Caudebec-en-Caux est une ancienne commune française, devenue commune déléguée, située dans le département de la Seine-Maritime, en Normandie. Contrairement à ce que son nom indique, la commune n'appartient pas au pays de Caux, puisque celui-ci n'inclut pas la vallée de la Seine. Le déterminant « en Caux » a été ajouté par l'administration dans la seconde moitié du , pour éviter une confusion avec Caudebec-lès-Elbeuf. située dans le même département.
La fusion communale de trois communes dont Caudebec-en-Caux, le , donne naissance à la commune nouvelle de Rives-en-Seine et attribue par voie de conséquence, le statut de commune déléguée à Caudebec-en-Caux.
Caudebec-en-Caux est dotée de « trois fleurs » au Concours des villes et villages fleuris et est surnommée par ses habitants la « Perle du Val de Seine ».
Géographie Situation Ancien chef-lieu de canton, Caudebec-en-Caux est un bourg situé sur la rive droite de la Seine, entre Le Havre et Rouen. Traversée par les rivières Sainte-Gertrude et l'Ambion, la commune fait partie du parc naturel régional des Boucles de la Seine normande.
Communes limitrophes
Hydrographie La commune est située dans le bassin Seine-Normandie. Située sur la rive droite de la Seine, elle est traversée par la Sainte-Gertrude et l'Ambion.
Le mascaret Située à plus de de l'embouchure de la Seine, Caudebec-en-Caux était réputée pour son mascaret, nommé localement la barre, terme dialectal ( la chapelle de Barre-y-va sur les coteaux de Caudebec et la marée du mont Saint-Michel).
Dans certaines conditions de marées, de vent et de débit de la Seine, celui-ci pouvait prendre la forme d'une vague de plus de de haut qui remontait le fleuve à vive allure. Il est arrivé que des spectateurs imprudents, voulant observer ce phénomène naturel au bord des quais, soient emportés par les eaux.
Depuis les aménagements du port du Havre au début des années 1960 et l'endiguement des rives du fleuve, ce phénomène spectaculaire a quasiment disparu.
Urbanisme Voies de communication et transports Caudebec-en-Caux est reliée à Rouen et au Havre par la route départementale 982. Le pont le plus proche permettant de traverser la Seine est le pont de Brotonne. En conséquence, le passage d'eau a cessé de fonctionner le .
La Seine à vélo parcourt la ville en bord de Seine.
Toponymie Le nom de la localité est attesté sous les formes Caldebec vers 943, 966 et 1025, puis Caudebec dès 1060..
Il s'agit d'une formation toponymique médiévale, contemporaine de l'installation des Scandinaves dans la basse vallée de la Seine.
Le premier élément Caude- représente l'ancien scandinave (vieux norrois) kaldr « froid »René Lepelley, Dictionnaire étymologique des noms de communes de Normandie, Presses universitaires de Caen, 1993. par évolution phonétique régulière de type normanno-picard (absence de palatalisation du groupe /ca/ ligne Joret). De la même manière, le latin calida > calda « chaude » a donné chaude en français central et caude en normand septentrional.
L'élément Caude- se retrouve dans le type toponymique d'origine scandinave Caudecotte, très fréquent en Normandie en tant que microtoponyme.
Le second élément -bec représente l'ancien scandinave bekkr « ruisseau » qui a donné l'ancien normand bec « ruisseau » ( ruisseau du Bec) et est très fréquent comme hydronyme, mais aussi comme toponyme ( Bolbec, Foulbec), les localités tirant souvent leur nom de la rivière éponyme.
Le déterminant complémentaire -en-Caux se réfère au pays de Caux, dont elle est limitrophe, et permet de faire la distinction avec une autre commune de Seine-Maritime : Caudebec-lès-Elbeuf (Caldebec 962-996, probablement ancienne Uggade de l'Itinéraire d'Antonin)
Selon François de Beaurepaire, les deux Caudebec se trouvant au bord de la Seine, il se pourrait qu'il s'agisse d'un surnom scandinave de ce fleuve. Cependant les Vikings appelaient la Seine Signa, et il est probable que ce qualificatif de Caudebec « froide rivière » se rapporte en fait à la rivière Sainte-Gertrude, dont le nom semble relativement récent. Selon un mode de transfert usuel, Caudebec est devenu le nom du lieu comme Bolbec et la rivière s'est vue requalifiée en Sainte-Gertrude. Jacques Le Maho considère que l'ancien nom de Caudebec était Loium attesté dans lItinéraire d'Antonin, dont une variante moins évoluée phonétiquement Logium est également attestée au dans un document où l'on mentionne l'abbaye féminine au centre du bourg actuel.
