Le poliziottesco Prononciation en italien standard retranscrite selon la norme API. (au pluriel poliziotteschi ) ou le poliziesco all'italiana , parfois traduit « néo-polar italien », « polar-spaghetti » ou « polar bis italien », est un genre cinématographique italien en vogue dans les années de plomb, c'est-à-dire entre la fin des années 1960 et le début des années 1980. Sa thématique repose sur des enquêtes policières concernant la plupart du temps des faits divers de l’époque, celles-ci étant traitées sur un mode emphatique, démagogique ou comique.

La différence stylistique entre le poliziottesco et le film noir réside dans la prédominance de l’action et de la violence, toutes deux plutôt exacerbées et explicites. En outre, le titre évoque plutôt des films où l’on parle de policiers et de leur goût pour la vengeance, plutôt que de films avec une fin rassurante où la loi a le dernier mot. Le poliziottesco est donc un sous-genre fait d’un mélange de genres dit « adulte » : le film noir et le film d'horreur, souvent avec une touche non négligeable de gore (genre à son apogée en Italie à la fin des années 1960, illustré par des gialli comme ceux de Mario Bava) et le western spaghetti revisité dont les metteurs en scène et les acteurs sont les transfuges. Le milieu urbain est le décor principal, commun à tous ces films, et renvoie à une Italie où tout peut arriver.

D’un autre côté, le poliziottesco doit beaucoup à la peinture de la société italienne portée à l’écran dans des films-concepts plus politiques par des auteurs tels que Damiano Damiani, Francesco Rosi et Elio Petri. Au cours de son développement, le courant du néo-polar s’est mêlé à d’autres genres populaires. En particulier, très vite sont apparues les autoparodies, en créant ainsi un courant comico-grotesque.

Terminologie En italien, poliziesco est l'adjectif grammaticalement correct (composé de polizia « police » et du suffixe -esco « -esque ») pour désigner toutes fictions de genre policier. Mais l'expression qui s'est imposée dans le langage courant pour désigner spécifiquement ce cinéma policier italien des années de plomb est une juxtaposition de poliziotto (« policier ») et du suffixe -esco.

Origine La genèse du poliziottesco est liée principalement à un des genres le plus fécond du monde cinématographique, le policier. Tout commence, probablement, par un petit film de Carlo Lizzani en 1968, Bandits à Milan (Banditi a Milano), avec Tomás Milián dans le rôle d’un commissaire violent et intransigeant. Mais le genre perce vraiment avec Société anonyme anti-crime (La polizia ringrazia) de Steno et est codifié définitivement avec Le Témoin à abattre (La polizia incrimina, la legge assolve), d'Enzo G. Castellari. Le genre atteint sa plénitude avec le personnage du commissaire Betti, interprété par Maurizio Merli. Une autre figure emblématique est Poubelle (Er Monnezza) interprété par Tomás Milián, qui est selon les films soit un personnage de délinquant (avec un bon fond) soit un commissaire balourd.

Des événements historiques, comme l'attentat de la piazza Fontana, la mort de Giuseppe Pinelli ou le massacre du Circeo, auront un grand impact sur les poliziotteschi.

Caractéristiques

La plupart de ces films sont empreints politiquement d’une bonne dose de je-m’en-foutisme même si, çà et là, des idées de la gauche et de la droite sont présentes. Les protagonistes sont presque toujours des anti-héros, des inadaptés et même des racistes mais avec une part de générosité sincère et un indéniable dévotion pour la force. Policiers anarchisants, avec plus le sens de l’honneur que de la loi, souvent sur le même plan que les délinquants (et les terroristes) qui ensanglantaient les routes d’Italie dans les Années de plomb. Comme de vrais moralistes, ils font une distinction entre celui qui vole pour vivre et celui qui fait du tort aux autres, et ils arrivent à tolérer les premiers. Le poliziottesco parlait de ces temps sombres que vivait l’Italie à cette époque et ses thèmes sont encore d’actualité aujourd’hui. Les metteurs en scène qui se sont distingués dans ce genre sont principalement Fernando Di Leo, Enzo G. Castellari, Umberto Lenzi et Stelvio Massi.

Poliziottesco comique

À partir de ces films naquit un courant du cinéma comique appelé de manière générale trash ou cinéma-poubelle, duquel se détachent deux personnages liés à deux séries distinctes : le délinquant au grand cœur, Sergio Marazzi (« Monsieur La Poubelle »), et le commissaire haut en couleur, Nicola Giraldi (Nico Monsieur Le Pirate). Ces personnages, interprétés par Tomás Milián, possèdent une forte charge romanesque. On trouvera dans ce courant comique une veine napolitaine avec le commissaire Rizzo (« Le Cogneur »), interprété par Bud Spencer, à la limite du mélodrame napolitain et du cinéma d’action. Il existe aussi un courant mettant en avant le personnage de la policière sexy à commencer par La poliziotta avec Mariangela Melato. Le succès du film a donné lieu à trois suites avec Edwige Fenech, intégrées dans le courant de la comédie érotique italienne).

