est l'avant-dernier souverain de la et a régné au début du . Il succède à , qui est peut-être son père, et précède la souveraine Néférousobek, qui est peut-être sa sœur.

Famille

Parents du roi

La seule attestation de la reine Hétepti se trouve dans le temple de Rénénoutet de Médinet Mâdi, construit et décoré sous et son successeur : sur le jambage ouest du court corridor, est représenté avec sa famille lors de la consécration du temple, le roi est suivi par plusieurs personnes dont une seule femme, Hétepti, qualifiée de « princesse héréditaire (jry.t-pˁt), Maîtresse du Double Pays (Ḥnw.t-Tȝ.wy), ..., mère du roi (mw.t-nsw.t), Celle qui est unie à la couronne blanche (H̱nm(w).t-nfr-ḥḏ.t) »« Amenemhat III temple in Medinet Madi ». L'inscription est partiellement détruite ; ainsi, il est possible que des parties de ses titres manquent, mais aussi que des parties de son nom soient détruites : Silke Roth reconstruit d'ailleurs le titre d'« épouse du roi » (ḥmt-nsw.t) entre les titres de « Maîtresse du Double Pays » et « mère du roi », ce que Julien Siesse réfute en soulignant que la partie effacée est parfaitement illisible.

Les titres de la reine et la scène permet de déduire que Hétepti était la mère du roi .

Concernant la relation de la reine avec , elle est moins certaine car la reine ne porte pas le titre d'« épouse du roi ». Si ses titres de « Maîtresse du Double Pays » et de « Celle qui est unie à la couronne blanche » sont typiques des épouses royales, rien de garantit qu'elle soit l'épouse d'. De plus, un certain Ânkhou, « scribe du temple » de , puis « Directeur des Champs », indique que sa mère Mérestékhi est devenue « sœur du roi » mais n'a jamais été fille de roi. Ainsi, l'un des successeurs de n'était pas d'origine royale. Or Ânkhou indique également qu'il a servi alors qu'il n'était qu'un jeune princeCertains chercheurs traduisent l'inscription comme le fait qu'Ânkhou a servi un fils d' () ; si les deux traductions sont grammaticalement correctes, Ryholt indique que, dans le cas où la seconde traduction est la bonne, il serait très étonnant que le nom du prince soit omis, ce qui fait pencher ce chercheur et d'autres vers la première traduction, c'est-à-dire Amenemhat en tant que prince ()., excluant de fait ce roi. Il reste donc qu', Néférousobek et les premiers rois de la , également d'origine non royale.

Ainsi, si certains chercheurs préfèrent rester prudents, deux principales hypothèses sont possibles : certains chercheurs voient en un fils de roturier et l'oncle de cet Ânkhou, Hétepti étant alors la mère de Mérestékhi également, d'autres voient en le fils d', Hétepti étant alors l'épouse de ce dernier.

Hétepti est également donnée comme une des filles d' selon quelques spécialistes, dont Jacques Kinnaer.

Enfants du roi

est donné comme le père des deux premiers rois de la : et Sekhemkarê Amenemhat-Senbef, en effet ces rois portent des noms de Sa-Rê de la forme Amenemhat-nom, ce qui fait dire à certains que la partie du nom Amenemhat est en l'honneur de leur père, cette pratique étant suivie par plusieurs rois de la dynastie. Cependant, cette théorie développée par Kim Ryholt est contestée par Julien Siesse car la est constituée de rois roturiers, or de nombreuses personnes vivant au Moyen Empire avaient en réalité un prénom, formel, et un second prénom, plus personnel, ce second prénom permettant de distinguer les nombreux homonymes, et ce au sein même des familles. Ainsi, les premiers rois de la ne seraient pas liés d'un point de vue généalogique aux rois derniers rois de la .

Règne

Le Canon royal de Turin place dans la colonne 6, rangée 1, et lui attribue un règne de neuf ans, trois mois et vingt-sept jours. est également inscrit dans la liste d'Abydos () et dans la table de Saqqarah (), toutes deux datant du Nouvel Empire. Dans son Ægyptiaca, Manéthon le nomme Ammenemes et indique un règne de huit années. En tout cas, le règne d'Amenemhat semble avoir été pacifique et sans incident. est bien attesté par des artefacts contemporains, dont un certain nombre de scarabées et de sceaux-cylindresPar exemple sceaux 22 et 33 et 121 and pl. et ()..

