Louis Charles Antoine Desaix, né le Extrait des actes de baptêmes de la paroisse d’Ayat Saint-Hilaire (reproduisant les fautes d'orthographe d'origine) :« Le 17 août 1768 est né et a été baptisé le lendemain Louis.Charles.Antoine Désaix, fils légitime de Messire Gilbert.Antoine Beaufranchet d'ayat de Boucherol Desaix, chevalier, sieur de Veygoux, et de dame Amable de Beaufranchet, son épouse, demeurant à Veygoux, paroisse de Charbonnières les Varennes, et accouchée au château d'ayat sur celle-cy(i). A été Parrain, messire Louis Charles Antoine de Beaufranchet, représenté par Messire Amable de Beaufranchet, son agent et chevalier seigneur d'ayat, marraine dame Charlotte de Boucherol, épouse de Messire Louis Désaix, Chevalier de l'ordre royal militaire de Saint-Louis, demeurant à Rochegude, paroisse de Charbonnières-les-Vieilles, avec nous Soussigné. Signé Sirmond et Cromarias, Curé. ». au château d'Ayatdisparu. à Ayat-sur-Siouleanciennement Saint-Hilaire d'Ayat. (Puy-de-Dôme) et mort au combat le à Marengo (Italie), est un général français qui s'est illustré lors des guerres révolutionnaires et sous les ordres de Bonaparte, notamment en Égypte et en Italie. Selon l'usage de l'époque, afin de se distinguer de son frère, il a ajouté à son nom celui du fief de sa famille et a pris pour nom Desaix de Veygoux. Desaix est surnommé le « Sultan juste ».
Nom de famille Prononciation L'habitude veut qu'on prononce dans le pays d'origine de Desaix. Le nom provenant de Des Aix, la prononciation est aussi rencontrée mais elle est moins courantehttp://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/ahrf_0003-4436_2001_num_324_1_2513 .La prononciation erronée Deu-sexe résulte probablement d'une confusion entre les généraux Desaix et Dessaix..
Évolution Le nom des Ayes apparaît en 1287, puis viennent des Haies, des Azayes ou des Saix. Des Aix est porté à partir du jusqu’à l’aïeul du général qui meurt en 1750. La forme actuelle Desaix voit donc le jour avant la RévolutionOn la trouve dès le mariage Desaix-Beaufranchet, le 18 septembre 1758, puis sur l’acte de naissance du général, le 17 août 1768, et lors des comptes-rendus des « Exercices publics » de l'École royale militaire d'Effiat, de 1778 à 1783..
Biographie Origines familiales Louis Charles Antoine des Aix est le troisième fils de Gilbert Antoine des Aix (1716-1783), chevalier, seigneur de Veygoux, et d'Amable de Beaufranchet (1734-1802), son épouse et cousine germaine car son grand-père, Sylvain des Aix (1678-1750) était marié à Anne de Beaufranchet d'Ayat (1684-1772). La famille Desaix est originaire des Ayes, hameau de la commune de Teilhet, situé à d'Ayat-sur-Sioule d'après René Bouscayrol. L'attache première de la famille a probablement été la tenure féodale d'Aix, terre noble de la châtellenie d'Eygurandes dans la baronnie d'Herment dont la suzeraineté s'étendait sur le sud de la Combrailles.. Il est lié à la famille noble de Beaufranchet établie en Auvergne, dont plusieurs membres se sont fait connaître au Voir l'acte de naissance de Desaix. Normalement, c'est le patronyme et non pas le nom d'épouse qui est indiqué, donc sa mère aussi est une Beaufranchet.Desaix a eu trois frères et une sœur : Amable, né le 10 décembre 1759 ; Gaspard Antoine né en 1761 et mort en bas âge ; Françoise Antoinette, née le 25 août 1764, enterrée à Aubiat ; Louis Amable, né le 7 juin 1773, enterré au cimetière des Carmes à Clermont-Ferrand.. La mère du général Desaix est la sœur de Jacques de Beaufranchet seigneur d'Ayat qui épouse le Marie-Louise O'Murphy ancienne maîtresse de Louis XV et modèle du peintre François Boucher.
Une formation militaire En 177618 octobre., à l'âge de huit ans, Desaix entre à l'école royale militaire d'Effiat, dirigée par des prêtres séculiers, les oratoriens, où il se fait appeler « chevalier de Veygoux ». À quinze ans, en 1783, il est nommé sous-lieutenant dans le régiment de Bretagne (infanterie)..
