Luniversité de Bretagne-Occidentale (nom officiel : université de Brest., abrégée en UBO) est une université française pluridisciplinaire située dans le département du Finistère et la région Bretagne. Elle est implantée principalement à Brest, à Quimper sur le pôle universitaire Pierre-Jakez-Hélias, ainsi qu'à Morlaix. C'est l’une des quatre universités de l'académie de RennesAvec les universités de Bretagne-Sud, de Rennes 1, et de Rennes 2..

Elle est créée en 1971 à partir de plusieurs composantes de l'université de Rennes implantées à Brest à partir de la fin des années 1950 à la suite des activités du comité d'étude et de liaison des intérêts bretons, et accède aux responsabilités et compétences élargies en 2010.

L'établissement est actif dans ses activités de recherche et d'enseignement dans les secteurs de la médecine, des sciences, et des sciences humaines. Elle est en particulier spécialisée dans le domaine des sciences de la mer, et est à ce titre membre de l'alliance universitaire transnationale de Sea-EU.

Historique Genèse de l'université brestoise Soutien du Celib L'idée de créer un enseignement supérieur à Brest commence à apparaître après-guerre. Localement, elle est formulée dès 1954 par des intellectuels comme Auguste Dupouy ou Maurice GravotDaniel Le Couédic, « Genèse d’une université volontaire », consulté sur www.univ-brest.fr le 20 janvier 2013 et relayée par des enseignants du lycée de Brest regroupés autour d'Yves Le Gallo. Celui-ci publie à l'intention de la municipalité un rapport intitulé « Brest, son avenir et l'enseignement supérieur » en ; il obtient assez vite le soutien du maire de l'époque Yves Jaouen et, dès le de la même année, le conseil municipal adopte les conclusions de ce rapport par un vœu unanime.

Yves Le Gallo prend alors contact avec René Pleven qui préside à l'époque le comité d'étude et de liaison des intérêts bretons pour lui communiquer son rapport. Il reçoit une réponse positive de ce dernier dès le qui lui propose de présenter ses conclusions devant l'assemblée générale du CELIB qui doit se tenir le à Carhaix. Afin d'éviter une possible opposition rennaise, le secrétaire du CELIB Joseph Martray ainsi que son vice-président Michel Phlipponneau proposent de ne pas faire figurer ce point à l'ordre du jour, mais de l'aborder de façon informelle. Le projet reçoit ainsi le soutien de l'assemblée qui en fait un objectif prioritaire, et une délégation composée de René Pleven et de François Tanguy-Prigent rencontre le ministre de l'Éducation nationale René Billères le . La création d'un collège scientifique universitaire est obtenue pour l'année suivante« Quand l’université a… 30 ans, une difficile gestation », dans Interface, octobre-novembre 2001, , , consulté sur www.univ-brest.fr le 19 janvier 2013.

Au même moment, en , est décidée au niveau français la création de sept collèges scientifiques universitaires afin de développer en priorité l'enseignement scientifique et technique. Henri Le Moal, alors doyen de la faculté des sciences de Rennes et finistérien d'origine soutient la création d'une telle structure pour son établissement. Cependant, venant de Cornouaille, il soutient une implantation à Quimper, tout comme le préfet du département afin de regrouper les organes d'État dans la préfecture départementale. La mort du député-maire de Quimper et cofondateur du CELIB Joseph Halléguen un peu plus tôt empêche cependant la ville d'obtenir cette implantation, et le choix de Brest n'est pas contesté.

Du côté rennais, la nouvelle est accueillie favorablement, car cette création permet de faire face à l'augmentation du nombre d'étudiants consécutive au baby-boom, le développement de nouveaux sites universitaires en Bretagne devient une nécessité à partir de la fin des années 1950. L'université de Rennes, alors unique université de la région, se voit confier l'ouverture à Brest de plusieurs annexes, dont les deux collèges universitaires chargés de la propédeutique qui ouvrent ainsi en 1959 (Collège scientifique universitaire) et en 1960, le premier scientifique et le second littéraire..

Vers une opposition rennaise Les relations se tendent cependant entre la structure rennaise et ses antennes brestoises. Le nouveau maire de Brest Georges Lombard en évitant de consulter les responsables universitaires rennais prend contact avec le directeur général de l'enseignement supérieur afin d'obtenir la création d'un second collège universitaire, littéraire celui-ci. Après avoir obtenu une vague promesse de ce dernier, il fait voter le par le conseil municipal la construction de ce collège littéraire. La tension augmente davantage la même année avec l'élaboration d'un projet d'école nationale d'ingénieurs électriciens et radio-électriciens.

Dans le même temps, l'hégémonie universitaire rennaise commence à être remise en cause, notamment à la suite des actions du président du Conseil général de Loire-Inférieure Abel Durand qui souhaite que la Basse-Bretagne soit rattachée à la toute nouvelle académie de Nantes dont les contours sont alors en négociationLes Nantais souhaitent à l'époque que leur académie comprenne le Morbihan, le Finistère, et la partie bretonnante des Côtes-du-Nord. Lorsque l'académie de Nantes est créée le elle ne compte finalement que la Loire-Inférieure, le Maine-et-Loire, et la Vendée.. Les tensions perdurent, et l'université de Rennes limite à plusieurs reprises le développement de son antenne : la création d'une école de médecine est obtenue de l'université rennaise en 1963, mais sa réalisation peine à s’effectuer, et en 1965 l'établissement rennais s'oppose à la mise en place d'un enseignement de droit et c'est à la municipalité brestoise de le financer. L'opposition entre les deux villes devient plus frontale à partir de 1965 lorsqu'est annoncée la création du centre national d'exploitation des océans : Rennes souhaite une implantation proche d'elle à Vannes et Lorient au sud, et à Saint-Malo et Dinard au nord, alors que Brest veut obtenir la plupart des implantations. Le maire de Brest parvient à obtenir en 1968 un arbitrage favorable à sa cause en jouant de l'opposition entre Paris contre Rennes.