Caudebec est également homonyme de Caldbeck (Angleterre, Cumberland, Caldebeck 1060 ).
Histoire
Protohistoire Dès les débuts de l’archéologie, principalement au , des recherches sont faites dans les retranchements importants du Calidu. Dans son ouvrage paru en 1866, La Seine inférieure historique et archéologique, l’abbé Cochet, archéologue, inspecteur des monuments historiques de la Seine-Inférieure et des monuments religieux du diocèse de Rouen, écrit :
Sur ces numéraires, figure une tête tournée vers la gauche accompagnée de la légende kal, kala, kaacou, kaltau, kaldv, kaledu, caledu. Une autre monnaie fut découverte, avec une inscription celtique « caledv senodon », et, au revers, un cheval au galop.
vignette|redresse=1.5|Carte du site du Calidu. vignette|Photographie ancienne du mascaret à Caudebec-en-Caux. Le terme de Calidu fait référence à un camp pré-romain désigné aujourd’hui par oppidum, c'est-à-dire un lieu de retranchement, ceint de talus avec fossés secs à l’extérieur. À Caudebec, le site offrait des défenses naturelles. Ces fortification étaient situées le plus souvent en hauteur, avec des superficies variables, allant de 1 à 160 hectares. Leur rôle exact (refuge occasionnel, rôle commercial et religieux, habitat permanent ou temporaire, lieux de surveillance…) n’est pas connu, ni leur date de construction, comme à Fécamp, Bracquemont, Vernon, Duclair, Sandouville… Quelques-uns remontent à l’âge du bronze, la plupart semblent être typiquement gaulois.
L’oppidum du Calidu se situe sur les collines à l’ouest de Caudebec, du haut des falaises jusqu’à la courte côte. Par extension, le Calidu désigne aujourd’hui l’ensemble du retranchement, soit 25 hectares. Au sud, la falaise de la Seine sert de défense naturelle, de même à l’est avec la forte pente donnant sur la vallée de Caudebec, simple marécage à l’époque. Au nord, un rempart artificiel, ou de trois à six mètres, doublé à l'extérieur d'un fossé plat, longe d'abord la route de Caudebec à Lillebonne, puis est coupé par celle-ci. Ce rempart rejoint la lisière de la forêt, au niveau du chemin du gibet et longe la lisière ensuite pour retrouver la route de Lillebonne, derrière la maison forestière de la Pommeraye. Un deuxième retranchement occupe la partie sud-est de cet oppidum. Le talus de ce second retranchement, surmonté d’un mur moderne, sert encore de limite de propriété et de limite de communes. Ce talus ne fait que renforcer une pente naturelle déjà assez forte.
L’abbé Cochet rapporte que Léon Fallue a découvert de nombreuses tuiles à rebords, des vases et des monnaies romaines au Mont Calidu. L’emplacement des découvertes n'est pas assez renseigné. Un squelette d’un jeune gaulois fut trouvé dans la partie sud de l’oppidum, non loin de la falaise, en 1874. Le corps orienté est/ouest, portait au tibia gauche un anneau uni coupé en bronzeArticle de Alain Huon et Marie-Clothilde Lequoy paru dans le bulletin municipal de Caudebec..
En 1985, une voie antique recouverte d'un empierrement de silex grossier et irrégulier, bordée de chaque côté par un fossé, a été découverte. Elle est moins large et moins bien construite que la voie romaine contigüe. La base des anciens remparts a été identifié, en 1984, comme un murus gallicus à armature en bois, tel qu'en décrit Jules César. Le bâti le plus important date de l'époque gallo-romaine, sans pouvoir déterminer s'il s'agit d'une extension de la ville de Loium ou du camp celtique lui-même.