Arrivée au pouvoir

est peut-être arrivé au pouvoir en tant que corégent de son prédécesseur , dont le règne marque l'apogée de la période du Moyen Empire. La corégence serait attestée par de nombreux monuments et artefacts où les noms des deux rois sont cités en même temps, de manière parallèle. La durée de cette corégence est incertaine ; elle aurait pu durer de un à sept ans, bien que la plupart des spécialistes pensent qu'elle n'a duré que deux ans.

Activités hors d'Égypte

Quatre expéditions dans les mines de turquoise de Sarabit al-Khadim dans le Sinaï sont datées de son règne par des inscriptions in situ. La dernière a eu lieu dans sa neuvième année sur le trône et pourrait être la dernière expédition du Moyen Empire, puisque la prochaine inscription date du règne d', environ deux-cents ans plus tard. En son an 2, a envoyé une autre expédition pour exploiter une mine d'améthyste dans le Ouadi el-Houdi, dans le sud de l'Égypte. Le chef de l'expédition était le trésorier adjoint Sahathor. Plus au sud, on connaît à Koumma, en Nubie, trois enregistrements du niveau du Nil qui sont explicitement datés de ses années 5, 6 et 7 sur le trône, montrant que la présence égyptienne dans la région a été maintenue de son vivant.

D'importantes relations commerciales ont dû exister pendant son règne avec la ville de Byblos, sur la côte du Liban actuel, où un coffre en obsidienne et en or ainsi qu'un couvercle de jarre portant le nom d' ont été trouvés. Une plaque en or montrant une offrande d' à un dieu peut également provenir de cette ville.

Récemment, des fouilles à Ouadi Gaouasis sur la côte de la mer Rouge ont produit deux coffres en bois et un ostracon portant un texte en écriture hiératique mentionnant une expédition au pays de Pount en l'an 8 d', sous la direction du scribe royal Djedy. Deux fragments d'une stèle le représentant et datant de son an 7 ont été trouvés à Bérénice sur la mer Rouge.

Monuments

a achevé le temple de Rénénoutet et Sobek à Médinet Mâdi commencé par , qui est le seul temple intact du Moyen Empire existant encore selon Zahi Hawass. Les fondations du temple, les bâtiments administratifs, les greniers et les résidences ont été mis au jour par une expédition archéologique égyptienne début 2006. a peut-être aussi construit un temple dans le nord-est du Fayoum à Qasr el-Sagha.

est responsable de l'achèvement d'un sanctuaire au temple d'Hathor dans le Sinaï et pourrait également avoir entrepris des travaux à Karnak où un piédestal pour une barque sacrée portant les noms d' et a été trouvé en 1924.

Après son règne

est suivi sur le trône par Néférousobek, probable fille d'. Après le cours règne de cette dernière, la s'est achevée et a été remplacée par la , beaucoup plus faible. Bien que les deux premiers souverains de cette dynastie aient pu être des fils d', l'instabilité politique est rapidement devenue courante et les rois ont rarement régné au-delà de quelques années. L'afflux d'immigrants asiatiques dans le delta du Nil, qui avait commencé sous les règnes du prédécesseur d', s'est accéléré sous son propre règne, devenant complètement incontrôlable. Sous la , la population asiatique du delta fonda un royaume indépendant dirigé par des rois de descendance cananéenne formant la et régnant à partir d'Avaris, forçant les rois de la à abandonner la Basse-Égypte, puis petit à petit la Moyenne-Égypte. quatre-vingts ans environ après le règne d', l'administration de l'État égyptien semble s'être complètement effondrée, marquant le début de la Deuxième Période intermédiaire. Les successeurs des rois de la ne contrôlent alors qu'un territoire réduit avec pour capitale Thèbes.

Sépulture

La tombe d' n'a pas été identifiée. Il est néanmoins souvent associé à la pyramide sud de Mazghouna en ruine. Aucune inscription n'a été trouvée à l'intérieur de la pyramide pour établir l'identité de son propriétaire, mais sa ressemblance architecturale avec la deuxième pyramide d' à Hawara a conduit les égyptologues à dater la pyramide de la fin de la ou du début de la . Moins probable, pourrait avoir été enterré dans la première pyramide d' à Dahchour, puisque son nom a été trouvé sur une inscription dans le temple mortuaire.

À Dahchour, à côté de la , les vestiges d'une autre pyramide datant du Moyen Empire ont été découverts lors de travaux de construction. La pyramide n'a pas encore été fouillée, mais un fragment portant le nom royal Amenemhat a été mis au jour. Il est donc possible que cette pyramide appartienne à , bien qu'il existe aussi des rois de la qui portaient le nom d'Amenemhat et qui auraient pu construire la pyramide. Le fragment de relief peut aussi provenir de la pyramide voisine d'.

Titulature

Notes et références Notes

Références

Bibliographie

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