Jean-François Copé, né le à Boulogne-Billancourt, est un haut fonctionnaire et homme politique français.

Sur le plan national, il exerce plusieurs fonctions ministérielles dans les gouvernements de Jean-Pierre Raffarin et de Dominique de Villepin, étant secrétaire d’État chargé des Relations avec le Parlement, porte-parole du gouvernement, ministre délégué à l’Intérieur et ministre délégué au Budget.

Il est plusieurs fois élu député de la sixième circonscription de Seine-et-Marne à partir de 1995 et préside le groupe UMP à l’Assemblée nationale entre 2007 à 2010, avant d’occuper la fonction de secrétaire général du parti. En 2012, il est élu à la présidence de l’UMP, avant de démissionner deux ans plus tard en pleine affaire Bygmalion.

Depuis 1995, il est maire de la ville de Meaux (Seine-et-Marne), exception faite du mandat par permutation d'Ange Anziani entre 2002 et 2005.

Situation personnelle Origines familiales Jean-François Copé naît le à Boulogne-Billancourt, alors dans le département de la Seine. Il est le fils aîné du professeur Roland Copé, chirurgien gastro-entérologue proctologue français d'origine juive ashkénaze. roumaine« Jean-François Copé, un président de groupe dans la tourmente », politique.net, . et de Monique Ghanassia, dont la famille juive séfarade. était originaire d'Alger. Sa sœur Isabelle naît en et son frère Jean-Fabrice en .

Du côté paternel, son grand-père Marcu Hirs Copelovici, fils de Copel« Copel » est un des nombreux diminutifs de Jacob (Jean-Louis Beaucarnot, Le tout politique). et Zleta, originaires de Bessarabie, est un médecin né à Iași dans l'est de la Roumanie au début du . Fuyant l'antisémitismeJean-Louis Beaucarnot, Le tout politique. de son pays, il émigre en France à Paris en 1926. Le grand-père choisit par décret de francisation de changer son prénom et son nom pour Marcel Copé.. Il se marie peu après avec Gisèle Lazerovici, fille de Ghidale Lazerovici, comptable. En , le couple échappe avec ses deux enfants à la rafle d'Aubusson (le père de Jean-François Copé a alors ) en trouvant refuge dans la famille Leonlefranc, honorée par la suite du titre de Justes.. En 1965, âgé de , Marcel Copé meurt en IsraëlLes Ambitieux, Philippe Reinhard.. Jean-François Copé fait de la persécution et du sauvetage de ses parents Jean-François Copé, Un député, ça compte énormément ! : Quand le parlement s'éveille, Albin Michel, 2009..

Du côté maternel, son grand-père Ismaël André Ghanassia, fils de Moïse Ghanassia et Djouhar Soussi, originaires de Miliana, est avocat à Alger. Son épouse, Lise Boukhabza, est la petite-fille d'un rabbin originaire de Tunisie, et sa mère est originaire de Tétouan au Maroc. André Ghanassia, son épouse et leurs trois enfants, dont Monique, quittent Alger pour la métropole dans les années 1950, peu après les débuts de la guerre d'Algérie.

Formation Jean-François Copé effectue sa scolarité à Paris, à l'École active bilingue Jeannine-Manuel ()., et au lycée Victor-Duruy (). Il obtient, en 1981, le baccalauréat série B (économique et social) avec la mention bien, , dont il sort diplômé en 1985 (section Service public)..

Il effectue son service militaire en 1986, puis entre l'année suivante à l'ENA, dans la promotion Liberté-égalité-fraternité (1987-1989). À l'ENA, il se classe de sa promotion..

Il suit des séminaires de formation en nouvelle gestion publique (new public management) aux États-Unis, où il étudie le , c’est-à-dire l’approche comparatiste des pratiques internationales performantesCité par Emmanuel Ratier dans Faits et Documents, , daté du 15 au 31 , .

Vie privée thumb|left|Son épouse, Nadia Copé, en 2012.

Le , Jean-François Copé épouse Valérie Ducuing, consultante en relations publiques chez Veolia. De ce premier mariage, naissent une fille et deux fils.. Ils divorcent en 2007.. Il a une deuxième fille, née en 2010 de son union avec Nadia Hamama.., psychologue pour enfants. Le couple se marie le , à la mairie de Meaux...

