du Saint-EmpireBiographie d' sur le site de la Foundation for Medieval Genealogy., dit le Roux, est né vers la fin de l’année 955 et mort le , à Rome. Il est le fils d’ et de sa deuxième épouse, la princesse Adélaïde de Bourgogne.
Otton, empereur du Saint-Empire romain germanique, imite durant son règne la politique de son père. Alors que le Reich occupe déjà toutes les actuelles Allemagne, Nord-Est de la France, Bohème (Rép. Tchèque), Suisse, Autriche, Pays-Bas et Belgique, il souhaite renforcer l’Empire et l’agrandir en Italie. n'a pas les mêmes qualités militaires que son père, mais il parvient à maintenir l'unité de l'empire qui se développe culturellement et commercialement. Ses incursions en France et dans le sud de l'Italie sont des échecs. Il meurt à 28 ans en 983. Ses contemporains ont célébré son savoir et sa piété. S'il n'a pas égalé par le talent, du moins s'est-il efforcé de gouverner l'empire conformément à ses idées.
Néanmoins du fait de la bataille du cap Colonne, les marches situées entre l’Elbe et l’Oder sont envahies et la germanisation marque un temps d’arrêt et ne reprend qu’au Lavisse, La marche de Brandebourg sous la dynastie ascanienne et Ferdinand Lot, les invasions barbares, p.304..
Biographie Sa jeunesse thumb|200px|Adélaïde de Bourgogne, sa mère.
Son père, , impressionné par les connaissances de Gerbert d'Aurillac qui lui a été présenté par le comte , lui confie l'éducation de son fils Otton. Celui-ci reçoit aussi des enseignements de son oncle Brunon, archevêque de Cologne, et de son demi-frère illégitime, Guillaume, archevêque de Mayence.
Élu roi par la diète de Worms, il est associé au trône et reçoit la couronne de Germanie le Nouvel abrégé chronologique de l'histoire et du droit public d'Allemagne, Pfeffel, Christian Friedrich (1726-1807), p.136. en la cathédrale d'Aix-la-Chapelle. Élu roi d'Italie vers la fin de 962, il est couronné empereur associé du Saint-Empire romain germanique à Rome par le pape , le . Le à Aix-la-Chapelle, il est couronné roi de Germanie, et succède à son père, décédé le .
Sa mère, Adélaïde de Bourgogne, prend en main les rênes de l'empire, que sa jeunesse et son inexpérience ne lui permettent guère de manier heureusement dans les circonstances critiques où il se trouveL'art de vérifier les dates des faits historiques, des chartes, des chroniques et autres anciens monumens, depuis la naissance de Nostre-Seigneur ... / Maur-François d'Antine ; continué par Ursin Durand et Charles Clemenc et Edition Nouvelle édition / revue, corrigée et augmentée par un religieux bénédictin de la Congrégation de S. Maur Lieu / Dates A Paris : chez G. Desprez, 1770, p.304 et 305..
Une querelle de famille
Mais bientôt, il se lasse de la dépendance où sa mère le tient, et l'oblige à abandonner la cour d'Allemagne. Adélaïde de Bourgogne est une princesse éclairée et pieuse, que ses vertus placeront dans la liste des saints. Cependant à peine Otton est-il parvenu à l'âge de régir par lui-même, que de l'irritent contre la mère, qu'ils lui représentent comme une femme ambitieuse, et qui, jalouse de conserver l'autorité, ne cherche qu'à le retenir dans une perpétuelle tutelle.
thumb|left|upright|Couronnement d' et de Théophano en 972.
Adélaïde, , se retire en Bourgogne, auprès du roi , son frère. Mais, elle est à peine arrivée, qu'Otton reconnaissant la perfidie des conseils qu'on lui avait donnés, écrit à sa mère, lui témoigne son repentir, et la conjure si instamment de revenir à la cour. Elle consent à s'y rendre. L'empereur se jette à ses pieds, répand des larmes : leur réconciliation est sincère, et ils resteront toujours invariablement unis. Il est vrai qu’à peine Adélaïde de Bourgogne disparue, la guerre civile s'était alluméeRobinet, Jean-Baptiste-René (1735-1820), Dictionnaire universel des sciences morale, économique, politique et diplomatique ; ou Bibliothèque de l'homme-d'État et du citoyen, p.452..
