Rouyn-Noranda (prononcé ) est une ville et une municipalité régionale de comté et, depuis 1966, le chef-lieu de la région administrative de l'Abitibi-TémiscamingueRouyn-Noranda est le chef-lieu avec de l'Abitibi et Ville-Marie du Témiscamingue au nord-ouest du QuébecRépertoire des municipalités : Ville de Rouyn-Noranda (Hors MRC), sur le site des Affaires municipales, régions et occupation du territoire., au Canada. Au début du , son économie est basée sur l'exploitation et la transformation des ressources minières et forestières, la fabrication d'équipements pour ces industries et un secteur tertiaire développé, dont les services administratifs. ville en importance au Québec lors du dernier recensement en 2021, la population est de .
Selon l'Institut de la statistique du Québec, la population totale s'élève à 43 270 habitants en 2025..
Le nom a pour origine les anciennes municipalités de Rouyn et de Noranda qui ont été fondées à la suite de la découverte en 1917 d'un riche gisement de cuivre sur les rives du lac Osisko. Les deux villes ont été fusionnées en 1986 puis avec plusieurs municipalités environnantes entre 1995 et 2001. Même si elle constitue en 2022 une municipalité régionale de comté, son nom officiel reste « Ville de Rouyn-Noranda ».
Toponymie La ville de Rouyn tire son nom du canton éponyme dans lequel elle se situe. Le nom de Rouyn se veut un hommage à Jean-Baptiste de Rouyn, chevalier, seigneur de Saint-Maurice, en Lorraine, capitaine d'infanterie et membre du régiment Royal-Roussillon« Lettres du chevalier de Lévis concernant la guerre du Canada (1756-1760) » par François Gaston de Lévis de l'armée de MontcalmGourd (1988), . en 1759. Gravement blessé durant la bataille de Sainte-Foy en 1760, il reçoit la croix de Saint-Louis, puis retourne en France et y meurt.
L'appellation Noranda résulte de la contraction de Northern Canada qui, à l'origine, devait prendre la forme de Norcanda, mais se mua en sa forme actuelle par suite de la négligence d'un imprimeur distrait. Le toponyme algonquin de la ville est Conia AsiniL'homme de Neawigak : et autres histoires algonquines de Joseph 'Josie' Mathias, . Fiche sur le site de la Bibliothèque et Archives nationales du Québec
Géographie Territoire
vignette|upright=1.3|Carte de la MRC vignette|upright=1.3|Lac Joannès.
La MRC de Rouyn-Noranda possède de nombreux sites écotouristiques ainsi que des infrastructures importantes. Le plus connu des sites est le Parc national d'Aiguebelle dont la majeure partie du territoire est située dans le quartier de Mont-Brun. Plusieurs aires protégées dont la Réserve de biodiversité des Lacs-Vaudray-et-Joannès et la Réserve de biodiversité Opasatica contribuent à la conservation des milieux naturels des Basses-Terres du lac Témiscamingue. Une station de ski alpin a été aménagée sur le Mont Kanasuta depuis 1961. Les Collines Kékéko, principalement accessibles par la route 391, offrent de magnifiques paysages pour la randonnée pédestre.
Parmi les infrastructures principales autres que les mines, il y a les centrales hydroélectriques de Rapide-2 et de Rapide-7 d'Hydro-Québec, érigées sur la rivière des Outaouais, ainsi qu'un aéroport régional dont le code IATA international est YUY.
Selon les données statistiques annuelles compilées par le Ministère des affaires municipales et de l'Habitation du Québec (MAMH), la valeur foncière totale des bâtiments et terrains taxables sis sur le territoire de la Ville de Rouyn-Noranda s'établissait à ($CAD) en 2020..
