La Scuderia Ferrari (Écurie Ferrari), fondée en 1929 par Enzo Ferrari, est depuis 1947 la branche chargée de l'engagement en compétition des voitures de la marque Ferrari. De nos jours, la Scuderia Ferrari a exclusivement recentré son activité sur le championnat du monde de Formule 1, dont elle est à la fois une pionnière et un pilier, détenant la plupart des records (nombre de saisons, de Grands Prix disputés, de points inscrits, de victoires, de podiums, de pole positions, de meilleurs tours, de titres de champions des pilotes et des constructeurs). À la faveur de l'évolution de la réglementation en Formule 1 en 2022 qui libère des moyens financiers et humains, la Scuderia Ferrari fait son retour en compétition d'endurance, associée à la structure AF Corse et remporte les 24 Heures du Mans en 2023, 2024 et 2025 avec la Ferrari 499P, 58 ans après son dernier titre.
Parmi les nombreux champions qui ont piloté et rencontré le succès au volant des bolides rouges en Formule 1, Michael Schumacher occupe une place à part puisque, de 1996 à 2006, il s'impose , remporte cinq titres mondiaux des pilotes et contribue à l'obtention de six couronnes des constructeurs pour l'écurie de Maranello, lors d'une période où l'artisan de ces succès est le directeur de l'écurie Jean Todt.
Le premier champion du monde sur Ferrari est Alberto Ascari en 1952 et en 1953, le quinzième titre est remporté par Kimi Räikkönen en 2007 et le seizième sacre constructeurs est obtenu en 2008, année où Felipe Massa est battu par Lewis Hamilton dans le dernier virage du dernier Grand Prix pour la couronne. En 2010 et 2012, Fernando Alonso est jusqu'au bout à la lutte avec Sebastian Vettel et sa Red Bull. Vettel rejoint la Scuderia en 2015, et finit deux fois, en 2017 et 2018 par perdre son duel avec Hamilton et Mercedes Grand Prix. Les exercices 2020 et 2021 sont difficiles pour la Scuderia qui ne remporte aucune victoire, mais la nouvelle règlementation en 2022 marque dès le début de saison le renouveau de l'équipe italienne.
Du fait de son implication en Formule 1 depuis les origines, la Scuderia Ferrari se voit octroyer annuellement un bonus d'environ 100 millions de dollars (96 millions d'euros), et se trouve être l'équipe qui reçoit le plus d'argent redistribué par l'organisme de management de ce sport, soit 192 millions de dollars en 2016.. Son millième Grand Prix est fêté du 11 au sur le circuit du Mugello, lors du Grand Prix de Toscane dont l'appellation comprend la mention « Ferrari 1000 ». Cette saison 2020 où ses pilotes ne remportent aucune course et ne mènent pas le moindre tour, est sa plus mauvaise en quarante ans. Après six saisons et quatorze victoires avec Ferrari, Sebastian Vettel est remplacé par Carlos Sainz Jr. qui fait équipe avec Charles Leclerc à partir de la saison 2021.
À l'issue d'une saison 2022 où Charles Leclerc (neuf pole positions, trois victoires, onze podiums) termine deuxième du championnat derrière Max Verstappen et où la Scuderia est la dauphine de Red Bull au classement constructeurs, Mattia Binotto quitte son poste de directeur général et est remplacé par Frédéric Vasseur.
À l'aube du championnat 2024, l'écurie italienne annonce le recrutement du septuple champion du monde Lewis Hamilton pour courir aux côtés de Charles Leclerc en 2025.
En 2026, la scuderia comptabilise 3 podium après 3 courses.
Historique
1929-1947 : naissance de la Scuderia thumb|left|Grand Prix de la Marne 1934, arrêt de Louis Chiron au ravitaillement, sur Alfa Romeo P3 de la scuderia Ferrari. thumb|L'Auto Avio Costruzioni 815 ne reçoit pas le logo Ferrari, par respect d'une clause de non-concurrence avec Alfa Romeo.
