complot visait peut-être à faire désigner un autre héritier du trône aux dépens de . En conséquence de l'échec de cette conspiration, aurait pris la mesure drastique de couronner pendant son propre règne, créant ainsi la plus ancienne corégence documentée de l'histoire de l'Égypte. Le fait qu'une telle corégence ait eu lieu est indirectement étayé par un pendentif en or portant les noms de et de en tant que rois, une inscription mentionnant le roi à Hatnoub qui suggère qu'il a compté ses années de règne à partir d'un certain moment du règne de son père et les statues en cuivre de Nekhen, dont il est question ci-dessous.

Activités architecturales

a construit de nombreux bâtiments dans toute l'Égypte, consacrant la plupart de ses efforts de construction aux cultes locaux et aux chapelles dédiées au Ka du roi. À Dendérah, où une statue fragmentaire d'un assis a été découverteifao.egnet.net, a restauré le complexe du temple à la déesse Hathor. À Abydos, il a construit une petite chapelle creusée dans le roc et dédiée au dieu local Khentamentiou, où il est appelé Pépi, fils d'Hathor de Dendérah. Dans la même localité, a peut-être aussi fait construire une petite chapelle dédiée à son propre Ka. Ces chapelles comprenaient une ou plusieurs chambres pour l'apport d'offrandes dédiées au culte du Ka du défunt. Comme son père Téti, Pépi fit construire une telle chapelle à Bubastis, dans la région du delta du Nil, ainsi qu'une autre à Nekhen, en Haute-Égypte et peut-être aussi à El Kab où des inscriptions rupestres font référence à son culte funéraire. D'autres chapelles dédiées au Ka de ont été trouvées à Memphis, Zaouiet el-Meytin, Assiout et Nagada. Toutes ces chapelles étaient probablement périphériques à de grands temples abritant des activités cultuelles importantes, par exemple celle de Bubastis était périphérique au principal temple de l'Ancien Empire dédié à la déesse Bastet, tandis que celle d'Abydos était probablement à côté du temple de Khentamentiou.