Jules Brévié, né à Bagnères-de-Luchon le , et, mort le à TalizatArchives de la Haute-Garonne, commune de Bagnères-de-Luchon, acte de naissance , année 1880 (avec mention marginale de décès), est un administrateur colonial, gouverneur général de l'Afrique-Occidentale française (AOF) et de l'Indochine française, également ministre de Pierre Laval.
Passionné d'histoire et d'ethnologie, ce fut le promoteur d'une approche « scientifique » de la colonisation.
Biographie vignette|gauche|upright|Monolithe de Tondidarou (musée du quai Branly). Commandant du cercle de Bamako au Soudan français, il découvre en 1904 un important site archéologique, celui des mégalithes de TondidarouMichel Raimbault et Kléna Sanogo (dir.), Recherches archéologiques au Mali : prospections et inventaire, fouilles et études analytiques en zone lacustre, Karthala, Paris, 1991, , près de Niafunké.
De 1922 à 1929 il est le premier lieutenant-gouverneur du Niger. Française depuis 1922, la colonie connaît pendant cette période une relative prospérité, avec le développement de l'agriculture et de l'éducationAndré Salifou, Le Niger, L'Harmattan, 2002, . À son départ, l'intérim est assuré par Jean-Baptiste Robert Fayout avant l'arrivée d'Alphonse Choteau. Brévié passe au poste de gouverneur de Côte d'Ivoire en 1929.
Succédant à Jules Carde, il est gouverneur général de l'AOF du au . Déjà l'auteur de plusieurs travaux historiques et ethnographiques, il plaide pour une vision scientifique de la colonisation :La mise en valeur des colonies pose des problèmes généraux et techniques d'une ampleur telle que pour les embrasser et les résoudre, il ne faut plus seulement s'abandonner aux solutions inspirées des circonstances, se livrer au génie de l'improvisation, aux initiatives trop libres de l'empirisme. La colonisation devient affaire de méthode, de calcul, de prévision, et pour tout dire, de scienceJules Brévié, « Science et colonisation », dans Trois études de M. le gouverneur général Brévié, Imprimerie du gouvernement général de l'AOF, Dakar, 1936.
En août 1936, par l'arrêté /EHistorique sur le site de l'IFAN, il crée l'IFAN (Institut français d'Afrique noire, qui prendra le nom d'Institut fondamental d'Afrique noire), dont le premier poste de secrétaire général est occupé par Théodore Monod à partir de juillet 1938. La principale mission de l'IFAN consiste à mettre en œuvre une « étude scientifique » de l'Afrique noire en général, et de l'AOF en particulier.
Déjà chevalier de la Légion d'honneur en 1920, puis officier en 1929, et commandeur en 1933, il est promu grand officier en 1938.
Alors que Marcel de Coppet lui succède à la tête de l'AOF, Jules Brévié est ensuite nommé, par le gouvernement de front populaire, gouverneur d'Indochine en , un poste qu'il occupera jusqu'au . À son retour, il demande et obtient sa mise à la retraite.
Du au , il est secrétaire d'État aux Colonies dans le sixième gouvernement Pierre Laval et obtient notamment la fondation d'un Office de la recherche scientifique colonialeL'ORSC deviendra l'ORSTOM, puis l'IRD. Voir C. Bonneuil et P. Petitjean, « Les chemins de la création de l'ORSTOM, du Front populaire à la Libération en passant par Vichy, 1936-1945 : recherche scientifique et politique coloniale », dans Roland Waast et Patrick Petitjean (dir.), Les Sciences hors d'Occident au , Paris, ORSTOM, 1996, , qui sera effectivement institué à Paris par la loi du . vignette|Jules Brévié le . De au , date de fermeture de l'ambassade, il est ambassadeur de France en Hongrie.
Il a été décoré de l'ordre de la Francisque .
Pour avoir appartenu au gouvernement de Vichy, il est condamné, en , par la Haute Cour de justice à dix ans de prison et à la dégradation nationale à vie. Il est amnistié par décret du .
Brisé par ses années d'emprisonnement, il meurt à 84 ans le dans le village de Pierrefitte qui se situe sur la commune de Talizat dans le Cantal.
Il a été membre de l'Académie des sciences d'outre-mer.
Publications Monographie du cercle de Bamako, 1904 Islamisme contre naturisme au Soudan français : essai de psychologie politique coloniale (Préface de Maurice Delafosse), Leroux, Paris, 1923 Trois études de M. le gouverneur général Brévié (« Communication faite le à l'Académie des sciences coloniales en présence de M. Albert Lebrun » ; « Colonisation » ; « Science et colonisation »), Imprimerie du gouvernement général de l'AOF, Dakar, 1936 Hommage à la colonisation portugaise, Institut Français au Portugal, Lisbonne, 1940. Préface de Rêves d'un campagnard annamite, de Tran Van Tung, Mercure de France, 1940, 192 p.
Distinctions
Hommages Une avenue porte son nom à Niamey (Niger).
Notes et références
Voir aussi
Bibliographie Robert Cornevin (et al.), « Jules Brévié », in Hommes et destins, vol. 5, Académie des sciences d'outre-mer, Paris, 1975, Patrice Morlat (dir.), Les Grands Commis de l'Empire colonial français (actes du colloque de Clermont-Ferrand du ), Les Indes savantes, Paris, 2010, 229 p. André Salifou, Le Niger, L'Harmattan, Paris, Budapest, Turin, 2002, 428 p.
Articles connexes Administrateurs coloniaux au Sénégal Liste des gouverneurs d'Indochine Administrateurs coloniaux en Côte d'Ivoire Liste des ministres français de l'Outre-mer et des Colonies
Liens externes
Liste des gouverneurs généraux de l'AOF (d'après World Statesmen) Liste des gouverneurs généraux de l'Afrique occidentale française de 1895 à 1920 (d'après les Sources de l'histoire de l'Afrique au sud du Sahara dans les archives et les bibliothèques françaises)
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