Pilote pour le compte d'Alfa Romeo depuis 1920, Enzo Ferrari prend rapidement conscience de ses propres limites et se voit progressivement chargé par Alfa de missions qui ont trait au fonctionnement de l'équipe de course. À l'automne 1929, le pilote amateur Mario Tadini propriétaire d'une chaîne de magasins de vêtements et les frères Augusto et Alfredo Caniato, à la tête d'une usine de textile, cofinancent la création de l'écurie Ferrari à la fin d'un dîner de gala organisé à la Casa del Fascio de Bologne en compagnie entre autres de Ferrari, par le podestat Leandro Arpinati et l'Automobile Club local pour célébrer le record mondial de vitesse de Baconin Borzacchini à Crémone sur une Maserati Type V4. L'ambition originelle est de faire courir les clients d'Alfa Romeo mais, rapidement, la Scuderia Ferrari devient le bras armé officiel d'Alfa en compétition.
Enzo Ferrari, approché par la mère du défunt as de l'aviation italienne Francesco Baracca qui souhaite qu'il adopte comme emblème le cheval cabré noir qui était peint sur la carlingue de son avion de chasse, accède à sa demande et l'appose sur ses voitures en ajoutant un fond jaune canari, la couleur de sa ville de Modènehistoire et couleur du logo Ferrari consulté le 24 septembre 2013..
En 1938, Enzo Ferrari se brouille avec Alfa Romeo qui cherche à prendre le contrôle de la Scuderia Ferrari et retrouve son indépendance. En 1940, il fait construire la Auto Avio Costruzioni 815 qui, par respect d'une clause de non-concurrence avec Alfa, ne porte pas le nom Ferrari puis, en 1947, il établit la marque Ferrari. Tout naturellement, la Scuderia Ferrari est réactivée pour engager en compétition les modèles de la marque.
1947-1951 : premières années et premiers succès thumb|Ferrari 375 F1 de 1951. Le , le pilote italien Franco Cortese fait débuter la Ferrari 125S en compétition lors d'une course régionale à Plaisance ; deux semaines plus tard, il offre à la marque sa première victoire en course, sur le circuit des Thermes de Caracalla, dans une épreuve de type sportFerrari sport et prototypes, par Antoine Prunet - Éditions E.P.A., 1978. En 1948, la Scuderia Ferrari fait ses débuts en Formule 1 à une période où le championnat du monde n'existe pas encore. Après des débuts encourageants, les Ferrari de Formule 1 accumulent les succès en 1949, en l'absence des surpuissantes Alfa Romeo. La Scuderia s'impose également aux 24 Heures du Mans.
En 1950, le championnat du monde de Formule 1 est créé et Ferrari y prend part. Visiblement peu conscients de la portée historique de l'événement, Enzo Ferrari et ses hommes sont absents du Grand Prix inaugural, disputé à Silverstone ; ce jour-là, la Scuderia est engagée en Belgique à Mons dans une épreuve de Formule 2 aux primes d'arrivée plus alléchantes. Ce n'est qu'au Grand Prix de Monaco que Ferrari fait ses débuts officiels en championnat du monde. Ce retard ne change pas grand chose au sort du championnat, tant les Ferrari sont dominées par les Alfa Romeo, de retour après leur année sabbatique de 1949, bien plus puissantes. Ironie de l'histoire, la conception des Alfa Romeo 158, a été initié avant-guerre par Enzo Ferrari lui-même lorsque la Scuderia Ferrari était responsable du programme sportif d'Alfa Romeo. Avec comme meilleur résultat sa deuxième place à Monaco, Ascari termine cinquième du championnat.
En 1951, si les Alfetta 159 ont progressé, Ferrari, de son côté a réduit l'écart et 35 chevaux (contre environ 85 auparavant) séparent les voitures des deux équipes. Dès le début de la saison, les Ferrari harcèlent Alfa Romeo, essentiellement grâce à leur pilote vedette Alberto Ascari. La montée en puissance des Ferrari trouve sa consécration à l'occasion du Grand Prix de Grande-Bretagne où José Froilán González offre à la marque sa première victoire en championnat du monde, mettant fin du même coup à près de cinq années d'invincibilité des Alfetta 158 et 159. N'oubliant pas ce que Ferrari doit à Alfa Romeo, Enzo Ferrari a ces mots pour commenter sa victoire et la défaite d'Alfa : . En offrant deux nouvelles victoires à Ferrari, Ascari se place en position de force pour conquérir le titre mondial mais, lors de l'ultime manche de la saison, en Espagne, un mauvais choix de pneus permet à Juan Manuel Fangio et Alfa de remporter le championnat.