Critique

La critique italienne de l’époque n’a jamais aimé le néo-polar. Accusé de fascisme, de je-m’en-foutisme, de justicialisme, ces films étaient éreintés en quelques lignes et accusés de proposer toujours la même histoire. C’est seulement depuis quelques années, grâce à des revues spécialisées dans le genre comme Nocturno et Cine 70, que le genre a été réévalué et également grâce au metteur en scène Quentin Tarantino qui a déclaré à plusieurs reprises l’estime qu’il portait à ces films et à leurs metteurs en scène.

Personnalités

Acteurs Mario Adorf Helmut Berger Marcel Bozzuffi Pier Paolo Capponi Claudio Cassinelli Joe Dallesandro Alain Delon Franco Gasparri Giuliano Gemma Richard Harrison George Hilton Ray Lovelock Leonard Mann Luc Merenda Maurizio Merli Tomas Milian Franco Nero Marc Porel Ivan Rassimov Antonio Sabàto Enrico Maria Salerno John Saxon Henry Silva Fabio Testi

Actrices Janet Agren Agostina Belli Laura Belli Femi Benussi Delia Boccardo Florinda Bolkan Barbara Bouchet Martine Brochard Silvia Dionisio Ely Galleani Mariangela Giordano Olga Karlatos Dagmar Lassander Malisa Longo Marisa Mell Marcella Michelangeli Silvia Monti Maria Rosaria Omaggio Luciana Paluzzi Lia Tanzi

Réalisateurs Enzo G. Castellari Umberto Lenzi Marino Girolami Roberto Infascelli Stelvio Massi Romolo Guerrieri Fernando Di Leo Alfonso Brescia Mario Caiano Bruno Corbucci Sergio Corbucci Massimo Dallamano Damiano Damiani Alberto De Martino Luciano Ercoli Mino Guerrini Carlo Lizzani Michele Lupo Sergio Martino Vittorio Salerno Sergio Sollima Duccio Tessari