Le choix de la République thumb|upright|left|180px|Louis-Charles-Antoine Desaix en uniforme de capitaine au d'infanterie de ligne en 1792 par Charles de Steuben (1835). En 1791, il quitte le régiment de Bretagne car il est nommé commissaire ordinaire des guerres à Clermont-Ferrand.
En 1792, la majeure partie de sa famille émigre, effrayée par la Révolution. Il se refuse à la suivre et part servir contre les forces de la coalition dans l'armée du Rhin. Il y est nommé aide de camp du commandant en chef Victor de Broglie. Alors qu'il est chargé de porter des courriers à Bourbonne-les-Bains et voulant éviter les contrôles au bourg de Xertigny, il se fait arrêter et conduire à la prison d'Épinal où il sera interrogé puis remis en liberté grâce à une intervention de Poullain GrandpreyBiographie Nouvelle Des Contemporains, vol. 17, , éd. Librairie historique, 1824..
Ayant montré une rare bravoure et une grande présence d'esprit au combat de Lauterbourg, il est nommé général de brigade à titre provisoire le , à 25 ans, confirmé dans ce grade le , nommé provisoirement au grade de général de division le .
Confirmé dans son grade de général de division par le Comité de Salut Public, dans l'armée du Rhin le , Desaix prend la plus grande part aux victoires de cette campagne de l'an IV, et participe, entre autres, au blocus de Mayence Karl Anton Schaab, Die Geschichte der Bundes-Festung Mainz, historisch und militärisch nach den Quellen bearbeitet. (Histoire de la forteresse Mayence), Mayence 1835., S. 394-397.C. Mullié rapporte qu'un jour, à l'armée du Rhin, les bataillons français commençaient à plier ; Desaix se jeta au-devant d'eux avec sa réserve. Quelques officiers lui demandèrent s'il n'avait pas ordonné la retraite.
Après la destitution de Pichegru, le général Michaud à qui l'on destinait le commandement, conduisit Desaix chez le député Léman :
Et il sortit après avoir refusé formellement.. En 1795, il protège l’aile droite de l’armée du Rhin de Pichegru, du côté de Brisach et Bâle, face à Wurmser. À l’automne il combat près de Mannheim et Landau. Il signe un armistice avec Clerfayt le .
Ses succès militaires en 1794 et 1795 conduisent à sa nomination comme commandant en chef par intérim de l'armée du Rhin du au (il succède provisoirement à Pichegru, son supérieur, qui fait l’objet de lourds soupçons), du au . Il remet à chaque fois son commandement au général Moreau en vue du lancement opérationnel de la campagne d’Allemagne. L’arrestation de Pichegru à Paris lors du coup d’Etat du 18 Fructidor et la confirmation de sa trahison de 1795 (affaire du fourgon de Klinglin) crée une incertitude à l’égard de Moreau (destitué) et Desaix (protégé par Bonaparte). Du au , le général Desaix est commandant en chef de l'armée d'Angleterre.
La campagne d'Égypte
thumb|upright|right|La clémence de Desaix dans « Voyage dans la basse et la haute Égypte » de Vivant Denon (1802).
Lorsqu'il rencontre BonaparteVoici en quels termes en parlait Napoléon : . à Passariano en Italie en 1797, celui-ci lui confie l'organisation d'un convoi maritime pour la campagne d'Égypte, où il remplira la fonction d'amiral.
Durant la campagne d'Égypte, Desaix participe à la prise de Malte, puis à celle d'Alexandrie, écrase les mamelouks à Chebreiss () et s'illustre lors de la bataille des PyramidesDans la bataille des Pyramides, il développe de grands talents et une grande bravoure, le général en chef lui fait solennellement présent d'un poignard d'un très beau travail et enrichi de diamants, sur lequel sont gravés les noms des combats que nous venons de citer. Les restes de ce poignard se trouvent dans les collections du Musée d'art Roger-Quilliot à Clermont..
Il reçoit ensuite l'ordre d'aller faire la conquête de la Haute-Égypte, et d'y achever la destruction des mamelouks. Il livre divers combats à Sonaguy, à Thèbes (aujourd'hui Louxor), à Samanouth (aujourd'hui Sebennytos) à Syène (aujourd'hui Assouan), à Gosseys et triomphe partout. Son administration est telle qu'elle lui vaut le surnom de Sultan juste de la part des vaincus eux-mêmes. Par ailleurs, en homme instruit, il procure aux scientifiques chargés de reconnaître le pays tous les renseignements qu'il a recueillis, en recherchant lui-même les ruines et les monuments importants.
