La du Tour d'Espagne se déroule du au , entre Benidorm et Madrid. La course est remportée par Luis Herrera à une vitesse moyenne de .

Luis Herrera eut pour principal adversaire Sean Kelly repassé en tête du classement général à quatre jours de l'arrivée mais qui dut abandonner du fait d'une blessure à la selle. Le podium réunit outre Luis Herrera, Reimund Dietzen et Laurent Fignon. C'est la première victoire colombienne dans un grand tour.

Dans son autobiographie parue en 2009, Laurent Fignon insinue que les coureurs de son équipe furent payés pour laisser gagner Luis Herrera .

Présentation La course compte un prologue et vingt-deux étapes, et se déroule sur une distance totale de . Ce qui fait vingt-trois jours de compétition sans un jour de repos . Pour Vicente Belda, au départ de sa dixième , ce Tour est le plus dur qu'il a eu à disputer . Pedro Delgado dit la même chose au soir de la huitième étape« Delgado : le défi à la bouche », article publié dans le quotidien L'Équipe du lundi 4 mai 1987.. Dix-huit équipes sont au départ, soit cent quatre-vingt coureurs.

Les favoris ont pour nom Pedro Delgado, Reimund Dietzen, Laurent Fignon ou Sean Kelly. Même s'il semble que le grand favori soit l'Irlandais . De nombreux Espagnols sont aussi des outsiders potentiels, comme Vicente Belda, Ángel Arroyo ou Marino Lejarreta. La veille du départ, le vainqueur sortant Álvaro Pino, victime d'une tendinite, déclare forfait, au grand dam des supporters espagnols. De même, l'équipe Fagor est considérablement affaiblie par les défections de Pedro Muñoz, Jean-Claude Bagot et Éric Caritoux. La direction de la formation a préféré, au dernier moment, les envoyer disputer le Tour d'Italie, bien meilleure préparation pour le Tour de France, selon elle . Luis Herrera prend le départ, affaibli par une forte grippe, survenue quelques jours avant le prologue. Il a pour simple objectif de disputer la comme course préparatoire en vue du Tour de France 1987. Ainsi, le leader désigné de la formation Café de Colombia est Martín Ramírez (ancien vainqueur du Tour de l'Avenir 1985).

Récit de la course 23 avril : prologue Le Belge Jean-Luc Vandenbroucke, ancien pistard, remporte le prologue. Handicapé par une forte grippe, il voulait renoncer à s'aligner sur ce parcours, identique au prologue du Tour de Valence, qu'il avait gagné en début de saison. Bien qu'il mette vingt-trois secondes de plus que le précédent (en raison d'un fort vent de face sur les trois-quarts de la distance) , ce spécialiste de ce genre d'exercice relègue à six secondes, le deuxième Sean Kelly. Le troisième Jesús Blanco Villar finit à neuf. Laurent Fignon perd vingt-huit secondes, Pedro Delgado, trente-deux et Luis Herrera, lui, trente-cinq. Toutefois, Vandenbroucke bénéficie de l'absence d'autres rouleurs comme Bert Oosterbosch ou Thierry Marie (présents les années précédentes) .

24 et 25 avril : première et deuxième étapes L'étape initiale de ce Tour d'Espagne mène le peloton de Benidorm à Albacete, sur une distance de . La région de la Manche est balayée par les vents. Ce qui provoque l'échec d'une tentative d'échappée d'Henri Abadie (butant sur le vent de face) , puis à une cinquantaine de kilomètres de l'arrivée, le vent devient de côté et provoque des bordures . Fignon souffre d'une sinusite, et en compagnie d'Herrera, il perd vingt-sept secondes de plus, piégés dans une cassure . Sean Kelly remporte l'étape au sprint et s'empare de son premier maillot jaune de leader (en cinq participations), grâce aux bonifications récoltées lors de l'étape volante d'Alicante.

