Courchevel est une station de sports d'hiver de la vallée de la Tarentaise située dans la commune de Courchevel (jusqu'en 2016, la commune de Saint-Bon-Tarentaise), dans le département de la Savoie en région Auvergne-Rhône-Alpes. Première station française aménagée en site vierge en 1946, elle fait partie du domaine skiable des Trois Vallées.

La station est organisée autour de cinq villages : Saint-Bon-Tarentaise (chef-lieu communal), Courchevel Le Praz (appelé avant 2011 ), Courchevel Village (anciennement ), Courchevel Moriond (anciennement ) et enfin Courchevel (anciennement ). Ce dernier, qui donne son nom à la station, est le premier noyau de développement où s'applique le travail de l'architecte urbaniste Laurent Chappis et de l'ingénieur Maurice Michaud. Cette nouvelle urbanisation de la montagne a fait l'objet d'une inscription à l'inventaire supplémentaire des monuments historiques en 1998, et une trentaine de sites sont protégés au titre des monuments historiques.

La station ne se limite pas à la seule saison hivernale et ses pratiques du ski, elle s'est équipée notamment d'infrastructures collectives de loisirs et sportives, comme un centre aqualudique ouvert en , et propose d'autres pratiques en lien avec la montagne durant l'été, avec la randonnée ou le VTT, mais aussi son festival international d'art pyrotechnique ou encore l'organisation d'exposition d'art contemporain. Après avoir été un lieu d'hébergement et le théâtre d'épreuves sportives des Jeux olympiques d'hiver d'Albertville 1992, Courchevel a accueilli, conjointement avec Méribel, les Championnats du monde de ski alpin 2023.

Courchevel bénéficie généralement d'une image « haut de gamme » tant dans les médias nationaux et internationaux que dans la littérature plus spécialisée, au même titre que d'autres stations savoyardes. Spécialisée dans l'hôtellerie et les commerces de luxe, la station est très fréquentée par la grande bourgeoisie russe. Elle bénéficie aussi d’une importante clientèle venue d'Angleterre.

Géographie Localisation La station de sports d'hiver de Courchevel est située dans le massif de la Vanoise, sur les versants de la vallée de la Tarentaise, dans la partie orientale du département de la Savoie.

Son domaine skiable débute à d'altitude et est orienté au nord, en contrebas des sommets de la Croix du Verdon (), de la Saulire (, le point culminant de la station) et de l'aiguille du Fruit ()...

Les villages de la station et le domaine se sont ainsi établis sur un ensemble de vallons dont les ruisseaux aboutissent au torrent de la Rosière, qui se jette plus bas dans le doron de BozelPour une approche géologique : .. Ils couvrent par ailleurs de montagne. et se développent sur ..

La vallée de Courchevel est la plus orientale des vallées formant le vaste domaine skiable des Trois Vallées. Elle jouxte la vallée des Allues où se situe principalement la station de Méribel avec laquelle deux accès existent au niveau du col de la Loze () et le sommet de la Saulire (). La partie en aval de cette vallée comprend également la station de La Tania sur la commune de La Perrière, laquelle est par ailleurs directement reliée par la route au village du Praz (Courchevel 1300).

Accès à la station

La station de Courchevel est accessible directement par la route et par les airs..

Par la route, l'accès à la station s'effectue par l'autoroute A430, en provenance de la combe de Savoie, puis par une extension de cette autoroute à partir d'Albertville. C'est à Moûtiers que débute l’ascension jusqu'à la station à partir de la sortie (Bozel, Courchevel, Méribel) par la route départementale 915 qui traverse Salins-les-Thermes, Brides-les-Bains et La Perrière. Enfin, c'est avant Bozel que la conduit au chef-lieu de Saint-Bon-Tarentaise puis jusqu'aux différents villages de la station.

vignette|gauche|Vue de la piste unique de l'altiport de Courchevel.|alt=Photographie en couleurs d'une vue prise en hauteur vers l'altiport avec les montagnes dans le fond.

