Transilien est le nom du réseau de trains de banlieue et de tram-trains. exploité par la SNCF, organisé par Île-de-France Mobilités, et desservant principalement l'Île-de-France. La zone couverte ne correspond pas exactement aux limites administratives de la région : les trains desservent aussi plusieurs gares situées en Normandie, dans les Hauts-de-France et en région Centre-Val de Loire. A contrario, quelques gares situées aux marges de la région ne sont pas desservies par le réseau, mais uniquement par les trains express régionaux (TER) des régions voisines. Il est l'héritier des trains de banlieue qui existaient depuis la fin du .
Transilien exploite conjointement avec la Régie autonome des transports parisiens (RATP) les deux premières lignes du réseau express régional d'Île-de-France (RER) : la ligne A et la ligne B. Transilien exploite également les trois autres lignes de ce réseau : la ligne C, la ligne D et la ligne E. Le réseau express régional d'Île-de-France (RER) traverse de part en part le sous-sol parisien (« traversée » seulement depuis 2024 pour ce qui est de la ligne E).
Ce réseau comprend aussi quatorze autres lignes « Transilien » non-RER (lignes H, J, K, L, N, P, R, U, V, T4, T11, T12, T13 et T14), qui partent et aboutissent dans les grandes gares parisiennes, à l'exception de la ligne U qui relie la communauté d'agglomération de Saint-Quentin-en-Yvelines au quartier d'affaires de La Défense, de la ligne V, qui relie les gares de Massy - Palaiseau et de Versailles-Chantiers en suivant, en partie, la vallée de la Bièvre et des cinq lignes de tram-train.
Le nom « Transilien », au même titre que « TER » ou « TGV », est une marque commerciale appartenant à la SNCF.
Créé le et inauguré le même jour en gare d'Asnières-sur-Seine, le réseau est dirigé entre 2014 et 2020 par Alain Krakovitch et entre 2020 et 2023 par Sylvie Charles.. Le réseau est dirigé depuis par Alain Ribat.
Ce réseau concerne exclusivement l'exploitation et la maintenance des trains de voyageurs, ainsi que la gestion de la vente et des services en gare. De ce fait, les lignes ferroviaires dont l'exploitation est réalisée par la RATP (la majeure partie des lignes A et B du RER) ne font pas partie du réseau Transilien. Le réseau de voies ferrées, qui est la propriété de la SNCF, est également emprunté par des trains de voyageurs de grandes lignes, y compris TGV et Intercités, par d'autres opérateurs de transport (Eurostar, Venise-Simplon-Orient-Express) et par des trains de marchandises.
Histoire Apparition des trains de banlieue vignette|left|La gare du Pecq, vers 1900, avec le bâtiment voyageurs de 1847.
La première ligne de la banlieue parisienne est ouverte le entre Paris (gare Saint-Lazare) et Saint-Germain-en-Laye. Elle s'arrête provisoirement au Pecq. Cette ligne est transférée à la RATP le à l'occasion de la mise en service du RER A. Son succès immédiat amène la création de nombreuses lignes, avant tout destinées à relier les principales villes de France. La desserte de banlieue demeure longtemps marginale pour les grandes compagnies, à l'exception de l'Ouest, où plusieurs lignes courtes et traversant des secteurs résidentiels voient leur trafic local fortement augmenter. La création des abonnements ouvriers marque une forte progression du trafic, et surtout, les débuts de l'urbanisation massive de la périphérie parisienne, avec le phénomène des travailleurs migrants.
Influence des lignes sur l'urbanisation autour de Paris L'augmentation du coût du logement consécutif aux grands travaux Haussmanniens et les conditions d'hygiène à l'intérieur de Paris ont incité des ouvriers, puis des employés travaillant dans la capitale à aller vivre dans la banlieue campagnarde. Les trains de banlieue leur ont permis et leur permettent encore de rallier leur emploi à l'intérieur de l'Île-de-France.
