La Colline des hommes perdus () est un film dramatique américano-britannique en noir et blanc réalisé par Sidney Lumet et sorti en 1965. Il s'agit d'une adaptation de la pièce de théâtre homonyme de et .

L'action du film a lieu pendant la Seconde Guerre mondiale, dans une prison de l'armée britannique située dans le Désert Libyque. La brutalité avec laquelle sont traités les détenus se confronte avec leurs essais de survivre et, pour certains, de garder leur dignité. En même temps, le film reflète divers traits de personnalité parmi les détenus et le personnel de la prison : lâcheté, indolence, soif de pouvoir, humanité, dignité, courage. Il apparaît aussi des rapports qui se créent entre hommes dans un tel cadre : lutte pour le pouvoir, domination psychologique sur la masse, autorité morale naturellement imposée, etc.

Les rôles principaux sont interprétés par Sean Connery, Harry Andrews, Ossie Davis et Ian Hendry.

Le film a été distingué par quelques prix, dont celui pour le meilleur scénario, au festival de Cannes 1965..

Synopsis

Sur le fond du générique, on voit une colline artificielle de sable sur laquelle monte avec peine un soldat portant un sac sur l'épauleSection d’après le contenu d’image et textuel du film.. Arrivé au sommet, il vide le sac du sable qu'il contenait. Pendant ce temps, sur le terrain étendu de la prison, plusieurs groupes de soldats font des exercices physiques sous les ordres d'autres militaires. Quand le soldat de la colline commence à descendre, il perd connaissance et s'écroule. Quelques soldats accourent pour le relever. Un sous-officier du personnel de la prison, le sergent-major régimentaire Wilson, leur ordonne de l'emmener à l'infirmerie. D'autres soldats montent à leur tour des sacs de sable qu'ils vident au sommet de la colline.

À l'infirmerie, pendant que le capitaine médecin militaire examine le patient, Wilson lui annonce qu'un nouveau groupe de condamnés va arriver, parmi lesquels un sergent-major, Roberts, dont le médecin aussi a entendu parler. Wilson souhaite que le médecin le trouve apte pour la détention et les punitions.

Wilson prend le premier contact avec un sous-officier nouveau dans le personnel, le sergent-chef Williams, ancien gardien de prison civile en Angleterre, qui dit avoir voulu devenir gardien de prison militaire. Wilson lui dit qu'en fait c'est lui qui dirige la prison. C'est à lui qu'il faut rapporter tout ce qui se passe. Le major commandant de la prison ne fait que signer des papiers.

Deux soldats qui viennent de purger leur peine sont libérés et sortent par le portail extérieur de la prison, et les cinq nouveaux détenus entrent.

Les nouveaux sont reçus par Wilson et Williams. Wilson prend connaissance des motifs de leur condamnation. Le soldat King, un noir des Antilles britanniques, a volé trois bouteilles de whisky au mess des sous-officiers. Le soldat Bartlett a volé des pneus de camions de l'armée et les a vendus à des civils. Il avait déjà été condamné plusieurs fois et n'a participé à aucun combat. Le soldat McGrath, un Écossais, s'est battu avec des policiers militaires. Le soldat Stevens a essayé de rentrer chez lui pour rejoindre sa femme. Le sergent-major Roberts a refusé d'exécuter un ordre de son supérieur et l'a battu.

Le « traitement » des nouveaux détenus commence par des insultes. Wilson fait des remarques racistes à King, Williams traite Roberts de lâche et Stevens de sexe indéterminé.

Après un examen médical très sommaire, Wilson confie les cinq à Williams, avec l'ordre de leur faire monter la colline six fois au trot, avec tout leur équipement, sauf Roberts, qui doit continuer pendant une demi-heure. Lorsque celui-ci tombe et roule aux pieds de Williams, Wilson ordonne à celui-ci de le laisser se reposer.

Les autres sont conduits dans une cellule, puis envoyés chercher leur déjeuner. Williams conduit Roberts aussi dans la même cellule, où il l'enferme, en le privant ainsi de déjeuner. Les autres reviennent dans la cellule. Tous les déplacements doivent se faire au trot, quitte à faire tomber des gamelles une partie de la nourriture. Williams revient, il insulte Roberts, celui-ci réplique en le traitant de planqué, et les autres rient. Avec ce prétexte, Williams emmène Stevens, le plus chétif parmi eux, et qu'il devine comme étant le plus faible psychiquement aussi, pour lui faire monter encore la colline.