Caledu pourrait être une variante de Caleto pour Caletoduno- (dunum) : « l'oppidum des Calètes » ( pays de Caux) et senodon pour senoduno : « vieil oppidum ». Dans ce cas, Caudebec aurait pu être l'oppidum principal des calètes, avant son remplacement par la cité gallo-romaine de Lillebonne (Juliobona)Isabelle Rogeret, Carte archéologique de la Gaule : la Seine-Maritime, Diffusion Fondation Maison des Sciences de l'Homme, 1998..
Antiquité Les historiens normands estiment que l'occupation romaine commence au Jusqu’au début des années 1990, ils ont considéré que la ville de Caudebec s’appelait Lotum à l’époque romaine. Leurs informations étaient fondées sur les écrits de l’abbé Cochet. Comme d’autres spécialistes du , il s’appuyait sur un témoignage manuscrit, un document antique, l'Itinéraire d'Antonin. Cette liste référence les stations routières de l’Empire ; dressée au de notre ère, elle mentionne une bourgade du nom de Lotum, dans la vallée de la Seine, à de Rouen et à de Lillebonne. La concordance des distances permet de conclure qu’il s’agit de Caudebec-en-Caux. De nombreuses découvertes d'artefacts montrent l’importance de cette localité dès l’époque romaine ; elle était effectivement située sur le tracé de la route reliant Rouen à Lillebonne.
Un texte ancien vient appuyer cette identification : la biographie de saint Condède, abbé de Belcinac, écrite par un moine de Saint-Wandrille au . Ce moine aurait eu entre les mains une copie de L'Itinéraire d'Antonin ; il parle d'un lieu proche de l’île de Belcinac, que l’on appelait, dit-il, Lutum dans l’Antiquité. Il propose sa propre interprétation de l’origine du nom : les alluvions que déposent chaque année, en hiver, les inondations de la Seine. Le mot lutum désigne, en effet, la boue en latin.
Ces traditions apparaissent peu fiables. Le nom de Logium (prononcer Loium) désignait la localité de Caudebec avant la période normande.
Moyen Âge vignette|Photographie ancienne d'une vue générale de Caudebec-en-Caux. Des textes du haut Moyen Âge, publié en 1996 dans la Revue d’histoire de l’Église de France, laissent à penser que le monastère mérovingien de Logium, longtemps situé par erreur au hameau de Caudebecquet près du pont de Brotonne, doit être cherché en réalité au cœur même de la ville actuelle de Caudebec ; et l'église paroissiale Notre-Dame pourrait être l’abbatiale de ce monastère ; la reine Bathilde, femme du roi , lui fit un don important au .. Ce monastère devait s’étendre sur la majeure partie du bourg actuel de Caudebec. Outre l’église Notre-Dame, il comprenait une chapelle Saint-Pierre située à l’emplacement même de la place d’armes, une chapelle dédiée à saint Martin et probablement un troisième oratoire, placé sous le patronage de saint Léger, à la sortie nord de la ville sur la route de Sainte-Gertrude. Abandonné lors des invasions vikings du , il ne fut jamais rebâti. Une partie de ses biens fut répartie entre divers chefs normands après 911, le reste fut réuni au patrimoine de l'abbaye de Saint-Wandrille en 960Article de Jacques Le Maho paru dans le bulletin municipal de Caudebec. Revue d'histoire de l'Église de France, 1996..
Le port d'étape de Caudebec, l'un des deux, avec celui de Quillebeuf, entre Rouen et la mer, appartenait à l'abbaye de Saint-Wandrille qui y prélevait des droits sur les navires amarrés aux quais..
Afin de soutenir le monastère de Saint-Wandrille, confirma les privilèges de Caudebec, par lettres patentes, en ..
Avec la reprise des hostilités entre le royaume de France et d'Angleterre lors de la seconde phase de la guerre de Cent Ans, la ville qui luttait encore contre les troupes d' capitule après la chute de Rouen le ..
Temps modernes La place forte est prise par les protestants en 1562Louis Charles Dezobry et Théodore Bachelet, Dictionnaire de biographie, , Ch. Delagrave, 1876, .. , chef des huguenots de Normandie, fuit Rouen en barque, se dirige vers Le Havre, et doit forcer un barrage dressé en travers de la Seine à Caudebec.. y passera en 1591..
Époque contemporaine