Le domaine de Madame Élisabeth ou domaine de Montreuil est situé aux et , rue Champ-Lagarde, dans le quartier de Montreuil à Versailles dans le département français des Yvelines, en région Île-de-France.
Ayant appartenu à la famille de Rohan-Guéméné, le roi Louis XVI l'achète en 1783 pour sa sœur Élisabeth de France, dite Madame Élisabeth.
Depuis 1997, il est la propriété du conseil départemental des Yvelines.
Histoire Origines de la propriété Seigneurie dès le , Montreuil est doté d'une forteresse en 1375. Entré dans le domaine royal, le domaine est cédé à l'ordre des Célestins de Paris par le roi Charles VI, qui le transforme en ferme, puis est intégré au domaine de Versailles au temps du roi Louis XV. La source qui alimente à l'époque les étangs aujourd'hui asséchés, en fait un lieu à la mode où les proches de la Cour font construire de belles propriétés d'agrément.
C'est ainsi qu'en 1772, le prince de Rohan-Guéméné et son épouse, dite Madame de Guéméné acquièrent le domaine de Montreuil, qu'ils agrandissent pour former une propriété de . Les transformations, tant de la maison que des jardins sont confiées à l'architecte Alexandre-Louis Étable de La Brière. Le domaine de Madame Élisabeth gauche|vignette|277x277px|Élisabeth de France - Élisabeth Vigée Le Brun - 1782. En 1783, à la suite de la faillite retentissante des Guéméné, Louis XVI achète la demeure pour sa sœur cadette Élisabeth. C'est Marie Antoinette qui en fait la surprise à celle-ci. Lui ayant proposé une promenade à Montreuil, où Madame Élisabeth alors âgée de se souvient d'avoir joué étant enfant, la reine lui annonce : .
De 1787 à 1789, les bâtiments sont mis au goût du jour, dans le style néo-classique, par l'architecte Jean-Jacques Huvé, futur maire de Versailles (1792-1793).. Celui-ci fait élever des corps de logis à deux niveaux (rez-de-chaussée et étage) en pierre de taille, striés de refends horizontaux et surmontés de combles brisés. L'ensemble comprend notamment une chapelle sur plan circulaire et éclairage zénithal, type alors en vogueCf. chapelle de l'hôpital Richaud par l'architecte Charles François Darnaudin, collègue d'Huvé comme inspecteur du château de Versailles., ainsi qu'un boudoir turc. Le mobilier est commandé aux ébénistes Jean-Baptiste-Claude Sené et Jean-Baptiste Boulard. Des pièces de ce mobilier sont aujourd'hui conservées à Paris au musée du LouvreJean-Baptiste-Claude Sené (1748-1803), Paire de bergères « à la Reine » (1789), Paris, musée du Louvre. et au musée Nissim-de-CamondoJean-Baptiste-Claude Sené (1748-1803), Paire de chaises voyeuses (1789), Paris, musée Nissim-de-Camondo.
Madame Élisabeth y séjourne jusqu'en 1789.
Le mur de clôture, le long de l'avenue de Paris, couronné d'une balustrade, sert alors de terrasse d'où l'on peut admirer le parc et le jardin de huit hectares aménagé par Huvé dans ce qu'on appelle, à l'époque, le goût anglo-chinois (grotte factice, cours d'eau, cascade, pont, etc.). Des dessins de l'architecte, conservés à la Bibliothèque nationale, au musée Carnavalet et au musée Lambinet gardent le souvenir de cet aménagement.
Madame Élisabeth établit à Montreuil un petit dispensaire dans une pièce de la maison pour les pauvres des environs. Ceux-ci sont soignés par le médecin et botaniste Louis Guillaume Le Monnier, qui fait venir des plantes rares dans le potager du domaine.
La Révolution met fin à ces occupations. Époque contemporaine Le domaine échappe au morcellement des propriétés lors de la Révolution française. La famille Clausse en devient propriétaire au début du . Charles Louis Clausse, maire de Versailles, y meurt le .
Les bâtiments sont profondément transformés, sans doute sous la Restauration ou la Monarchie de Juillet, pour leur donner leur configuration actuelle.
Entre les deux dernières guerres, des restaurations importantes sont réalisées par le propriétaire, Jean-Baptiste Chantrell.
En 1955, sa fille Lydie vend la propriété à une société immobilière.
La maison de Madame Élisabeth appartient depuis 1984 au conseil général des Yvelines.
L'Orangerie, acquise par le département en 1997, sert de lieu d'expositions temporaires.
Description L'habitation actuelle se compose d'un corps de logis rectangulaire de deux étages sur rez-de-chaussée flanqué de deux pavillons. La façade est ornée d'un péristyle à quatre colonnes. De la maison d'origine, ne subsiste que la partie initialement acquise par les Guéméné avec seulement trois pièces de l'appartement de Madame Élisabeth : la chambre qui devait être la sienne mais où elle n'a jamais couché (n'étant pas majeure, elle devait chaque soir retourner dormir au château), le salon turc et la salle du clavecin. Certains éléments de décor sont des réemplois.
Outre l'orangerie, le domaine était bordé par une laiterie et une vacherie aujourd'hui disparues.
La visite du parc est libre. Protection Les lieux font l'objet d'une protection au titre des monuments historiques et sont donc inscrits partiellements pour les façades et toitures de l'ancienne orangerie par arrêté du .. Galerie
Citation — Jacques Delille
Références
Voir aussi Articles connexes Liste des monuments historiques de Versailles Pavillon de musique de Madame
Liens externes
Le domaine sur le site du conseil départemental des Yvelines Sébastien Chauffour, Jean-Jacques Huvé (1742-1808), architecte : retour à Palladio, thèse d'École des Chartes, 2005.
Catégorie:Parc ou jardin public dans les Yvelines Catégorie:Patrimoine du XVIIIe siècle Catégorie:Versailles Catégorie:Monument historique dans les Yvelines Catégorie:Monument historique inscrit en 1980