Toute l'armée britannique d'Afrique connaît le cas de Roberts. Après son incident avec son commandant, sa sous-unité a été envoyée au combat et massacrée. McGrath le lui reproche et se précipite sur lui pour le battre. Ils sont séparés par King.

Williams les emmène de nouveau à la colline. Stevens, déjà très fatigué, s'évanouit, et on le réveille en jetant des seaux d'eau sur lui.

Un autre sergent-chef, Harris, va rapporter à Wilson ce que fait Williams, en exprimant l'opinion que Stevens ne va pas résister à un tel traitement. Wilson ne tient pas compte de ce qu'il dit, lui reproche d'être trop conciliant avec les détenus et, bien qu'ils aient en privé des relations non protocolaires, il le menace sous forme de plaisanterie de l'envoyer lui-aussi sur la colline.

Sur la colline, Bartlett ne peut plus se relever et on jette de l'eau sur lui. Roberts aussi reste assis, mais lui, parce qu'il ne veut pas se relever. À l'ordre de Williams, des détenus viennent lui jeter de l'eau à lui aussi, mais il leur jette du sable au visage, ensuite les cinq se jettent du sable les un aux autres comme dans un jeu, dans un accès de fou rire. Deux autres gardiens viennent, bâtons préparés pour les frapper, et les détenus se relèvent avec difficulté.

La nuit, Williams vient seul à la colline pour essayer ses forces. Bien que sans porter aucun poids, il ne réussit à la monter que trois fois. Ensuite, au mess, Wilson et Williams font un concours de beuverie, jusqu'à ce que Williams tombe de sa chaise. Après que Wilson va se coucher, Williams se relève, prend une bouteille pleine, plonge sa tête dans le réservoir d'eau, va réveiller Wilson et lui offre un dernier verre.

Dans la cellule, les cinq détenus se sont écroulés le soir avec leurs sacs au dos. Les plus en forme se réveillent, ils enlèvent leurs sacs et aussi ceux des autres. Ils rient ensemble, et Bartlett sort du talon de sa chaussure un briquet et une cigarette, qu'ils fument à quatre. Ensuite, ils se préparent pour l'inspection du lendemain. Stevens est trop épuisé pour le faire, et Roberts blanchit son équipement en le frottant contre le mur.

Le lendemain matin a lieu l'appel des détenus. Dans ses quartiers, le commandant paye la prostituée avec qui il a passé la nuit et vient en inspection. En s'arrêtant devant Stevens, il constate que son équipement est passé à la chaux et ordonne sa punition. Stevens doit chauler le mur de la cellule. C'est Harris qui l'escorte et lui parle amicalement, en lui disant qu'il doit apprendre à survivre.

Plus tard, on fait grimper les détenus sur une corde et se déplacer en s'accrochant sur une autre au-dessus d'une rangée de pierres pointues. McGrath tombe, le dos sur les pierres, et Bartlett ne peut pas grimper, étant trop gros.

Pendant ce temps, Williams fait monter Stevens sur la colline, masque à gaz sur la figure.

Revenu dans la cellule, Stevens semble malade, il ne peut pas se tenir debout. Roberts appelle Harris et lui rapporte le fait. Williams survient et se querelle avec Harris au motif que celui-ci se mêle des questions de la cellule qui est confiée à lui, Williams. Harris attire l'attention de Wilson sur l'état de Stevens, mais Wilson le menace de le faire transférer s'il se plaint encore d'un collègue.

Le médecin vient examiner Stevens mais Wilson lui dit que ce n'est pas la peine, car il sait ce qu'il a à faire, que c'est lui qui commande et que, de toute façon, le médecin a déclaré Stevens apte, il ne doit donc pas l'examiner. Le médecin se soumet à la volonté de Wilson.