Par le rail, la gare ferroviaire la plus proche est celle de Moûtiers - Salins - Brides-les-Bains. Lors de la saison hivernale, elle est desservie chaque week-end par des TGV en provenance de Paris ( en ) et Lille, ainsi que par des Thalys en provenance d'Amsterdam et Bruxelles, et des Eurostar en provenance de Londres. D'autres métropoles françaises figurent également parmi les destinations durant les vacances scolaires de la même saison (Nantes, Rennes, Cherbourg et Le Havre). Une desserte par des TER Rhône-Alpes est par ailleurs assurée toute l'année. Le temps de transport depuis la gare vers la station est de environ (taxis, navettes du transporteur Altibus).

La station possède son propre altiport (code AITA : CVF), construit en 1961 et rénové à l'occasion des Jeux olympiques d'hiver de 1992. Cet altiport et des navettes relient la station aux aéroports internationaux de Lyon-Saint-Exupéry ( - ) et Genève ( - ), ainsi que celui de Chambéry-Savoie ( - ).

Au sein de la station, un service de navettes gratuites « Ski Bus » relie les différents villages (Courchevel, Courchevel Moriond, Courchevel Village, Courchevel Le Praz, Courchevel Saint-Bon) ainsi que Bozel, La Tania et les quartiers excentrés (Chenus, Jardin Alpin, Altiport pour 1850 ; Belvédère pour 1650 ; Brigues pour 1550).

Toponymie Au moment de la fondation de la station, une hésitation est survenue entre deux noms : Les Tovets et Courchevel. Pierre de la Gontrie, président du Conseil général de la Savoie, rejette le premier et choisit le deuxième, jugé « plus vendeur ».. Le nom choisi, Courchevel, était originellement un hameau semi-permanent situé à Courchevel-1550-Village, tandis que Les Tovets désignait Courchevel-1850, et est actuellement le nom d'un télésiège reliant les deux lieux..

Selon David Déréani., le toponyme Courchevel représente une adjonction des mots de l'ancien français escorchier et vé . en une forme nouvelle Escorchevel (en français), Ecortzevé (en savoyard) ou encore Ècorchevél (en arpitan)Selon l'article de David Dereani, guide-conférencier du Pays d'art et d'histoire des Hautes vallées de Savoie pour la Fondation Facim, publié sur le site de la commune de Courchevel Lire en ligne ., qui aurait ensuite perdu sa première voyelle par aphérèse.

Cependant, concernant l'explication exacte du toponyme les deux sources divergent. Pour l'abbé Adolphe Gros Écorchevel désigne le lieu ou la demeure où l'homme écorchait les veauxChanoine .D'après . Voir l'article Escorchevel., tandis que pour David Déréani signifie le lieu où les bergers ne devaient pas faire paître les veaux en raison d'herbes fines et drues capables d'écorcher leurs langues. Ce mot de Courchevel (« Écorche-Veau ») évoque ainsi une terre inhospitalière..

Le nom arpitan savoyard du village est , prononcé .

Histoire Prémices du développement touristique thumb|Entrée de Saint-Bon en 1911, avec l'hôtel du Lac Bleu récemment ouvert visible à gauche.|alt=Carte postale, photographie de l'entrée du village : habitations à gauche et à droite, deux passants de dos au milieu, les pâturages au fond. Les débuts touristiques du site de Courchevel se font avec l'ouverture du tout premier hôtel, le Lac Bleu, installé dans le chef-lieu de Saint-Bon dès 1908 pour accueillir des touristes, venant alors principalement de la station thermale de Brides-les-Bains., durant la période estivale.. Ce tourisme se développe, certains visiteurs font construire des villas et des locaux aménagent des locations.

Le tourisme hivernal prend son essor en parallèle avant l'année 1914 avec des aménagements sur les sommets environnants par les alpinistes. L'hydrologue lyonnais Aimé Coutagne, directeur de l'usine de Pomblière à Saint-Marcel (plus bas dans la vallée), décrit sur les pages de La Revue Alpine du Club alpin français, entre 1902 et 1912, les ..

