La ( DIV) est une grande unité de l'Armée de terre française. Elle est formée au cours de la Seconde Guerre mondiale en tant que blindée ( DB).

Dissoute une première fois en 1946, elle est recréée en 1948. Elle est à nouveau dissoute en 1999 dans le cadre de la professionnalisation des armées françaises.

La mécanisée (), créée le , hérite de ses traditions. La est à son tour dissoute le .

La est recréée en 2016 dans le cadre du plan de réorganisation de l'Armée de terre.

Création et différentes dénominations : création de la blindée ( DB), émanant de l'armée d'Afrique ; : dissolution ; : recréation de la division blindée ; : division ; : division blindée ; : dissolution ; : la mécanisée () hérite de ses traditions ; : dissolution de la brigade mécanisée ; : recréation de la division.

Devise, surnom et citations

Sa devise, « Nomine et Virtute Prima » signifie littéralement « La première par le nom et la valeur ». Le choix de l'insigne, la croix de saint Louis, par le général Jean Touzet du Vigier, provient du lieu de formation de l'unité, la Tunisie où le roi Louis IX vint s'éteindre en 1270.

Elle est aussi surnommée la « division Saint-Louis ».

La division a été citée 3 fois à l'ordre de l'Armée au cours de la Seconde Guerre mondiale.

Historique De 1943 à 1946 En 1943, une armée française se reforme en Afrique du Nord. Elle sera dotée de matériels modernes venus des États-Unis et son programme prévoit la constitution de plusieurs divisions blindées. Finalement, après beaucoup de complications et de retards dans l'arrivée des matériels, seules trois divisions sont constituées, sur le type suivant : un état-major ; une compagnie de quartier général ; trois états-majors de brigade ; un régiment de reconnaissance ; trois régiments de chars ; un régiment de chasseurs de chars ; trois bataillons d'infanterie portée ; trois groupes d'artillerie ; un bataillon du génie ; un groupe de forces terrestres antiaériennes ; un groupe d'escadrons de réparation ; une compagnie de transmissions ; une compagnie des services ; un bataillon médical ; un groupe d'exploitation.

Cette division s'articule, suivant les normes américaines, en trois groupements tactiques, baptisés du nom américain de « Combat Command ». C'est sous cette forme que les trois divisions françaises seront engagées au cours des opérations de 1944 - 1945.

C'est dans ce contexte que la blindée ( DB) est formée le . Elle est l'héritière de la brigade légère mécanique (BLM) qui combattit en Tunisie. Le , le général du Vigier (promu le ), allait prendre le commandement de cette nouvelle unité en formation. Il avait laissé le commandement de la BLM au général Brossin de Saint-Didier et installé son poste de commandement à Mascara où se trouvait le centre d'organisation des unités blindées.

À l'origine, la DB comprenait un régiment de reconnaissance, le d'Afrique, de Constantine ; deux régiments de chars, les et de la même subdivision d'arme, Oran et Maison Carrée ; un quatrième régiment de chasseurs d'Afrique, le , qui constituait l'unité de chasseurs de chars (tanks-destroyers). S'ajoutaient à ces quatre formations, un régiment porté, le , d'Oran ; le d'artillerie, de Tunisie ; le du génie, récemment créé à Port-Lyautey, et le de forces terrestres antiaériennes (FTA), de Ténès. Dans le courant du mois de rejoignirent les transmissions et les services. Au mois d'août, le train et un groupe d'escadrons de renfort immédiat. Puis, le d'Afrique se dédoubla pour donner naissance au de cuirassiers, dont le numéro était cher au cœur du général du Vigier, qui l'avait commandé en 1940. Il venait d'être promu général de division le et toutes les forces dont il allait disposer se groupaient autour de Mascara.

Le de zouaves allait disparaître et être remplacé, comme infanterie de la division, par trois bataillons indépendants, appartenant aux , et , formant demi-brigade. Vint le moment où la division fut définitivement mise sur pied et où elle alla prendre sa place dans les rangs de la française alors appelée Armée B et qui allait participer au débarquement de Provence. Les premiers embarquements commencèrent à Oran et à Mers-el-Kébir à la fin du mois de , après diverses pérégrinations. Les bateaux levèrent l'ancre les 10 et . Le débarquement devait avoir lieu entre Saint-Tropez et Saint-Raphaël. À l'aube du , une flotte immense était rassemblée au nord-ouest de la Corse se dirigeant vers le nord.

