Marcel-Edmond Naegelen, né le à Belfort et mort le à Paris, est un homme politique français, député socialiste, ministre et gouverneur général de l'Algérie.
Biographie
Vie personnelle Fils d'un boulanger, Marcel-Edmond Naegelen fait ses études au lycée de Belfort, puis à l'École normale supérieure de Saint-Cloud. Il adhère à la SFIO en 1909 ou 1910. Il est mobilisé pendant la Première Guerre mondiale, et plusieurs fois décoré. En 1919, il devient professeur de lettres à l'École normale d'instituteurs de Strasbourg, et rejoint Périgueux avec les élèves et d'autres enseignants en .
Débuts politiques En 1925, il est élu conseiller municipal, et constamment réélu jusqu'en 1940. Il devient conseiller général en 1937. Il est adjoint au maire de 1925 à 1929, puis de 1935 à 1940. Il échoue par contre à devenir député, battu en 1932 et 1936 par le dissident communiste autonomiste Jean-Pierre Mourer.
Seconde guerre mondiale En 1940, il dirige l'évacuation de la population de Strasbourg vers la Dordogne, puis s'engage dans la Résistance (réseau Combat). À la Libération, il est président de la Haute Cour de justice en 1944. Adjoint au maire de Strasbourg, il fut élu député socialiste du Bas-Rhin en 1945. De 1946 à 1948, il est ministre de l'Éducation nationale. Il réorganise le Conseil supérieur de l'Éducation nationale et la Comédie-Française. Il crée les séries techniques du baccalauréat. Sous son autorité est publié le plan Langevin-Wallon qui pose le principe de l’école unique et de l’égalité devant l’enseignement. De 1944 à 1947, il est membre du comité directeur de la SFIO.
Une figure coloniale à la tête de l'Algérie Adversaire déclaré des nationalistes algériens, considéré comme homme « à poigne », il remplace le modéré Yves Chataigneau, partisan de la conciliation, comme gouverneur général de l'Algérie, en 1948Bernard Droz, La Fin des colonies françaises, Gallimard-Découvertes, Paris, 2009, .. Naegelen « ne connaissait pas l'Algérie et rien ne le désignait pour cette tâche »Jean Maitron (dir.), Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier français, éd. de l'Atelier, cédérom, 1997, article « Naegelen (Marcel-Edmond) ».
Hostile à toute forme de nationalisme algérien, et notamment aux militants du Mouvement pour le triomphe des libertés démocratiques (MTLD) de Messali Hadj qu'il confond dans une même opprobre avec les séparatistes alsaciens, il couvre l'administration dans la gigantesque opération de fraude électorale de l'élection de l'Assemblée algérienne qui, en , a peuplé de candidats de l'administration dans le second collège de l'Assemblée algérienne, fraude qu'il nie puis justifieBernard Droz, Naegelen, Marcel-Edmond (1892-1978), in L'Algérie et la France, Robert Laffont 2009, , (et , article Assemblée algérienne du même auteur). Ces « élections Naegelen » suscitent, tant en métropole qu'à l'étranger, diverses protestations que l'intéressé s'attache à minimiser.
En , il envoie une circulaire aux forces de l'ordre (police, gendarmerie, personnel pénitentiaire) rappelant que la torture et les sévices étaient proscrits par la loi. Cette instruction n'a guère d'effets. Plus généralement, Marcel-Edmond Naegelen se heurte à une forte hostilité des policiers d'Algérie. En , Naegelen, gouverneur de l'Algérie, démissionne à la suite d'une affaire d'élections truquées en 1951, et met en cause Hachemi Benchennouf dans un article publié dans Le Monde. Benchennouf, très content de cette démission, se félicitera « d'avoir eu la peau de Naegelen » Naegelen reprochait à l’administrateur de la commune mixte de Khenchela, Charles Laussel, d’avoir faussé les élections à l’Assemblée algérienne pour y faire élire frauduleusement le bachaga Benchenouf, député apparenté au MRP. En réalité, comme le précise Pierre Cazejust, c'est Naegelen qui avait tenté de truquer l'élection, ce qui provoqua sa démission.Pierre Cazejust, Beauvau, 1944-1985, Lettres du Monde, 1995, , lire en ligne.
Prises de positions En 1956, il prend position pour l'Algérie française, mais, l'année suivante, se prononce pour la motion Defferre, favorable à une négociation avec les nationalistes algériensDictionnaire biographique du mouvement ouvrier français, op. cit.. Sur son attitude pendant la guerre d'Algérie, l'historien Guy Pervillé a écrit : Marcel-Edmond Naegelen, sur guy.perville.free.fr (notice publiée dans la revue de l'ARDBA, , mai 1990, ). .