Municipalités limitrophes
Climat
Le climat de Rouyn-Noranda est un climat subarctique, un intermédiaire entre le climat tempéré et le climat polaire. Les étés sont moins chauds et les hivers plus rigoureux que dans le climat tempéré. La végétation correspond à la forêt boréale, mixte par endroits. Les températures moyennes oscillent entre et en janvier et et en juillet, avec des records de froid tels qu'un le ou de chaud avec un le .. Si en hiver, il est plus fréquent de rencontrer des températures avoisinant les -20 à , les étés sont de plus en plus chauds en général ; cela joue entre 20 et , avec un indice humidex souvent élevé. Fait marquant, vers la fin de une tempête de neige s'est abattue sur la région qui, aux dires des témoins, fut « la plus terrible que l'on ait vue depuis très longtemps ». La neige est tombée ainsi pendant 3 jours, ensevelissant tout sur son passage.Une tempête comme on n'en avait jamais vue… par Louise-Hélène Audet, Source Journal La Frontière, 27 mars 1947.. La dernière neige tombe parfois dans le mois de juin.
Histoire L'occupation autochtone du territoire Les alentours de Rouyn-Noranda sont habités depuis par les peuples autochtones. Selon certaines recherches archéologiques, les peuples algonquiens occupent ce territoire depuis au moins le . Au , juste avant l'arrivée des Européens, les « Témiscamingues » apparentés aux Algonquins et les « Abitibis », apparentés aux Cris de la baie James se partagent cette zone et les échanges entre ces deux peuples frères semblent pacifiques.Selon le père Antoine Silvy prêtre jésuite, missionnaire, né le 16 octobre 1638, à Aix-en-Provence, France, mort le 24 septembre 1711, à Québec.. Les Témiscamingues peuplent le pourtour du lac Témiscamingue et s'auto-désignent Sagi wan icana bi alors que les Abitibis peuplent le pourtour du lac Abitibi et s'auto-désignent Apittipi anissinape qui signifie « Gens du lac à coloration foncée »Histoire de l'Abitibi Témiscamingue. Collectif Odette Vincent, M. Asselin, B. Beaudry Gourd, C. Mercier, R. Viau, M. Côté, J-P Marquis, M. Riopel, C. Sabourin, 1995, IQRC, Collection Les régions du Québec, .
Le commerce des fourrures En 1658, Gabriel DruillettesParti de Sillery le 29 août 1646, ce père fut le premier missionnaire qui remonta la rivière Chaudière jusqu'au Kénébec. En 1652, les Abénaquis lui portaient tant d'estime qu'ils le naturalisèrent abénaquis. fait une première description géographique de la région. Il retrace la route des canots se rendant en Jamésie, celle qui franchit le partage des eaux par le lac des Quinze, l'Outaouais et le lac Abitibi. Cette route emprunte ici les lacs OpasaticaLe nom Opasatika serait formé du mot algonquin Obié ou Opa, qui signifie « rétréci », et du mot Satika qui veut dire « il y a des trembles »., DasseratOu le lac kopigigotek en algonquin, DuparquetOu le lac Agotawegami en algonquin. puis Abitibi.
vignette|Scène représentant un gros canot à marchandises de la Compagnie de la Baie d'Hudson passant devant une chute.
Le territoire abitibien voit donc les premières expéditions européennes vers 1670 sous la direction de Radisson, expéditions inhérentes à une stratégie de développement de la traite des fourrures dans la région de la baie d'Hudson et des colonies de la Nouvelle-France.Entre 1620 et 1630, les Hurons et les Iroquois tissent des alliances privilégiées avec respectivement les Français et les Anglais. Les Iroquois, qui veulent s'assurer de conserver leur avantage commercial dans la vente des fourrures vont lancer vers le nord des raids de guérilla entre 1630 et 1640. N'ayant pu obtenir l'exclusivité du commerce, les Iroquois, qui ont acquis une supériorité militaire avec l'achat de centaines d'arquebuses, vont pratiquer des raids de rapine contre les convois algonquiens de fourrures en route vers les postes de traites français. Vers 1650, l'augmentation des frais demandés par les Outaouais va obliger les Français à recourir au service de traiteurs indépendants et moins onéreux, les coureurs des bois.
vignette|gauche|Les Témiscamingues (Algonquins) et les Abitibis (Cris) au .
Au milieu du , les Amérindiens de la région se détournent des Français avec l'ouverture d'un poste de traite anglais, plus généreux et situé à la Baie d'Hudson. En 1686, afin d'éliminer la concurrence, Pierre Chevalier de Troyes monte donc une expédition afin d'y déloger les Anglais. À cette occasion, il dirige la troupe de Pierre, Paul et Jacques Le Moyne et d'une centaine d'hommes dont et . Parti de Montréal au mois de , l'expédition se trouve dans les environs des lacs Opasatica et Dasserat au mois de . Pierre de Troyes décrit que
vignette|Arrivée de Radisson dans un camp amérindien en 1660.