Les opérations de la blindée au cours de la Seconde Guerre mondiale comprennent trois parties : De la Méditerranée aux Vosges, au ; Les combats pour l'Alsace, au ; La pénétration en Allemagne, au .

De la Méditerranée aux Vosges, 15 août au 13 novembre 1944 vignette|Le général de Lattre passant en revue le 5 régiment de chasseurs d'Afrique le 13 novembre 1944. Au cours de la première partie des opérations, le C.C. 1 est engagé dans la bataille, puis la division entière concourt a l'établissement de la tête de pont avec le C.A.U.S., à la prise de Toulon et de Marseille et à la libération de la Provence. Elle franchit le Rhône avec des moyens improvisés, se regroupe, à l'ouest du fleuve moins de quinze jours après le débarquement et entreprend une chevauchée de qui va l'amener au pied des Vosges, après une suite ininterrompue de combats victorieux, ayant abouti à la libération de Saint-Étienne, Lyon, Anse et Villefranche, Chalon-sur-Saône, Chagny, Beaune, Dijon et Langres. Commenceront ensuite les souffrances d'une lente et difficile pénétration par les vallées vosgiennes, dans la boue, sous la pluie et la neige. Après quarante cinq jours de marche vers Le Thillot, dont les stations sont Mélisey, Servance, Château-Lambert, Ramonchamp, Cornimont, Travexin, Fresse, la Chevestraye, Recolonges, la Chapelle de Ronchamp (colline de Bourlémont, la division parvient à l'orée de l'Alsace le .

À l'issue de cette première période d'opérations, la DB est citée une première fois à l'ordre de l'armée.

Les combats pour l'Alsace, 14 novembre 1944 au 9 février 1945 vignette|Des chars de la division à Huningue (Haut-Rhin). Au cours de la seconde partie, la DB va être la première aussi à pénétrer en Alsace et sera encore la première au Rhin. Partie le de la haute vallée du Doubs, l'offensive victorieuse de la française a brisé le dispositif allemand de la trouée de Belfort. La division, opérant dans le cadre du d'armée (général Béthouart) se glisse d'Héricourt le long de la frontière suisse et s'empare de Delle le . Le lendemain, le C.C. 3 est en Alsace et, à 18 heures, le peloton de chars du lieutenant de Loisy peut tremper son fanion dans le Rhin, à Rosenau. ll appartient au du de chasseurs d'Afrique. Cet officier devait trouver la mort le suivant, atteint dans son char d'un coup de panzerfaust lors de l'attaque de la caserne Lefebvre à Mulhouse. C'est le 20 que le colonel Caldairou est entré dans cette ville. Mais, malgré le succès remporté lors de la jonction des et d'armée dans la région de Burnhaupt, l'ennemi va réussir à se rétablir et à conserver une tête de pont autour de Colmar. Pendant deux mois, la division va tenir dans la neige un secteur défensif sur la Doller, au sud de ce que l'on appellera la poche de Colmar. Le , la française repart à l'assaut sur les deux flancs nord et sud de la poche, au milieu d'une tempête de neige. Après trois semaines de lutte, l'Alsace est définitivement libérée, Colmar a été pris le . La division, qui combat depuis le sous les ordres du général Sudre, après une progression pénible parmi les mines de potasse, a entamé une courte exploitation qui l'a amenée à Chalampé le au matin. Elle termine ainsi cette campagne de France commencée le et qui s'achève six mois plus tard sur les rives du Rhin.

À l'issue de cette deuxième période d'opérations, la DB est citée une deuxième fois à l'ordre de l'armée.