Le lendemain, l'arrivée est jugée à Valence et se termine, également, par un sprint massif . Paolo Rosola, emmené par toute l'équipe Bianchi - Gewiss, gagne devant Kelly. Cinq étapes volantes sont au programme de cette étape, Roberto Pagnin passe quatre fois deuxième derrière l'échappé Peter Hoondert. Il glane ainsi vingt-huit secondes de bonifications, et s'empare du maillot « Pagnin, l'obstiné », article publié dans le quotidien L'Équipe du lundi 27 avril 1987..

26 avril : troisième étape Un contre-la-montre de , avec départ et arrivée au pied du stade de Mestalla, attend les coureurs . Il est composé de quatre grandes lignes droites pour majeure partie sur autoroute. C'est un tracé pour homme fort . Tandis que Fignon s'interroge sur son avenir dans la course« Fignon limite les frais », article publié dans le quotidien L'Équipe du lundi 27 avril 1987., Kelly, grand favori de l'étape, la remporte avec dix-neuf secondes d'avance sur Blanco Villar et vingt-deux sur Pello Ruiz Cabestany. Il reprend la tête du classement général. Il relègue les autres favoris, Dietzen à trente-trois secondes, Fignon à une minute trente-six, Delgado à une minute cinquante-et-une et Herrera à deux minutes trente-six. Pagnin perd plus de trois minutes et son maillot« Sean Kelly, l'implacable », article publié dans le quotidien L'Équipe du lundi 27 avril 1987..

27 et 28 avril : quatre et cinquième étapes Malgré trois cols de troisième catégorie sur le parcours (qui n'éliminent que quelques sprinters ) et de nombreuses échappées (dont la plus sérieuse comprend Pascal Poisson, cinquième à cinquante-huit secondes du leader ), la quatrième étape se termine par un sprint massif où le champion d'Espagne, Alfonso Gutiérrez s'impose. Aucun changement au classement général, le podium de l'étape de la veille est aux trois premières places. Kelly devance Blanco Villar de vingt-neuf secondes et Ruiz Cabestany de trente-quatre .

Lors de l'étape suivante, qui mène à Barcelone, Roberto Pagnin s'échappe au dixième kilomètre, il est rejoint par Henri Abadie. Ils roulent ensemble cent-cinquante kilomètres. Leur entente est bonne jusqu'aux abords de l'arrivée, où ils se disputent la victoire d'étape. Abadie pensait que Pagnin lui laisserait le gain de l'étape puisqu'il reprenait le maillot de leader à Kelly . Mais l'Italien veut l'étape (se désintéressant du maillot jaune ) et ne la lui laisse pas. Le Français doit se contenter du maillot du meilleur grimpeur . Deux cols de seconde catégorie, situés en fin d'étape, permettent une première confrontation entre leaders, dans laquelle Herrera perd, encore, du temps . À moins de quinze kilomètres de l'arrivée, le coureur colombien Segundo Chaparro chute lourdement et se fracture le crâne. Il sera hospitalisé une quinzaine de jours et ne pourra jamais reprendre sa carrière sportive.

29 avril : sixième étape Les concurrents de ce Tour d'Espagne font connaissance avec la montagne, à partir du km 170. Partant de la capitale catalane (au niveau de la mer), ils terminent l'étape à d'altitude, dans la station de sports d'hiver de Grau Roig, en Andorre. Jesús Ibáñez Loyo s'échappe peu avant le ravitaillement et prend plus d'un quart d'heure d'avance sur le peloton , grâce à un fort vent favorable et à l'apathie du peloton (les favoris, attendant les premières pentes pour s'expliquer). Le champion d'Espagne 1984 remporte l'étape, après deux saisons sans gagner, avec deux minutes d'avance sur les principaux favoris. Dès les premiers hectomètres d'ascension, les Colombiens José Patrocinio Jiménez et Henry Cárdenas (en compagnie de Vicente Belda) préparent le terrain à une attaque de Luis Herrera. Quand celui-ci démarre seul Belda peut l'accompagner. Herrera finit troisième dans la roue de Belda et reprend du temps à tout le monde. Delgado termine à vingt-deux secondes, Sean Kelly à une minute et Fignon plus loin encore. Les Colombiens finissent à cinq dans les dix premiers de l'étape. Cependant Kelly profite de cette arrivée en altitude, pour récupérer le maillot jaune . Delgado remonte à la quatrième place du classement général provisoire, Herrera à la huitième. L'étape est fatale à Pagnin et à Ruiz Cabestany (qui termine à plus de sept minutes).