Le soir, dans la cellule, Stevens reste immobile face contre le mur, et Bartlett parle de Williams, en rappelant qu'il ne sait dire que « Garde à vous ! », « Demi-tour … droite ! » et « Au trot ! », à quoi Stevens execute inconsciemment et automatiquement ces commandes. Bartlett continue de lui donner ces commandes et les quatre hommes valides rient aux éclats, jusqu'à ce que Stevens s'écroule mort.

Wilson et Williams s'amusent dans un bouge, où Harris vient rapporter ce qui est arrivé.

Wilson décide que Williams doit sortir innocent de cette situation et que le cas doit être étouffé. Il rappelle au médecin qu'il a examiné superficiellement Stevens la première fois, et qu'il doit rapporter une mort accidentelle.

La nuit, dans leur cellule, King demande à Roberts de lui parler de l'incident avec son supérieur. Roberts dit qu'il a reçu l'ordre d'attaquer, a perdu la moitié de sa sous-unité, ils se sont retirés et le commandant lui a ordonné d'attaquer de nouveau, à quoi Roberts a failli le tuer si on ne l'avait pas retenu. Il a été arrêté, un autre sous-officier a reçu la commande de la sous-unité, qui est montée de nouveau à l'attaque, et tous sont tombés. D'une part, il sent justifié ce qu'il a fait, mais de l'autre, il est conscient du fait que les ordres doivent être exécutés, sinon il n'y a pas d'armée.

Le matin, Roberts déclare qu'il va faire un rapport au commandant de la prison au sujet de Williams. Seul King est d'accord avec lui. McGrath essaye de le convaincre de ne pas le faire, pour éviter les ennuis qu'ils pourraient avoir, mais quand les gardiens réveillent les détenus, toute la prison crie le nom de Stevens, ce qui conforte Roberts dans sa décision.

Wilson ordonne qu'on ouvre les cellules, et tous les détenus sortent devant celles-ci en scandant le nom de Stevens et en faisant du bruit avec leurs gamelles. McGrath aussi est pris par la vague, et même Bartlett, qui, prenant peur, cesse de crier quelques secondes après.

Des gardiens arrivent avec des lances d'incendie. Les cris cessent. Wilson demande aux détenus de ranger leurs gamelles. L'un d'eux la jette par terre. Wilson lui demande comment il s'appelle, et l'autre répond « Stevens ». Wilson ordonne à un gardien de reconduire le détenu à la morgue, parce qu'il a ressuscité, mais qu'il passe avant sur la colline. Ensuite, il ordonne qu'on lui apporte un règlement militaire.

Un détenu demande qui a tué Stevens. Wilson ordonne qu'on le conduise à la morgue, pour qu'il constate si le cadavre porte des signes de violence, et ensuite chez le commandant, pour qu'il écrive un rapport sur ce qu'il aura constaté.

En brandissant le règlement militaire, Wilson menace tous les détenus de les punir avec la colline, et les meneurs de jugement pour mutinerie. Il dit qu'il va désigner comme meneur un détenu sur cinq. Après que les détenus exécutent sa commande de « Garde à vous ! », il demande qui veut aller au rapport chez le commandant. Seul Roberts se présente, en disant qu'il veut rapporter que c'est Williams qui répond de la mort de Stevens, et que tous ceux de sa cellule le savent. Wilson demande à Bartlett s'il a vu Williams tuer Stevens. Le détenu répond négativement. Wilson demande à McGrath aussi s'il a assisté à un meurtre, et lui aussi répond « non ». Seul King confirme ce que dit Roberts. Wilson s'adresse à Williams aussi, en lui demandant de répondre à l'accusation, que l'intéressé nie. Alors Wilson ordonne à Harris de conduire Roberts et King chez le commandant, et de prévenir le médecin aussi d'y aller. Harris parle sous forme de plaisanterie de l'incompétence du médecin et fait des allusions à son propre comportement humain envers les détenus. Finalement, Wilson annonce qu'il y aura ration supplémentaire de fromage au déjeuner, à quoi les détenus réagissent en manifestant de la joie.

Wilson annonce à Harris qu'il le place sous les ordres de Williams, en motivant ironiquement que de toute façon Harris ne cherche pas des promotions et des privilèges, ce qui d'ailleurs est vrai.