1952-1953 : domination absolue thumb|La Ferrari 500, gagnante de sept courses sur neuf en 1953.
Fin 1951, le retrait d'Alfa Romeo laisse Ferrari sans adversaire à sa hauteur et le passage à la réglementation Formule 2, initiée par la Commission Sportive Internationale dans le but de rendre le championnat du monde plus accessible, n'y change rien. Avec six victoires consécutives, Alberto Ascari et sa Ferrari 500 survolent le championnat et remportent le premier titre mondial de Ferrari (titre « pilote » seulement puisque le championnat des constructeurs de Formule 1 ne sera créé qu'en 1958). Le seul Grand Prix (hormis Indianapolis) qui a échappé à Ascari (l'épreuve d'ouverture en Suisse), a été remporté par Piero Taruffi, un de ses équipiers.
Le championnat 1953 débute sur les mêmes bases pour Ferrari avec un Ascari qui vole de succès en succès mais, progressivement, la domination de la Scuderia est menacée par la Maserati de Fangio, absent la saison précédente pour cause de blessure. À Reims, il faut toute l'audace de la jeune recrue britannique Mike Hawthorn pour conserver l'invincibilité de Ferrari et venir à bout de Fangio, en difficulté en fin de course avec la sélection de sa première vitesseLes monoplaces de Grand Prix, Alan Henry - Éditions ACLA 1984. Mais à Monza, en fin de saison, Fangio réussit à faire chuter Ferrari qui ne parvient pas à rééditer sa domination de la saison précédente. Cette défaite est sans conséquence pour Ascari, assuré dès le Grand Prix de Suisse, huitième manche sur dix initialement prévues (le Grand Prix d'Espagne ayant été annulé ultérieurement) de remporter son deuxième titre mondial consécutif..
1954-1955 : dans l'ombre de l'étoile Après deux saisons disputées sous la réglementation Formule 2, le championnat de Formule 1 reprend ses droits en 1954. Pour tenter de poursuivre sa domination malgré le départ chez Lancia de son pilote emblématique Alberto Ascari, Ferrari se permet le luxe de concevoir deux nouvelles voitures : la 625 et la 554 dite « Squalo » (« requin »). Ni l'une ni l'autre ne se montrent à la hauteur de la concurrence, incarnée en 1954 par Maserati puis surtout à partir du Grand Prix de France, par Mercedes. La deuxième place au général de Gonzalez (vainqueur d'une course du championnat, tout comme Hawthorn) n'est qu'une maigre consolation pour Ferrari.
La situation empire en 1955. Non seulement les Ferrari sont impuissantes face à Mercedes, renforcée par le jeune espoir britannique Stirling Moss qui forme avec Fangio un duo quasiment imbattable, mais elles peinent également à suivre le rythme des brillantes Lancia D50 d'Ascari et d'Eugenio Castellotti et des Maserati 250F de Jean Behra et Luigi Musso. À cela s'ajoute une situation financière précaire qui fait craindre pour l'avenir même de la marque. La victoire chanceuse de Maurice Trintignant à Monaco, où il a profité d'un double abandon des Mercedes et du plongeon d'Ascari dans les eaux du port, ne change rien au constat.
L'état de Ferrari s'améliore miraculeusement en fin d'année : au plus mal financièrement et accablée par la mort d'Ascari, Lancia se retire de la discipline et a, avec un coup de pouce du gouvernement italien, cédé ses Lancia D50 à Ferrari. Le retrait annoncé de Mercedes, après dix-huit mois de suprématie mais touchée par le drame des 24 Heures du Mans, dégage un horizon jusque-là bien sombre pour la Scuderia Ferrari.
1956-1958 : titres amers thumb|Ferrari Dino 246 F1. thumb|Mike Hawthorn lors du Grand Prix d'Argentine 1958.