C’est dans sa propre famille qu'Otton rencontre des problèmes. Il se heurte d’abord à , duc de Bavière, son cousin, qu’il va mettre cinq ans à faire entrer dans le rang. Le Querelleur espère ajouter la Souabe à la Bavière, lors de la mort de son beau-frère . Mais, Otton empêche cette union, afin d'empêcher un accroissement de la Bavière qui, augmentée de la Souabe, risquerait de dominer toute l'Allemagne du sud.
Depuis longtemps, les ducs de Bavière jouissent, dans leur domaine, d'une grande puissance politique, par le fait, entre autres, qu'ils disposent des évêchés du sud de l'Allemagne en faveur des membres de leur famille. En fait, la Bavière impose sa suzeraineté à une grande partie de l'Autriche actuelle et au sud jusqu'à la mer Adriatique et au lac de Garde. Allié à , à , aux Danois et des minorités slaves, , se soulève donc contre son impérial cousin, mais il est vaincu.
En janvier 974, Otton reprend la forteresse de Boussoit à et qui avaient envahi le comté de Hainaut. Peu après il mène une expédition contre le roi Harald Dent bleue de Danemark. Il les oblige à demander la paixL'art de vérifier les dates des faits historiques, des chartes, des chroniques et autres anciens monumens, depuis la naissance de Nostre-Seigneur ... / Maur-François d'Antine ; continué par Ursin Durand et Charles Clemencet, Edition Nouvelle édition / revue, corrigée et augmentée par un religieux bénédictin de la Congrégation de S. Maur Lieu / Dates A Paris : chez G. Desprez, 1770, p.304 et 305..
Démembrement de la Bavière vignette|150px|.
favorise les sujets fidèles mais se montre impitoyable envers les rebellesDictionnaire universel des sciences morale, économique, politique et diplomatique ; ou Bibliothèque de l'homme-d'État et du citoyen, Robinet, Jean-Baptiste-René (1735-1820), p.452.. perd son duché en 976, est emprisonné, puis exilé. Otton met ainsi fin à la situation privilégiée de la Bavière. Il en sépare la Marche de l'Est, l'Ostarrichi, qu'il donne à . C’est là l'origine du règne de la Maison de Babenberg, en Autriche.
Dans le sud de l’empire, l'empereur institue en 976 le nouveau duché de Carinthie qui comprend les anciennes marches de Carniole, de Vérone et d'Istrie. À la même époque, l'évêché de Prague est établi et placé sous la dépendance de l'archevêché de Mayence, alors que, jusque-là, la Bohême relevait de l'évêché de Ratisbonne. Ainsi la Bavière perd également toute autorité religieuse sur la Bohême.
Mais en revanche, les ducs , en Bohême, et , en Pologne reprennent toute leur indépendance. Il est vrai que son expédition contre les Bohémiens en 975 avait été un échec partiel. En 977, l’empereur organise une autre expédition en Bohême, où le duc prête allégeance. En 979, repousse une expédition militaire du Saint-Empire et de la Lusace contre la Pologne. Un traité de paix met fin à la guerre et Mieszko épouse Oda, la fille de Dietrich d’Haldensleben, le margrave de la marche du Nord.
La Lotharingie
vignette|gauche|300px|Basse-Lotharingie Lotharingia Inferior et Haute-Lotharingie Lotharingia superior vers l'an 1000. En 973, l'influence germanique exercée en Gaule par , oncle de Lothaire et de Hugues Capet et dont il avait confié la tutelle à la mort de leurs pères respectifs à son frère Brunon jusqu'à leur majorité, cesse brutalement. La puissance redoutée de l'empereur qui avait garanti Lothaire des entreprises de ses vassaux, cesse entièrement avec la mort de cet empereur. Son fils ayant exclu de leur héritage paternel les comtes de Mons, et , Lothaire envoie en 976 son frère Charles, auquel la pauvreté de la maison royale n'avait pas permis qu'on lui assignât un domaine, rejoindre avec une armée celle que Hugues Capet et Otton de Vermandois avaient fait marcher au secours des comtes. Une grande bataille, qui reste indécise, est livrée devant Mons en 976Nouvelle biographie générale. Tome premier, Aa-Alfez : depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours avec les renseignements bibliographiques et l'indication des sources à consulter / sous la direction du Dr. Hoefer, p.725..