Les cartes topographiques successives de l'IGN français montrent l'urbanisation de la banlieue parisienne au fil des décennies près des gares des lignes de banlieue. Dans la région, en particulier au sud de la capitale, ces lignes suivent le fond des vallées car la traction à vapeur ne supportait pas les fortes rampes : l'urbanisation des plateaux a lieu plus tard avec l'avènement de l'automobile pour le grand public pendant la seconde moitié du . L'automobile permet soit de se rendre directement au travail, soit de pouvoir habiter à distance de la gare, là où les prix des terrains et les loyers sont moins élevés qu'à proximité immédiate des gares.
Les géographes emploient parfois des expressions imagées pour qualifier ces deux périodes : l'urbanisation se fait en « doigts de gant » le long des lignes de trains de banlieue, la paume du gant étant à Paris, puis en « tache d'huile » avec l'automobile qui permet d'habiter un peu plus loin de la gare.
Après-guerre
vignette|Une rame Z 3700 en gare de Chartres, en .
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De 1959 à 1969, les grandes électrifications permettent d'amorcer la modernisation progressive du réseau ferré. Parmi les résultats, la disparition définitive en banlieue de la traction vapeur en 1970.
Par ailleurs, la multiplication des encombrements automobiles, conjuguée à la modernisation du réseau, amènent le retour de la croissance du trafic.
De 1969 à 1988, l'avènement du RER provoque une évolution radicale de l'image des transports ferrés. La ligne A du RER connaît une progression spectaculaire de son trafic, qui la conduit au point de saturation en moins de dix ans.
Le , la première classe est supprimée dans tous les trains du réseau de banlieue, ainsi que dans le RERMatériel Roulant du RER sur symbioz.net.. Elle ne représentait à l'époque que 1 % des voyageurs. Elle l'avait déjà été dans le métro de Paris en .
Label Transilien devenu une simple marque vignette|Mobiliers et signalétiques en gare de Versailles-Rive-Droite, en . vignette|Intérieur d'une rame Z 50000 labellisée Transilien.
Le réseau SNCF des trains de banlieue réagit à une connotation négative de matériel roulant vétuste, de retards chroniques et de gares peu accueillantes en mettant au point une norme minimale d'aménagement et de rénovation des gares et du matériel roulant, complétée par un label pour la caractériser de manière visible auprès du grand public.
Après recherche d'un nom identifiant immédiatement le réseau de banlieue, comme TER Île-de-France, Citélien, voire la généralisation du nom RER, c'est finalement celui de Transilien qui est retenu et présenté officiellement le .
Un cahier des charges est mis au point : les gares doivent respecter des critères minimums de confort et de modernisation afin d'obtenir le label.
La SNCF ne pouvant s'attribuer elle-même un label, il s'agira finalement d'une simple marque commerciale, à l'image du TGV, du TER ou de Intercités.
La marque LE TRANSILIEN est déposée à l'Institut national de la propriété industrielle (Inpi) le Bulletin officiel de la propriété industrielle 99/19 NL - VOL.. et les marques TRANCILIEN et TRANSILIEN le 232 Bulletin officiel de la propriété industrielle 99/23 NL - VOL...
La modernisation du matériel est nettement plus coûteuse et n'est engagée que plus progressivement.. La première rame équipée de ce label est la Z 6435/6 de la série Z 6400.
Identité visuelle L'identité visuelle de Transilien s'est toujours accompagnée de deux logos : une version complète avec la mention Transilien en entier, et une version simplifiée. Depuis 2020, le logo en version complète est parfois accompagné de l'autorité organisatrice Île-de-France Mobilités.
Dénomination des lignes non-RER vignette|Plan de la ligne E du RER d'Île-de-France et de la ligne P du Transilien à l'intérieur d'une rame Z 50000 (Francilien), en . vignette|Un car SNCF Transilien de la ligne P en gare d'Esbly.