Jean-François Copé se déclare et Tribune juive, 15 février 2002. :

Carrière professionnelle À sa sortie de l’ENA, Jean-François Copé, entame une carrière au sein d’établissements financiers. Il devient administrateur civil à la Caisse des dépôts et consignations (CDC) en 1989, fonction qu’il exerce jusqu’en 1991.

De 1991 à 1993, il est directeur de cabinet du président du Crédit local de France. De 2000 à 2002, il est membre du conseil de surveillance de Dexia Crédit local de France et président du conseil d'administration de l'Institut des managers du développement local.

En parallèle de cette carrière, de 1990 à 1993, il est maître de conférences associé d'économie et de finances locales à Sciences Po. Il poursuit une carrière dans l'enseignement de 1998 à 2002 à l'université Paris VIIIJean-François Copé, CAEF, Centre des archives économiques et financières (CAEF), sur economie.gouv.fr du 2 octobre 2012..

En , il décide de devenir avocat du fait de l’équivalence des diplômes. Il obtient le certificat d'aptitude à la profession d'avocat (CAPA) et prête serment devant la cour d'appel de Paris.

À partir de , il exerce à temps partiel dans le cabinet d'avocats d'affaires Gide Loyrette NouelJean-François Copé intègre le cabinet d'avocats Gide Loyrette et Nouel, Capital.fr, 13 septembre 2007., l'un des plus importants de France et pratique le droit des entreprises, le droit public et la médiation. En , lors de sa nomination comme secrétaire général de l'UMP, il annonce qu'il cesse d'exercer dans le cabinet, mais continue son activité de conseil Copé abandonne son activité d'avocat, AFP informations, sur le site lefigaro.fr du 17 novembre 2011..

En , après sa démission de la présidence de l'UMP, il annonce reprendre son activité d'avocat après son inscription au barreau de Paris..

Dans le même temps, Jean-François Copé revient à l’enseignement. Début 2015, il donne des cours en anglais à Sciences-Po Paris aux côtés de Jean-Yves Gontier sur le rôle de la loi, des politiques publiques et des institutions dans une économie globale. ; tout en continuant à animer son club Génération France.fr autour de débats sur l'éducation., la sécurité, l’attractivité économique de l'Ile-de-France, l'après 11-janvier avec Marcel Gauchet. ou la réforme du Code du Travail..

Jean-François Copé exerce en tant qu’avocat en 2017 au sein du cabinet Stehlin & Associés puis il rejoint en le cabinet Everlaw & Tax.

Parcours politique Débuts Il rencontre Jacques Chirac en 1986, en Martinique, alors qu’il est stagiaire de l’ENA. En 1993, à l’occasion des élections législatives, Guy Drut le choisit comme suppléant dans la 5e circonscription de Seine-et-Marne.

De 1993 à 1995, Jean-François Copé est directeur de cabinet de Roger Romani, ministre délégué aux Relations avec le Sénat, chargé des rapatriés, dans le gouvernement Balladur.

Il soutient Jacques Chirac lors de l'élection présidentielle de 1995« Itinéraire d'un enfant gâté et ambitieux », Le Figaro, 11 janvier 2010.. La même année, il devient délégué général au projet de société au RPR. Il fait alors partie de la « task force Juppé » (à l'époque Premier ministre et président du RPR) en matière d'idées. De 1998 à 2001, il exerce la fonction de secrétaire national du RPR, chargé de l'économie, puis de la formation. Lors de l'élection pour la présidence du RPR en 1999, il se présente en tandem avec Patrick DevedjianCécile Cornudet, « Présidence du RPR - six candidats pour un scrutin ouvert », Les Échos, 11 octobre 1999., puis il se déclare pour le second tour (communément avec Patrick Devedjian) en faveur de Michèle Alliot-MarieFOCUS-France/RPR - Fillon et Devedjian soutiennent Alliot-Marie, Reuters, 24 novembre 1999.. De 2001 à 2002, il est secrétaire général adjoint du RPR, chargé du projet d'alternance.

Mandats locaux Jean-François Copé se présente sans succès à sa première élection lors des cantonales de 1992 à Villeneuve-Saint-Georges..

