Louis Marie Turreau de Lignières, dit Turreau de Garambouville., est un général français de la Révolution et de l'Empire né le à ÉvreuxSa fiche sur la base LEONORE. et mort le à Conches-en-Ouche.

Républicain sous la Révolution, il est principalement connu pour avoir dirigé, durant la guerre de Vendée, les colonnes infernales. Chargées d'appliquer les décrets d'extermination et d'anéantissement de cette région après la défaite de l'Armée catholique et royale, ses troupes massacrent systématiquement des dizaines de milliers de Vendéens, sans distinction d'âge ni de sexe, ce qui a pour conséquence de relancer la guerre civile. Devant les protestations des républicains locaux touchés par les massacres, il est rappelé puis arrêté, mais est finalement acquitté au motif qu’il a obéi aux ordres du Comité de salut public. Il poursuit par la suite une brillante carrière de haut fonctionnaire, devenant ambassadeur aux États-Unis, puis baron d'Empire..

Biographie Carrière civile Le père de Louis Marie Turreau est fils d'un huissier-audiencier, lui-même officier royal, procureur fiscal des Eaux et forêts du comté d'Évreux, il devient par la suite maire d’Évreux. Cette situation fait jouir les Turreau de certains privilèges.

Louis Marie Turreau est envoyé faire ses études au collège. Devenu un fervent révolutionnaire dès 1789, il s'engage dans la garde nationale. Il est élu maire d'Aviron, commune proche d'Évreux, puis achète des biens nationaux confisqués, notamment toute l'abbaye de Conches avec ses deux mille hectares de forêts.

Carrière militaire jusqu'en 1794 Avant la Révolution, Louis Marie Turreau n'exerce pas de réelle activité militaire : il entre bien aux Gardes du corps du comte d'Artois, mais il n'est inscrit que sur les rôles surnuméraires – il est alors simple remplaçant.

À la Révolution, il entre dans la Garde nationale de Conches, et en prend la direction en . Le , il est élu lieutenant-colonel du de volontaires de l'Eure, et part combattre sur les frontières du Nord. Il est nommé colonel en novembre, et intègre l'armée de la Moselle.

En , il intègre l'armée des côtes de La Rochelle, qu'il quitte le car cette affectation ne lui plaît pas. Il écrit à un ami : . Il combat néanmoins deux mois en Vendée. Promu général de brigade le , il est ensuite nommé à la tête de l'armée des Pyrénées orientales jusqu'au . Entre-temps il est promu général de division le .

Il est à nouveau nommé dans l'Ouest commandant en chef de l'armée de l'Ouest. Il arrive à sa nouvelle affectation sans enthousiasme le .., alors que les derniers éléments de l'Armée catholique et royale sont écrasés par Kléber, Westermann et Marceau à Savenay le .

Les colonnes infernales

vignette|gauche|280px|Vitrail représentant un massacre de civils par les Colonnes infernales.

Politiquement, Louis Marie Turreau est à la fois proche des montagnards et des sans-culottes.. C'est sans doute une des raisons pour laquelle il fait arrêter et puis exécuter l'adjudant-général Desmarres.. Chargé par le gouvernement révolutionnaire de quadriller la Vendée militaire après l'écrasement des insurgés lors de la virée de Galerne, Turreau met en place des colonnes infernales chargées d'exterminer tous les ayant participé à la révolte.

Après avoir attendu en vain des ordres clairs de la part du Comité de salut public, Turreau lance ses colonnes en janvier 1794.. Le , il demande aux représentants en mission Francastel, Bourbotte et Louis Turreau, son cousin, de se prononcer sur ... Il écrit à ce sujet : .. Sa lettre reste sans réponse.

Le , Louis Marie Turreau fait parvenir ses instructions à ses généraux. La consigne est de passer au fil de la baïonnette tous les rebelles , ainsi que .. Il ajoute que . En revanche les hommes, femmes et enfants devront être respectés et évacués sur les derrières de l'armée. Ses généraux interprètent librement les ordres reçus et agissent de manières très diverses : certains n'appliquent pas les ordres de destruction et de tuerie systématiques, mais d'autres se distinguent par leurs violences et leurs atrocités, au point d'exterminer des populations entières, sans épargner les femmes, les enfants ou les patriotes. Entre périssent en quatre mois à cause de ces massacresRoger Dupuy, La République jacobine, tome 3 de la Nouvelle histoire de la France contemporaine, ....