Rappelé de Haute-Égypte, il bénéficie de la convention d'El-Arich signée par Kléber avec les Turcs et les Anglais et s'embarque pour l'Europe le . Arrivé à Livourne, le vice-amiral anglais George Keith Elphinstone le déclare prisonnier au mépris des conventions, et affecte de le confondre avec les soldats qu'il raccompagneC. Mullié indique que Desaix ne répondit à ces lâchetés que par ces mots : .
Délivré par un ordre supérieur venant des mains du vice-amiral, Desaix écrit de Toulon au Premier Consul. Peu de temps après, sans même avoir revu sa famille en Auvergne, il part pour l'armée d'Italie.
La bataille de Marengo
thumb|left|La mort de Desaix par Jean Broc (1806). thumb|right|Plaque commémorative sur le site exact de la mort du général Desaix. Le , de retour à Toulon, Desaix rejoint Bonaparte en Italie, où les troupes françaises sont confrontées aux Autrichiens.
Il rejoint l'armée la veille de la bataille de Marengo et va y commander la réserve, qui va changer le rapport de force. Le , les deux armées s'affrontent à la bataille de Marengo.
Envoyé sur ordre de Bonaparte à la recherche de l'armée ennemie sur la route de Gênes, Desaix revient sur ses pas en entendant tonner des canons sur ses arrières (à moins que ce ne soit sur réception d'un contrordre, les deux versions ont ). Les troupes françaises ont en effet été attaquées et mises en grande difficulté par les Autrichiens. Arrivant avec environ , Desaix prend la tête de la d'infanterie légère et s'élance contre l'ennemi.
Cette action rétablit la situation et permet la victoire de l'armée française. Mais, au cours de la charge, Desaix est mortellement blessé d'une balle en plein cœurOn fait mourir Desaix de plusieurs manières : Walter Scott par une balle à la tête ; Le Mémorial de Sainte-Hélène par un boulet de canon ; les Mémoires de Napoléon par une balle au cœur ; le général Mathieu Dumas, Simon Despréaux, qui a écrit son éloge, et Decayrol, qui l'a fait embaumer à Milan, le tuent d'un coup de feu dans la poitrine.. Il a 31 ansIl tombe dans les bras du colonel Lebrun et expire en laissant tomber, dit-on, ces paroles : Desaix a-t-il pu parler et a-t-on pu recueillir ses paroles ? Decayrol assure qu'il tomba sans témoin aucun, et que, sa division ayant plié un moment, les colonnes autrichiennes ont dû lui passer sur le corps. Bourienne, témoin oculaire, affirme qu'il disparut au milieu d'une si grande confusion, que les circonstances de sa mort n'ont pu être constatées ; mais Bourienne est-il plus sincère que bienveillant ?.
Très affecté par sa mort, le Premier Consul fait transporter à l'hospice du Grand-Saint-Bernard la dépouille mortelle du général Desaix, dont il était très proche. Elle est inhumée dans la chapelle des Hospitaliers du Grand Saint-Bernard le Argha, Le transport du tombeau de Desaix, Le Gonfanon, Argha.. Berthier, ministre de la Guerre, représentant l'Empereur, prononce son éloge funèbre.
Hommages Monuments Les monuments commémoratifs à Desaix sont classés par ordre chronologique de création.
La fontaine de la Pyramide à Clermont-Ferrand (1801) (œuvre remaniée par rapport au projet de départ), Le cénotaphe du général Desaix à Strasbourg (1802), (œuvre déplacée de l'île aux Épis à Strasbourg et remaniée par rajout par rapport au projet de départ), La fontaine Desaix sur la place Dauphine à Paris (1803), (œuvre déplacée de Paris à Riom et remaniée), Le tombeau de Desaix au col du Grand-Saint-Bernard, en Suisse (1806). Œuvre déplacée de quelques mètres, le corps de Desaix se trouve, depuis lors, à côté de son tombeau. La fontaine Desaix, esplanade du Pré-Madame à Riom (1806), L'arc de triomphe de l'Étoile à Paris où est gravé le nom de Desaix, au titre des personnalités de la Révolution (1806),