En 2001, la société nationale élabore une nomenclature afin de désigner les lignes Transilien non RER. Celle-ci est mise à la connaissance de la clientèle, par le biais de la publication de l'édition 2001 du plan du réseau ferré francilien, uniquement sur la version affichée en gare. Elle institue cinq lignes non RER, les lignes F, G, H, J et K, qui correspondent aux cinq réseaux ferroviaires franciliens :
Nomenclature 2001 Réseau Transilien Ligne F Saint-Lazare Ligne G Montparnasse Ligne H Nord Ligne J Est Ligne K Lyon
Fin 2004, la nomenclature des lignes Transilien est remaniée. Elle n'abandonne le principe d'une ligne pour un réseau que pour les lignes F (Saint-Lazare) et H (Nord) chacune subdivisées en deux nouvelles lignes : la ligne « F » donne naissance aux lignes « J » et « L » et la ligne « H » aux lignes « H » et « K ». Elle permet également de mettre en valeur la relation tangentielle La Défense – La Verrière créée en , en la faisant devenir une ligne à part entière, la ligne « U ». Cette nouvelle nomenclature, toujours en vigueur en 2016, institue huit des 13 lignes non RER du réseau Transilien actuelSite personnel d'Aurélien Baro - « Les codes-missions, comment ça marche ? ». :
Nomenclature 2004 Anciennement Précisions Ligne H Ligne H De Paris-Nord à Luzarches, Pontoise et Persan - Beaumont (via Montsoult - Maffliers et Valmondois) + branche transversale reliant Pontoise à Creil (via Valmondois et Persan - Beaumont) Ligne J Ligne F Groupes IV, V et VI du réseau Transilien Paris Saint-Lazare Ligne K Ligne H De Paris-Nord à Crépy-en-Valois Ligne L Ligne F Groupes II et III du réseau Transilien Paris Saint-Lazare Ligne N Ligne G De Paris-Montparnasse à Mantes-la-Jolie, Dreux et Rambouillet Ligne P Ligne J De Paris-Est à Château-Thierry et La Ferté-Milon (via Meaux), à Provins et Coulommiers + navette ferroviaire entre Esbly et Crécy-la-Chapelle Ligne R Ligne K De Paris-Gare-de-Lyon à Montereau et Montargis (via Melun et Fontainebleau - Avon) + navette de Melun à Montereau (via Champagne-sur-Seine) Ligne U Liaison La Verrière – La Défense
Le , la non RER du réseau Transilien est mise en service : il s'agit de la ligne de tram-train T4 qui relie Aulnay-sous-Bois à Bondy, en Seine-Saint-Denis.
Le , la ligne non RER du réseau Transilien est mise en service : il s'agit de la ligne de tram-train T11 qui relie Épinay-sur-Seine au Bourget, en Seine-Saint-Denis.
Le , la ligne non RER du réseau Transilien est mise en service : il s'agit de la ligne de tram-train T13 qui relie Saint-Germain-en-Laye à Saint-Cyr, dans les Yvelines.
Le , la ligne non RER du réseau Transilien est mise en service : il s'agit de la ligne V du Transilien qui relie Versailles-Chantiers à Massy - Palaiseau.
Le , la non RER du réseau Transilien est mise en service : il s'agit de la ligne de tram-train T12 qui relie Massy - Palaiseau à Évry-Courcouronnes, dans l'Essonne.
Le , la non RER du réseau Transilien est mise en service : il s'agit de la ligne de tram-train T14 qui relie Esbly à Crécy-la-Chapelle, en Seine-et-Marne.
Les lettres I, M, O, Q, S, T n'ont pas été utilisées pour des raisons pratiques (I ressemblant trop au chiffre 1, O et Q pouvant être confondues, S étant réservée, et M et T étant réservées au métro et au tram)..
Réseau actuel Présentation vignette|Vue des voies affectées aux lignes Transilien de la gare Saint-Lazare, depuis la place de l'Europe, en .
Le Transilien est divisé en cinq « régions » (qui sont des unités géographiques propres à la SNCF et différentes des régions administratives de l'État français), elles-mêmes réparties en lignes, désignées par une lettre, au même titre que le RER. Ces cinq « régions » sont Paris Nord, Paris Est, Paris Sud-Est, Paris Rive-Gauche et Paris Saint-Lazare. Leur exploitation est complexe car les lignes, le matériel et les installations présentent des caractéristiques techniques diverses, notamment : coexistence de postes d'aiguillage de différents types ; alimentation électrique différente sur certains réseaux ; sections de lignes situées en grande banlieue, voire hors Île-de-France, ce qui multiplie les « missions » des trains ; exploitation en terminus des grandes gares parisiennes ;