En 1713, le traité d'Utrecht concède aux Anglais le territoire de la Baie d'Hudson sans que l'on sache vraiment où s'arrêtent les frontières intérieures. Le Fort Témiscamingue, érigé en un point névralgique sur la berge est du lac Témiscamingue par un commerçant français Guillaume Pothier de Pommeroy et six hommes en 1720 sur des terres Anicinabek, devient à l'époque un important carrefour pour la traite des fourrures le long de la route de traite de la baie d'Hudson.
vignette|Couple d'Algonquins vers 1700 et 1720.
La défaite française est officialisée par le traité de Paris en 1763 et vient mettre fin à la guerre de Sept Ans. À ce moment, la France doit choisir entre sa colonie de Nouvelle-France ou ses colonies des Antilles. La France opte pour les Antilles à cause de la présence de ressources naturelles facilement exploitables et aussi parce qu'elle sait qu'elle est incapable de défendre sa petite colonie de Nouvelle-France face aux prospères colonies britanniques.
La nouvelle compagnie du Nord-Ouest de Montréal, principal employeur de la région entre en concurrence directe avec la Compagnie de la Baie d'Hudson qui opère déjà depuis un siècle. Cette concurrence dégénère en affrontements armés de 1795 jusqu'en 1821, date de leur fusion. En Europe, la mode de la soie sonne le glas du castor et dès les débuts du , l'économie de la traite laisse place à une économie agricole et forestière. En 1836, c'est aussi un autre type d'entreprise qui se met en place, les missionnaires des Oblats vont forcer à l'évangélisation des Anicinabek qui semblent désormais être un groupe de symbiose.
1898 : rattachement du Nord-Ouest au Québec Le , après une quinzaine d'années de pourparlers, le ministre Marchand obtient le rattachement du territoire du Nord-Ouest à la province de Québec. Avant cette date, la région n'avait fait l'objet d'aucune évaluation ou cession de ressources forestières. Aucun accès routier n'existait et la ligne du partage des eaux était depuis toujours un frein au développement de la région. Le réseau hydrographique favorisait en fait la colonisation en permettant un flottage efficace et peu couteux vers le bassin versant du fleuve Saint-Laurent.
En 1897, le milieu minier canadien entrevoit un avenir prometteur pour ce territoire avec l'existence d'une large bande de roches huronniennes. Quarante-neuf cantons sont arpentés. Adélard Turgeon, ministre de la Colonisation et des Mines, choisit des noms à la mémoire de la campagne de défense de la Nouvelle-France du marquis de Montcalm en 1760. Ainsi, les cantons les plus au nord, suivant la ligne du chemin de fer transcontinental, portent d'ouest en est les noms des sept régiments de l'armée de Montcalm (La Reine, La Sarre, Languedoc, Royal-Roussillon, Béarn, Guyenne, Berry). Puis, sous chacun de ces cantons, du nord vers le sud, se trouvent six cantons qui portent les noms d'officiers de chaque régiment. Sur le territoire de Rouyn-Noranda, les noms des cantons rappellent donc différents officiers de divers régiments (Rouyn, Cadillac, Bellecombe, CléricyLe nom de ce canton identifie un officier du régiment de Languedoc de l'armée de Montcalm, Honoré-Louis de Cléricy de Justonne. Le nom du canton de Cléricy, accepté par le ministre des Terres et Forêts en 1907, a paru sur la carte de la région de l'Abitibi de 1911., MontbeillardEn souvenir du capitaine Fiacre-François Potot de Montbeillard du régiment du Royal-Roussillon de l'armée de Montcalm., DestorEn souvenir d'un capitaine de grenadiers du régiment du Royal-Roussillon de l'armée du général Montcalm, D'AlembertEn souvenir du capitaine d'Alembert, membre du régiment du Royal-Roussillon de l'armée de Montcalm, Pontleroy, Désandrouins, etc.).