Windhoek (prononcé en anglais : , en afrikaans : , en allemand : ; anciennement ) est une ville d'Afrique australe, capitale de la république de Namibie depuis son indépendance en 1990, après avoir été celle de la colonie allemande puis sud-africaine du Sud-Ouest africain. Située dans le centre de la Namibie à d'altitude, elle est la plus grande ville du pays et son centre politique, culturel, économique, financier et social.
Fondée vers 1844 par Jonker Afrikaner, Windhoek signifie « coin du vent » en afrikaans.
Toponymie Le site où est situé Windhoek a connu au moins sept appellations différentes au cours de sa jeune histoire :
Aigams pour les premiers peuples pastoraux, en référence aux sources d'eaux chaudes qui y sont situées, Otjomuise (lieu de vapeurs) pour les Hereros, Queen Adelaide's Bath en 1836 pour les explorateurs anglais, Concordiaville pour les pasteurs missionnaires rhénans, Winterhoek vers 1840 pour Jonker Afrikaner et les Namas venus du Cap, Windhuk en 1890 pour les colonisateurs allemands, Windhoek depuis 1920 et le mandat sud-africain sur l'ancienne colonie allemande du Sud-Ouest africain.
Histoire La région autour de Windhoek est déjà habitée par les San il y a plusieurs milliers d'années. La présence de sources d'eaux chaudes jaillissant de roches volcaniques garantit un apport d'humidité dans une région aride. Jonker Afrikaner, chef des Oorlams, fuyant la colonisation de la région du Cap, fonde la ville de Winterhoek dans les années 1840. Jonker Afrikaner quitte la région en 1852. vignette|gauche|Windhoek à la fin du . vignette|gauche|Mémorial du zoo park. vignette|gauche|Eglise luthérienne de Windhoek.
Dans la deuxième moitié du , les Boers, de la colonie du Cap, construisent une église en pierre pouvant accueillir jusqu'à 500 personnes et servant également d'école. À cette époque, Carl-Hugo Hahn et Franz Heinrich Kleinschmidt, de la Société des missions du Rhin, sont également actifs comme missionnaires à Windhoek. La jeune ville commence peu à peu à se développer, mais elle est détruite par la guerre entre les Namas et les Héréros. Lorsque Hugo Hahn visite Windhoek en , il ne trouve . vignette|Timbre de 1900 Deutsch Süd-Westafrika, cachet de la poste de Windhuk. En 1878, le Royaume-Uni annexe les îles et les côtes autour de Walvis Bay, et les incorpore à la colonie du Cap en 1884, mais ne s'intéresse pas à l'arrière-pays. Grâce au travail de la Société des missions du Rhin et à l'acquisition de terres par Franz Adolf Eduard Lüderitz, un commerçant, tout un territoire de l'Afrique du Sud-Ouest allemande est proclamé zone sous protection allemande en 1884. Otjimbingwe est choisi comme siège administratif de cette colonie, dans un premier temps, mais dès 1890, Curt von François, alors capitaine des forces allemandes, décide d'établir Windhoek, situé au centre de la colonie, comme nouveau siège administratifRoman Adrian Cybriwsky, Capital Cities around the World: An Encyclopedia of Geography, History, and Culture, ABC-CLIO, USA, 2013, . Windhoek est aussi considérée comme une zone tampon stratégique avec les ennemis Namas et Hereros. Curt von François, issu d'une vieille famille française huguenote émigrée en Allemagne après l'abolition de l'Édit de Nantes, fait construire un fort. Dès le début de son histoire, les populations blanche et noire vivent séparées. Avec l'afflux de la population rurale et l'augmentation de l'immigration, principalement en provenance de l'Empire allemand et de l'Afrique du Sud, la population passe à environ en 1916.
L'ère coloniale allemande se termine à Windhoek en , pendant la Première Guerre mondialeBritannica, Windhoek, britannica.com, USA, consulté le 4 août 2019. Les troupes sud-africaines, sous drapeau britannique, occupent la ville. Au cours des années suivantes, cette partie de l'Afrique alors appelée Sud-Ouest africain, est administrée par un gouvernement militaire, puis, à partir de 1921, par l'Union d'Afrique du Sud sous un Mandat de la Société des Nations, de type C. La population allemande devient moins importante dans la période d'après-guerre.
À la suite de la crise économique mondiale des années 1930, et de nouveau après 1955, de grands projets sont réalisés comme l'asphaltage des routes et la construction de barrages et de pipelines pour répondre à la demande croissante en eau. En 1958, la ville a inauguré la station de recyclage des eaux de Goreangab (GWRP), la première au monde à produire de l'eau potable directement à partir d'eaux usées.Un certain nombre d'écoles et d'hôpitaux sont également construits.
Beaucoup de ces projets sont réalisés par des travailleurs recrutés dans l'Ovamboland, une région du nord, proche de la frontière avec l'Angola. Après consultation avec l'administration du Sud-Ouest africain, mais sans consultation de la population locale, le gouvernement sud-africain, qui commence à mettre en place l'apartheid sur le territoire, décide de créer de nouvelles banlieues dans le nord-ouest de la ville et de reloger tous les habitants noirs de leurs quartiers résidentiels. Cette décision provoque des manifestations et des émeutes dans la première quinzaine de , avec plus d'une dizaine de morts au sein de la population noire, dont une femme, Anna Mungunda.