La pénétration en Allemagne, 10 février au 7 mai 1945 Au début de la troisième période, dès le , le C.C. 2 est en Allemagne. Combattant avec la division d'infanterie coloniale, il ouvre la voie dans la Forêt-Noire, pour livrer à la française Baden-Baden et l'important nœud routier de Freudenstadt. Peu après, le C.C. 3 vient à son tour combattre en appui des coloniaux. Après avoir marché sur Kehl et Offenbourg, il s'enfonce vers le sud en plaine de Bade et s'empare de Fribourg le . ll rejoint la division le 28 au sud~ouest d'Ulm. La blindée a en effet traversé le Rhin le . Le général Sudre a regroupé ses moyens, à l'exception de C.C. 3 autour de Freudenstadt et, agissant dans le cadre du d'armée, il a lancé son unité au cœur du territoire ennemi. La division court ainsi au Danube par Rottweil et Horb, traverse le fleuve le à Mulheim et Tuttlingen, puis, en même temps qu'elle achève à Stockach l'encerclement des forces ennemies combattant encore en Forêt-Noire, pousse sans désemparer le long du Danube par Sigmaringen jusqu'à Ulm dont elle s'empare en liaison avec les forces américaines de la armée arrivant du nord. Une fois encore la direction de marche va changer et, tendant une maille de plus au filet qui enserre l'armée allemande vaincue, la D.B. file plein sud sur la rive gauche de l'Iller, s'empare d'Immenstadt le et franchit le même jour la frontière d'Autriche pour occuper Aach et Oberstdorf. N'ayant plus devant elle que des sentiers de montagne, elle livre passage à l'infanterie et va se regrouper autour de Biberach. Première au Rhin, première au Danube, la division à la Croix de Saint-Louis achève sa brillante chevauchée après une suite ininterrompue de combats victorieux. Elle a joué, dans le succès final, un rôle décisif. Le C.C. 2 en Forêt-Noire, le C.C. 3 dans la plaine de Bade, puis toute la division en Allemagne, ont combattu sans désemparer jusqu'au , date de la reddition sans conditions de l'Allemagne.

À l'issue de cette troisième et ultime période d'opérations, la DB est citée pour la troisième fois à l'ordre de l'armée.

Fin de la guerre Après la cessation des hostilités, la DB rejoignit sa zone d'occupation dans le Palatinat, autour de Landau (arrondissements militaires de Germersheim, Bergzabern, Spire, Landau, Bruchsall. Elle y passa deux mois. Elle envoya à Berlin le premier détachement chargé de représenter la France, le , qui était ainsi composé : lieutenant-colonel Guibert, commandant le d'Afrique, un escadron de ce régiment avec l'étendard, un escadron du , deux compagnies des et , un détachement du train. Dès que l'organisation du secteur français de Berlin le permit, l'état-major de la division et le C.C. 2 s'y rendirent à leur tour le l'unité défilera aux côtés des alliés lors du défilé de la victoire, elle représentera l'arme blindé de la France. Le , l'état major de la division vint s’installer à Trèves. Puis la DB, à effectifs réduits par la démobilisation, revint en France et stationna, d' à fin dans les zones de Bourges, Châtellerault, Nantes et Angoulême.

Le , la dernière prise d'armes de la division est présentée à Angoulême, au général de Lattre de Tassigny, accompagné du général du Vigier. La DB est dissoute le et remplacée le lendemain, par l'élément divisionnaire blindé .

Composition au 15 août 1944 La DB qui débarque en Provence en est composée de 73 % d'Européens et de 27 % d'« Indigènes »Jacques Frémeaux, « Les contingents impériaux au cœur de la guerre » in Histoire, économie et société, Éditions C.D.U. et S.E.D.E.S., 2004, Volume 23, Numéros 1-4, .

Général commandant la division : général Touzet du Vigier puis général Sudre à partir d'. CC1 : général Sudre de cuirassiers : régiment de chars bataillon de Zouaves : infanterie portée I/ RA : artillerie CC2 : colonel Kientz RCA : régiment de chars bataillon de Zouaves : infanterie portée III/ RA : artillerie CC3 : général Caldairou RCA : régiment de chars bataillon de Zouaves : infanterie portée II/ RA : artillerie Unités organiques : RCA : régiment de reconnaissance RCA : régiment de chasseurs de chars équipé de Tank Destroyer (TD)