30 avril : septième étape C'est une deuxième étape de montagne qui attend les coureurs, avec cinq cols répertoriés dont l'arrivée à Cerler, classée en hors-catégorie. L'étape se termine par une ascension, longue de dix-neuf kilomètres, qui mène les coureurs de Benasque (altitude : ) à l'arrivée, jugée à . La journée voit les Colombiens imprimer un rythme infernal dès que la route s'élève. Selon Herrera, leur objectif est d'interdire toute échappée au long cours, qui pourrait devenir dangereuse pour le classement général, et d'isoler les favoris, en tentant d'éliminer leurs coéquipiers . La stratégie se révèle payante puisque trente-cinq coureurs sont éliminés (soit par abandon, soit en finissant hors-délais). Pourtant, les commissaires de course allongeront ces délais d'élimination pour en repêcher vingt-sept autres . Au pied de la dernière ascension, toutes les échappées ont été annihilées. Pedro Saúl Morales lance la première attaque. Laudelino Cubino revient sur lui et le décramponne. L'Espagnol est suivi à quelques secondes par Herrera et Belda . Il les contiendra à neuf et dix secondes. Toutefois le Colombien reprend une trentaine de secondes à un petit groupe de favoris qui se dispute la quatrième place, et où figurent Pedro Delgado et Reimund Dietzen, nouveau leader de la course. En effet, Kelly, cède et est absent de ce groupe, il perd deux minutes sur Cubino et son maillot jaune pour deux secondes. Herrera s'empare du maillot du meilleur grimpeur et se classe au cinquième rang du classement général, à quarante-neuf secondes de l'Allemand. La seconde formation colombienne, Ryalcao - Postobón prend la tête du classement par équipes. La lutte pour la victoire finale est, maintenant, circonscrite à six prétendants : Dietzen, Kelly, Delgado, Julián Gorospe, Herrera et Óscar de Jesús Vargas.

et 2 mai : huit et neuvième étapes Ce sont deux étapes, dite de transition, qui se succèdent. La première se termine à Saragosse, au pied du stade de La Romareda, par la victoire d'Iñaki Gastón . Celui-ci démarre dans les derniers hectomètres pour devancer le sprint massif. Auparavant l'équipe BH du sprinter Manuel Jorge Domínguez avait chassé derrière Éric Guyot, échappé du jour et qui avait compté jusqu'à huit minutes d'avance. La santé de Laurent Fignon s'améliore et il reprend vingt secondes dans les différentes étapes volantes de la journée, pour ne plus compter que trois minutes de retard sur Dietzen .

Le lendemain, le peloton rejoint Pampelune. Le grimpeur Felipe Yáñez gagne l'étape en solitaire. Après s'être ravitaillé en bidons, Yáñez remonte vers la tête du peloton et profite du ralentissement de celui-ci (les Reynolds venant d'annihiler une échappée de José Sarrapio et de Joaquín Hernández ), pour s'échapper . Bénéficiant d'un vent favorable et de la permissivité des favoris (préoccupés par l'étape du lendemain), il prend jusqu'à huit minutes d'avance. À l'arrivée dans la capitale navarraise, il lui en reste plus de deux sur un groupe de cinq hommes qui avait faussé compagnie au reste du peloton, dans les faubourgs de la ville . Bien leur en prit puisque Yáñez disqualifié, pour contrôle antidopage positif, c'est Antonio Esparza, deuxième de l'étape, qui est déclaré vainqueur, ultérieurement . Fignon grappille encore quatre secondes dans une étape volante.

3 mai : dixième étape