Ces événements, qui sont entrés dans l'histoire comme le soulèvement de Old Location (nom de l'ancien quartier vidé de sa population noire), ont été un point crucial dans l'histoire de la Namibie. De nombreux dirigeants comme Sam Nujoma, Moses Garoëb, ou encore Clemens Kapuuo y ont participé. Ces événements ont constitué une raison majeure, pour une partie de la population, de se libérer de la domination étrangère et d'acquérir son indépendance. Sam Nujoma est arrêté à la suite du soulèvement, puis contraint à l'exil. La SWAPO est fondée en 1960.
Immédiatement après le soulèvement, entre trois et quatre mille habitants quittent leurs maisons par crainte de nouvelles émeutes policières. Les structures de la vie sociale de l'ancien quartier, Old Location, sont détruites jusqu'à sa fermeture définitive en 1968, pour devenir le nouveau quartier de Hochland Park. La nouvelle banlieue noire au nord-ouest de Windhoek prend le nom de Katutura.
En 1961 et 1963, les petits chantiers navals de Klein Windhoek et de Pokkiesdraai sont fermés et la politique d'apartheid du gouvernement se poursuit sans relâche.
Conformément aux négociations de la conférence de la Turnhalle (1975-1977), un parlement est élu au suffrage universel en 1978, l'apartheid aboli en 1979 et un gouvernement autonome mis en place en 1980.
Avec l'indépendance effective de la Namibie, obtenue en 1990, Windhoek demeure la capitale du nouvel État et le siège du premier gouvernement indépendant, sous l'égide de Sam Nujoma. Dès 1990, l'avenue principale de Windhoek, la Kaiserstrasse, est rebaptisée Independence Avenue. La ville est alors toujours très ségréguée, la majorité de la population résidant dans le township de Katutura. Le nouveau maire, élu en 1992, est Björn von Finckenstein.
L'indépendance du pays donne également à la ville un nouvel élan et un taux de croissance démographique important.
Géographie et démographie Située à d'altitude, la ville et son agglomération comptent (2022). Les blancs et les métis (basters en Namibie) forment 33,3 % de la population.
Depuis 1981, l'évolution démographique de Windhoek a été :
Histogramme de l'évolution démographique de Windhoek
On y distingue le centre-ville, les quartiers principalement blancs, le quartier métis de Khomasdal et le township noir de Katutura où vivent la majorité des habitants de la ville.
Située au centre du pays, Windhoek est la porte d'entrée des touristes au carrefour des routes se dirigeant vers Swakopmund et les dunes du désert du Namib à l'ouest, vers le parc d'Etosha au nord, et vers Fish River Canyon et Lüderitz au sud.
Climat Windhoek est soumis à un climat semi-aride subtropical (Köppen: BSh, Trewartha: Bsal) modéré par son altitude.
Transport vignette|La gare ferroviaire de Windhoek. Deux autoroutes transafricaines traversent Windhoek: Transafricaine 3, Tripoli - Le Cap , Walvis Bay - Maputo
Les trois principales routes d'accès à Windhoek sont celles passant par Rehoboth, Gobabis et Okahandja.
La gare de Windhoek relie la ville au chemin de fer.
Windhoek dispose de deux aéroports.
L'aéroport international Hosea Kutako de Windhoek, est situé à 42 km à l'Est de la ville. Il est accessible par des vols directs à partir de Londres, Paris, Francfort, Munich, Luanda et Johannesbourg et quotidiennement desservi par les compagnies South African Airways, LTU et Air Namibia.
L'aéroport d'Eros de plus faible capacité traite les vols de courte distance et les vols charters.
Architecture vignette|Vue en 1996 depuis l'entrée de l'Alte Feste sur l'église luthérienne et la statue du Cavalier allemand du Sud-Ouest. vignette|Autre angle de vue en 2017 sur l'église luthérienne et sur le nouveau monument de l'indépendance (qui a remplacé la statue du Cavalier allemand). L'artère principale qui va du nord au sud est Independence Avenue (plus connue pendant 100 ans sous le nom de Kaiser-Strasse) et croise au centre de la ville l'artère secondaire, Sam Nujoma Drive (ancienne Curt von François). En 1928, Kaiser Strasse fut la première rue pavée de la capitale suivie 10 ans plus tard par Gobabis road.
Independence Avenue et la rue piétonne Post Str. concentrent les boutiques et les restaurants du centre ville (Gatheman Haus).
Tout proche, sur Robert Mugabe Av. (ex-Leutwein Strasse), L'église luthérienne de Windhoek (1910), véritable symbole de la capitale namibienne, domine la ville au côté du vieux fort allemand (Alte Feste) et de la statue équestre du cavalier du Sud-Ouest (Reiterdenkmal) datant de 1912. Aussi proche, le Tinten-Palast (1913) est le siège du parlement et du gouvernement. Plusieurs statues sont disséminées dans la ville dont celles de Curt von François (1965) et de chefs tribaux, anticolonialistes ou anti-apartheid comme Hendrik Witbooi, Hosea Kutako et Theofilus Hamutumbangela.
Dans les environs immédiats se succèdent des villas coloniales de type allemand (villa Lanvers), la cathédrale Ste Mary et la vieille gare de la ville.
Politique et administration Administration municipale La ville est dirigée par un conseil de quinze membres élus au suffrage universel. Depuis les élections des 26 et , le conseil comprend onze membres de la SWAPO, trois du RDP et un de la NUDO. Depuis les élections municipales de , la ville est dirigée par une coalition de 5 partis d'opposition à la SWAPOJob gets the job, The Namibian, 3 décembre 2020. Job Amupanda, élu sous les couleurs de Repositionnement affirmé, un mouvement issu de la SWAPO et affilié à la Fédération mondiale de la jeunesse démocratique, a été élu maire de la ville le .
Liste des maires