Il est élu maire de Meaux (chef-lieu d'arrondissement de Seine-et-Marne) en 1995 comme candidat RPR dissident, à l'âge de Bertrand Gréco et Gaspard Dhellemmes, L'histoire secrète d'une élection capitale, éditions du Moment, 2014, page 125..Virginie Le Guay, « Jean-François Copé : "Sur le papier, c'était perdu d'avance" », Paris Match, semaine du 11 au 18 août 2017, page 22., puis est réélu dès le premier tour en 2001, 2008, 2014, 2020 et 2026..

Il est conseiller régional d'Île-de-France de 1998 à 2007..

Mandats parlementaires Au mois de , il devient député de la de Seine-et-Marne, à la suite de la nomination de Guy Drut dans le premier gouvernement Juppé. De 1995 à 1997, il est le benjamin de l'Assemblée nationale.

Lors de la campagne législative anticipée de 1997, Jean-François Copé est chargé du projet du RPR puis de la majoritéDelphine Girard, « Nouvelle étape de baisse des charges sur les bas salaires », 30 avril 1997, La Tribune. et est le porte-parole de campagne de son parti. Le projet qu'il présente prône des économies budgétaires fondées sur une baisse des dépenses de l’État« 60 à 90 milliards d'économies sur les dépenses publiques », 30 avril 1997, La Tribune., et le transfert des recettes des privatisations vers le désendettementJean-Pierre Gratien, « La droite prudente sur les services publics », 6 mai 1997, La Tribune..

Le , au second tour des élections législatives, il est élu député de la sixième circonscription de Seine-et-Marne. Cinq ans plus tard, le , il est réélu député dans la même circonscription, au premier tour des élections législatives, avec 54,26 % des suffrages exprimés. Il quitte sa fonction de conseiller régional durant l'été 2007 pour respecter les règles sur le cumul de mandatsLe Parisien, 20 août 2007.. Il est réélu en , avec 59,63 % des voix au second tour« Copé réélu sans souci », Le JDD, 17 juin 2012..

Fonctions ministérielles Jean-François Copé est membre des gouvernements Raffarin I et Raffarin II, de 2002 à 2004, en tant que secrétaire d'État aux relations avec le Parlement, porte-parole du gouvernement sous Jacques Chirac. Il est alors le benjamin des ministres. Nommé au gouvernement, il devient premier adjoint au maire de Meaux, obéissant à la règle non-écrite de non-cumul d’une fonction ministérielle avec la tête d’un exécutif local. Il demeure néanmoins président de la communauté d'agglomération de Meaux.

Fin 2003, il promeut un dispositif d'exonération de l'impôt sur les plus-values des grandes entreprises en cas de vente de leurs titres de participation, appelé en pratique « niche Copé ».

Jean-François Copé conduit la liste de l'UMP au premier tour, puis la liste d'union avec l'UDF au second tour des élections régionales des 21 et en Île-de-France. À la suite de la victoire de la liste socialiste conduite par Jean-Paul Huchon, il renonce à prendre la tête du groupe UMP au conseil régional d'Île-de-France, que conserve Roger Karoutchi.

Il devient, en , ministre délégué à l'Intérieur, tout en demeurant porte-parole du gouvernement. Le , il est nommé ministre délégué au Budget et à la Réforme budgétaire du troisième gouvernement Raffarin et conserve ses attributions de porte-parole du gouvernement. Il est reconduit dans ces fonctions le , dans le gouvernement Villepin, avec en complément la responsabilité de la Réforme de l'État.

En 2005, il est au centre d'une polémique car il occupait un logement de fonction, plus grand que ce qu'autorisent les consignes ministérielles. ( au lieu de à )., dans le de Paris, bien qu'il fût propriétaire par ailleurs d'un appartement de dans le de Paris.. Jean-François Copé tente de se justifier alors par le fait qu'il faisait réaliser un certain nombre de travaux dans cet appartement, et qu'il y emménagerait après que son épouse, alors enceinte, aurait accouché. Cette polémique intervient peu après l'affaire Gaymard, qui conduit le Premier ministre Jean-Pierre Raffarin à instaurer de nouvelles règles en la matière. À la différence d'Hervé Gaymard, Jean-François Copé décide de ne pas démissionner..