Les structures brestoises continuent cependant de croître, et les collèges universitaires accèdent au rang de facultés, en 1966 pour la faculté de sciences et techniques, et en 1968 pour la faculté de lettres et sciences sociales« L'histoire de l'université en dix dates clefs », Le Télégramme, édition Brest, 12 mai 2011, consulté le 20 juin 2011. Ceux-ci sont rejoints en 1966 par une école de médecine, et en 1967 par un institut municipal de Droit financé par la municipalité. L'embryon d'une nouvelle université, alors traditionnellement structurée en quatre facultés (droit, lettres, médecine, et sciences), est ainsi mis en place. Ces composantes sont rejointes en 1968 par l'institut universitaire de technologie de Brest et en 1970 par l'institut universitaire de technologie de Quimper, dépendant eux aussi de l'université de Rennes. Les événements de mai 68 imposent la création de nouvelles universités par la Loi Faure. L'université de Rennes qui servait de tutelle aux composantes de Brest est scindée en deux universités : l'université Rennes 1 et l'université de Haute Bretagne..

Création et développement Débuts L'université de Brest a été mise en place par arrêté ministériel le . Ses statuts ont été approuvés par arrêté ministériel le . Elle a été érigée en établissement public à caractère scientifique et culturel, selon le décret 70-1174 du , à compter du Statuts de l'université sur le site de l'université. Le nom breton de est d'abord proposé comme nom pour l'établissement, mais le nom duniversité de Bretagne occidentale est finalement retenu« UBO. Parole de présidents », Le Télégramme, édition Brest, 12 mai 2011, consulté le 20 juin 2011. La croissance en termes d'étudiants est rapide, les finistériens, qui représentent jusqu'alors le groupe le plus important d'étudiants de l'université de Rennes, s'inscrivant à présent dans cette université. Ceux-ci sont alors à 30 % d'origines paysanne et ouvrière, quand cette proportion, sur le plan national, n'est que de 13 %.

L'université continue son développement avec, en 1972, l'ouverture d'une unité d'enseignement et de recherche de droit et de sciences économiques à Brest, suivie en 1978, par l'ouverture d'une faculté d'odontologie, et en 1989 par l'ouverture de l'euro-institut d'actuariat Jean Dieudonné. Il est aussi décidé d'étendre l'université vers le sud de la Bretagne pour éviter qu'une nouvelle université n'y soit crééeLe but à l'époque est de permettre à l'université d'atteindre une masse critique.. En 1973, l'institut universitaire de technologie de Quimper ouvre une antenne à Lorient avec un premier département d'hygiène et sécurité. Celui-ci est suivi en 1975 par un second département de génie thermique et énergie qui aboutit par la même occasion à la création d'un nouvel IUT de plein droit, l'institut universitaire de technologie de Lorient.

L'établissement brestois doit continuer de batailler contre ses homologues rennais pour affirmer sa place dans la région lors de sa première décennie d’existence. Le maire de Rennes, Henri Fréville, par ailleurs universitaire à Rennes 1, continue de vouloir affirmer la prédominance de sa ville en matière d'enseignement supérieur et obtient, par exemple, que l'école nationale supérieure des sciences appliquées et de technologie créée à Lannion soit rattachée à son université.

Incubation de l'université de Bretagne-Sud

L'université joue un rôle dans la création de la bretonne, l'université de Bretagne-Sud. Afin de faire face à l'augmentation du nombre d'étudiants à la fin des années 1980, l'ouverture d'une nouvelle université est projetée. Le comité interministériel d’aménagement du territoire dote le le site Lorient-Vannes du statut de pôle de développement universitaire'' (PDU).. Plusieurs composantes sont ainsi ouvertes de 1990 à 1993 à Lorient et à Vannes. Une partie des ouvertures de filières est faite par les deux autres universités bretonnes, Rennes 1 et Rennes 2. Le travail de l'UBO se concentre sur le site de Lorient. L'IUT déjà présent depuis 1973 se voit enrichir d'un nouveau département d'organisation et gestion de la production en 1992. Il est suivi l'année suivante par l'ouverture d'un IUP génie des systèmes industriels. Des enseignements de sciences sont aussi introduits, avec en 1990 l'ouverture d'un DEUG de sciences. ; une mention de DEUG identique est ouverte à Vannes la même année, porté celui-ci par l'université Rennes 1..

Lorsque cette nouvelle université ouvre finalement en 1995, l'intégralité des composantes ouvertes à Lorient et à Vannes lui sont ainsi léguées. Le site de Quimper, dont le transfert d'autorité est un temps envisagé, reste dans le giron de l'UBO.

Développements récents L'université poursuit son développement, avec la création de nouvelles structures à partir de la seconde moitié des années 1990. L'institut universitaire européen de la mer (IUEM) est ouvert en 1997, suivi d'un institut d'administration des entreprises, l'IAE de Brest en 2001. Une filière de sport est créée pendant la même période. Un DEUG STAPS est ouvert en 1996 afin de décharger l'université Rennes 2, jusque-là la seule université bretonne à offrir cet enseignement. En 2000, cela aboutit à la création d'une UFR de STAPS.. L'établissement récupère en 2007 la gestion de l'institut universitaire de formation des maîtres de Bretagne. Enfin, un mouvement de restructuration de ces composantes d'enseignement est engagé à la fin des années 2000, celles-ci passant de 21 à 13 entre 2008 et 2011..