Cascadeurs

Roberto Dell'Acqua Nello Pazzafini Giovanni Cianfriglia Romano Puppo

Rocco Lerro

Filmographie partielle

1931-1963 : les précurseurs 1931 : Cour d'assises (Corte d'Assise) de Pietro Germi - avec Marcella Albani, Carlo Ninchi, Renzo Ricci, Elio Steiner 1946 : Le Témoin (Il testimone) de Pietro Germi - avec Roldano Lupi, Marina Berti, Arnoldo Foa, Ernesto Almirante 1946 : Le Bandit (Il bandito) de Alberto Lattuada - Amedeo Nazzari, Carla Del Poggio, Carlo Campanini, Anna Magnani 1947 : Fumerie d'opium (Fumeria d'oppio) de Raffaello Matarazzo - avec Emilio Ghione Jr., Mariella Lotti Emilio Cigoli, Paolo Stoppa 1948 : Jeunesse perdue (Gioventù perduta) de Pietro Germi - avec Massimo Girotti, Carla Del Poggio, Jacques Sernas, Franca Maresa 1949 : Au nom de la loi (In nome della legge) de Pietro Germi - avec Massimo Girotti, Jone Salinas, Camillo Mastrocinque, Saro Urzì 1950 : Giuliano, bandit sicilien (I fuorilegge) de Aldo Vergano - avec Vittorio Gassman, Maria Grazia Francia, Ermanno Randi, Umberto Spadaro 1950 : Contre la loi (Contro la legge) de Flavio Calzavara - avec Marcello Mastroianni, Fulvia Mammi, Renato Malavasi, Tino Buazzelli 1950 : Mara fille sauvage (Il brigante Musolino) de Mario Camerini - avec Amedeo Nazzari, Silvana Mangano, Guido Celano, Ignazio Balsamo 1950 : Turri il bandito de Enzo Trapani - avec Ermanno Randi, Lilia Landi, Dedi Ristori, Nino Crisman 1951 : Police en alerte (I falsari) de Franco Rossi - avec Doris Duranti, Fosco Giachetti, Erno Crisa, Leopoldo Trieste 1951 : Traqué dans la ville (La città si defende) de Pietro Germi - avec Renato Baldini, Enzo Maggio, Paul Müller, Gina Lollobrigida 1951 : Brigade volante (Il bivio) de Fernando Cerchio - avec Raf Vallone, Charles Vanel, Claudine Dupuis, Saro Urzì 1951 : Operazione mitra de Giorgio Cristallini - avec , Marina Berti, Piero Lulli, Liliana Tellini 1951 : Ombre sul Canal Grande de Glauco Pellegrini - avec Isa Pola, Antonio Centa, Carlo Hintermann, Gianni Cavalieri 1952 : Les Coupables (Processo alla città) de Luigi Zampa - avec Amedeo Nazzari, Silvana Pampanini, Paolo Stoppa, Dante Maggio 1952 : C'est la faute au grisbi (Processo contro ignoti) de Guido Brignone - avec , Lianella Carell, Arnoldo Foà, Tina Lattanzi 1953 : Dans les faubourgs de la ville (Ai margini della metropoli) de Carlo Lizzani - avec Michel Jourdan, Massimo Girotti, Marina Berti, Giulietta Masina 1957 : Terreur sur Rome (Terrore sulla città) de Anton Giulio Majano - avec Andrea Checchi, Carlo D'Angelo, Rossella D'Aquino, Bruna Corrà 1958 : Le Défi (La sfida) de Francesco Rosi - avec José Suárez, Rosanna Schiaffino, Nino Vingelli, José Jaspe : Ferdinando Ajello 1959 : Meurtre à l'italienne (Un maledetto imbroglio) de Guido Brignone - avec Pietro Germi, Claudio Gora, Eleonora Rossi Drago, Claudia Cardinale 1959 : I mafiosi de Roberto Mauri - avec Erno Crisa, Wandisa Guida, Philippe Hersent, Luciano Marin, Gino Buzzanca 1959 : Nous sommes tous coupables (Il magistrato) de Luigi Zampa - avec José Suárez, François Périer, Jacqueline Sassard, Massimo Serato 1960 : Le Bossu de Rome (Il gobbo) de Carlo Lizzani - avec Gérard Blain, Anna Maria Ferrero, Bernard Blier, Pier Paolo Pasolini 1961 : (Armi contro la legge) de Ricardo Blasco - avec Mara Berni, Maria Luisa Merlo, Moira Orfei, Renato Baldini 1961 : Chasse à la drogue (Caccia all'uomo) de Riccardo Freda - avec Eleonora Rossi Drago, Yvonne Furneaux, Umberto Orsini, Andrea Checchi 1961 au cinéma : L'Assassin (L'assassino) de Elio Petri - avec Marcello Mastroianni, Micheline Presle, Cristina Gaioni, Andrea Checchi 1962 : La Bande Casaroli (La banda Casaroli) de Florestano Vancini - avec Renato Salvatori, Jean-Claude Brialy, Tomás Milián, Gabriele Tinti 1962 : Mafioso (Mafioso) de Alberto Lattuada - avec Alberto Sordi, Norma Bengell, Ugo Attanasio, Gabriella Conti 1962 : Quand la colère éclate (Lo sgarro) de Silvio Siano - avec Charles Vanel, Gérard Blain, Saro Urzì, Louise Conte 1962 : Il criminale de Marcello Baldi - avec Jack Palance, Yvonne Furneaux, Andrea Checchi, Tina Di Carlo 1962 : Salvatore Giuliano de Francesco Rosi - avec Frank Wolff, Salvo Randone, Pietro Cammarata, Nando Cicero 1963 : Main basse sur la ville (Le mani sulla città) de Francesco Rosi - avec Rod Steiger, Salvo Randone, Guido Alberti, Angelo D'Alessandro

1966-1969 : le Poliziottesco 1966 : Lutring... réveille-toi et meurs (Svegliati e uccidi) de Carlo Lizzani - avec Robert Hoffmann, Lisa Gastoni, Gian Maria Volonté, Pupo De Luca 1967 : Le Gros Coup du caméléon (Colpo doppio del camaleonte d'oro) de Giorgio Stegani - avec Mark Damon, Magda Konopka, Luisa Baratto, Luciano Pigozzi 1967 : de Gino Mangini - avec Dorian Gray, Marco Vassini, Tony Kendall 1967 : Au son du fusil (A suon di lupara) de Luigi Petrini - avec Lang Jeffries, Annabella Incontrera, Femi Benussi 1967 : Homicide sur rendez-vous (Omicidio per appuntamento) de Mino Guerrini - avec Giorgio Ardisson, Ella Karin, Günther Stoll, Hans von Borsody 1967 : Requiem pour une canaille (Qualcuno ha tradito) de Franco Prosperi - avec Robert Webber, Elsa Martinelli, Jean Servais, Marina Berti 1967 : de Vittorio Sala - avec Felix Marten, Liana Orfei, Gastone Moschin, Alan Collins