Retour en France Il revint en France métropolitaine et représenta les Basses-Alpes à l’Assemblée nationale de 1951 à 1958. Il représente l'Assemblée nationale française à l'Unesco. En 1953, il fut candidat de la gauche à la présidence de la République, d'abord opposé à Joseph Laniel, il réunit au treizième et dernier tour 328 voix contre 477 à René Coty. En 1954, il refusa le poste de résident général de France au Maroc. Battu aux élections législatives de 1958, il se retire de la vie politique.
En 1964, il reçoit le prix Clovis-Hugues pour son poème L'Immortelle espérance.
Il fut membre de l’Académie des sciences coloniales.
Fonctions gouvernementales Ministre de l'Éducation nationale du gouvernement Gouin (du au ) Ministre de l'Éducation nationale du gouvernement Bidault I (du au ) Ministre de l'Éducation nationale du gouvernement Blum III (du au ) Ministre de l'Éducation nationale du gouvernement Ramadier I (du au ) Ministre de l'Éducation nationale du gouvernement Ramadier II (du au ) Ministre de l'Éducation nationale du gouvernement Schuman I (du au )
Ouvrages Marcel-Edmond Naegelen est l’auteur de nombreux ouvrages :
Les Frissons de l'enfance. La Jeune Comté, Besançon 1909. L'immortelle espérance. Frontispice dessiné et gravé sur bois par Gabriel Belot. Librairie d'action d'art de la ghilde ‹Les Forgerons›, Paris 1917. La conversion de Georges Burckardt, instituteur alsacien. Avec une préface par Georges Delahache. Dernières Nouvelles d'Alsace, Strasbourg 1922. Les Morts reviennent, Drame en 1 acte en prose / Vermisst. Dramatischi Skizz in 1 Akt. Dernières Nouvelles, Strasbourg 1930. So sinn mer halt : Luschtspiel in drej Akt vun Marcel-Edmond Naegelen. Dernières Nouvelles, Strasbourg 1931. Histoire et figures d’Alsace. Librairie de la Mésange, Strasbourg 1935 (). Documentation sur Jacques Peirotes. Tome de la collection: ‹Recueil. Dossiers biographiques Boutillier du Retail. Coupures de presse relatives à des personnalités françaises et étrangères›, L'Alsace française, Strasbourg 1935. D'Ferme Iltis : Drama in 3 Akt. Dernières Nouvelles d'Alsace, Strasbourg 1939 (). Exposé de la situation générale de l'Algérie. Imprimerie officielle, Alger 1950. Groupes laïques d'études d'Alger. Reconnus d'utilité publique par decret du 27 fevrier 1932. 1925-1950 - 25 ans d'efforts et de dévouement au service de la jeunesse. s.n., s.l. 1951. Grandeur et Solitude de la France. Flammarion, Paris 1956. Avant Que Meure Le Dernier. Plon, Paris 1958. Nous n'irons plus au bois ... (Roman). La Nef de Paris Éditions, Paris 1960. Tito. Flammarion, Paris 1961. Mission en Algérie. Expériences et opinions d’un gouverneur général. Flammarion, Paris 1962. L’Hexagonie - essai fantaisiste d’histoire contemporaine. Les Presses du Mail, Paris 1963. Une route plus large que longue. Editions Robert Laffont, Paris 1964. La Révolution assassinée Hongrie Octobre – Novembre 1956. Berger-Levrault, Paris 1966. L'attente sous les armes ou la drôle de guerre - 1939 - 1940. Jérôme Martineau Editeur, Paris 1970. La France d’outre-mer, sa situation actuelle.
Distinctions
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Notes et références
Voir aussi Archives Les papiers personnels de Marcel-Edmond Naegelen sont conservés aux Archives nationales sous la cote 518APArchives nationales..
Bibliographie Léon Strauss, « Marcel Edmond Naegelen », in Nouveau Dictionnaire de biographie alsacienne, vol. 28, .
Articles connexes Plan Langevin-Wallon Gouvernement provisoire de la République française - Gouvernement Félix Gouin - Gouvernement Bidault I - Gouvernement Blum III
Liens externes
Fiche sur le site de l'Assemblée nationale
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Catégorie:Titulaire de la croix de guerre 1914-1918 Catégorie:Titulaire de la croix de guerre 1939-1945 Catégorie:Titulaire de la médaille militaire Catégorie:Titulaire de la médaille de la Résistance française avec rosette
Catégorie:Élève de l'École normale supérieure de Saint-Cloud Catégorie:Naissance en janvier 1892 Catégorie:Naissance à Belfort Catégorie:Décès en avril 1978 Catégorie:Décès à 86 ans Catégorie:Décès dans le 16e arrondissement de Paris