Les colonnes infernales, censées la Vendée, aboutissent au résultat opposé : les massacres commis par les troupes de Turreau poussent la population vendéenne à se soulever à nouveau, relançant la guerre de Vendée et gâchant la victoire que les Républicains avaient remportée en Anne Rolland-Boulestreau, , in Guerres & Histoire , avril 2018, pages 44-45..

Suite de la carrière de Turreau vignette|droite|Le général peint par Louis Hersent. Ses méthodes en Vendée ayant conduit à un véritable fiasco, Louis Marie Turreau est rappelé dès le . Deux jours plus tard, il est affecté à l'armée des côtes de Brest sous l'autorité du général Moulin. Il commande la quatrième division basée à Belle-Île. Mais il est arrêté le de la même année. Il passe une année en prison et en profite pour rédiger ses Mémoires pour servir à l’histoire de la Vendée. Il refuse l'amnistie du () qui clôt les travaux de la Convention nationale, afin d'être réhabilité sans équivoque. Le il est acquitté par un tribunal militaire qui juge qu’il n'a fait qu'exécuter les ordres et n'a pas joué un rôle de premier plan. Il est réintégré en 1797 dans l'armée de Sambre-et-Meuse.

Sous le Consulat, il commande dans les Alpes l'aile gauche de l'armée d'Italie sous Masséna.. Il est ensuite envoyé en Suisse à la tête de l'armée en Valais puis commande provisoirement l'armée du Danube.. De 1803 à 1811, il est ambassadeur aux États-Unis, puis commandant de plusieurs places militaires. En 1812, il est fait baron d'Empire. En 1814, il se soumet à Louis XVIII.

Pendant les Cent-Jours, il publie le Mémoire contre le retour éphémère des hommes à privilèges.

La Restauration ne l'a pas poursuivi, ni pour ce libelle, ni pour les colonnes infernales. Un jour, Louis XVIII, dans l'intention de rendre hommage à ses fidèles vendéens, envisage de se rendre en Vendée, entouré de quelques personnalités. Il pense devoir faire appel notamment à Turreau. Son entourage l'en dissuade fermement : « Non Majesté, surtout pas celui-là ! ».

Rallié à la Restauration, Louis Marie Turreau est inscrit sur la liste des bénéficiaires de la croix de Saint-Louis.... Selon l'historien Alain Gérard, .

180px|vignette|droite|Noms gravés sur l'arc de triomphe de l'Étoile : pilier Est, et . En haut à gauche, le nom de Turreau.

Distinctions Louis Marie Turreau est créé baron de l'Empire le . Il est fait Grand officier de la Légion d'honneur le . Il fait partie des 660 personnalités à avoir son nom gravé sur l’arc de triomphe de l'ÉtoileG. Walter, La Guerre de Vendée, Paris, Plon, 1953, page 341. ».

Notes et références

Annexes

Bibliographie

Alain Gérard, Turreau, ou l'impossible procès de la Terreur, communication au colloque La Vebdée. Après la Terreur, la reconstruction, organisé par le Centre vendéen de recherches historiques en à La Roche-sur-Yon, Perrin, 1997, p. 111-143 , réédition dans l'ouvrage de l'auteur D'une grande guerre l'autre la Vendée 1793-1914 en par ledit Centre vendéen, p. 100-133.

Liens externes

Catégorie:Général de la Révolution française promu en 1793 Catégorie:Naissance en juillet 1756 Catégorie:Naissance dans la province de Normandie Catégorie:Naissance à Évreux Catégorie:Décès en décembre 1816 Catégorie:Décès à Conches-en-Ouche Catégorie:Décès à 60 ans Catégorie:Ambassadeur du Premier Empire Catégorie:Ambassadeur de France aux États-Unis Catégorie:Officier républicain de la guerre de Vendée Catégorie:Baron de l'Empire Catégorie:Grand officier de la Légion d'honneur promu en 1804 Catégorie:Nom gravé sur l'arc de triomphe de l'Étoile Catégorie:Militaire français des guerres de la Révolution française