En 1920, les premières leçons de ski sont données sur les pentes autour du village par de nouveaux moniteurs diplômés, dont le premier est Jean Pachod.. En 1925, le maire de la commune ouvre son propre hôtel et le ski-club de Lyon organise une compétition chaque année sur le territoire de la commune avec la descente depuis le Roc Merlet.

Durant les années 1920, le site de Saint-Bon fait l'objet de visites ayant pour objectif de choisir un emplacement pour créer une station de sports d'hiver. Plus précisément, la première idée de ski alpin à cet endroit apparait en 1925 avec le skieur anglais Arnold Lunn qui découvre alors les trois vallées, incluant celle de Saint-Bon, et fait part de cette idée à des investisseurs anglais..

Au cours de la décennie suivante, il est envisagé la possibilité de mettre en place des installations permettant de relier Saint-Bon aux Allues et aux Bellevilles..

En 1925, l'ouverture de l'hôtel du Lac Bleu s'effectue durant l'hiver., le développement des premiers chalets-hôtels se fait au début des années 1930 dans les hameaux du Praz, de Courchevel et de Montrion, après ceux du chef-lieu, avec la naissance de la première école de ski.. Le prêtre alsacien Schilz construit lui-même au niveau de Moriond ou dans les autres hameaux.

L'accès à ce village n'est d'ailleurs pas carrossable, mais il possède déjà une remontée mécanique, puis un hôtel en 1939. Au niveau du hameau non-permanent de Courchevel (la future Courchevel 1550), deux téléskis sont aménagés avant guerre. En 1937 s'y installe, à l'initiative du colonel Fay, l'hôtel Roc Merlet. L'hôtel de La Viselle est réalisé pour l'hiver 1946.

Le développement des sports d'hiver permet les premiers aménagements urbains dans les années 1930.. C'est ainsi que la construction d'un téléphérique entre Saint-Bon et l'Ardionaz est imaginée en 1934, alors que la commune de Saint-Bon possède d'ores et déjà une capacité d'accueil de ..

L'année suivante, le site est également repéré par le commissariat au Tourisme qui y voit l'emplacement d'une future « superstation » de sports d'hiver. Le projet d'une station de sports d'hiver à Montriond remonte pour sa part à 1939.

Naissance de Courchevel vignette|Compte rendu de la séance extraordinaire du , marquant les débuts de la station.|alt=Photographie de deux pages manuscrites. En 1942, les membres du Commissariat général à l'éducation générale et sportive (CGEGS) de Vichy réalisent un rapport indiquant le choix des Trois Vallées pour l'implantation d'un domaine skiable de niveau international, pouvant concurrencer les stations italiennes, suisses ou autrichiennes..

Le site des Trois Vallées fait partie des trois missions, avec le groupe de Chamonix-Megève et celui, privilégié, de Vars dans le département des Hautes-Alpes, que le CGEGS lance. D'ailleurs, ce lieu d'implantation fait partie d'une option parmi d'autres stations de la Vanoise comme Tignes ou encore Val-d'Isère.. Cette « mission d'études de la région de Belleville, des Allues et de Saint-Bon » est aussi dite « Mission 42 ».

En 1945, bien que Courchevel 1550 soit déjà équipée pour la pratique des sports d'hiver., le conseil général de la Savoie ambitionne un développement plus important. En particulier, Pierre Cot (progressiste, apparenté PCF) et Pierre de La Gontrie (radical-socialiste) soutiendront la construction de cette station, dotée de nombreux logements, pour à la fois lancer le développement économique de la Savoie (en reprenant un projet touristique du régime de Vichy) et offrir des loisirs à prix modestes pour rendre la montagne accessible à tous.

La réalisation concrète de ce projet démarre le lorsque la commune de Saint-Bon signe une convention par laquelle elle cède les territoires nécessaires au conseil général, afin de permettre la mise en valeur de cet espace et par-delà celui du département. Cet acte marque la naissance de la future grande station de Courchevel.

Le conseil général fait alors appel à l'architecte urbaniste Laurent Chappis et à l'ingénieur Maurice Michaud dans le but d'aménager les sites., la station devant sortir de terre dans les cinq ans.