En 977, accueille son cousin germain, Charles, qui vient d'être exilé par son frère Lothaire, roi de Francie occidentale, pour avoir accusé la reine Emma d'Italie d'infidélité avec l'évêque de Laon Adalbéron. Charles rend alors hommage à l'empereur, qui, tout en lui promettant de le couronner dès que Lothaire serait écarté du trône, lui donne le duché de Basse-Lotharingie resté vacant depuis la mort Godefroy de Metz en 964.
La nomination de Charles à la tête du duché, devenu fief mouvant de l'Empire, provoque des troubles qui éclatent au cours de l'été 978. Cet expédient ne satisfait pas non plus le roi Lothaire qui espère tirer parti d'une situation confuse. Il pénètre en dans le duché de Lorraine en révolte, et se fait prêter serment par les États du duché mosellan à Metz. Avec , il mène un raid contre Aix-la-Chapelle où réside la famille impériale qui échappe de peu à la capture. Selon Thietmar de Mersebourg, Lothaire aurait fait tourner du côté de la France les aigles placés sur le palais de Charlemagne, pour marquer sa souveraineté sur la Lorraine. Richer de Reims, mentionne lui un seul aigle en bronze, qui aurait été retourné vers l'Est, en expliquant que les Germains l'avaient tourné vers l'Ouest pour « indiquer d'une manière symbolique que leur cavalerie pourrait battre les Gaulois quand elle le voudrait ».. Lothaire se replie ensuite en Francie occidentale, en emportant avec lui les insignes de l'Empire.
Hugues Capet thumb|300px|Diplôme de l'empereur confirmant à Saint-Denis ses biens situés dans l'empire.
En représailles de l'attaque de Lothaire sur Aix-la-Chapelle, rassemble une armée de , « armée, écrira un chroniqueur, telle qu'aucun homme de ce temps n'en avait vu auparavant et n'en a vu depuis de semblable. » À la tête de cette armée, il envahit le nord de la Francie en , et assiège Paris, défendue par Hugues Capet. Au cours de ce périple, il pille le pays rémois, le laonnois, le soissonnais, le palais et la future abbaye Saint-Corneille de Compiègne. Lothaire se réfugie à Étampes. En décembre, l'empereur doit toutefois se résoudre à ordonner la retraite de son armée, décimée par la maladie. Poursuivi par les Français, il perd son arrière-garde, ses bagages, et surtout son butin lors du passage d’un gué à Soissons sur l'Aisne, du fait d’une crue de la rivièreNouvelle biographie générale. Tome premier, Aa-Alfez : depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours avec les renseignements bibliographiques et l'indication des sources à consulter / sous la direction du Dr. Hoefer, p.726..
Lothaire s'est aperçu que Hugues Capet, en l'excitant à la lutte contre les empereurs du Saint-Empire romain germanique, n'a d'autre motif que de priver le roi du secours de ces princes contre ses projets d'usurpation. En conséquence, il se décide à se rapprocher d'. Le roi en 980 à Margut, sur la Meuse, fait abandon de ses prétentions sur la Lorraine. Hugues Capet, mécontent de cette paix conclue sans sa coopération, et craignant de voir les deux princes s'unir contre lui, cherche à son tour à se mettre sur un bon pied avec la cour impériale. Il va passer les fêtes de Pâques à Rome auprès d'Otton, qui lui fait le meilleur accueil, et il réussit à se rendre entièrement favorable l'impératrice Théophano Skleraina. Il va bénéficier du soutien aussi d’Adélaïde de Bourgogne, la mère de l’empereur pour devenir roi de France.
Les Églises de Cologne, de Trèves, de Liège et de Metz, et les comtes palatins, profitent de ces troubles, pour s'emparer de quantité de terres dépendantes de la Lorraine.
Rome et le pape thumb|250px|À la droite la photo du ciboire de la basilique Saint-Ambroise à Milan, saint Ambroise entre deux Ottoniens, peut-être et son père.